RECHERCHE SUR LE SITE

Références
bibliographiques
avec le catalogue


En plein texte
avec Google

Recherche avancée
 

Tous les ouvrages
numérisés de cette
bibliothèque sont
disponibles en trois
formats de fichiers :
Word (.doc),
PDF et RTF

Pour une liste
complète des auteurs
de la bibliothèque,
en fichier Excel,
cliquer ici.
 

  Veuillez utiliser cette adresse (DOI) pour citer ce document:
http://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.har.ger

Collection « La désintégration du Québec et des régions »
L'Ascension, Lac-Saint-Jean, 14 avril 2004.

Gérard Bouchard et l'Approche commune.

Richard Harvey,
L’Ascension, Lac St-Jean

Pour télécharger le texte de la lettre de 2 pages, au format désiré, cliquer sur les fichiers ci-dessous:
Fichier Word (.doc): 48 K.
Fichier Acrobat (.pdf): 48 K.
Fichier .rtf: 92 K.

La récente sortie de Gérard Bouchard contre les opposants à l’Approche commune n’a impressionné personne outre mesure si ce n’est qu’il a démontré ce faisant sa «magistrale» ignorance des tenants et aboutissants de l’entente. Ses propos d’un pathétisme hypocrite, et la pâleur de son argumentation ne méritent pas vraiment d’être commentés dans cet espace. Néanmoins il y a certaines réalités qui échappent à bien du monde et qu’il nous faut souligner.

Quand on fait son lot de débattre avec les morts; d’entacher leur mémoire ou pire leur époque; son pécule d’autopsier leur esprit, d’exacerber leurs doutes; sa mission de réduire leur cheminement et leur œuvre en des chapelets de contradictions comme autant de mythes à «déconstruire» (sic), on doit pouvoir expliquer ses propres contradictions par rapport à l’histoire récente ou à défaut de quoi être contraint de se défendre de sa propre turpitude. Peut-être cet homme, bardé de tous les mérites de la sagesse pourra-t-il nous instruire? Lui qui fut, comme beaucoup d’autres, un de ceux qui ont inspiré la genèse de cette nation civique québécoise, qu’ils ont imaginée émancipée des anciens symboles (sic), ouverte à l’étranger, à l’Autre, dédiée même à devenir cet Autre. Cette nation reconstruite qu’ils souhaitaient tant et dont la naissance devait obligatoirement passer par la disparition ou la mort à moyen terme de « l’ancienne nation canadienne-française » plus tenace qu’ils ne l’avaient prévu devant la menace. Cette nouvelle nation civique québécoise dont ils savent tous maintenant qu’elle ne se réalisera jamais, simplement parce qu’elle se meure, se mutile, se suicide. Ce médaillé de l’histoire expérimentale pourrait-il nous dire pourquoi aujourd’hui, il refuse de reconnaître à la population blanche et métissée du Saguenay-Lac-St-Jean, riche qu’elle est de l’expérience du pays réel, la légitimité et le droit de se réclamer de cette spécificité et de cette identité qui la distinguent et qui lui sont propres, comme il le reconnaît pour d’autres groupes? Aurait-il crainte que n’émerge des hantises de l’histoire, l’âme même du pays mort-né?

Nous ne réclamons rien ici, pour nous, pour les nôtres ou pour notre collectivité que nous n’ayons déjà reconnu ou concédé aux autres. Rien de plus! Mais rien de moins que ce droit réel et confirmé d’être reconnus collectivement maîtres de notre destinée, ouverts à cette humanité qui respecte les différences et qui reconnaît l’égalité des chances comme principe moteur de son développement et de son accomplissement, pour sa postérité et celle des générations à venir. Gérard Bouchard fait désormais parti – faut-il s’en étonner? – de cette horde de pourfendeurs, ministres, mandataires, «facilitateurs» et chroniqueurs de toute espèce qui se relayent depuis le 14 juillet 2000 pour tenter de faire comprendre au monde ce qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes! Contrairement à ce qu’ils prétendent tous, le sort en est déjà jeté pour ce qui est du traité à venir découlant de l’Approche commune. Les négociateurs en chefs des trois parties savent exactement OÙ ils vont dans ce dossier, QUAND et COMMENT ils y arriveront. Les 19 sous-ententes à venir pavent la voie à une fragmentation de l’opposition. Cette stratégie de divergence facilitera le « buldozage médiatique » et le « charriage de ragots » qui servent si bien ces manipulateurs auxquels il a déjà prêté allégeance. À l’ère de « l’économie de redevances » nous sommes en train d’assister à «l’africanisation» de l’économie Nitassinienne. La discrimination institutionnalisée est déjà en application dans l’octroi des contrats de la Péribonka et de la Manouane. Le « cheap labor » canadien-français risque de devenir une manne bleue pour tous les ambitieux de la planète y compris ceux des Innus qui s’y reconnaîtraient. Dans un pareil contexte, toutes les dénonciations sont opportunes.

Richard Harvey
L’Ascension, 14 avril 2004


Revenir à la page dédiée à la désintégration des régions. Dernière mise à jour de cette page le Dimanche 18 avril 2004 12:05
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
 
Commanditaires




Saguenay - Lac-Saint-Jean, Québec
La vie des Classiques des sciences sociales
dans Facebook.
Membre Crossref