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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

André Turmel, “Mémoire et traces de l'enfance” (1996)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de André Turmel, “Mémoire et traces de l'enfance” (1996). Un article publié dans l'ouvrage sous la direction de Simon Langlois et Yves Martin, L'horizon de la culture. Hommage à Fernand Dumont, pp. 253-269. Québec: Les Presses de l'Université Laval et l'Institut québécois de recherche sur la culture, 1996, 556 pp. [Autorisation formelle réitérée par M. Turmel le 11 octobre 2005 et reconfirmée le 19 janvier 2006 de diffuser cet article.]

Introduction

L'un des vecteurs les plus constants, et, par là même, les plus déterminants, de l'oeuvre de Dumont concerne la mémoire. Dans son projet d'une histoire de la pensée québécoise, n'avoue-t-il pas vouloir « éclairer... les conditions de constitution d'une mémoire collective [1] ». Voici une préoccupation qui sourd tel un fil conducteur qui serait aussi le véritable fil d'Ariane de tout son travail d'écriture depuis Le lieu de l'homme jusqu'à cette conférence de la Chaire pour le développement de la culture d'expression française en Amérique du Nord (CEFAN) au titre emblématique, « L'avenir de la mémoire », et qui éclaire, rétrospectivement en quelque sorte, tout le parcours et la position dumontienne. 

S'étonnera-t-on que cette problématique de la mémoire soit, chez Dumont, affaire de culture ? Pour peu qu'on ait fréquenté son oeuvre avec quelque assiduité, on se remémorera que Le lieu de l'homme avait pour sous-titre : la culture comme distance et mémoire. Quelque trente ans plus tard, la conférence de la CEFAN réaffirmait sans ambages cette perspective : « ... pour répondre à notre interrogation sur l'avenir de la mémoire, ce sont les caractéristiques majeures de la mutation présente de la culture qu'il nous faut considérer [2]. » 

Sur les pistes de recherche qu'elle soulève, je tenterai de faire travailler cette problématique de la mémoire sur un corpus où, de prime abord, la coutume sinon l'habitude ne consiste pas, c'est le moins qu'on puisse dire, à construire l'objet dans la perspective de la constitution d'une mémoire collective [3]. En effet, le rapport à l'enfance, et notamment la façon dont les adultes d'aujourd'hui parlent de leur enfance, de leur famille ou de leurs parents, bref la façon dont ils se remémorent cette période de leur existence, constituent une sorte de zone d'ombre dans laquelle ils n'entrent que pour mieux se perdre. 

Je voudrais à cet effet soumettre l'hypothèse que la question du rapport à l'enfance condense un ensemble de problèmes qui ressortissent au premier chef à la mémoire ; et en ce qui nous concerne, à l'oblitération de la mémoire et à la dénégation quasi systématique du passé. On aura reconnu le second volet de la définition de la culture chez Dumont : la distance qui s'inscrit ici, le cas échéant, dans une logique de la rupture. La question pertinente devient dès lors : quel type de lecture les Québécois font-ils de ce passé, fort peu lointain au demeurant ? Comment ce passé s'inscrit-il dans leur mémoire collective ? Comment celle-ci s'élabore-t-elle eu égard à la question de l'enfance ? 

On comprendra néanmoins que la question posée n'est pas : pourquoi ne faisons-nous plus d'enfants, mais pourquoi disons-nous avec tant de passion, tant de rancœur contre notre passé le plus proche, contre notre présent et contre nous-mêmes, que nous ne voulons pas faire et élever des enfants comme nous l'avons nous-mêmes été ? Qu'est-ce qui se noue autour de ce rapport à l'enfance, envisagé du point de vue de la mémoire ? Qu'est-ce qui se joue dans cette volonté affichée et proclamée de faire autrement et différemment que la génération précédente sur ce plan ?


[1]     Fernand Dumont Le sort de la culture, Montréal, L'Hexagone, 1987, p. 328.

[2]     Fernand Dumont « L'avenir de la mémoire », conférence prononcée à la Chaire pour le développement de la culture d'expression française en Amérique du Nord (CEFAN), texte ronéotypé, mars 1994, p. 2.

[3]     Denise Lemieux, « Souvenirs d'enfance », Informations sociales, 30, 1993, p. 65-71.


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le samedi 20 janvier 2007 8:56
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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