RECHERCHE SUR LE SITE

Références
bibliographiques
avec le catalogue


En plein texte
avec Google

Recherche avancée
 

Tous les ouvrages
numérisés de cette
bibliothèque sont
disponibles en trois
formats de fichiers :
Word (.doc),
PDF et RTF

Pour une liste
complète des auteurs
de la bibliothèque,
en fichier Excel,
cliquer ici.
 

Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Maurice TREMBLAY, Orientations nouvelles de la pensée sociale (1953)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Maurice TREMBLAY, Orientations nouvelles de la pensée sociale. Un article publié dans Essais sur le Québec contemporain. Essays on Contemporary Quebec. Édités par Jean-Charles Falardeau. Symposium du Centenaire de l'Université Laval, chapitre IX, pp. 193-215. Québec : Les Presses de l'Université Laval.

Introduction

Ce que l'on peut valablement appeler la pensée sociale du Canada français est plus que la somme des opinions d'un certain nombre d'individus sur divers problèmes sociaux. Elle est l'expression d'un ensemble relativement cohérent de conceptions et d'attitudes qui constitue non seulement une « configuration culturelle » au sens où l'entend Ruth Benedict mais un ethos au sens que donne maintenant à ce terme l'anthropologie culturelle. Cet ethos est étayé sur des prémisses qui dominent et informent la culture nationale. Plus que de simples pôles d'intégration logique, ces prémisses représentent un certain idéal. C'est grâce à elles que l'ethos est un système de valeurs et de normes. Ces valeurs et ces normes, renforcées par une approbation séculaire, déterminent les modes de pensée et de comportement que la collectivité reconnaît comme normales.

 

Dans tout groupe culturel, les conceptions et les attitudes dont est faite la pensée sociale dominante s'imposent aux esprits les plus affranchis et s'incarnent en des institutions dont elles empruntent la fixité. Tout changement radical dans les conditions d'existence du groupe qui entraînera un examen critique de la tradition mettra en cause sa structure sociale aussi bien que les valeurs et les normes de son ethos. Pour autant, la résistance opposée au changement par un système culturel de pensée et par l'organisation sociale qui le supporte sera d'autant plus grande que le nouvel ordre de choses, au lieu d'être le résultat d'une évolution organique du groupe, aura été imposé à celui-ci de l'extérieur.

 

Tel est le cas du groupe canadien-français dans le Québec. L'industrialisation qui transforme son milieu depuis une cinquantaine d'années prend le caractère d'un choc auquel ne l'avaient préparé aucune expérience, aucune évolution interne. Rien d'étonnant que les adaptations exigées par ce bouleversement aient trouvé dans la pensée et dans les institutions traditionnelles une opposition tenace. Cette opposition fut d'autant plus vive que les Canadiens français étaient fortement intégrés dans un cadre social relativement anachronique.

 

On ne saurait comprendre les manifestations de la pensée sociale du Canada français aux prises avec une révolution industrielle sans évoquer la conception que se faisait notre société de la civilisation urbaine et des carrières économiques qui maintenant s'imposent à nous. En tout premier lieu, il importe de rappeler comment ces conceptions et leurs incarnations institutionnelles se sont historiquement élaborées.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le samedi 9 juin 2007 16:59
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 



Saguenay - Lac-Saint-Jean, Québec
La vie des Classiques des sciences sociales
dans Facebook.
Membre Crossref