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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Tambours de l'Inde à la Martinique. Structure sonore d'un espace sacré (1982)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Monique Desroches et Jean Benoist, “Tambours de l'Inde à la Martinique. Structure sonore d'un espace sacré”. Un article publié dans la revue Études créoles. Culture, langue, société, vol. V, nos 1-2, 1982, pp. 39-58. [Avec l'autorisation de diffuser dans Les Classiques des sciences sociales accordée par Mme Desroches le 4 septembre 2007 et par M. Benoist le 17 juillet 2007.]

Introduction

Les cultes originaires de l'Inde qui se déroulent parmi les descendants des travailleurs venus sous contrat aux Antilles françaises et à la Réunion ont attiré l'attention de bien des observateurs qui se sont attachés à les décrire, à les interpréter et à les rattacher à leurs origines. [1] On a souligné leur continuité avec les « cultes de village » exercés sous la conduite de prêtres non-brahmines, et qui s'accompagnent souvent de sacrifices d'animaux et de possession. 

La musique, toutefois, même en Inde, a été assez négligée, et en particulier les battements des grands tambours plats qui caractérisent ces cérémonies. On mentionne l'accompagnement rythmé des tambours ; on relève souvent que ce sont les intouchables qui assurent cette partie de la cérémonie [2]. Mais le rythme lui-même n'est pas examiné. Notre étude a pris ce rythme pour point de départ à la suite de la remarque importante de l'un de nos informateurs martiniquais, remarque vérifiée à la Guadeloupe, à la Réunion et à Maurice : les battements du tambour s'organisent en une série de séquences différentes qui correspondent chacune à une divinité ou à une phase de la cérémonie. 

Loin d'être un simple accompagnement qui donne un rôle social et une forme d'insertion sociale des intouchables, le tambour a une place de signalisation et d'appel au cœur du culte. Aussi avons-nous suivi plusieurs stages. Après qu'une démarche ethnomusicologique ait enchâssé l'étude du champ propre de la musique dans celle du fait socioculturel dont elle est partie signifiante, nous sommes retournés vers la cérémonie pour y intégrer ce que la musique nous a dit sur la structure et sur son sens. 

Cet article ne s'appuie que sur des données martiniquaises, bien que d'autres observations nous permettent d'inférer que ses conclusions, et surtout sa démarche, sont valables dans d'autres situations (notamment à la Réunion où les « couplets » du tambour adressés aux divinités sont plus nombreux qu'à la Martinique). La poursuite du travail en vue de ces comparaisons nous permettra peut-être bientôt de confirmer ou de nuancer cette intuition.


[1] Voir en particulier pour la Martinique HOROWITZ, 1961, 1963, pour la Guadeloupe SINGARAVELOU, 1975 et, pour la Réunion, BARAT 1980 et BENOIST 1981.

[2] Les travaux anthropologiques sur les villages indiens soulignent cette participation des intouchables au culte et le fait que ce type de battement de tambour leur appartient en propre. À la Réunion, le responsable des groupes de trois à sept batteurs de tambours que le prêtre engage pour les cérémonies dit presque toujours descendre de Parias en ligne directe (par son père).



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le vendredi 29 février 2008 11:16
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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