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Collection « Histoire du Saguenay—Lac-Saint-Jean »

Russel Aurore Bouchard, Histoire de Chicoutimi-Nord.
Tome 2.
La Municipalité de Chicoutimi-Nord et la fusion municipale, 1954-1975. (1986)
Avant-propos


Une édition réalisée à partir du livre de Russel Aurore Bouchard, Histoire de Chicoutimi-Nord. Tome 2. La Municipalité de Chicoutimi-Nord et la fusion municipale, 1954-1975. Chicoutimi-Nord: Russel Bouchard, à compte d’auteur, 1986, 222 pp. Une édition numérique réalisé par Diane Brunet, bénévole, guide de musée retraitée du Musée La Pulperie, Chicoutimi. [L'auteure nous a accordé le 22 septembre 2005 sa permission de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]

[XI]

Histoire de Chicoutimi-Nord. Tome 2.

Avant-propos


Avec le premier volume de l'HISTOIRE DE CHICOUTIMI-NORD, nous avons tenté de mettre en valeur les conditions qui ont prévalu au moment de l'implantation des premiers établissements dans cette partie du Saguenay. Ce qui se dégage en fait, c'est que les origines coïncident avec la fin du monopole de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1842, avec l'ouverture du Saguenay à la colonisation et avec les débuts de l'exploitation de la forêt. Nous avons vu aussi que le village de Sainte-Anne qui se détache du canton mère, en 1893, s'est développé en parfaite harmonie avec Chicoutimi tout en conservant une certaine originalité par rapport à cette dernière. La rivière Saguenay, cette frontière naturelle qui sépare les deux municipalités est large d'environ un demi-mille et s'est présentée comme l'élément clé qui explique l'autonomie et l'originalité du petit village et ce jusqu'à la construction du pont de Sainte-Anne, en 1933.

Les époques du canton Tremblay et du village de Sainte-Anne correspondent à des activités particulièrement pastorales de la part de la population. C'est « le temps de la charrue et du clocher » pour reprendre l'expression de l'abbé Jean-Paul Simard. Jusqu'à la fin de la deuxième Grande Guerre, le village vit particulièrement de l'agriculture et ce n'est qu'à l'aube de la décennie cinquante qu'il s'ajustera au modernisme.

Le second volume, justement, traitera de la « Ville » de Chicoutimi-Nord dont l'avènement correspond au boum de l'après-guerre. Le paysage semi-rural, qui caractérisait en 1950 le « gros village » de Sainte-Anne, prend de plus en plus une allure urbaine et cette mutation devient encore plus évidente à partir de, 1955.

En effet, il appert que la nouvelle ville qui est créée en 1954 se présente comme la « Cité » la plus progressive du Saguenay. À peine les administrateurs de la jeune agglomération urbaine viennent-ils d'obtenir la charte de Cité et Ville que déjà tous les services [12] importants sont transformés pour être en mesure de servir une population beaucoup plus imposante. Selon l'édition de Progrès du Saguenay du 29 décembre 1954 « tout arrive à point puisque la construction d'habitations familiales est très active et qu'une centaine de nouvelles maisons ont surgi de la dernière année. L'an prochain, - poursuit-il - également tout près de deux cents autres logis auront été ajoutés aux banlieues de cette jeune cité. »

Le Dr Roch Boivin qui peut être qualifié à juste titre de « Père politique de Chicoutimi-Nord », est capable d'envisager, dans un avenir rapproché, des réalisations formidables. Avec sa jeune équipe d'échevins il va réussir à déployer toute l'infrastructure nécessaire à un développement prodigieux. D'ailleurs, nous vous l'avons mentionné à plusieurs reprises, cette époque est aussi celle de Rosario Morin, entrepreneur forestier, constructeur de maisons familiales, inventeur et homme d'affaires agressif, qui va contribuer tout comme le jeune maire, à la spécificité de Chicoutimi-Nord. Les réalisations ne manqueront pas.

D'abord, la construction d'un nouvel aqueduc permettra de fournir de l'eau potable à une population de 35,000 âmes. Le réseau de rues, pour faciliter et rendre possible la circulation dans les nouveaux quartiers, se développe à un rythme impressionnant. Le service moderne contre les incendies fait son apparition en même temps que l'on construit l'hôtel de ville. Le nouveau règlement de zonage et la refonte du cadastre donnent un ton d'urbanisme. En 1955, l'éclairage des rues est amélioré et l'on s'affaire à la construction du boulevard Sainte-Geneviève.

La seconde moitié de la décennie cinquante assiste à la transformation physique et sociale de la rue Roussel, artère principale des lieux. La paroisse de Saint-Luc est appelée à devenir le centre commercial de Chicoutimi-Nord et justement les petites entreprises s'installent pignon sur rue dans des maisons vieilles, bien souvent, d'un demi-siècle. Les plus vieux se rappelleront qu'avec la construction de la côte Ste-Geneviève, Léonard Bouchard, le dernier agriculteur de Saint-Luc dont les bâtiments donnent sur la rue Roussel, abandonne le métier de la terre.

Tout change si vite qu'il est difficile d'en saisir immédiatement la portée. Prenons par exemple les cours d'eau. Au pied de la côte Sainte-Anne, le ruisseau Charles Gravel disparaît sans faire de bruit. Un peu plus à l'ouest, la rivière Michaud, jadis paisible et fraîche, se transforme soudainement en véritable égout à ciel ouvert. La pollution deviendra telle qu'il sera nécessaire de la canaliser, comme pour cacher les méfaits irréparables de l'homme.


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 11 février 2014 15:23
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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