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Vos commentaires sur la collection
Les Classiques des sciences sociales


— Mercredi, le 11 juin 2003

Subject: Félicitations et pétition
Date: Wed, 11 Jun 2003 09:33:19 -0400
From: Dominique Robert <dominique.robert@internet.uqam.ca>


Bonjour Jean-Marie !

Je vous écris ce petit mot d'abord parce que ce matin, vous m'avez donné à respirer grâce à la toute beauté de votre site internet "Les classiques des sciences sociales" et la grandeur d'âme de son projet de libre diffusion du livre donc de la libre pensée. Ensuite, pour que vous ajoutiez mon nom à la pétition contre la transformation du droit d'auteur en droit additionnel des grandes compagnies à faire de nos vies un monoprojet, celui de gagner toujours plus d'argent (et toujours sur le dos de notre voisin, il va sans
dire).

J'ai visité votre site parce que je cherchais de l'information sur Nicolas de Cues. Je suis un cours d'été en philo à l'Uqàm et je fais un travail sur cet auteur. Ce cours, je le suis parce que je tente de compléter à temps partiel un doctorat en études littéraires portant sur le thème du poète comme figure de l'idiot. C'est que moi-même je suis poète (je publie aux Herbes rouges, petite maison d'édition résistante, qui elle aussi tente de diffuser la libre pensée en rééditant des textes du domaine public. Voir la collection "Five O'clock, dirigée par Claude Beausoleil) et que dans le monde d'aujourd'hui, il n'y a peut-être pas plus idiot comme vocation ! Aussi, je dois dire que je suis un jour tombée amoureuse de Gilles Deleuze, et que j'ai adoré les figures de l'idiot que j'ai rencontrées dans son "Qu'est-ce que la philosophie ?", particulièrement celle d'Alice. Mais ce n'est pas tout ce que j'aimerais vous dire de moi. Je suis aussi enseignante de français depuis treize ans dans une école secondaire ayant pour mandat d'aider des élèves en grandes difficultés - soit d'adaptation, soit d'apprentissage (l'école Marie-Anne à Montréal). Je sais d'expérience ce que peut valoir la connaissance dans notre monde : je n'ai qu'à lire dans les yeux de mes élèves, tantôt leur tristesse à se croire à jamais coupés de ce trésor, tantôt la joie (dans le sens bergsonien, celui qui vient "éteindre" le plaisir comme le soleil vient "éteindre" une lampe) de lui accéder quand on lui touche enfin un peu. L'ignorance est une souffrance tellement cachée, provoquée et entretenue par nos démocraties malades, une maladie honteuse pour temps postmodernes. Puisque chaque jour, je la côtoie, je sais à quel point elle est difficile à vivre, à quel point elle fait croire à ces jeunes qu'ils sont moins que les autres, voire des moins que rien. Je sais à quel point sont perdus les jeunes qui sont gardés dans l'ignorance du miracle de leur être, comme de légères feuilles d'automne détachées de leur arbre et livrées au moindre petit vent. Car la connaissance, c'est la possibilité de se connaître soi-même, d'en savoir plus long sur sa propre vie, sur ses propres possibilités! C'est la force de prendre pied quelque part en s'écriant joyeusement "Oui, moi ! ", puis un jour idéalement "Et toi ?" - c'est-à-dire "nous" qui aimerions tellement faire une différence dans notre si tragique histoire...

Mais pas facile d'être politique aujourd'hui ! Continuer à étudier, écrire de la poésie et enseigner à ces jeunes en difficulté, ce sont les meilleures façons que j'ai trouvées jusqu'à maintenant de l'être. Une nouvelle façon, c'est de vous envoyer ce petit mot. J'espère que vous me répondrez. Je communique peu avec des gens engagés socialement et j'avoue que ça me manque beaucoup. Même à l'université, j'ai l'impression de me trouver chez IBM, tellement "toute la patente" est orientée vers le marché, le marché du travail et je crains fort, le marché des idées. Alors s'il y a quelque chose que je peux faire pour que votre projet continue d'avancer, laissez-le-moi savoir. Ça me ferait plaisir de vous prêter main-forte.

Très cordialement,

Dominique


Retour à la liste des commentaires Dernière mise à jour de cette page le Jeudi 14 août 2003 08:57
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
 
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