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Letre de recommandation
à l'Ordre National du Québec 2011
de M. Michel Bergès, professeur des université en science politique,
Université Montesquieu - Bordeaux IV, France.

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Michel Bergès

Professeur des universités en science politique

5 Rue des Arcades
Cité Le Corbusier
Pessac 33 600
06 25 39 67 93

michel.berges@free.fr

Secrétariat de l’Ordre National du Québec,
Ministère du Conseil exécutif
875, Grande Allée Est, bureau 3221,
Québec G1R 478

Ordre-national@mce.gouv.qc.ca


Pessac le 23 octobre 2011

Aux très honorables membres de l’Ordre National du Québec,

En tant que lecteur assidu de la Bibliothèque numérique de Chicoutimi, « Les Classiques des Sciences sociales », il m’a été demandé de livrer mon témoignage en faveur de la candidature de notre collègue, Jean-Marie Tremblay, son fondateur, au grade de Chevalier de l’Ordre dont vous présidez la destinée.

C’est un devoir d’évoquer l’action multiforme et exceptionnelle à tous les niveaux que le postulant a créée et animée. Il a lancé cette aventure en 1993 avec une continuité sans faille, depuis qu’il contacta l’Université du Québec à Chicoutimi. Celle-ci fut immédiatement enthousiaste concernant son projet d’étendre à tous les internautes la numérisation de documents pédagogiques réalisée jusque-là seulement à l’intérieur de son collège, ce que rendaient possible Internet et les NTIC. Cette entreprise d’une très grande portée apparaît d’autant plus remarquable qu’elle s’est avérée durable, depuis près de vingt ans de travail constant. Parmi les louanges si unanimes qui l’ont déjà couronnée, deux points doivent être mis en évidence.


Nous sommes en présence d’une action très novatrice, non sans relation avec la longue tradition de l’histoire culturelle de l’humanité

– Par leur apport collectif à la transmission moderne du savoir, « Les Classiques » s’inscrivent bien dans la continuité de « l’Université », immémoriale depuis l’Antiquité et toujours accompagnée de grandes bibliothèques : celles d’Athènes, de Pergame, d’Alexandrie, de Rome, de nombreuses abbayes monastiques (comme à Admont en Autriche, la plus grande du monde), puis celles de la Renaissance et des siècles suivants… L’établissement numérique concerné n’a-t-il pas acquis en dix ans une renommée internationale, qui rayonne bien au-delà de Chicoutimi, en révolutionnant de surcroît le concept de « bibliothèque » lui-même, à travers une étape totalement nouvelle, conquise grâce aux efforts permanents de son fondateur et de ses « bénévoles » ?

– Cette invention a rejoint et perpétué en la perfectionnant une activité intellectuelle et technique inséparable de l’Université : celle de la reproduction des ouvrages écrits, de l’imprimerie, de l’édition et de la diffusion médiatique des savoirs. Il y a chez Jean-Marie Tremblay, passionné par les livres, quelque chose à la fois de Johannes Gutenberg, d’Érasme, des grands éditeurs d’Amsterdam, les Elzevier, du Père Mersenne… On peut penser encore à la grande aventure de L’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot, à Condorcet (ce dernier s’étant montré attentif à la diffusion du savoir, notamment au sein du Comité d’Instruction publique de la Convention), de même qu’à Lucien Herr, le bibliothécaire si influent de l’École normale supérieure de Paris, ou à Gaston Gallimard. Sans oublier Marshall McLuhan et sa théorie des trois « galaxies » médiatiques (« de Gutenberg, de Marconi, du village planétaire »)… N’y a-t-il pas désormais une « Internetsphère », une « Galaxie McLuhan » ? Vingt ans après la mort de celui-ci, peut-être que l’on parlera un jour d’une « Galaxie Tremblay »…

« Les Classiques » démontrent également l’importance décisive des supports dans la diffusion de la culture à l’ère du cyberespace. La différence avec ses grands prédécesseurs, est qu’en tant que visionnaire Jean-Marie Tremblay a dépassé en grande partie le simple support-papier (fait décisif indirectement pour la sauvegarde des forêts). Grâce à des batteries de serveurs puissants (et à l’électricité !), a été résolue la question de la transmission dans le temps des ouvrages imprimés sur des supports fragiles – hantise de maintes bibliothèques –, assurant ainsi la sauvegarde des anciens savoirs de tous les pays du monde francophone.

Bref, la Bibliothèque numérique de Chicoutimi est entrée dans l’histoire médiologique de façon impressionnante…

Au-delà de cette dimension temporelle, un autre fait, heuristique, vu un tel bilan, mérite d’être souligné, et non des moindres.


L’engagement culturel et humaniste qui sous-tend « Les Classiques », qualitatif au possible, valorise le Québec et le Canada de façon remarquable dans le monde entier.

– La grande réussite des « Classiques » est due bien sûr aux qualités d’homme de Jean-Marie Tremblay et aux valeurs humanistes qu’il a servies. Il a miraculeusement réuni toutes celles qui étaient nécessaires pour accomplir un tel projet. Elles ont été soulignées par ceux qui le connaissent, et les mêmes, évidemment, reviennent. On ne saurait en dresser une brève liste sans penser à tout ce qui les sous-tend : celles de grand pédagogue, de compétence visionnaire, de générosité, d’humilité, de ténacité, de dynamisme, de travail de qualité et de minutie, de don de soi, de gentillesse, de courtoisie, de passion, de pionnier autodidacte, de mobilisateur d’une large équipe (sans laquelle rien n’eût été possible)…

Une des raisons les plus notables de ce succès a été encore de résoudre avec une rigueur juridique exemplaire la quadrature du cercle : comment équilibrer, voire concilier les aspects contradictoires du mercantilisme éditorial (incontournable et légitime), du « droit d’auteur », avec les exigences de la démocratisation culturelle, attachée au « droit de copie », au respect des auteurs, à la rapidité d’accès et à la gratuité ? Cela, pour le plus grand bien de millions de lecteurs, notamment dans les espaces où les bibliothèques sont rares, les ouvrages chers, difficilement entreposables ou accessibles (pensons aux si nombreux étudiants qui n’ont ni argent ni place pour les compulser ou les conserver chez eux). Signalons même que certaines entreprises de matériels informatiques modernistes ont accepté de contribuer à la réalisation des « Classiques ». Le tout entrainant la constitution entre les internautes d’un véritable « réseau épistolaire », transmetteur de culture à l’instar de ceux des périodes historiques antérieures.

– Une telle efficacité, inscrite dans une action collective établie de façon continue, solide et transmissible dans la longue durée, ne peut qu’entraîner des retombées extrêmement positives pour le Canada, pour le Québec dans son ensemble, pour la ville, la région et l’Université de Québec à Chicoutimi : les étudiants et enseignants français en sciences humaines et sociales pratiquent désormais leurs recherches et leurs échanges sur un site québécois !

Il est évident que les effets d’image et de communication constituent une contribution décisive des « Classiques » en termes de qualité de la vie, de modernité, de développement durable, d’encouragement à l’essor de pays du Tiers-Monde, souvent démunis d’infrastructures culturelles, de librairies, de bibliothèques, de livres donc. Cela s’avère d’autant plus précieux qu’il s’agit d’enrichir la diffusion des savoirs non seulement en sciences humaines et sociales, mais encore en philosophie, en théologie, en littérature, en pédagogie, en études des civilisations comparées, sans parler du rayonnement des auteurs spécifiquement québécois et donc de la culture de ce pays… Il est utile aussi de ne pas négliger la dimension de défense de la Francophonie et de la langue française, qui revient à sa juste place de façon triomphante.

Tout cela n’est pas sans conséquences sur l’image du Québec aux plans des relations internationales, de la construction de la paix, de la diplomatie culturelle, de la démultiplication des échanges, des relations interuniversitaires, du commerce, de la diffusion du progrès technologique…, bref, de la renommée de ce pays, liée à la facilitation des connaissances universelles qui rend les femmes et les hommes des générations anciennes, présentes et futures, heureux, curieux, voire meilleurs. Ne serait-ce, au-delà des contenus, qu’en redécouvrant « le plaisir de lire » et de s’instruire par « écrans » et scanners interposés.


D’autres manifestations de reconnaissance viendront sûrement du monde entier, peut-être même, un jour, pourquoi pas, de l’Unesco. Elles seront précédées de celle que Jean-Marie Tremblay a tant méritée, par la décision heureuse, que je souhaite et pressens, de lui accorder le grade de Chevalier dans l’Ordre National du Québec – si attendue par beaucoup.

Celle-ci se trouve entre les mains de Votre Haute Autorité, auprès de laquelle j’ai l’honneur humblement et très respectueusement de plaider.

Pr. Michel Bergès


Retour à la page des bénévoles Dernière mise à jour de cette page le lundi 31 octobre 2011 16:22
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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