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Collection « La désintégration du Québec et des régions »

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, réalité interdite.
Plaidoyer pour la reconquête de nos droits fondamentaux
Avant-propos de l'auteur


Une édition numérique réalisée à partir du livre de Mario Tremblay, Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, réalité interdite. Plaidoyer pour la reconquête de nos droits fondamentaux. Chicoutimi, février 2003, 133 pages. M. Mario Tremblay m'a accordé l'autorisation de diffuser son étude le 27 mars 2003. Merci infiniment de partager cette réflexion.


Avant-propos


Au Saguenay-Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord, des hommes et des femmes vinrent s'établir. Dans un esprit de liberté, d'égalité et de partage, par l'entraide, la collaboration et la division du travail, les bâtisseurs de Pays aspiraient à se réaliser pleinement. Ils déléguèrent au gouvernement la tâche de favoriser leurs intérêts collectifs afin que jamais leur dur labeur ne soit réduit à néant. Ces hommes et ces femmes, nos aïeux, firent une grave erreur.

Contre toute attente, à partir de 1970, hypocritement, sans opposition des Assemblées de nos Élus, le gouvernement a cessé de favoriser également les intérêts de toutes les collectivités* régionales. Il avait imaginé et mis d'avant une politique* économique fondée sur la ségrégation* de la moitié des collectivités humaines du Québec. Par ses orientations, ses politiques et ses pratiques, il a cessé de respecter notre droit* fondamental à l'égalité sans discrimination. Entretenant à notre endroit un stéréotype*, celui de « région ressource », il nous assignait illégalement une place et un rôle prédéterminés, partiels et spécialisés dans la société québécoise. Les éléments jeunes de nos collectivités régionales « ressources » étaient ainsi voués à prendre une place et à occuper un rôle qui leur avait été secrètement et illégalement attribué. Tout était ainsi programmé pour qu'ils aillent, telle une armée de conscrits, renforcer le tissu social et économique d'une région vouée à survivre à toutes les autres, la grande région de Montréal.

Contrairement au vœu de nos ancêtres et des citoyens* canadiens des autres provinces, on nous écartait ainsi d'une société où tous se voient reconnus par la loi, comme des êtres humains et des membres égaux, comme des citoyens tous aussi capables et méritant le même intérêt, le même respect et la même considération. En matière de développement économique, le gouvernement avait remplacé par ses hypothèses*, des principes et des règles universellement éprouvés. Alors qu'en 1982, de telles règles devenaient des valeurs et des droits garantis énoncés par la Constitution* canadienne, le gouvernement passait outre et violait impunément le contrat social fondamental institué. Jusqu'à l'année 2000, seule la grande région de Montréal se voyait gratifiée de l'application des droits fondamentaux qui pourtant appartenaient à l'ensemble. Bientôt, par l'Approche commune, se basant sur d'autres hypothèses, ce seront les Amérindiens innus, cette fois, qui à l'instar de la grande collectivité montréalaise, deviendront eux aussi privilégiés. Quant à nous, citoyens d'ici, nous sommes conviés à continuer à assister impuissants, au dépérissement de notre collectivité d'appartenance. Voilà comment au Québec, au nom d'un nationalisme basé sur l'exclusion sélective, sont sacrifiées des régions et des collectivités humaines.

Une société juste devait veiller à ce que tous les citoyens soient libres et égaux dans tous les domaines, où que ce soit au Québec. Elle devait veiller à ce qu'il ne soit exercé aucune discrimination basée, entre autres, sur le territoire d'appartenance et sur la race. Sa plus importante valeur ainsi que sa principale caractéristique se devaient d'être la liberté, l'égalité et leur réel exercice.

Pendant que collectivement, nous les bâtisseurs de pays sommes en voie de disparaître de nos régions, d'autres collectivités autochtones émergent, nous poussent à quitter notre terre et nous remplacent. Éclairées, elles réussiront là où nous avons collectivement échoué. Pour s'assurer de leur succès économique et social, leur exigence est simple. Elle est aussi lumineuse que désarmante : par l'Approche commune, un traité politique, les Innus s'assureront pleinement, sans compromis, que l'Assemblée nationale regroupant nos députés et notre gouvernement, fassent à leur endroit, le contraire de ce qu'ils nous ont illégalement fait : le respect entier des droits fondamentaux à l'égalité des chances sans discrimination.


Notes:

* Les mots suivis d'un astérisque sont définis au Lexique.

Retour à l'oeuvre de Mario Tremblay Dernière mise à jour de cette page le Samedi 22 mars 2003 13:48
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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