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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

La santé et les services sociaux: réforme et remises en question” (1992)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Mme Deena White, sociologue, “ La santé et les services sociaux: réforme et remises en question”. Un article publié dans l'ouvrage sous la direction de Gérard Daigle et Guy Rocher, Le Québec en jeu. Comprendre les grands défis, Chapitre 8, pages 225-248. Montréal: Les Presses de l'Université de Montréal, 1992, 811 pages. [Autorisation accordée par l'auteure le 11 janvier 2004.]

Introduction

En 1971, le Québec instaura un système public de services de santé et de services sociaux rationalisé et structurellement uni et ce, à partir de composantes privées et communautaires éparpillées et souvent, sous-développées. L'initiative devait représenter un triomphe de la planification sociale. Pour réaliser des objectifs aussi larges que l’égalité d'accès aux services et le mariage de la médecine à l’intervention sociale, on mit en oeuvre toutes les techniques administratives nécessaires. Le régime devait répondre à tous les besoins de l'ensemble de la société québécoise relativement aux problèmes de santé et aux problèmes sociaux.

Presque vingt ans plus tard, ce système fait l'objet d'une deuxième réforme importante. La Commission Rochon - la Commission d'enquête sur les services de santé et les services sociaux - a fait ressortir que la demande de services augmente et se diversifie à un rythme démesuré d'une part, et que le système n’a pas, d’autre part, la flexibilité, la capacité d'innovation ni les moyens financiers pour répondre à ces développements (Commission d'en-quête, 1988).

Les nouvelles découvertes biomédicales, génétiques et autres, les innovations technologiques, les cycles économiques, la définition ou la redéfinition des problèmes sociaux, l’émergence de nouveaux défis médicaux (comme le sida), l’accumulation des connaissances sur l'effet biologique de divers polluants, les politiques des autres ministères (par exemple, des modifications à la politique d'aide sociale), ainsi que les conséquences, parfois perverses, des pratiques propres au système lui-même (par exemple, l'institutionnalisation excessive des personnes âgées autonomes pendant les années soixante-dix), sont autant de phénomènes ayant des répercussions contradictoires sur le système de soins.

Malgré cela, le Québec se classe aujourd'hui parmi les pays de l'Organisation de coopération et de développement économique les plus performants pour ce qui est des indicateurs de santé (Ministère, 1989a, p. 118). Quatre-vingt pour cent de la population croit que le système est un des meilleurs au monde (Commission, 1988, p. 396). De plus, depuis le début des années soixante-dix, moment de la grande réforme Castonguay, les coûts du système suivent toujours le mouvement du produit intérieur brut (Commission, 1988, p. 323), grâce à un financement centralisé à même les revenus budgétaires du gouvernement, qui limite le montant global alloué aux dépenses de santé.

Cependant, la rationalisation institutionnelle et financière du système de santé a accentué certains problèmes qui demeurent endémiques, comme l'engorgement des salles d'urgence des hôpitaux, les retombées individuelles et sociales de la désinstitutionnalisation et de la non institutionnalisation des malades mentaux, le manque de services adéquats pour les personnes âgées et pour les jeunes en difficulté. En revanche, ces problèmes ne cessent à leur tour de contribuer à l'augmentation et à la transformation perpétuelle des besoins. Il semble alors que dans ce domaine excessivement complexe et essentielle-ment non rationnel, traiter les problèmes a pour effet de les multiplier. Pour reprendre l'argument de Weber, la rationalité des moyens ne produit pas forcément la rationalité sur le plan des finalités; elle risque plutôt de faire ressortir les aspects irrationnels d'un système d'action, c’est-à-dire les conséquences inattendues et ses effets pervers.

Cette contradiction se manifeste par plusieurs tensions typiques du système socio-sanitaires du Québec et ce, depuis la Révolution tranquille. Dans les pages qui suivent, nous signalerons une série de dilemmes qui reflètent cette opposition de base: premièrement, la tension entre la coordination et la rationalisation systémique et les dynamiques organisationnelles et sociales internes du réseau socio-sanitaires; deuxièmement, la tension entre les intérêts «communautaires» et les intérêts privés que partagent les professionnels et permanents du réseau; enfin, la tension entre l'orientation sociale et préventive et l’orientation médicale du système.

Cette contradiction entre la rationalisation du système de santé et l'évolution «irrationnelle» des besoins est-elle un trait singulier du système québécois de santé et de services sociaux? Dans la mesure où la modernisation du système s'est déroulée selon un processus plus interventionniste au Québec, plus centralisé, plus global — en un mot, plus technocratique — que dans le reste du Canada, la réponse est affirmative. Nous poursuivrons l’examen de cette question plus loin. Pourtant, à l’évidence, les conséquences de ces tensions pour la population québécoise ne sont pas néfastes. Au Québec comme ailleurs, l’état de santé de la population s’est amélioré considérablement depuis 1960 malgré l’apparition de nouvelles pathologies médicales et sociales pernicieuses.


Retour au texte de l'auteure: Deena White, sociologue, Université de Montréal Dernière mise à jour de cette page le Samedi 06 novembre 2004 09:56
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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