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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Anthropologie de la colonisation au Québec. Le dilemme d’un village du Lac-Saint-Jean (1973)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du texte de Michel Verdon, Anthropologie de la colonisation au Québec. Le dilemme d’un village du Lac-Saint-Jean. Préface de Marcel Rioux. Montréal: Les presses de l'université de Montréal, 1973, 283 pp. [Autorisation de diffuser cet article accordée par l'auteur le 1er février 2004] Au moment de la publication de cet article, M. Verdon enseignait à Cambridge University. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole, professeure à la retraite de l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi, Ville de Saguenay.

Avant-propos

La colonisation dont parle ce livre n'est pas celle des colonisateurs mais celle des « colons ». La « colonisation des terres », telle que l'a consacrée la langue québécoise, est un phénomène spécifique à ce pays. C'est la réponse d'une ethnie menacée par une présence étrangère, politiquement et économiquement dominante. Faute de classe inférieure à exploiter, le Québécois a choisi d'exploiter la terre. Il a choisi de déboiser la forêt, d'étendre l'agriculture dans des milieux jusque-là vierges et pratiquement inhabités. Il a cru s'imposer par la hache et la herse. 

Mais ce colon qui cherchait à implanter sa culture et sa société en s'implantant lui-même sur le sol était inconsciemment l'objet d'une double colonisation. En effet, l'élite de son propre peuple, le clergé catholique canadien-français, cherchait à conserver son statut privilégié en maintenant ses fidèles (les colons) dans l'agriculture, loin de l'instruction. C'est pour cela que les « villages de colonisation » étaient aussi des avant-postes du catholicisme et que toute l'entreprise de colonisation fut plus tard qualifiée de messianisme agricole. 

Mais cette exploitation était rendue presque inévitable parce qu'une exploitation politico-économique parallèle réduisait le nombre de choix économiques possibles qui s'ouvraient à l'élite québécoise. Parce que tout le monde industriel et urbain était sous domination étrangère, il était difficile de s'épanouir en dehors du rural et de l'agriculture. 

De plus, comme le choix de l'agriculture était un choix du secteur primaire, ce choix était contradictoire dans une société en voie d'industrialisation et d'urbanisation. Par la coupe du bois, l'agriculteur se présentait comme une main-d'œuvre bon marché aux capitaux anglais et allait permettre la naissance, parallèle à l'agriculture, de l'industrie forestière. Par cette dernière, le village de colonisation contenait sa négation, puisqu'il allait à long terme faire du cultivateur un prolétaire, en faisant de lui un salarié dans une entreprise dont les capitaux appartenaient à une ethnie étrangère. C'est à l'étude du dilemme d'un de ces villages de colonisation que le présent ouvrage s'applique. 

*** 

Nous désirons souligner au lecteur que certains noms de lieux et de personnes qui apparaissent dans la monographie sont fictifs. Nous préférons garder l'anonymat du village étudié (que nous appellerons Dequen) et de ses environs afin d'éviter de porter involontairement préjudice aux résidents. Quant au reste, les faits sont rapportés tels qu'ils ont été observés au cours de nos enquêtes. Celles-ci se sont déroulées de mai à septembre 1968 et 1969. Les tableaux qui illustrent le chapitre sur les activités économiques ont été tirés des statistiques provinciales sur l'agriculture. 

*** 

Nous désirons également adresser nos plus sincères remerciements aux professeurs Jean Benoist, Guy Dubreuil et Jacques Gomila, directeurs de cette recherche, ainsi qu'aux docteurs Frank Auger et Ivan Simonis, tous du Département d'anthropologie de l'Université de Montréal, qui nous ont encouragé et aidé de leurs conseils. Nous voulons aussi souligner l'apport de Mlle Johanne Cadieux et de M. Jean-Pierre Desaulniers à nos hypothèses sur la socialisation ainsi que l'aide technique de M. Jacques Aubry. 

Nos remerciements s'adressent particulièrement à la population du village. D'abord à nos hôtes, M. et Mme Léonidas Gagné, qui nous ont accueilli chaleureusement et nous ont apporté de précieux renseignements, à M. Frédéric Tremblay, cultivateur, qui a aussi sacrifié une partie de son temps à nos enquêtes, à M. l'abbé Turcotte et à M. l'abbé Bouchard, qui nous ont facilité l'accès aux registres paroissiaux et nous ont aidé matériellement en laissant des locaux à notre disposition, et à MM. Edgar Tremblay et Elzéar Savard, tous deux du ministère de la Colonisation, à Alma, qui nous ont permis de consulter les terroirs et nous ont fait parvenir les statistiques concernant la communauté sous étude. Enfin, à tous les gens de Dequen, surtout les jeunes, qui se sont prêtés avec bienveillance à nos enquêtes. 

M. V.


Retour au texte de l'auteur: Robert Vandycke, sociologue, Université de Montréal Dernière mise à jour de cette page le mercredi 4 avril 2007 10:44
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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