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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Pierre Elliott Trudeau [1919-2000]
homme politique canadien, ancien premier ministre du Canada


Pierre Elliott Trudeau, homme politique, écrivain, avocat de droit constitutionnel, premier ministre du Canada de 1968 à 1979 et de 1980 à 1984 (Montréal, 18 oct. 1919 - Montréal, 28 sept. 2000). Issu d'une famille aisée, il est le fils d'un riche homme d'affaires canadien-français et d'une mère de descendance écossaise. Il fait ses études chez les jésuites au Collège Jean-de-Brébeuf, puis à l'Université de Montréal, à Harvard et à la London School of Economics. Il voyage beaucoup pendant sa jeunesse.

Les convictions fédéralistes de Pierre Trudeau
Après la victoire des libéraux aux élections provinciales de 1960, la RÉVOLUTION TRANQUILLE vient combler certains des espoirs de changements qu'entretenait Trudeau. En même temps, elle révèle un grand fossé entre lui et plusieurs de ses anciens collègues, qui se tournent vers l'idée d'un Québec souverain. Professeur de droit à l'Université de Montréal dans les années 60, il critique avec véhémence le nationalisme québécois contemporain et plaide pour un FÉDÉRALISME canadien dans lequel le Canada anglais et le Canada français obtiendraient une nouvelle égalité.

En 1965, P.E.Trudeau, le dirigeant syndical Jean MARCHAND et le journaliste Gérard PELLETIER deviennent membres du PARTI LIBÉRAL fédéral, et Trudeau est élu au Parlement. Il est ensuite nommé secrétaire parlementaire du premier ministre Lester PEARSON, puis ministre de la Justice en 1967. Dans le cadre de cette dernière fonction, il retient l'attention sur la scène nationale lorsqu'il introduit une réforme de la loi sur le divorce et des modifications du Code criminel qui libéralisent les lois concernant l'avortement, l'homosexualité et les loteries. Il se taille aussi une réputation de défenseur d'un gouvernement fédéral fort devant les revendications nationalistes du Québec.

Pierre Trudeau et la crise d'octobre

L'événement le plus marquant lors de son premier mandat est sans aucun doute la CRISE D'OCTOBRE 1970, déclenchée par l'enlèvement du diplomate britannique James Cross et du ministre du Cabinet québécois Pierre LAPORTE par des terroristes du FRONT DE LIBÉRATION DU QUÉBEC (FLQ). En riposte, Trudeau applique la LOI DES MESURES DE GUERRE, qui confère au gouvernement fédéral des pouvoirs extraordinaires en matière d'arrestations, de détentions et de censure. Peu après, Pierre Laporte est assassiné par ses ravisseurs. Aujourd'hui encore, le bien-fondé de ces mesures d'urgence et leurs effets sur la démocratie libérale canadienne et québécoise continuent de susciter la controverse.

Un autre événement important, moins fracassant mais de portée durable, est l'adoption en 1969 de la LOI SUR LES LANGUES OFFICIELLES, élément fondamental du nouveau fédéralisme que préconise Trudeau. Au même moment, il commence à améliorer la situation des francophones à Ottawa. Ces politiques ont toutefois pour effet de provoquer une levée de boucliers antibilinguiste au Canada anglais. Dès son premier mandat, Trudeau doit aussi faire face au sentiment croissant d'aliénation qu'éprouve l'Ouest canadien devant son apparent manque d'intérêt envers les problèmes économiques de cette région et les points de vue régionaux sur les questions d'ordre national.

Une initiative importante amorcée par le gouvernement Trudeau est la tentative de centraliser et de nationaliser la prise de décisions sous le contrôle indirect du CABINET DU PREMIER MINISTRE et d'ORGANISMES CENTRAUX tels que le BUREAU DU CONSEIL PRIVÉ et le CONSEIL DU TRÉSOR.

Bien que ces changements suivent dans une très large mesure les voies qu'emprunte la réorganisation administrative à Washington et dans d'autres capitales de l'Ouest, ils soulèvent la polémique, les critiques dénonçant leur inefficacité et l'affaiblissement du rôle du Parlement et du Cabinet. Aux élections de 1972, Trudeau vient près de perdre le pouvoir et doit former un GOUVERNEMENT MINORITAIRE avec l'appui du NPD.

En 1971, Trudeau, un célibataire endurci, épouse Margaret Sinclair, fille d'un ancien ministre libéral. Leur mariage orageux, troublé par plusieurs différends qui défraient les manchettes, se solde finalement par une séparation en 1977 et un divorce en 1984, au terme duquel Trudeau conserve la garde de leurs trois fils, Justin, Sasha et Michel.

Les luttes constitutionnelles de Pierre Trudeau

Incapable d'obtenir l'assentiment des provinces, il introduit au Parlement une mesure visant à « rapatrier » unilatéralement l'AANB au Canada et à y enchâsser une formule de modification et la CHARTE CANADIENNE DES DROITS ET LIBERTÉS. Il en résulte l'une des batailles les plus mouvementées de toute l'histoire canadienne entre le fédéral et les provinces, qui mène à un compromis final et à la proclamation de la LOI CONSTITUTIONNELLE DE 1982, le 17 avril 1982.

Avec l'enchâssement de droits pour les minorités officielles en matière de langue et d'éducation, ainsi que d'une charte des droits individuels, Trudeau atteint un but qu'il s'était fixé dès son entrée sur la scène politique (voir CONSTITUTION, RAPATRIEMENT DE LA).

Toutefois, dans d'autres domaines, son gouvernement de 1980 à 1984 n'a pas autant de succès. L'inflation constante et les taux de chômage élevés, sans compter les énormes déficits du fédéral, lui font perdre une bonne part de son appui populaire. Son Programme énergétique national, l'une des plus importantes interventions gouvernementales dans l'économie depuis la Deuxième Guerre mondiale, lui aliène davantage les régions productrices d'énergie de l'Ouest canadien.

Un problème persistant qui le poursuit durant tout son mandat est celui des RELATIONS CANADO-AMÉRICAINES. Trudeau adopte souvent une position ambiguë à l'égard des États-Unis, mais pendant sa dernière période en fonction, il affiche une attitude plus nationaliste dans les relations économiques avec les États-Unis et commence à critiquer plus ouvertement leur politique étrangère et leur politique de défense. Au même moment, les politiques de l'administration américaine sous le gouvernement Reagan deviennent de plus en plus lourdes de conséquences pour de nombreux intérêts économiques du Canada.

Pendant ces années, Trudeau consacre de plus en plus de temps à la scène internationale, d'abord en encourageant le dialogue « Nord-Sud » entre les riches nations industrielles et les pays en développement. Puis, en 1983-1984, il mène une initiative de paix auprès des dirigeants de plusieurs pays de l'Est et de l'Ouest pour les persuader de négocier la réduction des armes nucléaires et pour diminuer les tensions causées par la guerre froide. Cette initiative lui mérite le prix de la paix Albert-Einstein.

Par contre, au même moment, son gouvernement décide de permettre aux États-Unis de procéder à des essais de leur missile de croisière en territoire canadien, rencontrant une vive opposition de la part des Canadiens, préoccupés par l'intensification de la course aux armements nucléaires.

Auteur REG WHITAKER

Source: L'encyclopédie canadienne. [EN LIGNE] Consulté le 25 novembre 2011.

Retour à l'auteur: Marc Bélanger Dernière mise à jour de cette page le vendredi 25 novembre 2011 10:08
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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