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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Raymond Robert Tremblay, VERS UNE ÉCOLOGIE HUMAINE. (1990)
Préambule


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Raymond Robert Tremblay, VERS UNE ÉCOLOGIE HUMAINE. (1990). Montréal: McGraw-Hill Éditeur, 1990, 172 pp. Collection: Savoir plus. Une édition numérique réalisée conjointement par Jean-Marie Tremblay et Marcelle Bergeron, bénévoles. [Autorisation formelle accordée par l'auteur le 20 février 2008 de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]

Préambule

Fiodor Dostoïevski, Le sous-sol

Eh bien, je vous le demande, que peut-on donc attendre de l'homme, de cet être doué de qualités si étranges ? Essayez de déverser sur lui tous les biens de la terre ; plongez-le dans le bonheur, si profondément qu'on ne distingue plus à la surface que quelques bulles d'air ; satisfaites ses besoins économiques si complètement qu'il n'ait plus rien à faire qu'à dormir, qu'à manger des pains d'épice, et à songer aux moyens de faire durer l'histoire universelle – eh bien, même en ce cas, l'homme, par pure ingratitude, par besoin de se salir, commettra en guise de remerciement une vilenie quelconque. Il courra même le risque de perdre ses pains d'épice et recherchera les inepties les plus dangereuses, les absurdités les moins avantageuses, rien que pour mêler à cette sagesse si positive un élément fantastique, pernicieux. Ce sont précisément ses rêves les plus fantastiques, c'est sa bêtise la plus plate qu'il prétendra garder, uniquement pour se prouver à lui-même (comme si cela était vraiment si nécessaire) que les hommes sont des hommes et non des touches de piano, sur lesquelles daignent jouer, il est vrai, les lois de la nature, qui jouent d'ailleurs avec un tel brio qu'il ne sera bientôt plus possible de vouloir quoi que ce soit sans se référer aux calendriers. Et puis, si même il se trouvait que l'homme n'est réellement qu'une touche de piano, si même on parvenait à le lui démontrer mathématiquement, même en ce cas il ne s'assagirait pas et commettrait quelque incongruité, rien que pour bien marquer son ingratitude, et persévérer dans son caprice. Et au cas où les autres moyens lui manqueraient, il se plongerait dans la destruction, dans le chaos ; il déchaînerait je ne sais quels maux, mais n'en ferait finalement qu'à sa tête. Il lancera sa malédiction sur le monde, et comme il n'est donné qu'à l'homme de maudire (ceci est bien son privilège, qui le distingue tout particulièrement des autres animaux), il parviendra ainsi à ses fins, c'est-à-dire à se convaincre qu'il est un homme et non pas un écrou. 

Fiodor Dostoïevski, Le sous-sol



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mercredi 21 mai 2008 17:54
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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