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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Les fondements historiques et théoriques de la pratique professionnelle en anthropologie. (1990)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir du document de Marc-Adélard Tremblay, Les fondements historiques et théoriques de la pratique professionnelle en anthropologie. Québec: Laboratoire de recherches anthropologiques, département d'anthropologie, Université Laval, 1990, 244 pp. Collection: Outils de recherche, no 1, Mai 1990. [L'auteur, anthropologue, retraité de l’enseignement de l’Université Laval, nous a accordé le 4 janvier 2004 son autorisation de diffuser électroniquement toutes ses oeuvres dans Les Classiques des sciences sociales.]


[11]

Introduction

La contextualisation
du contrat pédagogique



1. Le contexte d'arrière-plan
2. Le contrat pédagogique

2.1. Les objectifs du cours
2.2. Les exigences particulières
2.3. Le calendrier des séances
2.4. La formule pédagogique
2.5. Le mode d'évaluation
2.6. Les lectures de base
2.7. Les autres références de base
2.8. Le système de classification

3. De la coloration de la lunette d'approche dans le champ de l'anthropologie d'intervention

3.1. L'anthropologie au service de qui ?
3.2. La contestation de l'anthropologie appliquée


1. Le contexte d'arrière-plan

J'ai offert pour la dernière fois le cours d'anthropologie appliquée (ANT-11628) à l'Hiver 1985. Je l'avais présenté pour la première fois à l'Hiver 1961 à cinq étudiants qui avaient choisi « l'option anthropologie » au moment où le Département de sociologie changeait son appellation pour devenir le Département de sociologie et d'anthropologie (Tremblay 1989). C'était un cours obligatoire qui fut dispensé sans interruption depuis ce temps, à chaque année au début, mais à tous les deux ans par la suite. Il fut construit, pour traiter dans un seul ensemble, les aspects théoriques de l'utilisation des savoirs anthropologiques et pour illustrer, par des études de cas d'expériences particulières (innovations institutionnelles ou techniques) réalisées soit dans les pays en voie de développement ou sur le continent nord-américain. Aux tout débuts, les aspects théoriques comme les études de cas découlaient principalement de la littérature américaine sur le sujet. Cela m'apparaissait tout à fait naturel étant donné que j'avais reçu ma formation dans ce domaine à Cornell au moment de mes études doctorales et que la littérature disponible sur ce champ d'application [12] était, pour une large part, de provenance américaine. À cette occasion, d'ailleurs (de 1950 à 1956), j'ai participé à deux expériences concrètes d'interventions à caractère anthropologique, l'une sur la réserve des Navahos au Nouveau-Mexique (Sasaki 1960, Tremblay, Collier, Sasaki 1954) et l'autre dans le comté de Stirling (nom d'emprunt) en Nouvelle-Écosse (Leighton et Longaker 1957). Tandis que dans le premier cas, il s'agissait d'évaluer l'impact de l'établissement des familles Navahos le long de la rivière San Juan et du passage d'une économie pastorale d'abord à une économie agricole et, par après, à une économie salariée, sur les systèmes de valeur et les comportements traditionnels, dans le second, il fallait décomposer les différentes phases de l'implantation d'une clinique psychiatrique dans une communauté rurale en vue de sa prise en charge par les résidents de cette communauté. Cette clinique fut établie par le groupe de recherche en étroite association avec les élites locales et les services qui y étaient dispensés furent assurés par le personnel du groupe de recherche (psychiatre, psychologie et service social).

Ces deux expériences ont donné lieu à des publications qui exposent la qualité des agents de changement, leurs stratégies d'intervention dans le milieu où l'institution et des pratiques nouvelles étaient instaurées, les principaux professionnels impliqués ainsi que leurs affiliations institutionnelles, le processus de changement ainsi que les retombées auxquelles il a donné lieu, que celles-ci soient positives ou négatives. Mais en plus dé ces deux expériences particulières, conduites sous la direction du Dr. Alexander H. Leighton, psychiatre-anthropologue, sous le patronage de l'Université Cornell, d'autres expérimentations de même type se poursuivaient promues par d'autres anthropologues chevronnés de la même institution dans d'autres pays (Lauriston Sharp en Thaïlande, Morris Opler en Inde et Alan Holmberg au Pérou à l'Hacienda Vicos) enrichissant d'autant le séminaire qui se tenait sur ce sujet par leurs contributions respectives ainsi que les discussions qu'entretenaient entre eux les étudiants de 3e cycle qui avaient participé à l'un ou l'autre de ces projets de recherche à visée d'application. C'est ce contexte de départ qui me motiva à concevoir un cours sur ce thème de « l'anthropologie appliquée » tout en étant conscient que les études de cas s'enrichiraient de données canadiennes et québécoises au fur et à mesure que l'anthropologie, en tant que discipline académique, prendrait de l'expansion et que les professeurs d'anthropologie, que [13] ce courant de pensée intéressait entreprendraient des études ou des expériences du même type dans le contexte géopolitique d'ici. Ces expériences particulières poursuivies dans un contexte nord-américain acquerraient ainsi une grande valeur pédagogique au moment de l'exposition et de la discussion de cas particuliers - en autant qu'ils seraient mis en comparaison avec des expériences similaires entreprises dans des contextes culturels différents afin de mieux faire ressortir la spécificité de chacune de celles-ci avec leurs similitudes et leurs différenciations.

J'ai pensé consigner, in extenso, le contenu de ce cours sans y introduire de révisions substantielles croyant qu'il pourrait servir d'outil pédagogique d'appoint à ceux et celles qui assumeront la dispensation de ce cours dans le cadre des enseignements dans les divers programmes anthropologiques. Avec l'introduction de stages dans les milieux de pratique pour les étudiant/e/s de notre programme d'étude, ce type d'enseignement, qui a toujours eu un statut de marginalité, est susceptible d'acquérir une importance grandissante. Ce fait est d'autant plus important que les postes disponibles pour nos diplômés sur le marché du travail sont susceptibles de se trouver dans un cadre extra-universitaire et extra-gouvernemental où ils auront à assumer des fonctions qui requerront justement l'utilisation de savoirs et de savoirs-faire anthropologiques.


2. Le contrat pédagogique

Le contrat pédagogique lie l'enseignant/e/ et l'étudiant/e engagés dans une expérience d'acquisition de connaissances dans un champ d'étude en définissant la nature et les conditions de la transmission de ces dernières ainsi que les responsabilités particulières de chacune des parties participantes. Cela revient à dire que le professeur doit préciser : les objectifs du cours ; les exigences particulières pour l'admissibilité des candidat/e/s à l'inscription dans ce cours ; le calendrier des séances avec chacune des thématiques à l'horaire des séances hebdomadaires ; la formule pédagogique utilisée ; les modes d'évaluation ; les lectures de base et autres outils de travail ; et les disponibilités du ou de la responsable du cours pour rencontres avec les participant/e/s. Ce prospectus de base est présenté ci-après dans tous ses éléments, de façon synthétique, sachant que les objectifs du cours ainsi que son contenu [14] seront détaillés dans la leçon d'introduction présentée au premier chapitre. Je fais remarquer d'ores et déjà, que seuls les aspects historiques et théoriques seront présentés dans cette monographie, les études de cas étant réservées pour une monographie d'accompagnement, qui sera publiée en 1991. Il s'agit donc, de spécifier les exigences théoriques et méthodologiques du transfert des connaissances anthropologiques et de leur utilisation par des agents d'intervention dans différents milieux.

2.1. Les objectifs du cours

a. Identifier le champ de l'anthropologie appliquée en ayant soin de mettre en relief ses fondements historiques ainsi que les problématiques théoriques et les méthodologies dl intervention de ses premiers promoteurs ;

b. Faire la démonstration que l'anthropologie fondamentale et l'anthropologie appliquée se situent sur un même continuum. Bien que cette dernière soit principalement orientée en fonction de la solution de problèmes, elle sert également à faire avancer les connaissances ;

c. Établir un modèle de l'intervention dirigée qui nous permette de mieux comprendre ses principales étapes, les forces, les enjeux et les diverses stratégies en présence, les processus par lesquels les communautés elles-mêmes peuvent prendre en charge leurs propres projets de développement ;

d. Par l'étude de certains cas d'intervention (les études de cas), choisis en fonction de leur valeur exemplaire (réussites et échecs), reconstituer les interventions de différentes équipes, dont quelques-unes sont multidisciplinaires, au niveau de la « petite communauté » ou au niveau régional ;

e. Définir le rôle de l'anthropologue, les diverses fonctions qu'il/ qu'elle peut remplir dans l'équipe des intervenants. Préciser la spécificité de son action durant le processus d'intervention. Peut-on tracer un profil de carrière ? ; et

f. S'interroger sur les principales questions que ce champ d'application soulève soit par rapport aux méthodologies d'intervention, aux finalités de l'action dirigée ou soit encore par rapport aux [15] principes déontologiques de la profession ou de la pratique anthropologique.

2.2. Les exigences particulières

Ce cours s'adresse tout autant aux étudiant/e/s qui proviennent de d'autres horizons disciplinaires qu'à ceux d'anthropologie. Bien que le cours s'intéresse d'une manière particulière à l'histoire de l'anthropologie appliquée et de la participation des anthropologues dans des équipes interdisciplinaires de recherche, il vise à illustrer la complexité de toute intervention et l'apport respectif des spécialistes des sciences humaines, des sciences naturelles et expérimentales et ceux des sciences de l'ingénierie dans la « solution des problèmes d'aujourd'hui ».

Une bonne connaissance de l'anglais sera aussi de grande utilité.

2.3. Le calendrier des séances

Celles-ci auront lieu tous les mercredi matin de 8h 30 à 11h 30. L'approche modulaire étant utilisée, chaque séance sera consacrée à un thème particulier.


Objectifs, orientations, contenu, exigences, modes de contrôle

16 janvier

Champ de l'anthropologie appliquée : profils de carrière

23 janvier

Fondements historiques I

30 janvier

Fondements historiques II

6 février

Problématiques de l'intervention

13 février

Communauté-cliente

20 février

Agents dl intervention

27 février

Dynamique de l'intervention

6 mars

Semaine de lecture

13 mars

Relocalisation des Japonais américains à Poston

20 mars

L'hacienda Vicos à Viru (Pérou) (Holmterg et alii)

27 mars

Commission d'étude sur les Indiens du Canada (Howthorn-Tremblay)

3 avril

Innovation d'une clinique psychiatrique dans le comté de Stirling (Leighton)

10 avril

Franco-albertains de Bonnyville (Tremblay)

17 avril

Éthique de l'intervention et conclusion générale

24 avril



Le contenu présenté ici est indicatif des thèmes et sujets qui seront présentés à l'une ou l'autre des séances. Les études de cas, en particulier, pourront s'ajuster aux intérêts des étudiant/e/s inscrit/e/s au cours. Un plan [16] détaillé identifiant les sujets abordés et discutés à chacune des séances ainsi que le détail des lectures obligatoires et suggérées, pour chacun des thèmes, sera distribué à l'occasion de chacune des séances.

2.4. La formule pédagogique

Je discuterai ici de l'enseignement magistral, de la préparation de l'étudiant avant l'assistance au cours et de la construction d'un fichier thématique.

Afin d'atteindre les objectifs pédagogiques envisagés, l'enseignement magistral se déroulera en deux étapes. La première partie du cours, comme on l'a vu, est consacrée aux aspects historiques et théoriques de ce champ d'application ainsi qu'aux aspects méthodologiques. La seconde, quant à elle, est consacrée à l'exposition et à l'analyse de cas concrets d'intervention. Ce découpage, toutefois, est de nature heuristique seulement étant donné qu'un grand nombre d'illustrations seront utilisées dans la première partie et que des principes théoriques et des exigences opérationnelles seront rappelés dans la seconde. C'est une question d'accent dans la première étape comme dans la seconde.

Pour que l'enseignement magistral atteigne son but, il faut que celles et ceux qui le reçoivent s'y préparent. Pour ce faire, le plan détaillé de chacun des cours est distribué à l'avance ainsi que le résumé des principaux points qui seront discutés dans la salle de cours. De plus la liste des lectures obligatoires et suggérées sera fournie : les textes seront déposés à la salle de Réserve à la Bibliothèque générale en deux exemplaires. Elles devront être effectuées avant de se présenter dans la salle de cours : l'exposé, dans ces circonstances, peut être plus informel, plus flexible et peut même permettre d'engager des discussions sur l'un ou l'autre des aspects du cours. De cette manière, le titulaire peut mieux sentir le pouls de la situation pédagogique et s'orienter en conséquence. À l'occasion, j'entends présenter quelques films, si le temps le permet. Cette formule pédagogique d'une interdépendance entre le titulaire et ses élèves dans le processus d'apprentissage nécessite, il va sans dire, l'assistance régulière au cours.

[17]

Afin de faciliter l'intégration des connaissances en anthropologie appliquée, l'étudiant/e aura l'obligation de constituer un fichier thématique dans lequel seront consignés les notes prises en classe, les résumés de lecture, les références bibliographiques aux auteurs les plus importants, les questionnements personnels, etc. Un système de classification, comportant des catégories mutuellement exclusives les unes des autres, sera fourni à l'étudiant/e pour monter son fichier. (Voir Section 2.7)

2.5. Le mode d'évaluation

Trois contrôles de l'atteinte des objectifs pédagogiques seront utilisés. Le premier consistera en un examen oral qui aura lieu vers la sixième semaine de cours. Le second portera sur le fichier que les étudiant/e/s auront à constituer à partir des notes de lecture et des exposés en salle de cours. Celui-ci sera évalué vers la dixième semaine de cours. Enfin, le troisième sera un travail maison d'une dizaine de pages qui devra être obligatoirement remis une semaine après la dernière séance, soit le 1er mai. La pondération relative de chaque mode de contrôle sera respectivement de 25%, 25% et 50%.

2.6. Les lectures de base
[par ordre chronologique]

Leighton, Alexander H., The Governing of Man, 1945.

Spicer, Ed. H., Human Problems in Technological Change, 1952.

Paul, Benjamin, Health, Culture and Community, 1955.

Goodenough, Ward, Cooperation in Change, 1963.

Bastide, Roger, Anthropologie appliquée, 1971.

Copans, Jean, Impérialisme et Anthropologie, 1974.

Alinsky, Saul, Manuel de l'animateur social, 1976.

Tremblay, Marc-Adélard (rédacteur), Conscience et Enquête, 1983.

Joubert, P., L. Lacroix et M.-A. Tremblay (Éds), L'autre recherche, 1984.

Anthropologie et Sociétés, « Comprendre et modifier », Numéro spécial. Automne 1984.

2.7. Les autres références de base

AMERICAN ANTHROPOLOGICAL ASSOCIATION (1974). Training programs for New Opportunities in Applied Anthrovology. Washington, D.C. : American Anthropological Association.

[18]

AMSELLE J.L. (1974). « Sur l'objet de l'anthropologie », Cahiers internationaux de Sociologie, 56 : 91-114. (c.)

ARENSBURG Conrad M. et Arthur N. Niehoff (1964). Introducing Social Change : A Manual for American overseas, Chicago : Aldine Publishing Company.

BERRIGAN Frances J. (1977). Manuel sur la communication sociale en matière de population et de développement, Paris : UNESCO.

CASAGRANDE J.B. et T. Gladwin (Eds) (1956). Some Uses of Anthropology : Theoretical and Applied. Washington, D.C. : The Anthropological Society of Washington.

CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE (1979). L'anthropologie en France Situation actuelle et avenir. Paris : Éditions du CNRS.

CLIFTON James A. (ed.) (1970). Applied Anthropology : Readings in the use of the Science of Man. Boston : Houghton Mifflin Company.

DUMONT René et Marie-France Mottin (1981). Le Mal-développement en Amérique latine. Paris : Seuil.

FOSTER George M. (1969). Applied Anthropology. Boston : Little, Brown and Company.

FOSTER G., T. Scudder, E. Colson et R. Kemper (eds) (1979). Long-Term Field Research in Social Anthropology. New York : Academic Press.

GOLDSCHMIDT Walter (ed.) (1979). The Uses of Anthropology. Washington, D.C. American Anthropological Association. Publication no 11.

KUSHNER G., M. Gibson, J. Gulick, J. Honigmann et R. Nonas (1962). What Accounts for Sociocultural Change ? : A Propositional Inventory. Chapel Hill : University of North Carolina. (Institute for Research in Social Science).

LEIGHTON Alexander H. et Alice Longaker (1957). « The Psychiatric Clinic as a Community Innovation », in Explorations in Social Psychiatry. (A.H. Leighton, J.A. Clausen, R.N. Wilson, eds.). New York : Basic Books Inc., 365-385.

LUCHAIRE François (1966). L'aide aux paus sous-développés. Paris : P.U.F.

MEAD Margaret (ed.) (1960). Cultural Patterns and Technical Change. New York : The American Library of world Literature Inc. (A Mentor Book).

MEISTER Albert (1969). Participation, Animation et Dévelogpement. Paris : Éditions Anthropos.

NIEHOFF A.H. et J.C. Anderson (1964). A Selected Bibliography of Cross-Cultural Change Projects. Alexandra, Virginia : Human Resources Research Office of the George Washington University.

PRICE John A. (1987). Applied Anthropoloqy : Canadian Perspectives. Downsview, Ontario : Society of Applied Anthropology in Canada.

REDFIELD Robert (1956). The Little Community and Peasant Society and Culture. Chicago : University of Chicago Press.

SASAKI Tom T. (1960). Fruitland, New Mexico : A Navaho Community in Transition. Ithaca, New York : Cornell University Press.

STIRLING COUNTY STUDIES (1954). Questions and Answers about the Cornell Programme For Research in Community Development. Digby, N.S. : The Stirling County Studies in Social Psychiatry.

TREMBLAY M.-A., John jr. Collier et Tom T. Sasaki (1954). « Navaho Housing in Transition », American Indigena, XIV (3) : 188-219.

WALLACE A.F.C., L. Angel, R. Fox, S. McLendon, R. Sady et R. Sharer (1977). Perspectives of Anthropology 1976. Washington, D.C. : American Anthropological Association (Publication No 10).

WILLIAMS Thomas Rhys (1967). Field Methods in the Study of Culture. New York Holt, Rinehart and Winston.

2.8. Le système de classification

Ce système est conçu pour faciliter l'élaboration d'un fichier constitué par vos notes de lecture et vos observations sur l'un ou l'autre des thèmes du cours. Il est présenté ici, à titre illustratif et suggestif. C'est celui que j'utilise pour intégrer mes connaissances dans ce domaine.

1. Le champ de l'anthropologie appliquée

La nature de cette sous-discipline anthropologique en tant que pratique sociale : ses principaux objectifs, ses principales orientations, les niveaux et degrés d'intervention anthropologique, les principales appellations du champ (anthropologie appliquée, anthropologie d'action, anthropologie dl intervention, le développement communautaire, la recherche sociale, recherche-action l'autre recherche, le développement communautaire, l'animation sociale, le changement dirigé, l'acculturation planifiée, etc.) et les principaux outils d'intervention.

2. Les auteurs les Plus importants

Leur formation, leur production, les contributions marquantes, le style de pratique, leur rayonnement et influence, évaluations de leurs travaux.

[20]

3. Les outils documentaires

Les anthologies, les manuels, les bibliographies générales et thématiques, les banques de données, les revues spécialisées, les numéros spéciaux de revue consacrés à l'un ou l'autre aspect de l'intervention.

4. Les théories, les perspectives théoriques ou problématiques du changement

Principales écoles de pensée et leurs modèles théoriques ainsi que les concepts-clés servant d'armature au système théorique. Les principaux concepts utilisés dans l'étude du changement culturel : acculturation et assimilation y compris le génocide culturel, impérialisme et colonisation, décolonisation, sous-développement, dépendance, culture de pauvreté, décalage culturel, développement, industrialisation et urbanisation, progrès, invention, innovation, contacts de civilisation, diffusion, planification, modernité, dominance, etc.

5. Les communautés-clientes ou unités d'intervention

Relations des unités de base aux structures régionales et nationales. Les modalités de l'intervention. Acceptation et résistance aux changements. Le rôle des leaders.

6. Les agents et les agences de changements

L'idéologie du changement des agences et des agents. La nature du mandat et les enjeux. Les scénarios et les stratégies d'implantation. L'équipe multidisciplinaire : position de l'anthropologue sur ces équipes et nature de ses influences. Aspects politiques, administratifs et financiers. Techniques d'intervention, en particulier dans le champ des communications et de l'animation sociale.

7. La planification

Les traditions de la planification économique et les plans triennaux et quinquennaux de développement. Les étapes de la croissance économique et du développement. Le rôle des sciences humaines, et en particulier, celui de l'anthropologie culturelle dans l'élaboration des politiques sociales. Position sociale et statut professionnel du planificateur. Position de [21] l'anthropologue vis-à-vis les structures du pouvoir. La marginalisation de l'anthropologie. Les agences de financement du développement.

8. L'évolution technologique

L'avancement technique et le progrès social et économique. L'impact des changements technologiques sur la culture. Les sciences de l'ingénierie et la promotion du progrès technique : leur ouverture sur les faits de culture et les représentations collectives.

9. Étude de cas sur le changement dirigé dans les sciences humaines et en anthropologie

Étude de cas intéressants à caractère exemplaire (réussites ou échecs). Programmes particuliers de développement à l'un ou l'autre palier de la culture (démographie, économie, éducation, santé publique, évangélisation, idéologie). L'aménagement régional. Le développement rural intégré. L'anthropologie appliquée dans l'industrie, dans l'action gouvernementale, dans les mouvements de revendication, dans l'action révolutionnaire ...

10. Histoire de l'anthropologie appliquée

Histoire de l'anthropologie appliquée dans divers pays : Angleterre, États-Unis, Pays-Bas, France et Canada ; dans certains institutions : organismes nationaux (l'ACDI, par exemple), les universités ; auprès de certains groupes : groupes autochtones, minorités ethniques, immigrants, résidents de bidonvilles.

11. Critique de l'anthropologie appliquée

Critique de ses fondements épistémologiques, des perspectives théoriques générales et particulières, notamment en ce qui concerne la notion de progrès, des objectifs poursuivis, des organismes mandataires, des démarches d'intervention.

12. Questions déontoloqiques

Les principes qui gouvernent l'action professionnelle. La pratique anthropologique. Les nouveaux rapports entre aidés et aidants. La carrière professionnelle. La formation professionnelle.

[22]

13. Évaluation du changement

Les principaux indicateurs de changement ainsi que les diverses études sur le sujet. L'évaluation des projets d'anthropologie appliquée. Les méthodes et techniques évaluatives.

14. Autres

Tout sujet qui ne peut pas entrer sous l'une ou l'autre des catégories précédentes.


3. De la coloration de la lunette
d'approche dans le champ de
l'anthropologie d'intervention
 *

3.1. L’anthropologie au service de qui ?

Tout en se fondant sur les principes et les acquis d'une anthropologie théorique, l'intervention en anthropologie s'en distingue et se situe dans son prolongement. En revanche, les expériences d'interventions anthropologiques, par une action en retour, enrichissent les paradigmes et les schémas d'explication de l'ethnologie. Selon cette visée, loin d'être dissociables, l'anthropologie fondamentale et l'anthropologie d'action constitueraient deux moments d'un même processus général généré par une épistémologie de la connaissance et de son utilisation. Le présupposé de cette perspective se fonde sur les diverses modalités de l'appréhension du réel. Durant plusieurs années, l'anthropologie culturelle a été identifiée à un mode spécifique de connaissance, à savoir, les études sur le terrain, ou l'observation de la réalité sociale selon les canons des sciences naturelles. Les connaissances ethnologiques ont servi d'arrière-plan à de nombreuses expérimentations sociales dans des contextes transculturels des plus variés. Ces premières expériences en anthropologie appliquée, qu'elles aient été des succès ou des échecs, ont constitué de riches terreaux de connaissances théoriques nouvelles et d'enseignements pratiques inattendus..

L'anthropologie ne possède pas le monopole de l'intervention sur les communautés étant donné que de nombreuses sciences sociales y oeuvrent également [23] pour des fins similaires. Toutes ces disciplines sociales justifient leurs interventions par la nécessité du progrès économique et social à l'échelle planétaire. Incontestablement en tant que principe, cette finalité humaniste, nominalement à tout le moins, le devient par rapport à tout contenu ethnocentrique [1]. Les méthodologies et les techniques d'intervention proposées par l'anthropologie sont multiples : en contrepartie, le contenu des rôles anthropologiques dans une *situation de changement (voir le Chapitre 2) varient en fonction de multiples facteurs, dont les orientations théoriques (c'est-à-dire, le type de lunette d'approche), les structures d'accueil, les stratégies d'intervention, les objectifs poursuivis, les expériences pratiques et les idéologies politiques des agents de changement. L'idéologie du progrès économique et social de même que celle de l'intervention sur les groupes et les communautés subissent de profondes mutations qui se répercutent sur l'univers de pratique des intervenants, et, en particulier, sur la manière dont ils conçoivent leur démarche d'intervention et dont ils inventent les rôles professionnels qui en découlent.

La question est posée. L'anthropologue peut-il demeurer neutre et servir également bien l'institution qui le mandate et ceux pour lesquels l'intervention est conçue ? Allons plus loin. L'anthropologue peut-il s'engager totalement en s'identifiant entièrement aux objectifs (ou aux réactions d'opposition le cas échéant) de la communauté pour laquelle il travaille et s'en faire l'ardent défenseur auprès des instances supérieures et des groupes dominants ? A l'opposé doit-il servir servilement les intérêts de/s institution/s qui patronnent l'intervention ? La réponse à l'une ou l'autre de ces questions, tout en admettant que celle de la dernière est évidente, doit s'établir à la lumière d'une constatation qui est de plus en plus couramment admise. Il est impossible d'adopter une neutralité totale dans toute situation d'intervention : bien au contraire, la démarche de l'intervenant transporte le poids de ses appartenances et de ses identités, suit les trajets de ses habitudes culturelles et prend la [24] coloration de ses jugements de valeur et de ses préférences. Toute tentative consciente de dépouillement de ces attributs plus ou moins visibles, demeure une action orientée vers un idéal qui est hors d'atteinte. Ou encore, tout effort en vue de favoriser en soi l'identification à autrui et l'intériorisation de leurs systèmes d'attentes n'obtient pas toujours des résultats tangibles. La route de l'action dirigée est-elle bloquée à ce point ? Je ne le crois pas. En tant que conseiller technique, l'ethnologue peut aider les communautés-clientes (qu'il soit l'employé d'une agence étrangère ou de la communauté-cliente elle-même) à élaborer des projets propres qui culturalisent et subjectivisent le progrès, c'est-à-dire, qui découlent des prémisses culturelles et expérientielles de ces dernières. Ce type d'anthropologie appliquée possède-t-il un avenir ?

Dès qu'on soulève la question de l'avenir de l'anthropologie d'intervention, dans le contexte des débats épistémologiques sur l'anthropologie en tant que science, on soulève un débat animé entre les collègues. Il y a le camp de ceux qui défendent le point de vue qu'elle a une histoire dont elle ne peut se dissocier et que ses nombreux échecs traduisent fort bien ses déficiences structurelles. D'autres, tout en croyant à certaines de ses possibilités, ont éprouvé tant de désappointements dans leurs démarches d'application qu'ils se montrent quelque peu sceptiques par rapport à ses chances de renouvellement. Il y a enfin ceux qui sont convaincus que l'anthropologie d'action possède un avenir et que celui-ci s'édifie sur de nouveaux rapports avec la communauté-cliente. Ici, au Canada et au Québec, ce renouvellement s'amorce. Même si en tant que Québécois ou en tant que Canadiens nous n'avons pas de passé colonial qui se comparerait, par exemple, à celui de l'Angleterre ou de la France et ne nourrissons pas, en principe, d'ambition impérialiste [2]. nos prises de position politiques, en tant qu'agents de changement, colorent la nature de nos interventions sur les groupes-cibles. C'est ainsi que l'image de l'agent (celle qu'il se donne ou la représentation que s'en font les membres de la communauté pour laquelle il travaille) exerce une profonde influence sur le succès ou l'échec de l'intervention. Avant de commenter cette situation, disons quelques mots de l'origine et de l'évolution de l'anthropologie appliquée.

[25]

3.2. La contestation de l'anthropologie appliquée

En tant que champ d'étude, l'anthropologie appliquée existe maintenant depuis une cinquantaine d'années [3]. Elle a accumulé un corpus de connaissances, elle a bâti une méthodologie de l'intervention, elle a identifié toute une série de principes à respecter durant la dynamique d'intervention, elle a démarqué les différentes étapes de l'innovation pour que celle-ci devienne perçue comme une invention et elle a élaboré plusieurs schèmes conceptuels pour expliquer le changement planifié, ou « l'acculturation planifiée » pour reprendre les termes de Roger Bastide [4]. Cette sous-discipline anthropologique est contestée en tant que science appliquée. À mon sens, ce sont justement ces jugements critiques qui doivent l'aider à se redéfinir. On sait que ce sont les finalités de l'intervention qui sont mises en cause beaucoup plus que les méthodologies et les techniques d'actions dirigées proprement dites.

La notion de progrès, fondée sur des critères ethnocentriques (avancement technique, rationalité, productivité, efficacité et autres indicateurs du même genre) est complètement à rejeter. La culturalisation du progrès suppose, au contraire, qu'il faille l'appuyer sur des indicateurs choisis par celles et ceux qui veulent se transformer, se développer, s'autodéterminer. En bref, il s'agit d'une définition subjective du progrès. Alors qu'auparavant l'intervention anthropologique était conçue pour aider « les civilisations arriérées » a se développer selon les axes d'évolution des sociétés industrielles, aujourd'hui, elle survient dans nos propres sociétés dans tout un éventail d'univers sociaux très différents. Pour ma part, j'estime que l'anthropologie d'action doit tout autant qu'auparavant, dans nos milieux, être attentive aux groupes défavorisés et marginalisés, mais elle doit aussi pénétrer au coeur de nos institutions les plus fondamentales, en particulier, celles qui représentent les bastions les plus impénétrables du pouvoir et qui sont les plus réfractaires aux dynamismes suscités à la base.

[26]

Le rôle principal de l'anthropologue d'action auprès d'un groupe minoritaire ou d'une institution marginale consiste à équiper les membres de ce groupe ou de cette institution des compétences nécessaires pour qu'ils fassent valoir leurs droits et appuient leurs réclamations sur des lignes de force invincibles et, dans certains cas, à prendre la défense de leurs intérêts et à promouvoir leur « cause » sur la place publique. Le rôle de l'ethnologue dans un cadre gouvernemental ou dans une institution dominante sera différent. Par exemple, contrairement à certaines pratiques qui prirent place dans le passé, il est aujourd'hui inadmissible que les anthropologues, par leur savoir et leur compétence technique, fassent la promotion inconditionnelle des intérêts de leur employeur ou consolident des pouvoirs discriminatoires à l'endroit de minorités, de communautés économiquement faibles et socialement démunies. Dans ces milieux de décision et de gestion, l'anthropologue culturel, me semble-t-il, devra sensibiliser les détenteurs du pouvoir aux diverses réalités socioculturelles différentes pour que leurs décisions et leurs modes de gestion s'harmonisent à la praxis et soient respectueux des droits et libertés individuels et collectifs. C'est une voie qui n'est certes pas de tout repos ! Elle est piégée d'embûches qui ressemblent étrangement à ceux qu'ont rencontrés les agents de changement démunis de sens critique : ces derniers ont été exploités dans l'exercice de leurs fonctions en oeuvrant presqu'exclusivement dans l'intérêt des promoteurs de changement et en se souciant trop peu des besoins et des attentes des communautés-clientes.

Mais, me direz-vous, un demi-siècle d'expériences très riches dans des contextes culturels les plus divers n'ont-elles point réussi une percée auprès des gouvernements et des décideurs publics ? Formulée autrement cette question prend la forme suivante : « Est-il vraiment possible de sensibiliser les détenteurs du pouvoir aux perspectives et préoccupations des sciences sociales ? La réponse ne m'appartient pas, ou plutôt ne m'appartient plus. Je fais partie justement du contingent de ceux qui ont tenté cette aventure, avec un certain idéalisme, et qui ont subi d'importants revers de fortune ! En allant plus loin on pénètre vite dans des lieux proscrits. Comment se fait-il que nos découvertes sur le comportement humain ait servi à la promotion d'objectifs contestables, voire même carrément désavouables ? Je veux dire, la guerre psychologique, la contre-révolution, la subversion, le lessivage de cerveau, le génocide, [27] l'exploitation économique, l'abus de pouvoir, l'assimilation planifiée, l'extension artificielle des besoins par une promotion du virage technologique à tout prix et par l'imposition de finalités de ce genre. Comment se fait-il que ces mêmes connaissances servent si difficilement à la véritable promotion économique et sociale de l'Humanité ? Sommes-nous d'une incompétence notoire ? Ou sommes-nous maladroits ? Manquons-nous à ce point de réalisme ? La très grande majorité des agents d'innovation dans les contextes transculturels, par exemple, ont agi de bonne foi. Mais aujourd'hui, dans l'état de nos connaissances en anthropologie critique, ce type « d'anthropologie naïve » ne peut plus se justifier, ni s'excuser dans quelque circonstance que ce soit.

Je suis, par ailleurs, conscient qu'il n'existe pas de science de la pratique sociale qui s'appuierait sur des acquis significatifs des diverses sciences sociales et humaines et qui permettrait de comprendre comme de prédire les actions individuelles et les positions institutionnelles. [5] De ce fait, l'anthropologie fondamentale acquiert une double mission : collaborer à l'élaboration d'une science générale du comportement et faire la démonstration, dans nos propres milieux, que les contributions théoriques et méthodologiques de l'anthropologie peuvent non seulement contribuer au redressement social des groupes marginalisés mais aussi à la construction d'une société nouvelle plus démocratique et mieux sensibilisée à la diversité culturelle. Cette tâche primordiale d'une anthropologie d'intervention m'apparaît d'autant plus atteignable que les balises normatives et les principes déontologiques sur lesquels elle est fondée sont de mieux en mieux définis.

Il m'apparaît que le principe fondamental qui sous-tend ces règles de conduite professionnelle, c'est le respect de l'autre, de son identité, de son autonomie, de son jugement (intellectuel, affectif et moral), de ses désirs, de ses aspirations. Bref, il faut considérer l'Autre en tant que personne responsable et, par ses affinités et ses solidarités, en tant que faisant partie d'une communauté de personnes libres et réfléchies. Nous avons été tellement habitués à nous fier et à fonder nos vues sur le groupe des experts qui prennent les décisions pour les autres. C'est comme si ils étaient les seuls détenteurs [28] des connaissances pertinentes ! Il n'est pas surprenant que, dans le passé, nos schémas de développement aient pris l'Autre comme un acquis ou une quantité négligeable et aient oublié de lui faire confiance et de miser sur ses potentialités.

Cette auto-critique de nos démarches n'est pas une condamnation indifférenciée de nous-mêmes en tant que professionnels de l'action ou de l'intervention. Elle est, à mon avis, un des éléments essentiels de notre redéfinition de nous-mêmes en tant qu'agents de changement, si cette expression peut encore être utilisée sans charrier d'associations péjoratives !



* Cette section est parue, en tant que témoignage, dans le numéro spécial d'Anthropologie et Sociétés en anthropologie appliquée. Vol. 8, no 3, 1984 : 156-159. Elle n'a subi que de très légères modifications.

[1] Consulter, à ce sujet, trois articles que j'ai publiés : 1) « L'éducation des Indiens : un modèle d'analyse de l'échec des agences blanches ». Mémoire de la Société royale du Canada. Quatrième série. Tome XVI. 1978 : 171-193 ; 2) « La désoccidentalisation de l'ethnologie ». Mémoires de la Société royale du Canada. Tome XVII. 1979 : 243-256 ; 3) « L'anthropologie sur la sellette : teneur et finalité du savoir ». In Conscience et Enquête (Sous la direction de Marc-Adélard Trembllay). Ottawa : Musée de l'Homme. 1983 : 37-388. Ce dernier article apparaît en conclusion à cette monographie.

[2] Les peuples autochtones du Canada et du Québec représentent, sur ce point, des cas d'exception. J'y fais allusion dans l'étude récente : « Les études amérindiennes au Québec 1960-1981 : état des travaux et principales tendances ». Culture, Vol. II, No 1, 1982 : 253-273.

[3] Je ma réfère ici à la naissance formelle de cette discipline qui apparut en même temps que la fondation de la Société d'anthropologie appliquée aux États-Unis.

[4] Voir Roger Bastide. L'anthropologie appliquée. Paris : Payot, 1971.

[5] Cette science générale de la pratique, tout comme une science générale de la culture (au de la société) est fort probablement une utopie.



Retour au texte de l'auteur: Marc-Adélard Tremblay, anthropologue, retraité de l'Université Laval Dernière mise à jour de cette page le samedi 8 octobre 2011 20:01
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cegep de Chicoutimi.
 
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