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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Le contrôle judiciaire de la puissance maritale et paternelle : le point de vue de l'anthropologue” (1970)
Inégalités sociologiques et contraintes judiciaires


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de M. Marc-Adélard Tremblay, Le contrôle judiciaire de la puissance maritale et paternelle : le point de vue de l'anthropologue”. Un article publié dans l'ouvrage sous la direction de J. Boucher et A. Morel, Le droit dans la vie familiale, pp. 81-89. Montréal : Les Presses de l'Université de Montréal, 1970. [M Marc-Adélard Tremblay, anthropologue, retraité de l’enseignement de l’Université Laval, nous a accordé le 4 janvier 2004 son autorisation de diffuser électroniquement toutes ses oeuvres.]

Inégalités sociologiques et contraintes judiciaires

Les projets récents d'énonciation de nouvelles contraintes judiciaires afin de réduire la puissance maritale remettent à jour la question de certaines inégalités sociologiques, notamment celles qui existent entre les sexes et entre les générations. Il s'agit, entre autres, d'accorder aux femmes mariées les mêmes droits qu'à leurs maris et de réduire la dépendance économique et affective des jeunes vis-à-vis de leurs aînés, parents et parents-substituts. 

Ces projets, bien qu'ils s'inspirent d'une idéologie démocratique très louable, soulèvent plusieurs problèmes concrets au niveau de la direction familiale - comme le souligne M. Jean Pineau dans un article récent [1] - et au niveau des cadres et des objectifs de la socialisation des enfants. Peut-on affranchir complètement les femmes de la tutelle maritale ? Peut-on libérer entièrement les enfants de la tutelle parentale ? Si le droit impose des contraintes qui ne sont point soutenues par des cadres sociaux particuliers, ne risque-t-il pas soit de devenir inopérant soit de se substituer à des structures naturelles d'autorité ? Au surplus, si ces règles nient des tendances psychologiques individuelles en uniformisant les relations interpersonnelles, elles risquent de devenir des contraintes. Le droit, alors, au lieu de sanctionner et de consolider des tendances majoritaires, devient une nouvelle forme d'autorité qui se substitue aux autres déjà existantes. En substance, la question qui doit être énoncée est celle que soulevait le Dr Goode, dans un exposé récent [2] : « Quels genres de structure familiale semblent le mieux indiqués, dit-il, pour garantir l'application intégrale des droits de l'homme » ? On pourrait ajouter une seconde question à celle-là : « Vers quel type de société évoluerions-nous alors ? ». On aura remarqué, par les questions préliminaires que je soulève, que le contrôle judiciaire de l'autorité paternelle peut difficilement se dissocier de la structure sociale globale ainsi que de la socialisation des enfants. En effet les valeurs fondamentales auxquelles les individus adhèrent se transposent dans des structures sociales qui visent à se conserver par la transmission culturelle des expériences acquises aux jeunes générations. 

Sans répondre directement aux deux questions que nous venons d'énoncer, nous voulons tout de même apporter quelques lueurs sur la nécessité et la possibilité d'introduire de nouvelles législations qui viseront à changer la puissance maritale et paternelle. Dans un premier temps, nous examinerons l'évolution récente des structures d'autorité dans la famille canadienne-française. En dernier lieu nous analyserons dans la perspective de l'anthropologie culturelle quelques-unes des répercussions possibles qui résulteraient d'un contrôle trop accentué de la puissance paternelle et de la puissance maritale.


[1]     Jean Pineau, « L'autorité dans la famille », les Cahiers de droit, vol. 7, no 2, 1965-1966, pp. 201-225. Il mentionne l'absence de chef et la prépondérance maritale effective dans un très grand nombre de situations.

[2]     William J. Goode, « Structure familiale et droit de l'homme », Revue internationale des sciences sociales, vol. 18, no 1, 1966, pp. 45-60.


Retour au texte de l'auteur: Marc-Adélard Tremblay, anthropologue, retraité de l'Université Laval Dernière mise à jour de cette page le jeudi 8 juin 2006 18:19
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cegep de Chicoutimi.
 
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