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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

FAMILLE ET PARENTÉ EN ACADIE. (1971)
Introduction: Éléments d'une ethnographie de l'Acadie.


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Marc-Adélard Tremblay et Marc Laplante, FAMILLE ET PARENTÉ EN ACADIE. Ottawa: Musée National du Canada, 1971, 174 pp. Collection: Publications d'ethnologie, no 3. Une édition numérique réalisée par ma grande amie de longue date, Gemma Paquet, professeure de soins infirmiers retraitée de l'enseignement au Cégep de Chicoutimi. [M. Marc-Adélard Tremblay, anthropologue, retraité de l’enseignement de l’Université Laval, nous a accordé le 4 janvier 2004 son autorisation de diffuser électroniquement toutes ses oeuvres.]

Introduction

Éléments d'une ethnographie de l'Acadie

1. La position du problème

A. Les Acadiens de la Baie-Française
B. Le rôle de la famille dans la survivance acadienne
C. Les objectifs de l'étude
D. Les perspectives de l'analyse
E. Les liens avec la tradition ethnographique
F. Le choix de l'Anse-des-Lavallée
2. La technique de l'observation

A. L'informateur clef
B. L'observation participante
C. Les inventaires généalogiques
D. La visite des cimetières et les données des pierres tombales
E. Les registres familiaux
F. L'entrevue-questionnaire
G. Les entrevues centrées

3. Le plan de la monographie


1. LA POSITION DU PROBLÈME

A. Les Acadiens de la Baie-Française

« Les Acadiens de la Baie-Française sont les descendants de paysans français venus au Canada au début du XVIle siècle. Ils ont colonisé la région qui s'appelle aujourd'hui la vallée d'Annapolis. En 1755, à la suite d'un ordre donné par le Gouverneur anglais Lawrence, toutes les populations acadiennes de la région ont été évacuées de ces lieux et transportées par bateau. Il fallut une quinzaine d'années avant que quelques familles acadiennes reviennent au pays natal. Voyant leurs terres cultivées par les soldats anglais, elles abandonnèrent tout espoir de recouvrer leurs biens et descendirent vers le sud-ouest de la province où elles ont colonisé la région qui se nomme aujourd'hui la Baie-Sainte-Marie. On estime que les toutes premières familles arrivèrent… vers 1768. » [1]

L'Anse-des-Lavallée est un village de quelque 350 habitants, situé a l'extrémité nord-est de la Baie-Française, en bordure de la région habitée par les colons d'ascendance anglo-saxonne. C'est un des quarante villages acadiens de la Baie-Française, où vivent tout près de 10 000 personnes d'expression et de culture françaises. Disons immédiatement qu'ils se distinguent des autres Français du continent nord-américain tant par leur histoire et certaines de leurs traditions que par leurs attitudes ethniques et leur idéologie nationale.

B. Le rôle de la famille dans la survivance acadienne

Au moment d'amorcer, en 1950, nos premiers travaux ethnographiques dans cette région (ceux-ci étaient alors centrés sur la désintégration sociale et ses répercussions sur la conduite individuelle), nous avons observé des tendances d'un grand intérêt pour l'ethnographie du Canada français, principalement en ce qui a trait à la survivance de la culture française en Amérique. Ces tendances peuvent s'exprimer par les sept énoncés suivants :

a. Il était tout à fait étonnant qu'un si petit groupe ait survécu durant près de deux siècles et ait conservé la plupart de ses traditions, en dépit de nombreux contacts culturels avec les Anglais.

b. La Baie-Française est, sans contredit, un isolat culturel stratégique pour la survie du « fait français  » dans les provinces de l'Atlantique (Nouvelle Écosse, Terre-Neuve, Île-du-Prince-Édouard et Nouveau-Brunswick), à prédominance anglo-saxonne.

c. L'histoire de la survivance acadienne est l'une des plus spectaculaires du continent nord-américain, parce qu'elle s'est réalisée dans des conditions difficiles [2]. Enfin, elle repose sur une longue tradition : sept générations successives y ont apporté leur contribution.

d. L'autonomie culturelle du groupement acadien reposait, en définitive, sur le fait que les communautés étaient des unités sociales fonctionnelles : ces communautés se suffisaient donc à elles-mêmes, tant sur le plan de l'économie que sur celui des relations sociales.

Les Acadiens ont conservé leurs traditions parce que la structure économique d'autosuffisance et la structure des relations sociales centrées sur la parentèle les consignaient dans un circuit fermé, les protégeant contre les influences étrangères.

e. Les Acadiens sont aussi les héritiers d'une idéologie nationale fortement intégrée qui valorise le passé, la force morale et les vertus héroïques des ancêtres, ainsi que la mission providentielle du groupe en terre anglo-saxonne.

f. Tout au long de ce processus de survivance, la « grande famille » et, par après, la famille-souche furent au cœur même de toutes les activités économiques, sociales, religieuses et politiques, et jouèrent un rôle de premier plan comme élément de cohésion des membres.

g. Aujourd'hui, l'isolement culturel est rompu, et les Acadiens sont désormais exposés aux idéologies étrangères qui leur parviennent par le truchement des communications de masse. La famille demeure le dernier rempart où les traditions du groupe ont quelque chance d'être, sinon préservées intégralement, du moins réinterprétées à la lumière et en fonction d'objectifs nationaux clairement exprimés. Les relations d'échange et de complémentarité qu'entretient ce « petit village » avec le monde extérieur, à la suite de l'industrialisation progressive du milieu, - surtout depuis 1942 - allaient modifier dans les années à venir tant l'idéologie du groupe que les diverses structures sur lesquelles elle repose. La famille nous semblait alors particulièrement vulnérable à ces nouveaux agents de changement.

C. Les objectifs de l'étude

Ce sont ces premières observations qui nous amenèrent, quelque dix ans plus lard, à repenser la fonction de la famille dans la survivance acadienne par le biais de l'étude des relations entre les changements du régime économique, d'une part et ceux de la structure de parenté, de l'autre. [3] Cette préoccupation nous paraissait d'autant plus justifiée qu'elle se fondait sur une approche génétique : en retraçant les divers changements survenus dans l'économie acadienne depuis une soixantaine d'années, et en examinant les transformations parallèles qu'ils ont entraînées pour la famille, on peut évaluer la nature des influences des premiers sur les secondes.

De nombreuses études effectuées sur une base transculturelle, - dans les milieux occidentaux comme dans les autres - ont fourni une liste de généralisations valables sur des types de changement qui se produisent, au niveau de la petite communauté, lorsque la technique fait son apparition dans la structure sociale traditionnelle. Autrement dit, peu importe le milieu culturel où il survient, l'avancement technique se traduit par des modifications substantiellement identiques (similitudes formelles). Ces changements peuvent se résumer en quatre groupes [4] :


a. Les changements économiques et techniques

Le passage d'une économie de subsistance à une économie monétaire, ainsi qu'une plus grande dépendance du village par rapport aux structures économiques et industrielles de la province et de la nation ;

b. Les changements politiques

La transformation de la structure du pouvoir ; la naissance de nouvelles élites ; l'affaiblissement des institutions politiques locales, et leur état de dépendance à l'égard des unités politiques centrales ;

c. Les changements dans l'organisation sociale

L'atomisation de la famille ; la naissance de classes sociales ; l'apparition de nouveaux statuts et de nouveaux rôles ; la naissance d'associations structurées spécialisées ;

d. Les changements idéologiques

Une division de plus en plus nette entre le sacré et le profane ; une rupture de plus en plus prononcée avec les traditions religieuses-autochtones, ainsi qu'un affaiblissement du pouvoir contraignant des normes traditionnelles ; des changements d'attitudes, de valeurs et de coutumes traditionnelles du groupement sous l'influence de forces sociales extérieures (les contacts interculturels et l'influence des communications de masse, par exemple).

Ces généralisations nous fournissaient un premier cadre pour entreprendre l'examen du processus d'évolution des sociétés traditionnelles. Elles suggèrent l'influence prépondérante des facteurs techniques et économiques dans l'ensemble du changement socio-culturel. En adoptant cette démarche, nous rejoignons d'ailleurs les préoccupations théoriques de plusieurs chercheurs. Le professeur Khartchev, entre autres, dans un intéressant article sur la famille [5], souligne la nécessité de telles reconstitutions pour l'ethnographie nord-américaine.

Suivant ce modèle général, et nous inspirant des connaissances anthropologiques déjà accumulées sur la société acadienne de la Baie-Française, nous étions en mesure de formuler la question centrale de l'étude. Si l'on tient compte des changements techniques qui sont survenus dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse depuis une soixantaine d'années, et si l'on considère les influences idéologiques les plus diverses qui parviennent jusqu'au cœur de l'Acadie par le truchement des communications de masse (depuis l'avènement de la télévision, en particulier), la société acadienne peut-elle s'adapter à ces conditions nouvelles d'existence et conserver son authenticité? Autrement dit, assiste-t-on à la disparition graduelle, mais certaine, de la culture acadienne ?

D. Les perspectives de l'analyse

Pour être en mesure de fournir une réponse satisfaisante à cette question, il nous en faut soulever plusieurs autres et suivre une démarche analytique dont le déroulement pourrait être celui-ci. Quels sont, en effet, les facteurs qui ont  suscité de profondes modifications des diverses structures de la société (structures de subsistance, modes d'organisation familiale, structures du pouvoir et des élites, etc.) et dans la configuration des valeurs nationales acadiennes ? Y a-t-il une institution clef par le biais de laquelle on peut examiner ces divers dynamismes et les conséquences qu'ils engendrent ? Y a-t-il une communauté acadienne, relativement petite, où entreprendre une étude approfondie de cette institution? Quel est alors le diagnostic que l'on peut poser au sujet de la survivance acadienne dans le sud de la Nouvelle-Écosse ?

L'analyse de la survivance d'une collectivité, et des mécanismes profonds qui l'ont rendue possible, doit reposer sur une perspective historico-fonctionnelle et sur une approche qui considère des ensembles sociaux plutôt que des traits culturels divorcés de leurs cadres généraux. Nous n'avons pas manqué de le souligner ailleurs [6]. À Notre avis, on ne pourrait conclure, par exemple, ayant fait la démonstration que les Acadiens éprouvent de la difficulté à conserver leur langue, qu'ils sont également en bonne voie de perdre leur ethnicité et d'être assimilés. [7] L'indice linguistique, aussi bien que tous les autres, si importants soient-ils, ne peut à lui seul refléter d'une manière satisfaisante les réalités culturelles complexes sous-jacentes. [8] On pourra peut-être nous reprocher que notre problématique nous entraîne justement dans le piège à éviter, en nous conduisant à examiner la réalité selon une visée réduite et à favoriser une institution particulière. Sans anticiper sur le déroulement de notre analyse, nous pouvons affirmer, à litre de justification temporaire, que cette approche fut déjà tentée et qu'elle a mis en relief le rôle tout à fait primordial de la parentèle dans la survie acadienne. Au surplus, quand l'ethnologue étudie une institution particulière, c'est afin de mieux comprendre comment elle s'imbrique dans un tout nommé, selon les préférences teminologiques, une « culture », une « Société globale », une « ethnie », ou autre.

Pour décrire les changements qui se sont produits depuis plus de cinquante ans en Acadie, nous reconnaissons les qualités fonctionnelles du modèle bipolaire de Redfield : « société traditionnelle » -« société moderne ». Ce modèle constitue l'arrière-plan de l'analyse, surtout lors des premiers chapitres. Tout en n'étant plus une société traditionnelle, la société acadienne en conserve plusieurs éléments et est encore loin de posséder toutes les caractéristiques des sociétés industrielles modernes fortement urbanisées. Sur le continuum ci-dessus mentionné, la société acadienne est moins avancée dans son processus de modernisation que le Québec, lequel est relativement moins avancé que l'Ontario, et ainsi du reste. En analysant les facteurs de changement,-nous pensons en particulier à l'avancement technique, à l'urbanisation, aux communications de masse, aux élites nouvelles, - nous avons cherché à montrer comment ceux-ci ont bouleversé les structures de la production, les modes de vie, les types de relations sociales et les structures mentales. Ces réactions en chaîne auraient pu, en elles-mêmes, constituer l'objet de cette monographie, mais nous aurions alors couru le risque d'aboutir à des généralisations qu'il eût été difficile, voire impossible, d'asseoir sur de solides fondements empiriques. On aurait même pu nous reprocher d'être guidé, dans ces analyses globales, par un schéma beaucoup trop simple et peu novateur. N'aurions-nous point aussi trahi l'idéologie de l'ethnographie traditionnelle?

Si l'anthropologie sociale anglaise a favorisé la famille, champ particulièrement fécond pour l'analyse des cultures, et si elle a érigé cette perspective à l'état de tradition, c'est qu'elle postulait la position stratégique de la famille dans la totalité culturelle. La famille serait ainsi un microcosme de la structure sociale et de configurations culturelles plus larges, en plus d'être un lieu mouvant où agissent les divers dynamismes qui, par elle, se répercutent sur l'ensemble. Elle est non seulement un miroir fidèle de la société globale, mais une force qui anime et construit l'ensemble.

En bref, cette monographie poursuit deux objectifs scientifiques principaux :

a) reprendre, pour l'Anse-des-Lavallée, l'analyse des processus de changement qui accompagnent le passage d'une société d'un mode traditionnel d'existence à un genre de vie moderne, en dégageant la primauté des variables technologiques et économiques. (L'analyse des changements récents nous vaudra de mieux saisir comment s'effectue, sur le continent nord-américain, le passage d'une société historique a une société industrielle) ;

b) analyser, surtout par la famille, les transformations parallèles - sinon consécutives - qui surviennent à tous les autres paliers de la structure sociale. On pourra alors évaluer dans quelle mesure cette institution constitue un frein ou un appui aux changements socio-culturels.


E. Les liens avec la tradition ethnographique

Ainsi orientée, l'étude nous autorisera a poser un diagnostic sur la famille acadienne de l'Anse et aura une valeur comparative pour des travaux à venir. Cette ethnographie vient s'ajouter à toutes celles qui existent déjà, et elle permettra des comparaisons rigoureuses, non seulement entre groupes à parenté linguistique et culturelle, mais même entre groupes fort différents. En effet, nous décrirons la réalité selon des plans et des coordonnées fonctionnels à l'analyse ethnologique. Les concepts opératoires employés, de même que les catégories de classification utilisées, suivent de près les modèles proposés dans les ouvrages classiques sur les systèmes familiaux et parentaux, permettant ainsi l'analyse comparative. [9]

Sans porter sur le Québec, l'étude de l'Anse-des-Lavallée se rattache, par sa conception et ses démarches techniques, aux travaux de Léon Gérin [10], et Horace Miner [11] et, plus récemment, à ceux de Marcel Rioux [12] et de Gérald Fortin [13]. Elle s'apparente également, par son contenu, aux études sur le système de parenté des Canadiens français de Philippe Garigue [14], Ralph Piddington [15] et Marcel Rioux [16]. Ces dernières études sur la parenté au Canada français ont cependant été effectuées à partir de perspectives théoriques plus restreintes. Si l'on veut élaborer pour le Québec une théorie du changement social, on devra entreprendre des études semblables à celle-ci pour les diverses régions ethnographiques, une fois ces dernières identifiées. L'Acadie du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse nous a semblé un terrain propice et un laboratoire de choix pour ce genre d'enquête préliminaire, étant donné la très grande homogénéité culturelle de ses habitants, la stabilité des traditions familiales, ainsi que l'apparition récente et soudaine des principaux moteurs du changement socio-culturel. C'est ce même principe qui a orienté jadis les ethnographes vers l'étude des sociétés archaïques. Ces travaux sur les sociétés sans écriture ont permis, depuis quelques décennies, la transposition nuancée de « l'approche ethnologique » dans l'analyse des civilisations complexes.

Ayant souligné, - trop vite, nous en sommes conscients - les principaux liens de ce travail avec la tradition ethnographique occidentale, nous voudrions mentionner les nouvelles voies tracées ici. En premier lieu, il faut reconstituer le plus fidèlement possible un système de parenté jusqu'alors inconnu, et en voie d'évolution rapide. L'importance de la perspective comparative en anthropologie (comparaisons transculturelles) justifie à elle seule la constitution d'un nouveau dossier. En second lieu, ce travail se poursuit dans une perspective longitudinale, puisqu'il considère une tranche de temps de soixante ans et reconstruit, étape par étape, les principaux moments de l'évolution globale du système parental acadien.

F. Le choix de l'Anse-des-Lavallée

Malgré la très grande homogénéité culturelle de la Baie-Française, notre étude devait toucher une seule communauté. Les raisons qui motivent cette attitude sont multiples : nous nous bornerons à identifier les plus importantes. D'abord, nous préférions gagner en qualité ce que nous perdrions en extension. Nous voulions étudier tous les habitants d'un seul village, considérant celui-ci comme une unité sociale fonctionnelle. Et puis, les liaisons d'interdépendance fonctionnelle qui unissent les trois niveaux complémentaires d'analyse du statut de parenté, des relations parentales et des techniques de socialisation, nous forçaient à les examiner dans une aire territoriale restreinte, où le nombre des habitants rendait possible l'ensemble des opérations empiriques les plus essentielles. Ces trois paliers d'observation devaient en effet S'appliquer aux mêmes populations.

Notre intention d'examiner l'évolution des structures et des relations de parenté présupposait un point d'horizon (baseline study) qu'il était plus facile de construire en utilisant des informateurs clefs ayant vécu dans les mêmes milieux durant toute leur vie. La complémentarité des données faciliterait d'autant les reconstructions historiques. Par ailleurs, les facteurs de changement seraient plus faciles à identifier et à suivre dans leurs conséquences. Une autre raison avait son poids : en choisissant un village parmi les mieux intégrés de la Baie-Française -comme celui de l'Anse-des-Lavallée, -nous pourrions évaluer plus justement encore les chances de survie de la collectivité acadienne tout entière. Si le village le plus français de la Baie subissait des transformations qui remettaient complètement en question ses traditions, les mêmes dangers existeraient avec plus d'acuité encore dans les autres villages moins bien structurés. Finalement, nos premières études à l'Anse, en 1952, ont découvert des faits intéressants sur la parentèle [17] et nous ont valu de faire la connaissance d'un nombre imposant d'informateurs qualifiés.


2. LA TECHNIQUE DE L'OBSERVATION

L'étude sur le système de parenté des Acadiens a débuté il y a quelques années, alors que nous avions déjà accumulé un grand nombre de données ethnographiques sur la société acadienne. [18] Si on fait la somme des différentes périodes vécues sur le terrain durant les cinq voyages antérieurs à l'étude, elles équivalent à trente mois. L'étude proprement dite de la parenté à L'Anse s'est échelonnée sur une période de deux ans, l'auteur principal (Marc-Adélard Tremblay) ayant vécu un peu plus de six mois sur le terrain, tandis que l'auteur secondaire y effectuait des séjours de courte durée. Quant à notre collègue Gustave Doucet, qui nous a assistés dans la recherche des matériaux, il a vécu à l'Anse la majeure partie de sa vie.

Les principales techniques auxquelles nous avons eu recours pour recueillir des données sont. l'informateur clef, l'observation participante, les inventaires généalogiques, la visite des cimetières et les données des pierres tombales, les registres familiaux, l'entrevue-questionnaire, et les entrevues centrées.

A. L'informateur clef

Cette technique est surtout connue de ceux qui effectuent des études anthropologiques sur le terrain. Quelques articles publiés récemment sur cette méthode ont permis d'en mieux cerner les propriétés, le mode d'utilisation et le rendement. Essentiellement, le chercheur choisit, dans l'éventail des informateurs possibles, les plus compétents de par leur type de connaissances, leur disposition à communiquer leur science, leur productivité et leur conscience de biais qu'ils introduisent. [19] Nous ne pouvons nous empêcher de rappeler ici les connaissance inépuisables d'un Lennie Belliveau, auguste monagénaire d'une lucidité inimaginable. Il mentionnait les noms des parents (frères et sœurs, en particulier) comme on récite son chapelet, en énumérant les prénoms les uns à la suite des autres, utilisant le principe technonymique. [20] En tout et partout, une douzaine de personnes nous ont servi d'informateurs clefs.

B. L'observation participante

Durant les trois années complètes qu'il a vécu en Acadie, Marc-Adélard Tremblay a participé à presque toutes les activités officielles et individuelles de la région. Il a visité plusieurs centaines de familles, est entré en contact avec un très grand nombre de personnes de toutes classes sociales, a partagé les expériences de ses informateurs, etc. Il en est venu à penser en « Acadien », c'est-à-dire à évaluer les événements, les situations, les objets et les actes à partir de normes strictement autochtones. Cette « saisie par l'intérieur », que Herskovits a appelée « relativisme culturel », nous a permis de nous rapprocher le plus possible des expériences vécues de ceux que nous avons étudiés, et de partager dans une large mesure leurs attitudes, leurs attentes et leurs aspirations.

C. Les inventaires généalogiques

Pour l'inventaire généalogique nous avons constitué un dossier sur chacune des unités résidentielles du village. [21] Nous avons obtenu les informations de base sur le chef et son épouse, leurs enfants, les pères et mères des conjoints, ainsi que leurs frères et sœurs. Ces données de base sur l'âge, le sexe, l'état matrimonial, le surnom, la profession, le niveau d'instruction, le milieu de résidence, les conduites aberrantes, etc., nous ont permis d'élaborer la structure du système de parenté [22] et celle des relations sociales de tous les chefs de famille. Ces fiches avaient été préparées au moment de la première étude sur l'Anse, soit en 1952. Enrichies des études subséquentes, elles furent mises à jour au 1er septembre 1962. Les dossiers individuels des familles sont complets et comparables.

D. La visite des cimetières
et les données des pierres tombales

Afin d'obtenir très rapidement (deux jours entiers ont suffi) des données précises sur le nom et l'âge de tous les résidants décédés à l'Anse, nous avons visité les deux cimetières paroissiaux et colligé les inscriptions des pierres tombales. Ces visites nous ont permis de regrouper rapidement les membres d'une même famille, parce qu'ils reposaient, la plupart du temps, dans les mêmes lots ou des lots voisins. Quatre informateurs clefs ont examine systématiquement ces données durant plusieurs séances d'interrogation. Nous les avons aussi comparées avec celles qui apparaissent dans le livre généalogique de Placide Gaudet. [23]

E. Les registres familiaux

Nous avons consulté à quelques reprises des documents de famille tels que lettres personnelles, actes de vente, testaments, vieilles photographies, coupures de journaux, etc. Cette documentation nous fait mieux comprendre [24] 'histoire de cette localité, qui fut jadis un chantier maritime et un port de mer d'importance. Nous avons d'ailleurs consulté systématiquement la colonne sur l'Anse-des-Lavallée dans le Petit Courrier.

F. L'entrevue-questionnaire

Afin d'entreprendre une étude réplique du village de l'Anse dans les perspectives de la psychiatrie sociale, une équipe de l'Université Cornell a interrogé, en 1962, (à l'aide d'un questionnaire d'abord utilisé en 1952) près de 70% des chefs de famille, hommes et femmes. Ce formulaire permettait de recueillir des informations sur les variables suivantes : 1) le niveau de prospérité ; 2) le niveau de sécularisation ; 3) le niveau d'anglicisation, 4) les expériences migratoires ; 5) la santé ; 6) les relations de parenté et d'entraide ; 7) le leadership ; 8) les attitudes ethniques, etc. Les faits recueillis ont été versés au dossier de chacune des familles et ont permis les recoupements nécessaires à la vérification des données provenant de diverses sources.

G. Les entrevues centrées

Les entrevues centrées ont surtout porté sur les statuts et les relations de parenté. Nous avons d'ailleurs relevé, pour chacune des familles du village, des données concernant les relations sociales des chefs. Nous voulons éventuellement, par l'analyse de ces données sur les visites, déterminer l'importance du système de parenté dans l'ensemble des relations sociales, définir les principales unités d'interaction (cliques) du village, repérer les chefs, et examiner les types d'activités dans lesquelles s'engagent ces groupes non officiels. [25]


3. LE PLAN DE LA MONOGRAPHIE

Nous croyons qu'il vaille la peine d'expliquer le plan de la monographie, étant donné que les catégories reflètent, on le sait, les orientations conceptuelles, de même que les présupposés théoriques sur lesquels elles reposent. Les descriptions et analyses se dérouleront en trois étapes, progressant du cadre social le plus large (la société globale) à une unité sociale fonctionnelle restreinte (la petite communauté), et enfin, au plan d'une institution particulière (la famille et le groupe de parenté).

La première partie comprend deux chapitres. « D'un régime de subsistance à une économie de marché » (chapitre premier) compare la structure traditionnelle de subsistance, qui existait en Acadie au tournant du siècle dernier, à l'organisation économique et professionnelle des années 60, le long de la Baie-Française, afin d'évaluer la nature et l'intensité des changements survenus dans l'infrastructure économique, et de dégager les éléments exogènes qui constituent les principaux moteurs de cette évolution. Le chapitre suivant met en relief les conséquences sociales du progrès technique au niveau de la société globale (chapitre Il. « La société acadienne en devenir, l'influence de la technique sur la structure sociale globale »). Les dynamismes particuliers de quatre structures différentes, mais interdépendantes, y sont reconstitués : nous avons pris soin d'indiquer leurs liens aux forces de déclenchement et de freinage, et de suivre leur cheminement selon une trajectoire originale. Les champs de vision sont : l'univers du travail, l'unité familiale, l'organisation sociale et l'idéologie. Ces divers découpages servent d'introduction à l'univers global des changements, et permettent également quelques approximations, que nous pourrons préciser au moment de l'analyse du fonctionnement de l'Anse durant le processus de modernisation, ainsi que lors de l'analyse des transformations des structures familiales et parentales.

La deuxième partie ne comprend qu'un seul chapitre (chapitre Ill : « L'Anse-des-Laval1ée : un village acadien dans le monde moderne »). Autant il était indispensable, comme nous l'avons soutenu plus tôt, de définir la structure sociale de l'Acadie du sud-ouest pour situer l'unité culturelle restreinte qui fait l'objet de ce travail, autant il est essentiel de reconstituer le mode de vie pour saisir les transformations qui s'opèrent dans l'institution familiale.

L'étude monographique suit les tracés uniformes des études antérieures. Les caractéristiques démographiques sont d'abord établies. Les modes de subsistance, ainsi que la structure professionnelle qu'ils requièrent, font ensuite l'objet d'un minutieux examen. L'économie de marché oblige les Ansois à la mobilité géographique, provoque de longues périodes de chômage et suscite, à la fin, une insécurité économique. Suivent une description de l'organisation sociale de la communauté et un résumé de l'idéologie acadienne traditionnelle. Par rapport à la première, la participation aux associations, la structure du pouvoir, de même que l'apparition d'un système de différenciation sociale, constituent les principaux pôles analytiques.

Quatre chapitres composent la troisième partie de l'ouvrage, laquelle est consacrée exclusivement à l'évolution des structures de la famille et de la parentèle. L'analyse emprunte ici les catégories fonctionnelles du mariage, de la famille, de la parenté et des groupes de parentage, et progresse dans le temps de l'unité familiale la plus petite (le couple) vers la structure familiale la plus complexe (la lignée).

L'étude du mariage en tant qu'institution (chapitre IV : « Le mariage à l'Anse : l'ouverture du système de parenté ») qui confère à l'union de deux individus un certain degré de permanence nécessite l'examen des principes invoqués pour changer d'état matrimonial - y compris la conception de l'institution du mariage elle-même, - ainsi que des qualités idéales recherchées chez le conjoint. Si l'idéal de mariage que l'Acadien envisage est à plusieurs points de vue une aspiration qu'il cherche à concrétiser par le choix d'un conjoint donné, les épousailles ne seront permises et n'auront vraiment lieu que si les règles sociales du jeu ont été observées. Il faut alors étudier les principes à respecter dans le choix du conjoint (les empêchements, les préférences, etc.), de même que les rituels religieux et sociaux qui consacrent l'union et permettent l'insertion du nouveau couple dans l'espace parental traditionnel.

Le chapitre sur la famille et les relations familiales (chapitre V : « La famille, institution-carrefour ») est, sans contredit, le cœur même de cette monographie : tout ce qui précède converge vers ce point, qu'il s'agit maintenant d'analyser selon une dialectique à l'intérieur de laquelle trois niveaux constituent des pôles d'échanges symbiotiques, à savoir : la structure de la famille, les relations familiales et le processus de socialisation. Si on examine, en tout premier lieu, la composition du ménage, la structure d'autorité, le règlement des conflits et les règles de succession, c'est qu'ils constituent les cadres mêmes des relations d'alliance, des relations de filiation et des relations de fraternité (entre les siblings). Quant à la socialisation durant la première enfance, elle nous permet de voir comment s'effectue la transmission des traditions acadiennes. L'analyse dynamique de ces trois réseaux nous permettra, en conclusion, d'identifier les principaux changements qui surviennent dans les structures et les fonctions familiales.

Nous avons utilisé sensiblement les mêmes démarches d'analyse dans la section qui traite de la parenté (chapitre VI : « Le système de parenté »). Chaque statut de parenté apparaît dans un univers parental d'une profondeur de cinq générations(deux ascendantes, la génération d'Ego, et deux descendantes) et nous l'étudions sous l'angle de son contenu et des relations obligatoires (droits et obligations) qu'il comporte. Les changements survenus, tant dans la structure que dans les fonctions de la parenté, découlent des observations antécédentes.

L'étude des groupes de parenté (chapitre VII : « Les lignées et l'idéologie parentale » fournit l'occasion de reconstituer les grandes lignées de l'Anse et de repérer l'idéologie qui les tenait soudées entre elles, non seulement sur le plan de leurs interpénétrations, mais aussi sur celui de leur communion à un même culte, celui de l'ancêtre commun.

La conclusion générale pose un diagnostic sur la signification des changements en cours, du point de vue de la survivance acadienne, et étaye les principaux éléments critiques de la situation présente.

L'ouvrage comprend, enfin, cinq annexes techniques : A) les habitudes de visite ; B) les lignages de L'Anse ; C) l'inventaire généalogique ; D) donation, arrangements de famille et testament dans la lignée de Jean Belliveau ; E) liste des ouvrages cités.



[1] Marc-Adélard Tremblay, « Les Acadiens Baie-Française : l'histoire d'une survivance », dans Revue d'Histoire de l’Amérique française, vol. XV, no 4, p, 351. [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]

[2] « Les Acadiens de la Baie-Française », op.cit.

[3] Deux communications ont porté sur ces aspects de synthèse. L'une, « Évolution de la structure familiale à l'Anse-des-Lavallée »,  lue au Congrès de l'ACFAS à l'automne 1963, fut publiée dans Recherches sociographiques (Vol. IV, nº 3, 1963, p. 315-357) et l'autre « Économie de salariat et changements dans les structures et les relations de parenté à l'Anse-des-Lavallée », fut lue au VIIe Congrès international des Sciences ethnologiques et anthropologiques, tenu à Moscou en 1964 et est parue dans le compte rendu des séances.  Toutes deux furent signées par l'auteur principal.

[4] « Cultural Change » Proceedings of the American Philosophical Society, vol. 99, nº 2, April 1955. Consulter également : Georges M. Foster, Traditional Cultures and The Impact of Technological Change, New York, Harper & Row Publishers, 1962.

[5] A.G. Khartchev, « Les problèmes de la famille et leur étude en URSS » Revue internationale des Sciences sociales, vol. XIV, nº 3, 1962, p. 581-592.

[6] Marc-Adélard Tremblay, « Les Acadiens de la Baie-Française », op.cit., p. 351-352.

[7] Dans un article, paru dans Recherches sociographiques (vol, V, nos 1-2, 1964, p. 247-255) et écrit par M. André Vachon, en guise de conclusion au Colloque de Laval sur la Société et la Littérature canadienne-française, on énonce l'hypothèse que le Canadien français rencontre des difficultés d'expression parce qu'il y a, chez lui, un divorce profond entre la langue parlée et la langue écrite dans les livres étrangers (ceux de la France). Dans ce cas, il n'existe pas de correspondance entre les significations vécues des symboles linguistiques des Français de France et des Français canadiens, les contextes écologiques et historiques étant trop dissemblables. Par ailleurs, le Canadien n'a pas encore appris à s'exprimer, parce qu'il n'a pas encore intégré son expérience urbaine. Il est encore un rural transplanté en ville. Mais il n'est pas pour cela un assimilé, même s'il y a eu une véritable dégénérescence de la langue.

[8] Dans des études récentes sur l'anglicisation acadienne, nous avons utilisé les comportements linguistiques et les conduites religieuses comme indices valables des changements qui se produisent dans l'identité ethnique des Acadiens et dans leur idéologie nationale. Ils sont valables en autant qu'ils reflètent certains des changements culturels qui accompagnent le passage de la culture franco-acadienne à la culture anglo-saxonne. Ils ne sont cependant pas des indices absolus. Cf. Marc-Adélard Tremblay  « Le transfert culturel : fondement et extension dans le processus d'acculturation », Anthropologica, vol. IV, no 2, 1962, p. 293-320 [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.] ; et aussi Marc-Adélard Tremblay,« Niveaux et dynamismes d'acculturation des Acadiens de Portsmouth », Anthropologica, vol. III, no 2, 1961,pp. 202-251 [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.].

[9] Il est possible de comparer des études entreprises par des anthropologues ayant sensiblement les mêmes préoccupations théoriques et utilisant des instruments d'observation identiques ou analogues. Les exigences comparatives sont remplies s'il y a continuité d'une étude à l'autre. il existe, pour ainsi dire, une équivalence conceptuelle et une équivalence méthodologique par rapport aux données récoltées.

[10] Cf. Léon Gérin, L'habitant de Saint-Justin, Contribution à la géographie sociale du Canada, MSRC, 2e série, 1898, p. 139-216. Le type économique et social des Canadiens, Milieux agricoles de tradition française, Montréal, Éditions de l'ACF, 1938 ; et « La famille canadienne-française, sa force, ses faiblesses - Le paysan de Saint-Irénée, hier et aujourd'hui », Revue Trimestrielle canadienne, XIX, mars 1932, p 35-63. [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]

[11] Horace Miner, St-Denis, A French-Canadian Parish, Chicago, The University of Chicago Press, 1939. [Version française du livre disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]

[12] Cf. Marcel Rioux, Description de la culture de l'Île-Verte, Ottawa, Musée national du Canada, Bulletin no 133, 1954 ; et Belle-Anse, Ottawa, Musée national du Canada, Bulletin no 138, 1957.

[13] Gérald Fortin, « Les changements socio-culturels dans une paroisse agricole », Recherches sociographiques, vol. II, no 2, 1961, pp. 151-170. [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]

[14] Philippe Garigue, « French-Canadian Kinship and Urban Life », Études sur le Canada français, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 1958, pp. 63-76,

[15] Ralph Piddington, « A Study of French-Canadian Kinship »  International Journal of Comparative Sociology,vol, 11, March 1961, pp. 3-32.

[16] Marcel Rioux, Kinship Recognition and Urbanization in French Canada, Ottawa, Musée national du Canada, Bulletin no 173, 1961.

[17] Charles C. Hughes, Marc-Adélard Tremblay, et al., People of Cove and Woodlot, New York, Basic Books Inc., 1960, p. 93-164.

[18] Voir Marc-Adélard Trembiay, « L'état des recherches sur la culture acadienne » Recherches sociographiques, vol, III, nos 1-2, janvier-août 1962, p, 145-167. On trouvera dans cet article une liste des travaux les plus importants sur l'Acadie. [Texte disponible dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]

[19] Marc-Adélard Tremblay, « The Key Informant Technique : A Non-Ethnographic Application », American Anthropologist, vol. 59, no 4, 1957, p. 688-701.

[20] On identifie quelqu'un en utilisant son prénom et celui de son père, comme dans « Jean à Joseph ».

[21] Pour une liste des informations recueillies sur chaque maisonnée, voir l'inventaire généalogique de l'annexe C.

[22] Voir, par exemple, au chapitre VII, les groupes de parenté.

[23] Cf. Placide Gaudet. Ceux qui aimeraient consulter, pour le Canada, les sources classiques sur ce sujet pourront examiner les travaux suivants : 1) Le dictionnaire généalogique des familles canadiennes, de Mgr Cyprien Tanguay (de 1608 à 1760) ; 2) Le Rapport de l'Archiviste de  la Province de Québec, 1940-1941 ; 3) Nos ancêtres au XVIle siècle, par le père Archange Godbout, dans le Rapport de l'Archiviste,1951 ; et 4) Les généalogies genevoises, publiées en 1957 par A. Choisy, sont des modèles de présentation à consulter. Pour ce qui est des données généalogiques sur les familles acadiennes, l'ouvrage de Bona Arsenault est une source intarissable. Voir : Histoire et généalogie des Acadiens, Québec, Conseil de la vie française en Amérique, 2 vol., 1965.

[24] Quelques testaments apparaissent à l'Annexe D.

[25] L'Annexe A présente les réseaux d'amitié constitués par l'analyse sociométrique des relations sociales.



Retour au texte de l'auteur: Marc-Adélard Tremblay, anthropologue, retraité de l'Université Laval Dernière mise à jour de cette page le vendredi 18 septembre 2009 7:33
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cegep de Chicoutimi.
 
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