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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Mondher Sfar (1950- )
Tunisien en exil à Paris, Docteur en philosophie à la Sorbonne
Chercheur en anthropologie et en histoire de la pensée
.


Biographie

 

Né en 1950 à Tunis, mes études primaires et secondaires ont été menées en Tunisie ainsi que mes premières années d'Histoire à la Faculté des Sciences humaines de Tunis. En 1974, un procès politique m'a forcé à un premier exil à Paris où j'ai préparé une Maîtrise et un DEA avec le Professeur Jacques Droz à la Sorbonne, sur le mouvement révolutionnaire sous la Monarchie de Juillet. Ce fut pour moi une introduction précieuse à l'étude de la pensée de Marx que j'ai entreprise depuis lors et qui a débouché en 1983 sur la soutenance d'une thèse ayant pour thème l'influence de la pensée romantique allemande sur l'ensemble de la pensée et de l'oeuvre du fondateur du socialisme scientifique.

Cette double formation historique et philosophique m'a permis d'aborder fin des années 80 l'analyse critique de l'idéologie coranique. D'une part en découvrant les liens historiques et organiques entre la pensée coranique et la culture antique mésopotamienne, mettant ainsi en cause la doctrine - acceptée jusqu'ici par la tradition musulmane et aussi par la critique occidentale - de la spécificité de la culture arabe qui serait apparue selon elle peu de temps avant la venue de Muhammad. D'autre part, cette mise en perspective historique a permis de dégager distinctement les idéaux fondamentaux constitutifs de l'idéologie coranique, autrement dit : les institutions. Outre celles-ci, le lecteur pourra aussi découvrir une autre dimension de la pensée coranique : son épopée : comment le Coran conçoit l'histoire du monde et in fine le sens de l'existence.

Enfin, j'insisterais ici sur une autre clé de lecture du CBOA: le Coran est traversé par deux logiques qui pourraient apparaître contradictoires. D'une part la logique guerrière: c'est ce que j'ai désigné par l'épopée : Dieu décide du sort d'une cité, il envoie un héraut puis la cité est détruite. Sur cette logique, se plaque pour ainsi dire une autre logique totalement différente : c'est la logique contractuelle : Dieu édicte à l'homme un ensemble de règles, ou un code qui doit régir la vie familiale, sociale et religieuse. À la fin des temps, il lui sera demandé des comptes sur son observation ou non de ces règles. Ces deux logiques quelque peu contradictoires traversent de part en part l'ensemble de l'oeuvre coranique. Elles s'expliquent doublement. D'une part biographiquement: elles reflètent deux phases dans l'épopée muhammadienne: d'une part, la guerre contre la cité mecquoise aux mains des qoreishites impies, et d'autre part, l'établissement d'une communauté musulmane urbaine à Médine. Ce sont les deux mouvements fondateurs de l'histoire de la geste de Muhammad. L'autre explication de la double dimension idéologique: la coexistence dans le milieu arabique de l'époque de deux cultures: la culture nomade guerrière, et la culture sédentaire. Ainsi s'explique l'importance dans le Coran et dans la biographie prophétique des faits de razzia dirigées par Muhammad, qui constitue une partie non négligeable du corpus de la Tradition.

Cette étude anthropologique coranique je l'ai poursuivie avec une étude de l'histoire du texte coranique, parue en 2000 sous le titre: « Le Coran est-il authentique? ». Là aussi, il s'agit du croisement des deux approches historique et idéologique. J'y démontre que le texte du Coran peut et doit faire l'objet d'une approche historique systématique depuis le fait de la révélation jusqu'au texte qui nous est parvenu. En ce domaine, la doctrine musulmane se trouve dans une posture contradictoire dont elle ne saurait sortir: d'une part elle avance le dogme de l'authenticité absolue du texte coranique tel qu'il nous est parvenu jusqu'ici, d'autre part, le corpus de la tradition offre à foison des données sur les modifications subies par ce texte sacré. Je démontre ici deux ordres de faits décisifs. D'une part le Coran lui-même relate ouvertement et explicitement plusieurs modes de modifications de son propre texte. De l'autre, le Coran avance l'argument bouleversant affirmant que le qur'ân n'est que la copie provenant d'un texte céleste original désigné par le terme spécifique de kitâb. En somme la doctrine fondamentale du Coran dément la doctrine musulmane orthodoxe sur l'authenticité et l'immutabilité du texte tel qu'il est révélé.

Voici donc à grands traits quelques repères sur ma trajectoire que je poursuis avec une réflexion anthropologique sur l'aventure de la pensée humaine, ses croyances, ses angoisses et ses limites.

Je remercie Jean-Marie Tremblay de m'offrir cette occasion pour reparler de mes recherches. Je tiens aussi à lui rendre hommage pour l'inestimable service rendu à la communauté scientifique en lui facilitant l'accès aux Classiques des Sciences Sociales, et tout cela avec un grand coeur plein de générosité et d'humanité, malgré des moyens fort modestes.

Mondher.Sfar@club-internet.fr


Retour à l'auteur: Marc Bélanger Dernière mise à jour de cette page le mercredi 12 janvier 2011 12:29
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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