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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Robert Sévigny
sociologue, professeur émérite, Université de Montréal


Quelques mots sur mon cheminement professionnel

Actuellement, je travaille surtout à l’analyse d’interviews effectuées en Chine urbaine au début des années ’90 auprès de patients d’un des grands hôpitaux psychiatriques de Beijing. L’objectif de mon étude est de comprendre comment leurs expériences et celles de leur entourage étaient, déjà à ce moment-là, marquées par les changements sociaux, politiques et culturels amorcés en Chine depuis les années ’80. Mais auparavant, je présente sommairement quelques notes qui constituent une simple présentation informelle qui, je l’espère, proposera un « certain sens » aux documents et à la bibliographie que l’on peut retrouver sur mon site, y compris mes travaux actuels sur la Chine.

La relation individu-société

Ce qui caractérise probablement le mieux l’ensemble de mon enseignement, de mes recherches et de mes interventions est la place qu’y tient la relation individu-société. J’ai toujours été fasciné par la société vue sous l’angle des personnes qui en font l’expérience. Cette relation individu-société implique un regard particulier sur les aspects cliniques, sociopolitiques et transculturels de l’expérience personnelle. Au cours de ma carrière, j’ai exploré plusieurs notions ou plusieurs perspectives qui, chacune à leur façon, abordaient cette relation individu-société. Mes activités de recherche et d’intervention, par ailleurs, m’ont permis d’utiliser cette approche pour analyser plusieurs secteurs de la vie sociale, au Québec ou ailleurs.

Psychosociologie, actualisation de soi, aliénation
Déjà ma recherche de thèse portait sur une analyse psychosociologique de l’expérience religieuse des jeunes Montréalais à l’époque où s’amorçait au Québec une nouvelle société qui n’accorderait plus jamais une place primordiale aux structures religieuses. Partant de la notion d’actualisation de soi telle que formulée par le psychologue Carl Rogers, j’essayais de comprendre la diversité des réactions personnelles face aux contraintes institutionnelles de l’Église catholique d’alors. Par la suite, dans d’autres études, je mettais cette notion en rapport avec celle d’aliénation : le couple actualisation-aliénation m’a permis d’analyser plusieurs aspects de l’expérience personnelle de la société dans sa dimension théorique ou méthodologique. Ces notions ont été reprises dans certaines recherches empiriques, par exemple à propos du sentiment d’appartenance chez les jeunes de 18 à 21 ans qui venaient d’avoir le droit de vote dans Les nouveaux citoyens, ou à propos du sentiment d’actualisation ou d’aliénation chez les Montréalais dans Aliénation et idéologie dans la vie quotidienne des Montréalais francophones. C’est en reprenant ce même thème, mais sous le mode de la monographie ou de l’analyse clinique cette fois, que j’ai analysé l’expérience de trois familles montréalaise dans Le Québec en héritage.

Dynamique des groupes, relations interpersonnelles et groupes restreints

Mon passage au Département de psychologie de l’Université de Montréal m’avait introduit au monde de la dynamiques des groupes (terme que l’on n’utilise guère aujourd’hui), des relations interpersonnelles et des groupes restreints. C’est à ce « niveau » de la réalité sociale qu’ont porté par la suite certaines de mes réflexions, par exemple dans un numéro de Sociologie et sociétés (Psychologie, Sociologie, Intervention) vers la fin des années 70’ dans lequel je critiquais la tendance à « réduire » tout le secteur de la dynamique des groupes à leurs dimensions individuelles et personnelles. C’est ce même questionnement sur les contextes socio-politiques de l’univers de la thérapie et du counselling que j’ai développé par la suite lors d’un long séjour au Center for the Study of the Person fondé et animé par Carl Rogers. C’est à partir de ce séjour que j’ai développé un cadre d’analyse pour l’intervention en santé mentale et pour l’expérience personnelle de la maladie mentale.

Les savoirs implicites

Pour moi, l’intervention en santé mentale est devenue un de mes objets privilégiés d’analyse. D’abord la santé mentale et les interventions dans ce domaine me sont toujours apparues comme une porte d’entrée importante pour comprendre la société moderne. J’y voyais un lien évident entre mes intérêts pour la sociologie et pour la psychologie. C’est dans le cadre de ces travaux que j’ai d’abord développé la notion de « sociologie implicite ». L’hypothèse générale qui fonde cette notion est relativement simple : les intervenants comme les théoriciens détiennent et développent un savoir sur la société qu’ils intègrent à leurs cadres d’analyse ou leurs pratiques, mais sans leur donner une expression explicite ou formelle. Par ailleurs, dès le début de mes recherches dans ce secteur, j’ai été amené à définir le champ de l’intervention en santé mentale de façon à inclure l’ensemble des personnes, des groupes ou des organisations que l’on consultait dans l’espoir de recevoir de l’aide face à des problèmes psychologiques. Cette position de départ m’a amené à analyser des « intervenants » qui ne se présentaient pas nécessairement comme œuvrant en santé mentale, mais qui, dans les faits, intervenaient en ce sens. C’était pour moi l’occasion d’analyser les dimensions sociologiques d’une activité « en apparence » essentiellement « personnelle ». J’ai consacré beaucoup de temps et d’énergie à explorer la « sociologie implicite » de ces intervenants et plusieurs de mes publications reflètent cet intérêt.

Les interventions dans les secteurs de la santé,
des services sociaux et communautaires et la place de l’ethnicité


J’ai toujours été intéressé aux divers domaines de l’intervention. Mon rôle de premier directeur scientifique d’un centre de recherche et de formation intégré à un centre de services communautaires situé dans un quartier pluriethnique de Montréal (Centre de recherche et de formation du ClSC [Centre local de services communautaire] de Côte-des-Neiges, à Montréal), qui allait devenir un des centres affiliés universitaires (CAU) du Québec), m’a permis d’aborder tout le contexte social, économique et culturel des interventions dans le secteur de la santé, des services sociaux et des services communautaires. En même temps, introduire la recherche scientifique dans un lieu de pratique devenait, en soi, une véritable activité d’intervention. Je devenais alors, tout à la fois, analyste et intervenant. Ce rôle d’intervenant, par ailleurs, ne m’était pas du tout étranger, parce qu’en parallèle de mes recherches j’ai longtemps fait de la formation, de la consultation et de la recherche-action dans divers milieux de l’éducation, de l’industrie, du syndicalisme et d’autres groupes sociaux. Paradoxalement, je dois ajouter que j’ai peu publié sur ce type d’interventions. Je dois aussi avouer avoir toujours abordé l’enseignement universitaire comme une forme d’intervention.

Psychosociologie, sociologie clinique et méthodologie qualitative

Finalement un des fils conducteurs qui, à mes yeux, donne un sens, à mon cheminement est celui de mon intérêt pour la psychosociologie et pour la sociologie clinique. Dans la bibliographie disponible sur ce site, quelques publications présentent mon point de vue sur ce courant de pensée important dans le secteur plus large de la relation « individu-société ». C’est cette démarche fondée sur les liens entre analyse sociologique et intervention sociale, entre recherche et action, entre psychologie et sociologie et, finalement, entre structure et sens, qui m’a amené au début des années ’80, avec des collègues américains et français, à fonder les comités de recherche en sociologie clinique au sein de l’Association internationale de sociologie et de l’Association des sociologues de langue française. Enfin, au plan de la recherche, j’ai (presque) toujours opté pour une méthodologie qualitative et pour des données recueillies par interview.

Recherches en Chine urbaine : l’expérience de la schizophrénie

J’ai été invité, en 1988, à participer à Beijing à une session de formation sur le counselling psychologique. Cette session s’adressait à des conseillers aux étudiants des principales universités chinoises. On m’a demandé par la suite de venir introduire la perspective sociologique visant à la compréhension des processus de réhabilitation des patients d’un des grands hôpitaux psychiatriques de Beijing. Après deux sessions générales de formation, on m’a proposé d’effectuer une recherche portant sur les processus liés à la réhabilitation sociale de patients d’un des grands hôpitaux psychiatriques de Beijing. Ce projet devait se réaliser dans une perspective de psychosociologie et de sociologie clinique. On me demandait de m’inspirer de la méthodologie et des notions (savoir implicite, expérience, sens, etc.) de mes recherches canadiennes sur les interventions en santé mentale. Depuis deux ans, j’ai repris l’analyse des données produites à ce moment-là afin d’étudier l’évolution du rôle des « unités de travail » dans l’expérience de la schizophrénie. Dans les autres documents présentés sur ce site, on trouvera quelques notes sur mon implication en Chine et un résumé de ce projet subventionné par le CRSH. La bibliographie que j’y présente inclut la plupart de mes publications sur ces recherches à Beijing (voir les textes en processus de préparation ou de publication, les articles publiés dans IJSP ( 1999 et 2004), dans la RIPS (2001), dans la revue brésilienne Psicologia em Revista (2005) et l’article publié avec Tang Yilang et d’autres (2007).

Source: Robert Sévigny, Webdepot, Université de Montréal. [EN LIGNE] Consulté le 14 novembre 2013.


Retour à l'auteur: Marc Bélanger Dernière mise à jour de cette page le jeudi 14 novembre 2013 12:43
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cegep de Chicoutimi.
 
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