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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

LES NATIONALISMES AU QUÉBEC du XIXe au XXIe siècle. (2001)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du texte sous la direction de Michel Sarra-Bournet, avec la collaboration de Jocelyn Saint-Pierre, LES NATIONALISMES AU QUÉBEC du XIXe au XXIe siècle. Québec: Les Presses de l’Université Laval, 2001, 364 pp. Collection: Prisme. Une édition numérique réalisée par Diane Brunet, guide de musée, retraitée du Musée de La Pulperie à Chicoutimi. [L’auteur nous a accordé, conjointement avec le directeur général des Presses de l’Université Laval, M. Denis Dion, le 11 janvier 2016, l’autorisation de diffuser en libre accès à tous ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]

[1]

LES NATIONALISMES AU QUÉBEC
du XIXe au XXIe siècle.

Avant-propos

Michel Serra-Bournet

Au cours des dernières années, on a beaucoup écrit sur le nationalisme, mais très peu sur le nationalisme québécois. Pourtant, ce phénomène est intimement lié à l'évolution du Québec. Cet ouvrage multidisciplinaire propose de combler en partie cette lacune en présentant quelques regards, non pas sur la nation comme concept abstrait, mais sur certaines manifestations du nationalisme dans l'histoire du Québec. Comme l'écrivait Léon Dion :

Le passé [...] ne se présente pas comme une totalité perçue d'un même regard mais plutôt comme multiplicité de points de repères disposés sur un canevas donc chacun représente le produit d'expériences heureuses ou malheureuses. C'est ainsi qu'il n'y a pas un seul mais plusieurs nationalismes canadiens-français [1].

Vingt ans plus tard, les 18 et 19 mai 1995, l'Association québécoise d'histoire politique tenait, en alternance à l'Université du Québec à Montréal et au Petit Séminaire de Québec, le colloque Le nationalisme et les idéologies dans l’histoire du Québec. La plupart des textes présentés ici en sont issus  [2]. À ces treize chapitres qui se penchent sur une période particulière du nationalisme au Québec, s'ajoutent dans ce livre sept nouvelles contributions dont quelques-unes proposent des réflexions sur la relation entre l'histoire comme discipline et le nationalisme québécois. Au fil des pages, on se rendra compte que leurs auteurs proviennent d'horizons forts variés, et il va sans dire qu'ils n'engagent qu'eux-mêmes par leurs propos. Enfin, pour prendre toute la mesure de l'évolution de l'idée de nation, on trouvera en annexe la conférence qu'a prononcée Ernest Renan à la Sorbonne en 1882, « Qu'est-ce qu'une nation ? »

De nos jours, on associe souvent le nationalisme à l'intolérance, à l'exclusion, aux idéologies de droite. Pourtant, l'histoire a démontré [2] que cette parenté n'est que circonstancielle. À preuve, l'idée de nation est née en même temps que les batailles pour la démocratie au Québec. Et elle a connu une résurgence lorsque les idées socialistes ont vécu leurs plus belles heures. Pourtant, on a toujours fait un mauvais parti au nationalisme québécois, qu'il soit de gauche ou de droite. Vrai, il fut un temps qu'il était la manifestation d'un repli sur soi. Mais en pleine Révolution tranquille, il traduisait plutôt l'affirmation. Est-il trop tôt pour affirmer qu'aujourd'hui il est entré dans une phase de maturité ? Que les nationalistes québécois sont en train de formuler un discours de « majoritaires » ? Cela est-il possible dans un pays qui n'est pas souverain ?

Les questions soulevées par les auteurs de cet ouvrage sont nombreuses et souvent brûlantes. Sous quelles formes le nationalisme québécois s'est-il exprimé depuis le début du XIXe siècle ? Quels sont ses rapports avec l'ethnicisme, le libéralisme, l'américanité, le féminisme, les mouvements sociaux, la mémoire collective ? Comme on le verra, le nationalisme change au rythme des mutations idéologiques de la société québécoise. Il s'est allié tantôt au conservatisme, tantôt au socialisme et au libéralisme, et il est encore appelé à changer, peut-être même à disparaître ! En plein effervescence tranquille, Paul Chamberland écrivait dans Parti Pris : « Le seul nationalisme acceptable est celui qui vise progressivement à sa propre éradication, et cette action n'est possible qu'en s'imposant comme lutte de libération nationale [3]. »

Je remercie les directeur de la collection Prismes, Guy Laforest, et les Presses de l'Université Laval pour leur appui, de même que le président de l'Association québécoise d'histoire politique, Robert Comeau, pour ses suggestions constructives, ainsi que Jocelyn Saint-Pierre de la bibliothèque de l'Assemblée nationale pour son aide précieuse dans la préparation du colloque et la relecture des textes qui en sont issus. J'aimerais en outre souligner l'aide inestimable de Valérie Bélanger et de (...) dans la révision du manuscrit.

Le 17 octobre 2000,
Michel Sarra-Bournet


[1] Léon Dion, Nationalismes et politique au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1975, p. 11

[2] Voir l'article de Stéphane Stapinsky consacré à ce colloque : « Le nationalisme et les idéologies dans l'histoire du Québec », Cahiers d'histoire du Québec, 4 (été 1995) p. 136-141

[3] Parti Pris, « Les contradictions de la révolution tranquille », février 1964, p. 11.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 11 mai 2017 6:21
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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