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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Les discours sur le cancer en contexte clinique moderne : le sens de la mort en question (1985)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Francine Saillant, “Les discours sur le cancer en contexte clinique moderne : le sens de la mort en question”. Un article publié dans l'ouvrage sous la direction de Raymond Lemieux et Réginal Richard, Survivre... La religion et la mort, pp. 143-161. Les Cahiers de recherches en sciences de la religion, vol. 6, 1985. Montréal: Les Éditions Bellarmin, 1985, 285 pp. [Autorisation formelle accordée par l’auteure de diffuser tous ses travaux le 4 novembre 2005.]

Introduction

Le présent essai a pour but de signaler certains résultats d'une recherche doctorale en cours concernant l'ethnographie d'un établissement québécois francophone réservé à une population de personnes cancéreuses pour la plupart en phase curative de leur traitement [1]. Les discours populaires et savants sur le cancer seront ici particulièrement discutés et contrastés. 

L'objet de cette thèse ne consiste pas en l'analyse du discours sur la mort en milieu clinique. Au début de cette recherche, nous avions d'ailleurs postulé que pour entendre le discours sur le cancer dans sa globalité, il fallait justement éviter provisoirement de se concentrer sur la question du devenir de la personne cancéreuse, c'est-à-dire de sa mort probablement prochaine : cette position, jugions-nous, allait nous permettre de ne pas stigmatiser ces personnes, en leur conférant, comme c'est très souvent l'habitude, un statut de demi-vivant [2]. 

Nous avons déjà émis l'hypothèse que le cancer représente, dans la société québécoise, et probablement dans les pays occidentaux industrialisés où on retrouve une forte morbidité attribuable au cancer, un symbole de mort (Saillant, 1982). Les représentations de la maladie dans les cultures dites savantes (médicales, techno-scientifique) et populaires (les soignés des classes moyennes et ouvrières) avaient été comparées. Il nous semblait alors que pour l'un et l'autre des deux milieux, le symbole agissait également comme un symbole de mort. Cette hypothèse sera ici discutée à nouveau : on tentera cependant de montrer que le discours sur le cancer agit véritablement dans la culture savante comme un discours sur la mort, en tant qu'objet d'échec, alors que dans la culture populaire, il s'agit peut-être d'un discours sur la mort, mais plus vraisemblablement d'un discours sur la modernité porteuse de mort. 

Dans un premier temps, la littérature récente sur la mort sera discutée. On s'intéressera particulièrement à la proposition suivante : le discours de certains chercheurs ayant analysé la soi-disant évacuation de la mort dans les formations sociales euro-américaines et industrialisées peut-il être entendu comme un discours ayant d'abord pour objet la mort d'un monde ? 

Dans un deuxième temps, le lieu d'insertion et les conditions de production de cette ethnographie seront présentés. 

Nous décrirons, dans un troisième temps, le discours des soignants et celui des soignés, après avoir postulé que le cancer, s'il est la deuxième cause de mortalité au Québec, doit être aussi regardé comme un phénomène social de premier plan nous permettant d'atteindre le discours de notre société sur ses propres limites, que celles-ci soient d'ordre biologique, écologique, économique ou symbolique.


[1]     Il s'agit d'une thèse en anthropologie médicale portant plus spécifiquement sur les productions discursives reliées au cancer. Le travail final sera présenté au département d'anthropologie de l'Université McGill (Montréal). La cueillette des données a débuté en mars 1982 et sera achevée à la fin de l'été 1983. Notre présentation a ainsi pour statut celui d'une note de recherche : on ne saurait donc attribuer à ces hypothèses les qualités de résultats définitifs.

[2]     On peut lire une position récente sur cette question dans un numéro de Santé mentale au Québec (Saillant 1973 : 158-160).


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 23 janvier 2007 16:42
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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