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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Introduction. Éléments d'une sociologie de l'éducation” (1970)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir du texte de Pierre W. Bélanger et Guy Rocher (1970) “ Introduction. Éléments d'une sociologie de l'éducation ”. Un texte publié dans Éducation et société au Québec. Éléments d'une sociologie de l'éducation, tome I, pp. 19-32. Textes choisis et présentés par Pierre W. Bélanger et Guy Rocher. Montréal: Éditions Hurtubise HMH ltée, 1975, nouvelle édition revue et augmentée, 218 pp. [Autorisation formelle réitérée par M. Guy Rocher, le 15 mars 2004, de diffuser cet article et plusieurs autres publications].

Introduction

La sociologie de l'éducation apparaît à celui qui l'aborde pour la première fois comme un ensemble, déjà considérable et toujours croissant, de recherches empiriques portant sur divers aspects du système scolaire et du processus d'enseignement. Ce que ces études ont en commun et qui permet de les rapporter à une même discipline, c'est qu'elles abordent toutes l'analyse de l'éducation avec ce qu'on peut appeler une même «optique sociologique». Cette optique se caractérise par la perception du système scolaire et de l'enseignement dans le cadre de la société, et en fonction de ce cadre. D'une manière plus précise, la sociologie de l'éducation se ramène à trois axes principaux : l'étude de l'interaction entre l'école et la société; l'analyse du système scolaire comme système social; c'est-à-dire en tant qu'il présente les traits d'un système social; l'exploration de l'école, de la classe comme système d'interactions à l'intérieur d'un groupe restreint d'acteurs sociaux.

Ramenée à ces trois axes essentiels, l'optique sociologique n'appartient pas qu'au sociologue. Le pédagogue, l'orienteur, le psychologue, l'historien, le politicologue, le juriste peuvent et même doivent à l'occasion l'adopter. Le choix de textes que nous présentons témoigne qu'au Québec comme ailleurs les sociologues n'ont pas été les seuls chercheurs à poser les jalons d'une sociologie de l'éducation. Nous devons en particulier à des historiens et à des politicologues d'importantes contributions, ce qui explique que ce soit surtout le premier de ces trois axes, l'étude de l'interaction entre l'école et la société, qui ait bénéficié de l'attention des chercheurs, comme nous l'avons déjà souligné dans l'Avant-Propos.

Mais il revient au sociologue de fournir une contribution qu'aucun autre chercheur ne peut apporter: il lui faut élaborer, développer et enrichir le schème conceptuel et théorique qui supporte et structure «l'optique sociologique», de manière à lui donner les caractères d'une optique scientifique. Sans cadre théorique, une masse d'études empiriques ne sera jamais qu'un amas incohérent d'observations particulières, sans liens entre elles et sans suite logique. Aucune connaissance scientifique ne se fonde que sur l'accumulation de «faits» ou de données brutes. Car la connaissance scientifique n'est pas une pure retranscription de faits; elle est plutôt une reconstruction de la réalité dans des termes logiques et intelligibles. Et ces termes ne sont pas donnés dans la réalité, mais ils sont élaborés plus ou moins explicitement par l'observateur. La véritable science consiste précisément à rendre aussi explicite que possible le cadre conceptuel et théorique utilisé.

C'est pour répondre à cette exigence que nous nous proposons d'exposer, dans cette Introduction, le cadre conceptuel sociologique qui a servi au choix des textes de ce livre, à leur agencement et à leur présentation. Il aurait certes été plus simple et plus facile d'adopter pour ce volume un découpage qui suivît le contour de certaines structures concrètes comme, par exemple, des périodes historiques, ou des régions géographiques, ou encore les niveaux élémentaire, secondaire, post-secondaire et supérieur de l'enseignement. Mais c'eût été accepter de demeurer en deçà du niveau de la recherche scientifique. Nous avons plutôt voulu que le choix et la présentation des textes se fassent suivant un cadre conceptuel et théorique fourni par la sociologie générale. C'était là, à notre avis, la seule manière d'offrir une vue systématique, organisée et authentiquement scientifique des recherches en sociologie de l'éducation.

Le schème théorique qui nous est apparu le plus approprié à cette fin est celui qu'on peut découler du modèle systémique d'analyse de l'action sociale. Tous les sociologues ne sont pas d'accord entre eux sur la valeur heuristique de ce modèle, pas plus que d'aucun autre d'ailleurs. Mais nous croyons que tous les sociologues reconnaîtront que c'est un des principaux modèles, sinon le principal, que nous offre la sociologie contemporaine pour une analyse un peu rigoureuse et méthodique de la réalité sociale.

À l'intention de ceux qui ne sont pas familiers avec la sociologie, et aussi à l'intention des sociologues qui ne sont pas familiers avec ce modèle, nous avons cru utile d'en faire ici une présentation succincte. Du même coup, cet exposé servira à offrir un développement théorique qu'on ne trouvera dans pratiquement aucun des textes réunis dans ce volume.


Retour au texte de l'auteur: Guy Rocher, sociologue, Université de Montréal Dernière mise à jour de cette page le Samedi 15 mai 2004 09:40
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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