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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Philippe Robert, Pourquoi étudier le crime dans la société actuelle? (1996)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Philippe Robert, Pourquoi étudier le crime dans la société actuelle?”. Un article publié dans Criminologie et société. Le Criminologue dans la Cité hier, aujourd'hui, demain. Université de Lièges, 25-26 octobre 1996. Sous la direction de Georges Kellens et André Lemaître. Actes du colloque du 50e anniversaire de l'École liégeoise de criminologie Jean Constant, pp. 1-45. Bruxelles : Établissements Émile Bruylant, SA, 1998, 164 pp. [Autorisation accordée par l'auteur le 12 septembre 2006.]

Introduction

Des liens anciens d'amitié et de collaboration me rattachent, on le sait, à cette Université ; c'est donc bien volontiers que j'ai répondu positivement à l'invitation de Georges Kellens, surtout s'il s'agissait de célébrer le cinquantième anniversaire de l'École qu'il préside et dont le nom rappelle le souvenir du professeur et procureur général Constant. Mais l'austérité académique nous pousse toujours à ne pu limiter nos célébrations à des réjouissances, mais à en faire des séances de travail. De quel écot m'acquitter donc ? D'une intervention, c'est la loi du genre universitaire, mais encore ? Je me plaignais d'un mandat trop large qui m'abandonnait par trop à ma seule inspiration. Georges Kellens a alors bien voulu baliser un peu les attentes qui se dissimulaient derrière cette énigmatique demande d'intervention : pourquoi, étudier le crime dam les sociétés actuelles ? 

Je me sentais dès lors un peu moins dans le vague, mais l'univers des possibles demeurait encore largement ouvert devant moi. J'aurais ainsi pu évoquer la corruption, le blanchiment, les fraudes, la délinquance d'affaires et vous dire que leur relief dans le débat publie des nations européennes justifie qu'on investisse davantage l'étude du crime. J'aurais, ce faisant, rappelé à Georges Kellens les bons souvenirs de sa soutenance de thèse et pu utiliser le débat européen que j'ai organisé dans Déviance & Société sur la justice face à la corruption [1]. 

J'ai préféré prendre davantage de recul et tenter de vous montrer que la sécurité publique vit actuellement de profondes recompositions, qu'elles touchent au fondement même du lien social. L'étude du crime figure alors - ce n'est pas le cas à tout moment de l'histoire - parmi les questions dont la compréhension importe à celle de notre devenir. 

Il me fallait mettre en perspective les problèmes actuels de délinquance et de sécurité. Je ne vous emmènerai pas jusqu'à nos fondations romaines. Permettez-moi seulement de remonter de deux siècles à la fin de l'Ancien Régime. Si la fouille historique adopte une perspective assez anthropologique, elle découvre une économie de la sécurité publique bien différente de celle que nous sommes habitués à imaginer pour ce temps-là [2]. Et le détour par ce dépaysement sera utile pour mieux appréhender ce qui est actuellement en jeu. Je vais m'appuyer essentiellement, quoique non exclusivement, sur des données françaises, tout simplement parce que je les maîtrise un peu mieux que les autres. Je pense cependant que le modèle que je vais ainsi tenter d'édifier sous vos yeux, est d'application plus large et que vous n'aurez aucun mal à l'adapter, mutatis mutandis, à des situations voisines.


[1] Coll. 1996.

[2] Dans le domaine français, la thèse d'Yves Castan (1974) est probablement princeps. Synthèse européenne in N. CASTAN, 1984 ; voy. aussi SOMAN, 1980a. L'intérêt pour l'infrajudiciaire s'est accéléré récemment avec le colloque de l'International Association for the History of Crime and Criminal Justice (Coll., 1995) et celui organisé à l'Université de Bourgogne par B. GARNOT (1996).


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 14 septembre 2006 10:09
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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