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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

La construction d’espaces d’intimité chez les jeunes pères (2003)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir du texte d'Anne Quéniart et Jean-Sébastien Imbeault, “La construction d’espaces d’intimité chez les jeunes pères”. Un article publié dans la revue Sociologie et sociétés, Vol. XXXV, No 2, automne 2003, pp. 183-202. Montréal: Les Presses de l'Université de Montréal. Numéro intitulé: “De l'intimité”. [Autorisation accordée respectivement par Mme Quéniart et M. Imbeault les 7 et 8 août 2008 de diffuser ce texte dans Les Classiques des sciences sociales.]

Introduction

C’est comme sociologues de la famille que les auteures de ce numéro nous ont invités à parler de l’intimité. Et effectivement, la famille, associée à la sphère privée des rapports sociaux, est bien l’un des territoires de l’intimité, dans son sens premier d’un « au-dedans » impliquant une frontière, une clôture d’avec « le dehors », la sphère publique. Comme l’a bien montré Philippe Ariès (1973), la caractéristique centrale de la famille moderne c’est bien l’émergence du sentiment de la famille par un mouvement intimiste, un repli hors de la sphère publique, où elle se délie partiellement de ses anciennes sociabilités, déléguant une partie de son autorité à l’État, aux éducateurs et autres moralistes. Cette retraite s’est accompagnée du développement du sentiment de l’enfance. L’enfant devient le pivot de la famille, tandis que celle-ci devient «affective». Les aspects relationnels sont mis au premier plan, le traitement de l’affect devient un de ses principes fondateurs et également, plus tard, l’un des motifs de rupture. En effet, la fragilité des unions depuis une trentaine d’années reflète bien ce «primat de la centration sur les relations, des besoins affectifs» (De Singly 1993 : 86) : on ne peut tolérer une situation dans laquelle on n’est pas heureux; la famille doit être le lieu de l’accomplissement personnel de chacun, elle doit permettre à tous de réaliser -c’est à la fois un droit et un devoir- toutes les virtualités qu’ils pressentent en eux (Roussel 1993).

Comment se manifeste, chez les premiers concernés, les parents, ce constat fait par plusieurs de la place centrale de la dimension affective, relationnelle, dans la famille contemporaine ? Comment s’opère, chez les mères et chez les pères, l’adhésion aux traits de la famille émotionnelle? Comment fonctionne ce que de Singly (1993) nomme la «fermeture relative du cercle domestique»? Bref, comment l’intime est-il vécu? C’est à ces questions que nous voulons répondre ici à partir des données d’une recherche en cours sur l’expérience de la paternité à un jeune âge [1]. Nos objectifs y étaient de saisir comment l’identité paternelle se construit et comment l’«être-père» s’articule aux autres dimensions de la vie des jeunes, telles le travail, les amitiés, les études. Autrement dit, nous nous proposions d’analyser la place et le sens que prend la paternité dans le continuum de la vie des jeunes, entre autres dans la transition vers l’âge adulte.


[1]   Il s’agit d’une recherche qualitative, financée par le Conseil Québécois de la Recherche Sociale.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le samedi 9 août 2008 14:24
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 



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