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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Vers un paradigme des inter-relations sociales?
Pour une reconstruction du champ criminologique
(1992)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article d'Alvaro Pires, Vers un paradigme des inter-relations sociales? Pour une reconstruction du champ criminologique”. Un article publié dans la revue Criminologie, vol. 25, no 2, 1992, pp 13-47. Numéro intitulé “Nouvelles connaissances et nouvelles questions en criminologie”. Centre international de criminologie comparée Montréal: Les Presses de l'Université de Montréal. [Autorisation formelle accordée par l'auteur le 2 août 2006 de diffuser ce texte dans Les Classiques des sciences sociales.]
Introduction

Un des problèmes majeurs qui a affligé la criminologie depuis les années soixante est sans doute le fameux clivage entre une criminologie du passage à l'acte et une criminologie de la réaction sociale. Où en est la recherche empirique et théorique sur cette question ? Peut-on dépasser cette opposition ? La criminologie de la réaction sociale est-elle inutile à la criminologie clinique ? Peut-on voir dans les approches féministes un apport à la construction d'un nouveau modèle ? Voilà quelques-unes des questions que nous soulèverons dans cet article [1]

Nous sommes convaincus que le débat sur les « deux criminologies » relève d'un problème sérieux. En effet, il ne s'agit pas selon nous d'un simple casse-tête né d'un abus de langage, d'une sorte de jeu intellectuel ou encore d'un dérapage irresponsable de notre discipline. Pourtant, on a souvent choisi d'ignorer ce problème. Ceci n'empêche que la pratique de la recherche a ouvert des voies que la réflexion théorique avait ignorées d'une part et que certains auteurs ont apporté des véritables contributions théoriques à la solution de ce problème d'autre part. La conception d'ensemble de cet article s'est élaborée lors d'un séjour d'un semestre de Françoise Digneffe à l'Université d'Ottawa. Les discussions que les deux auteurs de l'article ont pu avoir à cette occasion ont permis de mettre en évidence la convergence des questionnements paradigmatiques qui se posent à partir de recherches différentes [2]. D'une part, certains analystes critiques du fonctionnement de la justice pénale et des théories de la peine, etc., (Pires, 1990a ; 1991) font apparaître la nécessité d'une prise en compte des « manières de faire » (ou comportements) en relation avec la réaction pénale (ce que ne propose pas la criminologie de la réaction sociale). D'autre part, la réflexion criminologique, plus particulièrement au niveau de la clinique, telle qu'elle se poursuit à l'Université de Louvain, fait de plus en plus apparaître la nécessité d'intégrer la « manière de définir » et du dépassement des oppositions entre les « deux criminologies » (coll., 1990). 

Cette nécessité résulte de considérations à la fois théoriques et éthiques ou pratiques. Théoriques en ce sens que l'impossibilité des modèles précédents à résoudre de manière satisfaisante un bon nombre de problèmes apparaît de plus en plus (Khun, 1962). Éthiques et pratiques, dans la mesure où la réflexion criminologique nous parait devoir être guidée par un objectif de respect des droits de la personne et de reconnaissance de chacun et chacune au sein des relations sociales, pour une société émancipatrice. Cette exigence suppose un processus de communication et une prise en considération des acteurs à tous les niveaux de l'analyse et ne paraît pas pouvoir être rencontrée dans le cadre des paradigmes existants. 

Dans ce travail, nous attirerons l'attention sur le fait que les deux manières actuelles de concevoir l'objet de la criminologie sont unidimentionnelles et unilatérales et que les clivages que traverse notre discipline vont au-delà de cette question paradigmatique. On mettra ensuite en évidence les contributions liées au développement de la criminologie clinique telle qu'elle est conçue par De Greeff puis Debuyst d'une part et par les études féministes sur les comportements problématiques des femmes d'autre part. Enfin, nous proposerons un modèle pour dépasser les deux paradigmes actuels tout en tenant compte des contributions précédentes. Précisons ici que le traitement de ces objectifs sera nécessairement inégal. Ceci parait inévitable compte tenu de la complexité de ces points et des priorités que l'on s'est données.


[1] Nous remercions les commentaires faits à la première version de ce texte par L. Beauchenes, M. Jaccoud, P. Landreville et C. Parent, aussi bien que par un de nos appréciateurs anonymes.

[2] Cependant, cet article a été rédigé par Alvaro Pires après le départ de Françoise Digneffe. La participation de celle-ci consiste principalement dans le texte d'une conférence faite à Ottawa en décembre 1991 sur « Quelques éléments du parcours des idées en criminologie clinique à l'École de criminologie de Louvain ». Cette étude s'inscrit dans le cadre d'une recherche plus générale sur l'histoire de la criminologie qui peut se réaliser grâce à un financement du Fond National de la Recherche Scientifique belge. Elle regroupe des chercheurs belges, canadiens et français.


Retour au texte de l'auteur: Alvaro Pires, criminologue, Université d'Ottawa Dernière mise à jour de cette page le jeudi 17 août 2006 17:53
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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