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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Michel Pichette, “Les jeunes, la culture scientifique et les médias” (2003)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Michel Pichette, “Les jeunes, la culture scientifique et les médias”. Article, Revue Spectre, Association des professeurs de science du Québec, janvier 2003. [Autorisation accordée par l'auteur le 2 mai 2006 de diffuser ce texte dans Les Classiques des sciences sociales.]

Introduction

Les jeunes ne parviennent pas à transférer dans leur vie quotidienne les connaissances scientifiques acquises à l’école et les appliquer aux problèmes plus pratiques de la vie réelle. Leur culture scientifique est nourrie de conceptions spontanées et d'images nées dans une culture populaire crédule, plus réceptive au sensationnel qu'à la vérité scientifique. La valeur des idées scientifiques leur semble une chose abstraite et la remise en question de leurs conceptions, non seulement inutile et demandant trop d'efforts, mais juste une lubie des enseignants [1]. Pour répondre à cette difficulté, plusieurs proposent de miser sur ce que les jeunes savent déjà en prenant des exemples concrets de leur vie quotidienne et de leurs propres interrogations face aux différents phénomènes auxquels ils sont confrontés. 

Nous proposons ici d’intégrer à cette approche, une démarche d’éducation critique aux informations scientifiques de tous ordres que diffusent les médias. Les expériences que vivent les jeunes avec les médias ont aujourd’hui une incidence suffisamment importante sur leur culture scientifique et sur leurs conceptions spontanées pour qu’on en tienne compte dans l’enseignement. Cela permettrait de développer une avenue de solution à la problématique que soulignaient Hervé Genge et Serge Larivée lorsqu’ils concluaient, dans un article récent [2], que «Plus soucieuse de vouloir séduire qu’instruire, la télévision rend la tâche bien difficile aux enseignants des sciences. Ils doivent rivaliser d’ingéniosité et d’enthousiasme (…) pour faire triompher la raison sur l’excès d’irrationalité qui menace le développement de l’esprit scientifique indispensable au fonctionnement de toute démocratie». 

La démarche d’éducation aux médias proposée s’inscrit dans le cadre du nouveau programme de formation de l’école québécoise. Elle permet de relier l’enseignement des sciences à l’univers quotidien des médias où les élèves puisent aujourd’hui la majorité de leurs informations et se forgent leurs propres représentations du monde. Elle initie à la responsabilité de s’informer et développe l’attention aux sources et aux traitements variés qui colorent toutes les informations. Cette démarche, axée sur l’appréciation des représentations médiatiques et sur la connaissance de leurs procédures de construction, favorise le développement du jugement critique par lequel il devient possible de se distancer des perceptions instantanées et de prendre des décisions autonomes.


[1] Les recherches suivantes soulignent que, hormis la sophistication du langage employé, les enseignants sont eux-mêmes souvent prisonniers des mêmes représentations de la science que se font les jeunes.

Baulu-MacWillie, M., Métioui, A., (2001) «L’enseignement des sciences au primaire et le phénomène de la persistance des conceptions spontanées», dans La culture de l’écrit, les défis à l’école et au foyer, Les Éditions Logiques, Montréal, 2001, pp. 81-104;

Métioui, A., Baulu-MacWillie, M., (2001) Conceptions des élèves du primaire au sujet d’un circuit électrique dans trois pays : circulation et conservation des charges dans un circuit fermé», dans Mondialisation, politiques et pratiques de recherches, Éditions du CRP, Paris,, pp. 115-124;

Métioui, A., Cyr, C., Gagné, N., Brassard, C., (1998) «La continuité ou la rupture entre ce que l’on apprend à la maison et ce que l’on apprend à l’école en sciences ?», dans : Le partenariat en éducation. Pour mieux vivre ensemble !, Éditions Nouvelles, Montréal, pp. 87-96.

[2] Genge, H., Larivée, S., (octobre-novembre 2002), «La télévision, quelquefois un handicap au développement de la science», Spectre, vol.12, no. 1 pp. 19-21.


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le samedi 23 décembre 2006 11:50
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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