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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Oh, Canada ! La baisse de la criminalité au Canada et aux États-Unis entre 1991 et 2002 (2004)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Marc Ouimet, Oh, Canada ! La baisse de la criminalité au Canada et aux États-Unis entre 1991 et 2002”. Un article publié dans la revue Champ pénal, mars 2004. [Autorisation accordée par l'auteur le 11 septembre 2006]

Introduction

Dans le long métrage « Bowling for Columbine » paru en 2002, Michael Moore explore dans un chapitre intitulé « Oh, Canada ! » [1] les différences culturelles des canadiens et américains pour rendre compte d'un taux d'homicide très différent dans les deux pays. Il se rend rapidement compte que les canadiens anglais et américains se ressemblent beaucoup ; ils mangent dans les mêmes chaînes de restaurants, écoutent les mêmes films, jouent aux mêmes jeux vidéos. Il trouve plus de similarités que de différences. Toutefois, il observe que la culture entourant la possession d'armes à feu est très différente : les américains considèrent les armes comme des moyens de protection, alors que les canadiens possèdent des armes pour chasser. La culture de la peur semble caractériser les américains. L'autre série de facteurs exploré est celui du filet de protection sociale des individus, avec une orientation beaucoup plus socialisante au Canada, réduisant du même coup le niveau de pauvreté des moins nantis. Un aspect non abordé par Moore est celui de la baisse de la criminalité qui est observable dans les deux pays depuis une décennie. 

La criminalité au Canada et aux États-Unis a connu une hausse importante durant les décennies 1960 et 1970. Cette augmentation continue a suscité chez les intellectuels un scepticisme face à la validité des statistiques criminelles, préférant voir dans les hausses une amélioration de l'appareil d'enregistrement des infractions. En fait, Hagan (1991) pense que même si une partie de la hausse s'explique par des pratiques d'enregistrement plus systématiques et une attention plus soutenue de la police face à la petite délinquance, il n'en demeure pas moins que le vol et la violence ont réellement augmenté durant cette période. À partir du tournant des années 1980, le taux de criminalité pour certains crimes s'est stabilisé au Canada, alors que la violence a continué à augmenter. Les années 1990 sont porteuses de changement  : la plupart des types de crimes diminuent de manière importante au Canada et aux États-Unis. 

Dans The Crime Drop in America (Blumstein, Wallman, 2000), des experts examinent la question de la baisse de la criminalité aux États-Unis qui s'observe tant pour les statistiques policières que pour les données issues des sondages de victimation (Rennison, 2000). Butts et Travis (2002) indiquent que le taux de victimation global en 2000 est le plus bas depuis la création du sondage national en 1973. Rappelons ici que personne n'avait anticipé l'ampleur de la baisse. Notre incapacité collective à prévoir, même à court terme, l'évolution de la criminalité montre que les théories macro-sociologiques en expliquant ses mouvements sont encore à développer. La réalité de la baisse a été découverte et établie récemment. Si la baisse est établie aux États-Unis, il n'en va pas de même ailleurs. Par exemple, l'éminent criminologue Chaiken (2000, 1), s'inspirant d'une publication de Statistique Canada, indique que la criminalité dans ce pays est stable (ou bien Chaiken est de mauvaise foi, ou bien il a examiné trop rapidement les données). Or, et c'est le cœur du débat, si seuls les États-Unis connaissent une baisse, alors il est plausible que leurs politiques pénales particulières en expliquent le mouvement. Si toutefois le crime baisse ailleurs, dans des pays qui n'ont pas adopté les politiques pénales des Américains, les tendances de la criminalité devraient être expliquées par d'autres facteurs. 

Comme mentionné supra, la criminalité au Canada a diminué de manière importante, comme dans d'autres pays. Par exemple, en Allemagne, le taux global de criminalité a baissé de 7,8% entre 1993 et 1999 (PKS Berichtsjahr, 2001). En Angleterre, le nombre total de crimes enregistrés par le British Crime Survey (enquête de victimation) a diminué de 15,6% entre 1993 et 1999 (Povey, 2001). Toutefois, il n'apparaît pas y avoir un mouvement généralisé de baisse dans les pays Européens (Pfeiffer, 1998; Aebi et al., 2000). 

Dans la présente étude, les tendances à long terme de l'homicide entre les États-Unis et le Canada sont établies de manière à établir un parallélisme entre les deux pays. D'autre part, une analyse comparative détaillée est menée de manière à établir précisément les similitudes et les différences entre les deux pays. Enfin, sont examinés les facteurs qui permettent de rendre compte des tendances récentes.


[1] Ce titre de chapitre du long métrage fait référence à l'hymne national du Canada intitulé « O Canada ».


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 19 décembre 2006 10:51
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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