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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une criminologie francophone en Amérique depuis 1960: bilan et perspectives (1996)
1. Introduction: Un mini-historique


Une édition électronique réalisée à partir de l'article d'André Normandeau, Une criminologie francophone en Amérique depuis 1960: bilan et perspectives”. Un article publié dans Criminologie et société. Le Criminologue dans la Cité hier, aujourd'hui, demain. Université de Lièges, 25-26 octobre 1996. Sous la direction de Georges Kellens et André Lemaître. Actes du colloque du 50e anniversaire de l'École liégeoise de criminologie Jean Constant, pp. 65-100. Bruxelles: Établissements Émile Bruylant, SA, 1998, 164 pp. [Autorisation formelle de l'auteur accordée le 31 mai 2005 de diffuser toutes ses publications sur le portail web Les Classiques des science sociales.]

1. Introduction: un mini-historique


L'École de criminologie de l'Université de Montréal a été fondée le 1er juin 1960 dans le cadre nord-américain classique d'une Faculté des sciences sociales. Le pionnier-fondateur et le premier directeur fut le professeur Denis Szabo, d'origine hongroise, diplômé de l'Université de Louvain en Belgique, en sociologie (criminologie). Le professeur Marcel Fréchette faisait équipe avec lui dès 1960. Diplômé de l'Université de Montréal, en psychologie (criminologie), Marcel Fréchette avait travaillé en clinique criminologique pendant quelques années au pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul, en banlieue de Montréal. 

L'École de criminologie devait par la suite inscrire son enseignement et ses recherches en prolongement de ces deux approches de base, la sociologie criminelle et la psychologie criminelle, dans un contexte de droit pénal. Deux pionniers avaient déjà tracé une partie de la route : le Père Noël Mailloux, dominicain et psychologue, fondateur du Département de psychologie de l'Université de Montréal (1947) et co-fondateur du Centre de Boscoville, un centre d'accueil pour jeunes délinquants (1950) ; le Docteur Bruno Cormier, médecin-psychiatre, professeur à l'Université McGill (Montréal) et le premier psychiatre attaché à un pénitencier au Québec dans les années '50. 

Au début des années '60, le Québec fut, dans bien des domaines, et certainement dans celui des universités, la région du monde témoignant d'un taux de développement comptant parmi les plus élevés. La marginalité, le caractère exceptionnel de la société québécoise en a été encore accentué : tout ou presque y a été possible. De nouveaux projets foisonnaient, les esprits étaient insatiables après la grande tranquillité des décennies précédentes. 11 y eut ainsi une rencontre unique entre la marginalité personnelle de Denis Szabo et la communauté québécoise. Son propre éclectisme intellectuel s'est épanoui dans un milieu en quête d'une nouvelle image de lui-même. Bâtir une nouvelle société prête à toutes les expériences pour s'aménager : voilà un de ces rares moments privilégiés de l'histoire où une telle aventure peut se transformer dans un projet collectif réaliste. C'est ainsi que la criminologie québécoise des années '60, sous le souffle de son fondateur, Denis Szabo, s'est par la suite développée au rythme du champignon, à l'image de la société québécoise des années '60 et '70 et de sa « Révolution tranquille ». 

Au cours des années '60, les premiers étudiants furent souvent des praticiens œuvrant dans la police, les tribunaux ou les prisons, qui s'intéressaient à la criminologie, en complément de leurs études en service social, sociologie, psychologie, droit, médecine... La première diplômée de l'École faisait partie de ce groupe : Marie-Andrée Bertrand (maîtrise en criminologie, 1963). Elle travaillait déjà au Tribunal de la jeunesse et devait subséquemment devenir professeur à l'École de criminologie. 

Si le programme de maîtrise en criminologie débutait dès 1960, celui du doctorat décollait en 1964 et celui du baccalauréat (licence au sens de l'Université française) en 1967. Le premier Docteur en criminologie, en 1968, fut Ezzat Fattah, un juge d'origine égyptienne. Professeur à notre École pendant quelques années, il fut le premier directeur (1974) du Département de criminologie de l'Université Simon Fraser, en banlieue de Vancouver. Le premier Bachelier (licencié) en criminologie, en 1970, est comme le soldat inconnu. En effet, cette année-là, la classe des premiers bacheliers de l'École étaient plus d'une centaine... Par ailleurs, la tradition des stages pratiques en milieu de travail fut développée à partir de 1970 au niveau du baccalauréat (licence) et de 1990 au niveau de la maîtrise. 

Les directeurs qui se sont succédés à la tête de l'École, après le directeur-fondateur Denis Szabo (1960-1970), furent les suivants : André Normandeau (1970-1979) ; Jean Trépanier (1979-1983) ; Pierre Landreville (1983-1991) ; Maurice Cusson (1991-1995) ; Guy Lemire (1995-1999). 

L'École de criminologie de l'Université de Montréal, historiquement parlant, fut la première École en la matière créée au Québec ou même au Canada. Dix ans auparavant (1950) avait été créée aux États-Unis la première École de criminologie en Amérique, celle de l'Université de la Californie à Berkeley, en banlieue de San Francisco. Depuis ce temps, plus d'une centaine d'Écoles de criminologie ont été fondées en Amérique, dont sept autres au Canada : Toronto (1963), Ottawa (1968), Vancouver (1974), Edmonton (1975), Winnipeg (1980), Régina (1982) et Halifax (1985). 

Au Québec, l'École de criminologie de l'Université de Montréal est toujours la seule. Toutefois, d'anciens diplômés ont créé des sections criminologiques aux universités du Québec à Montréal, Rimouski et Trois-Rivières, ainsi qu'à McGill, Concordia et Laval. Dix collèges d'enseignements général et spécialisé (C.E.G.E.P.), équivalents à un lycée (14 années d'études pour le programme spécialisé ou technique), ont développé à travers le Québec depuis 1970 le « Programme des techniques de la justice », dont celui des « techniques policières » où sont recrutés la majorité des futurs policiers, les « techniques judiciaires » (greffiers...), les « techniques correctionnelles » (surveillants de prison...). Ce programme a été développé en bonne partie par l'entremise de criminologues diplômés de notre École. 

Tout compte fait, de 1960 à 1995 inclusivement, l'École de criminologie a diplômé près de 2500 personnes (voir le Tableau 1). 

Tableau 1
Diplômés en criminologie à l'université de Montréal : 1960-1995

1.

Baccalauréat (3 ans)

2 048

2.

Maîtrise (2 ans)

386

3.

Doctorat

47

Total des diplômés

 2 500

À ce nombre de 2 500 diplômés « complets », l'on pourrait ajouter environ 750 diplômés qui ont obtenu un « mineur » ou un « majeur » en criminologie à notre École ou par l'entremise de la Faculté de l'éducation permanente, sans compter environ 850 étudiants qui ont complété une scolarité de maîtrise ou de doctorat mais sans jamais déposer leurs mémoires ou leurs thèses. 

Mentionnons, enfin, que l'École de criminologie encadre sur une base annuelle depuis 1990 environ 400 étudiants. Une vingtaine de professeurs à temps plein et une quinzaine à temps partiel, dont plusieurs praticiens, encadrent ces 400 étudiants de baccalauréat (300), de maîtrise (75), et de doctorat (25). 


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le samedi 16 septembre 2006 11:31
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cegep de Chicoutimi.
 
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