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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Jean MEYNAUD, Nouvelles études sur Les groupes de pression en France. (1962)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Jean MEYNAUD, Nouvelles études sur Les groupes de pression en France. Paris: Les Presses de la fondation nationale des sciences politiques, 1962, 448 pp. Collection: Cahiers de la Fondation nationale des sciences politique, n° 118. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole, professeure à la retraite de l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi. [Autorisation accordée par les ayant-droit de l'auteur le 19 octobre 2008 de diffuser toutes les publications de l'auteur.]

Avant-propos

Deux difficultés ont compliqué l'établissement de cette nouvelle version : les changements apportés par la Ve République au fonctionnement des institutions et les insuffisances de la science politique française dans l'analyse monographique des groupes de pression.

De ces obstacles, le premier est trop évident pour exiger un long commentaire. Nous manquons encore du recul indispensable pour évaluer correctement l'incidence des modifications dans la répartition des pouvoirs et le style de la vie publique. Certes, il n'est pas impossible d'apercevoir des essais d'adaptation et des signes de continuité, le maintien de la constitution sociale du pays rendant inconcevable une mutation soudaine des conduites professionnelles et, des réactions idéologiques. Mais, sur de nombreux points, nous ne sommes pas en mesure de présenter des descriptions et d'émettre des jugements qui échappent aux servitudes de la polémique quotidienne.

Par ailleurs, la carence des études scientifiques est inquiétante. On invoque volontiers pour la justifier le caractère confus et occulte des démarches accomplies auprès des autorités. Ce n'est qu'un médiocre prétexte, la situation s'expliquant par l'attrait des sentiers battus et le poids de la routine. Les quelques travaux disponibles (en particulier l'ouvrage de Henry Ehrmann sur le patronat) ont consolidé et élargi la somme de nos connaissances sur des points décisifs. Ils ont prouvé que ce secteur des relations sociales n'est pas inaccessible au chercheur.

L'analyse des groupes de pression en France comporte, de la sorte, de graves lacunes et de multiples sujets d'hésitation. Il nous a semblé préférable de ne jamais cacher ces défauts. Conscient des faiblesses de la première version, nous avons entièrement récrit l'ouvrage qui, dans son état présent, reste un essai. Tout en gardant l'essentiel de l'armature théorique précédente, nous en avons revu et modifié plusieurs aspects. La partie illustrative a été presque complètement transformée.

Dans ces conditions, il a paru opportun de donner à ce travail un titre qui, tout en établissant une relation directe entre l'ancienne et la nouvelle version, illustre la nouveauté du texte soumis au lecteur sans dissimuler le caractère partiel de divers développements. Nous espérons que, d'ici quelques années, les conditions seront réunies pour l'établissement d'un volume qui comporte moins de points d'interrogation et de motifs de perplexité.

*  *  *

La formule « groupe de pression » est désormais entrée dans le vocabulaire politique quotidien. On l'emploie pour exprimer ou systématiser les multiples interventions effectuées sur les pouvoirs publics en vue d'obtenir l'octroi d'avantages matériels ou le soutien de positions idéologiques. De nombreux esprits, sans contester pour autant la réalité des phénomènes décrits, repoussent ce mode d'appellation ou s'en déclarent insatisfaits.

En réalité, la définition courante soulève autant de problèmes qu'elle contient de mots. On peut même la déclarer globalement contestable en signalant que les autorités ne se font pas faute d'agir sur leurs interlocuteurs. La présentation habituelle ne montre pas que les groupements, s'ils effectuent des pressions, sont aussi susceptibles d'en recevoir. Pour des motifs de commodité didactique, nous gardons le concept usuel comme point de départ : cependant, cette notion sera critiquée, précisée et complétée au fil des développements. C'est seulement après avoir consulté l'ouvrage dans son entier que le lecteur sera en mesure de bien connaître le sens et la portée que nous attachons à cette catégorie.

Ce livre, s'il met en vedette divers problèmes d'actualité, s'attache surtout à dégager les éléments durables du problème. Il a été préparé et rédigé sans esprit partisan. Il servira, peut-être, à alimenter des polémiques. C'est là une servitude des sciences sociales qu'il n'y a aucun moyen de renverser et qu'il serait dès lors vain de récuser, Nous y avons trouvé une incitation à la prudence dans l'exposé des faits et à la réserve dans l'évaluation des conduites.

Lausanne, juillet-novembre 1961.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le dimanche 26 juillet 2009 13:09
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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