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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Les forces politiques en Grèce. (1965)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Jean MEYNAUD, avec le concours de P. Merlopoulos et de G. Notaras, Les forces politiques en Grèce. Lausanne: Jean Meynaud, 1965, 530 pp. Collection: Études de science politique, n° 10. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole, professeure à la retraite de l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi. [Autorisation accordée par les ayant-droit de l'auteur le 19 octobre 2008 de diffuser toutes les publications de l'auteur.]

[5]


Avant-propos



LA PRINCIPALE justification de ce livre est qu'il n'existe pas en langue française d'analyse de la politique grecque à l'époque contemporaine. La civilisation de la Grèce antique a fait l’objet, jusque dans ses plus petits détails, de recherches étendues qui se renouvellent sans cesse. Les Grecs de notre époque n'ont jamais bénéficié certes d'un semblable intérêt.

La situation n'est pas sensiblement meilleure dans les pays de langue anglaise. On y trouve quelques ouvrages sur la guerre civile mais il s'agit, en moyenne, de simples récits ou témoignages dépourvus d'inspiration générale. En dépit d'un dépouillement bibliographique minutieux, je n'y ai pas découvert de tableau ou d'exposé global de la vie politique grecque. Cette lacune est surprenante si l'on connaît l'ampleur et la diversité des domaines actuellement couverts par la science politique américaine.

Il faut dire aussi que la bibliographie en langue grecque n'est pas très satisfaisante. L’analyse politique n’étant pas encore inscrite au programme des universités helléniques, il n’y a pratiquement pas en Grèce sur ces sujets de travaux de facture ou de style universitaire. À l'exclusion des ouvrages ou brochures de pure polémique, les livres consacrés aux forces politiques sont en tout petit nombre et relèvent davantage de la chronique ou du journalisme que de l’essai d'interprétation systématique.

Dans ces conditions, la seule voie ouverte pour examiner la vie politique dans la Grèce d'aujourd'hui était de procéder à une enquête directe sur le terrain. Cette méthode implique que l'on interroge les acteurs du jeu gouvernemental et que l'on procède à un dépouillement de sources brutes : elle présente des risques et des servitudes dont la [p. 6] plus lourde pour le chercheur universitaire est de ne pouvoir appuyer ses dires ou ses appréciations sur les habituelles références bibliographiques. Mais l'on ne saurait traiter d'un champ encore largement inexploré comme l'on rend compte d'une question déjà abondamment discutée.

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*    *

Je n’aurais certainement pas entrepris la rédaction de ce livre si ma vie de famille ne m'avait mis en contact immédiat avec les choses de la Grèce depuis une vingtaine d'années. Par ailleurs, je n'aurais probablement pas pu mener à bien ce projet sans disposer de l'appui dévoué et éclairé de plusieurs Grecs à l'égard desquels j'ai contracté une dette que les remerciements usuels ne sauraient suffire à éteindre.

Je veux citer en premier lieu C. Notaras, d'abord mon élève, puis mon assistant pour les problèmes grecs dans le cadre de la Chaire de science politique de l'Université vaudoise. Parmi les multiples contributions de Notaras à ce livre figurent le dépouillement du matériel documentaire relatif aux partis politiques et l'établissement du lexique de ceux-ci. Compte tenu de la dispersion des sources d'information et de la médiocrité des renseignements fournis par les partis eux-mêmes, ce travail, qui s'est étendu sur plusieurs années, a demandé beaucoup de compétence et d'application. Ayant au surplus discuté de ces questions avec G. Notaras pendant une si longue période, je ne me sens pas en mesure de dire tout ce que je lui dois.

J'ai également une grande dette vis-à-vis de P. Merlopoulos qui m'a toujours fait bénéficier avec une totale générosité de sa précieuse connaissance, théorique et pratique, de la vie politique grecque — connaissance attestée par un mémoire de recherche sur les élections de 1956 et 1958 pour la Faculté de Droit de Paris et dont j'ai souvent utilisé les résultats. Merlopoulos m'a donné l'occasion de rencontrer, spécialement durant l'été 1963, de nombreux hommes politiques grecs de premier plan. Il a suivi de près mes recherches sur les groupes dirigeants et m'a fourni de nombreux éléments d'information originaux. C'est certainement au titre de la troisième partie de ce livre que je lui suis le plus redevable.

Il m'est aussi agréable de remercier G. Cladakis qui, plusieurs années de suite, s'est prêté avec une parfaite gentillesse à mes interrogations sans cesse reprises et élargies sur les ressorts de la vie politique [p. 7] grecque. Les innombrables séances de discussion que nous avons eues ensemble ont constitué pour moi un précieux stimulant.

Je dois enfin remercier mon épouse Hélène Zographos qui a pratiquement supprimé pour moi tout obstacle linguistique et a bien voulu consacrer beaucoup de temps à la collecte des nombreux documents nécessaires à l'établissement de ce livre — tâche plutôt complexe dans un pays où les règles habituelles de la gestion administrative ne sont encore qu’imparfaitement reconnues. Je ne saurais dire ce que je dois à son dévouement et à son art d'obtenir des papiers apparemment non destinés à la publicité.

Il ne m'est pas possible de remercier ici, car la liste serait trop longue, toutes les personnes ou services qui ont apporté leur contribution, à l'établissement de ce livre (secrétariats de parti, bureaux ministériels, services de documentation de banques, organismes d'information d'ambassade...). Sans le matériel ainsi communiqué — matériel difficile à faire entrer dans le cadre d'une bibliographie de type classique — ce volume aurait manqué de plusieurs éléments importants.

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*    *

Ce livre sera sans nul doute critiqué et même contesté en plusieurs de ses développements par ceux dont il décrit les activités ou par leurs adeptes. C'est là un risque inséparable de tout, effort pour présenter, selon une expression à la mode, l'histoire immédiate. Je cours aussi le danger dans certaines des constatations ou affirmations présentées en cet ouvrage fassent l'objet d'une utilisation polémique.

Sans fuir de telles responsabilités, je voudrais simplement dire que ce livre a été préparé et écrit de bonne foi. J'accepte d'avance que l'on m'impute des insuffisances de documentation ou des erreurs d'interprétation : il faudra, après le mien, bien d'autres travaux pour que l'on parvienne à une vue exhaustive de la vie politique grecque. Cependant, bien qu'ayant repoussé les facilités du compromis intellectuel, j'ai fait de mon mieux pour ne pas verser dans la partialité.

Les conclusions auxquelles cet essai aboutit manquent certes d'optimisme à l'égard du destin de la Grèce. Il m'a semblé que le meilleur service à rendre à ce pays, pour lequel j'éprouve tant d'amitié, était de les formuler sans complaisance.

Lausanne, décembre 1964.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le dimanche 9 janvier 2011 14:48
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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