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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

André Davidovitch (1912-1986) et le deuxième âge de la sociologie criminelle française” (2006)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Jean-Christophe MARCEL et Laurent MUCHIELLI , “André Davidovitch (1912-1986) et le deuxième âge de la sociologie criminelle française”. Un article publié dans la revue L'Année sociologique, vol. 56, no 1, 2006, pp. 83-117. Paris: Les Presses universitaires de France. [Autorisation formelle de l’auteur accordée par M. J.-C. Marcel le 1er août 2006.]

Introduction

Au temps de la « Belle Époque » Ces années 1880-1914), le crime était potentiellement un des objets privilégiés de la construction des savoirs dans le cadre universitaire naissant des sciences humaines. Les années 1880 consacrent ainsi le mot de « Criminologie » sur un plan européen. Cependant, en France, ce mot ne sera jamais le nom d'une discipline universitaire à part entière. Dans son contenu, la criminologie de la fin du XIXe siècle est en effet une science que se disputent essentiellement des médecins (se réclamant principalement d'une « anthropologie criminelle », sous la conduite du médecin lyonnais Alexandre Lacassagne) et des juristes (pénalistes). Les deux grandes figures intellectuelles qui se disputent le leadership pour incarner les nouvelles sciences sociales vers 1900, Émile Durkheim et Gabriel Tarde, sont suffisamment occupés à tenter de faire reconnaître institutionnellement ce que le premier appelle simplement « Sociologie », et le second « Interpsychologie » (cf Mucchielli, 1998 ; ainsi que Mucchielli, 1994). Malgré ses responsabilités à la direction de la statistique judiciaire, son prestige acquis dans la confrontation avec l'école italienne de Lombroso et sa présence à la direction de la revue de Lacassagne (les Archives d'anthropologie criminelle), Tarde ne cherchera pas à développer une recherche collective en ce domaine. Au sein de l'équipe durkheimienne, la création d'une section « Sociologie criminelle » dès le premier volume de L'Année sociologique (1898) ne suffira pas non plus à impulser une véritable dynamique collective. La défection du responsable de cette rubrique (Gaston Richard), en 1907, signa son déclin progressif. Durant l'entre-deux-guerres, ce domaine de la sociologie ne subsiste plus que dans le plan de cette revue, que les héritiers de Durkheim s'efforcent de faire survivre. Homme clef du nouveau dispositif durkheimien avec Marcel Mauss, Maurice Halbwachs s'intéresse au suicide mais non à la criminalité. Il porte de surcroît un regard très distancé sur le principal heu de développement des recherches sociologiques en ce domaine et à cette époque : l'École de Chicago (Marcel, 1999).

 

Pourtant les études de « sociologie juridique et morale » ne cesseront de tenir une place importante chez les durkheimiens. Outre les travaux historiques d'auteurs tels que Louis Gernet, citons ceux de Paul Fauconnet, qui soutient en 1920 sa thèse de doctorat sur La responsabilité. Mentionnons aussi le travail de Georges Davy sur La foi jurée, qui retrace la formation du droit contractuel (Davy, 1922). Toutefois, malgré ces travaux, l'intérêt pour le crime dans les sociétés modernes disparaît à peu près complètement dans la sociologie universitaire française de l'entre-deux-guerres. C'est seulement à partir des années 1950 que se construira véritablement une sociologie du crime, à l'initiative d'Henri Lévy-Bruhl puis surtout de son « élève et continuateur » André Davidovitch [1]. Même si son nom est aujourd'hui presque totalement méconnu au-delà du cercle étroit des chercheurs qui s'intéressent à la sociologie de la déviance et des institutions pénales, Davidovitch mérite d'être connu, car c'est sous son impulsion, tant intellectuelle qu'institutionnelle, que la sociologie criminelle a connu en France un second départ, après la Seconde Guerre mondiale. C'est donc à une première présentation des grands axes de son œuvre que sont consacrées les pages qui suivent.


[1] Nous reprenons cette juste formule de Ph. Robert (Robert, 1994, 431).


Retour au texte de l'auteur: Jean--Christophe Marcel, sociologue, Sorbonne Dernière mise à jour de cette page le lundi 9 avril 2007 12:37
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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