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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Denise Lemieux, “Visions des jeunes, miroirs des adultes Quelques points de vue des adultes sur la jeunesse.” in ouvrage sous la direction de Fernand Dumont, Une société des jeunes ?, pp. 61-76. Québec : Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC), 1986, 400 pp.

Denise LEMIEUX

Sociologue, professeure, INRS–Urbanisation, culture et société

Visions des jeunes, miroirs des adultes.
Quelques points de vue des adultes
sur la jeunesse
.”

in ouvrage sous la direction de Fernand Dumont, Une société des jeunes ?, pp. 61-76. Québec : Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC), 1986, 400 pp.

Introduction [61]
La construction sociale de la jeunesse : un phénomène historique [62]
Jalons pour une histoire de la jeunesse au Québec [65]
Les mutations de l'ère postmoderne [67]
Images de la jeunesse au Québec : enquêtes et romans [68]
Quelques questions en guise de conclusion [73]


Introduction

La plupart des discours tenus sur la jeunesse au cours de l'histoire et dans la plupart des pays du monde sont des discours d'adultes. Un des penseurs de notre époque qui s'est longuement interrogé sur les contraintes et les possibilités créatrices de cette étape de la vie humaine, Erikson, prenait note de cette limite au moment de préfacer un recueil d'articles sur ce thème. Soulignant que les auteurs étaient tous des adultes dans la seconde moitié de leur vie et tous des hommes, il ajoutait que (des jeunes partagent avec les femmes et les personnes âgées le fait que le rôle qui leur a été assigné par la nature a été façonné par les cultures comme un ensemble de différences d'un être humain standard, la norme étant bien entendu l'adulte mâle normal [1] ».

Si « être jeune » s'enracine dans le processus de croissance biologique, les rôles sociaux qui s'y greffent ont varié considérablement au cours de l'histoire et d'une société à l'autre. Pour les anciens, le petit de l'homme était lui-même un adulte en miniature, vivant au milieu des adultes et appelé à joindre leurs rangs et à leur succéder, non sans franchir certains obstacles. Cette définition par réduction référait en partie à une différence et comportait une certaine dévalorisation, mais elle contenait en germe un lien explicite à la définition sociale de l'adulte.

Il est relativement récent, dans l'histoire de l'humanité, de mettre l'accent sur la différence elle-même pour définir l'enfance, puis l'adolescence. Cette définition par l'altérité, accompagnée d'une valorisation allant parfois jusqu'au mythe, masque une certaine mise à distance, et même une ségrégation des jeunes dans nos sociétés.

[62]

L'allongement des processus d'apprentissage et surtout, leur réalisation en des lieux distincts des milieux de travail des adultes, sous‑tendent toute l'histoire de la jeunesse pour la période moderne des sociétés occidentales.

Aussi est-il important d'évoquer brièvement ces transformations étalées sur plus d'un siècle, avant d'envisager quelques données récentes qui laissent poindre de nouvelles mutations tant dans les discours sur la jeunesse que dans les rapports entre jeunes et adultes. L'histoire de la jeunesse sera abordée à partir de travaux portant sur des sociétés diverses, qui illuminent des processus analogues pour ce qui est du Québec. C'est dans la transformation de la vie des adultes que j'aimerais ensuite situer certaines visions de la jeunesse, tirées d'enquêtes et de romans récents.

La construction sociale de la jeunesse :
un phénomène historique


Philippe Aries [2] a repéré pour la France, les premières manifestations historiques d'un sentiment de l'enfance qui révèle l'apparition de l'enfance comme catégorie distincte et dotée d'une culture particulière. C'est dans les milieux nantis du XVIIe siècle et dans les internats religieux de cette époque, mais davantage dans la famille bourgeoise du XVIIIe, que naissent de nouvelles attitudes envers l'enfant qu'on commence à socialiser par l'école et le jeu plutôt que par le travail. Objets d'une sollicitude accrue, les enfants de ces milieux seront aussi les destinataires d'une morale qui vise à préserver leur état puéril et à les protéger des vicissitudes de l'existence. L'école qui de plus en plus accapare la transmission des savoirs, joue un rôle déterminant dans cette mise à l'écart qui consacre un statut distinct, et elle servira de support à l'élaboration de certains aspects d'une sous‑culture de l'enfance. Ce rôle de l'école n'est pourtant pas unique. Plusieurs lieux spontanés ou formels d'activités ont contribué à la formation et à la visibilité accrue de groupes de jeunes. Dans un premier temps, la famille bourgeoise délestée de ses fonctions productrices s'épanouit autour de ses enfants et leur socialisation devient un de ses principaux objectifs. Ce travail est dévolu à la mère assignée de plus en plus exclusivement à l'univers domestique et il concerne surtout les jeunes bambins. Le nouveau modèle qui prend origine dans les milieux bourgeois s'étendra peu à peu à d'autres couches sociales auxquelles il sera proposé, sinon imposé [3].

[63]

Le développement des institutions scolaires et en particulier la mise en place de réseaux d'enseignement secondaire sont des facteurs tout aussi déterminants dans l'apparition de la notion d'adolescence, soit du passage entre l'enfance et la vie adulte conçu comme un nouvel âge de la vie. Mais ce phénomène s'imbrique dans la transformation plus globale des rapports d'âge et fait appel à de multiples facteurs allant de l'économie à la démographie, aux idéologies scientifiques, littéraires et religieuses. La diminution de la mortalité infantile, la diffusion de normes d'hygiène et d'attitudes malthusiennes, la morale puritaine, les cultes littéraires de l'enfance et le romantisme de la jeunesse sont autant de facettes d'une transformation des modes de vie qui affecte singulièrement les jeunes. Au coeur de ces changements se retrouve ce que Neil Smelser qualifie de triangulation historique, c'est-à-dire l'influence réciproque des modifications affectant les sphères de la famille, de l'économie et de l'éducation, aux diverses phases de l'industrialisation [4]. Si les facteurs proches de l'organisation sociale sont plus faciles à repérer, on ne saurait considérer comme de simples épiphénomènes, les bouleversements au niveau des discours et de la symbolique sociale.

Toutes les classes sociales n'ont pas accédé simultanément à la nouvelle définition du statut de l'enfant et encore moins de celui de l'adolescent car, dans la première moitié du XIXe siècle, les jeunes de tous âges sont nombreux au travail dans les manufactures. Ce n'est que peu à peu que des lois viennent réduire leur journée de travail, et exiger un minimum de fréquentation scolaire, des jeunes ouvriers qui se présentent à la fabrique. Dans une revue analytique des études sur les jeunes en France, Olivier Galland note la lenteur de l'avènement des législations du travail des enfants ainsi que le faible développement de la scolarisation de niveau secondaire, qui sera pendant le XIXe siècle, réservée à une élite restreinte [5]. C'est en certains cas pour contrôler des jeunes sur lesquels la famille avait perdu son autorité traditionnelle, et qui étaient rassemblés en plus grand nombre dans les villes, que l'on a créé des réseaux d'enseignement secondaire. L'école apparaîtra en effet comme une solution de rechange lorsque des changements technologiques diminuent le recours à une main-d'oeuvre enfantine et abandonnent à la rue et à l'oisiveté des jeunes qui sont perçus comme une menace à l'ordre social [6].

L'avènement de l'école secondaire aux États-Unis, prolongeant la dépendance économique envers les parents ainsi que la résidence des jeunes dans leur famille, contribue au surgissement du concept d'adolescence, dont la première formulation est attribuée à G. Stanley [64] Hall (1904). Auparavant, les jeunes qui allaient travailler en dehors de chez eux jouissaient d'une semi-autonomie, puisqu'ils logeaient à l'extérieur tout en étant fréquemment sous la gouverne d'une autre famille [7].

Si certains auteurs ont soutenu qu'il n'y avait pas d'adolescence dans les sociétés préindustrielles et qu'on passait directement de l'enfance à la vie adulte, c'est à une notion moderne d'adolescence qu'ils réfèrent [8]. La jeunesse traditionnelle était certes dotée d'un rôle social mais ce rôle était en continuité avec les valeurs de la société dans son ensemble [9]. Ainsi Natalie Z. Davis a décrit pour la Renaissance des manifestations de sociabilités propres à la jeunesse dont on trouve des traces en certaines coutumes du XIXe siècle, alors qu'elles sont en voie de folklorisation [10]. Par ailleurs, le processus d'entrée dans la vie adulte s'effectuait selon des modalités variables, les divers seuils, séparation de la famille d'origine, fin des études, entrée sur le marché du travail et formation d'un couple, s'échelonnant sur une longue période [11]. L'allongement de la scolarisation et les récents délais d'insertion professionnelle et matrimoniale risquent de nous faire oublier qu'au cours d'une période antérieure, s'est opéré un changement de longue durée : on a vu alors, bien au contraire, se restreindre la diversité des cheminements individuels et se réduire l'étalement des changements de statuts, qui marquent l'accès au monde adulte [12].

Katz et Davey qui ont étudié ces seuils d'entrée à la vie adulte, dans une ville industrielle de l'Ontario entre 1851 et 1871, constatent que non seulement l'allongement de la scolarisation, mais aussi le travail des jeunes en usine, entraînent un prolongement du mode familial de résidence jusqu'au mariage [13]. Les auteurs notent la tendance des jeunes bourgeois à retarder le mariage tandis que les groupes en voie de prolétarisation se marient plus tôt qu'auparavant ; ceci concorde avec les observations de E. Shorter qui considère les jeunes ouvriers comme les premiers à s'affranchir des modes familiaux autoritaires de choix d'un conjoint [14]. Katz et Davey concluent que les conflits, attribués aux changements physiologiques de la puberté par les premiers définisseurs du concept d'adolescence, relevaient davantage d'une situation historique et culturelle.

À côté du développement d'institutions d'éducation, vers la fin du XIXe siècle, divers mouvements seront destinés à promouvoir l'encadrement de la jeunesse par les loisirs. Joseph Kett souligne le rôle d'une multiplicité d'associations dirigées par des adultes (fraternités, YMCA, et plus tard, scoutisme), dans la promotion de cette conception d'une [65] jeunesse différente, conception qui exclut la précocité désormais jugée malsaine. En pratique, ces associations poursuivront leur recrutement surtout dans les milieux moyens ou bourgeois [15]. De façon parallèle, les mouvements de sauvegarde de l'enfance aux États-Unis, cherchent à diffuser auprès des classes populaires, les normes éducatives des classes moyennes et bourgeoises. Anthony M. Platt parle de l'invention de la délinquance lorsqu'il fait l'histoire de la mise en place d'institutions et de législations spécifiquement destinées à réformer la jeunesse déviante et à protéger l'enfance malheureuse [16]. En France, un même souci de moraliser la jeunesse des classes populaires dans un contexte où l'instruction est promue par une législation laïque, suscite la création de patronages et de divers mouvements catholiques, d'où naîtront ultérieurement de véritables mouvements de jeunesse [17]. Comme l'école, tous ces mouvements sont propices à l'émergence de sous-cultures des jeunes dont les manifestations se multiplient tout au long du XXe siècle.

Jalons pour une histoire de la jeunesse
au Québec


On retrouve au Québec, des traces de ces divers mouvements et associations tant anglo-saxons que français, mais il faudrait mieux circonscrire leur implantation ainsi que les réinterprétations auxquelles ils furent soumis. Certes, le Québec n'est pas demeuré étranger à la transformation des conceptions de l'enfance et de la jeunesse, mais il semble l'avoir fait tardivement et n'en avoir retenu d'abord que certains aspects. Dès le XIXe siècle, les dimensions religieuses de cette mise à l'écart de L’enfance contribuent à renforcer Je puritanisme de populations qui vivent encore très proches de leurs enfants [18]. Tout comme on le souligne d'ailleurs pour certains milieux populaires français ou américains, l'accession rapide à la vie adulte, avec ses caractéristiques de précocité enfantine, est longtemps demeurée la norme d'une large partie de la société québécoise. Au XXe siècle, les auteurs de monographies rurales nous livrent maintes observations à cet égard. En témoignent aussi, les données concernant le travail des enfants au tournant du siècle ainsi qu'un phénomène étroitement relié au précédent comme l'a montré Thérèse Hamel, à savoir la lenteur de l'établissement d'un consensus favorisant une législation pour instaurer l'instruction obligatoire (1940) [19].

[66]

L'histoire de la délinquance semble révéler un phénomène analogue. On ne saurait dire que le Canada français soit demeuré entièrement à l'écart des mouvements sociaux que recense Neil Sutherland [20] pour le Canada anglais, mouvements de santé publique, d'éducation et de protection de l'enfance, épousant la philosophie et appliquant les modèles des associations américaines. Ainsi, c'est le sénateur F.X. Béique qui propose l'adoption d'une première législation instituant des cours juvéniles au Canada en 1908 ; pourtant quelques années plus tard, une seule de ces cours fonctionne au Québec, pour treize en Ontario. Constatant à la lumière des travaux de la Commission des assurances sociales du Québec créée en 1930, un retard en plusieurs domaines importants, Terry Copp l'attribue surtout au manque de ressources financières. Il constate qu'il n'existait toujours qu'un seul tribunal pour les jeunes qu'on avait créé, semble-t-il, avec hésitation. Il souligne cependant que le Québec possédait un réseau d'institutions de bienfaisance diversifiées qui s'articulaient mieux avec le système familial de ses populations [21]. On pourrait y voir aussi le signe de la persistance d'autres modèles d'intégration et de contrôle des jeunes, sinon d'une autre définition de l'enfance et de la jeunesse.

Bien qu'on puisse trouver des manifestations éparses d'une transformation de la vision de l'enfance et de la jeunesse dans la littérature du Québec dès le XIXe siècle, tout comme on trouve en milieu bourgeois des signes multiples d'un nouveau statut de l'enfant, ce n'est qu'aux alentours de la Deuxième Guerre mondiale que s'affirme dans des œuvres multiples, une thématique de l'enfance révélant des contenus modernes [22]. Il faudrait faire l'histoire des mouvements de jeunesse qui prennent leur essor à cette époque et qui seront des lieux de réflexion où se préparent, dès les années 1940-1950, les mutations sociales des années 1960 [23].

Cependant, c'est dans le facteur décisif que constitue la généralisation d'un réseau d'écoles secondaires qu'il faut chercher un indice certain de la transformation des mentalités concernant la définition sociale de la jeunesse. Avant les années 1960, l'enseignement secondaire collégial donnant accès aux études supérieures et même une partie importante de la formation technique et professionnelle demeuraient l'apanage d'institutions privées à la même époque, le taux de scolarisation des adultes était le plus faible des provinces canadiennes [24].

Ne peut-on faire l'hypothèse que c'est autour des années 1940 que commence à s'établir véritablement un consensus au sujet de la [67] jeunesse qui en consacre la définition comme différente de la vie adulte ? Sa généralisation s'effectue en quelques décennies mais s'amorce alors une autre transformation qui chevauche ces acquis tardifs. Là également, le Québec aurait occulté une phase de sa modernisation passant d'une culture préindustrielle à une culture postindustrielle, comme le suggèrent certaines analyses [25].

Les mutations de l'ère postmoderne

La vision de l'enfant puis de l'adolescent comme distincts de l'adulte, au moment où elle semble s'étendre à toute la société, est déjà ébranlée par de nouvelles transformations sociales. Alors que certaines législations viennent renforcer un allongement de l'adolescence que produisaient pour certaines couches sociales les études prolongées et les délais d'insertion professionnelle et matrimoniale, les frontières entre adultes et jeunes paraissent brouillées, comme l'est celle de leurs comportements individuels et de leurs rapports mutuels. Pourtant les ségrégations d'âge persistent à notre époque. Certains décèlent l'apparition d'un nouvel âge de la vie, inséré entre l'adolescence et la vie adulte, auquel on réserve l'appellation jeunesse. Kenneth Keniston, qui l'un des premiers souligna ce phénomène, s'est attaché par ailleurs à documenter divers aspects de l'aliénation de la jeunesse [26].

Hervé Le Bras voit dans cette « interminable adolescence », des stratégies inverses tant des parents que des jeunes, dans une société où ces derniers doivent attendre massivement le départ d'aînés occupant toutes les places. La situation de la post-adolescence ne serait pas sans rappeler, celle des jeunes des sociétés traditionnelles qui pouvaient parfois attendre longtemps pour se marier ou acquérir le patrimoine. Tandis que se multiplient les échanges de biens et services au niveau familial et que les générations cohabitent dans une croissante tolérance de leurs valeurs respectives, le conflit des âges semble s'être déplacé au niveau macrosociologique [27].

Loin d'être un retour aux rapports traditionnels qui constituaient des rapports autoritaires et face à face, et sans présumer d'un changement de statut des jeunes, les nouvelles définitions de la jeunesse semblent relever tout autant de changements dans la définition de l'adulte. Sous l'influence du développement technologique ainsi que de la complexité grandissante de l'organisation sociale, la vie adulte elle-même semble avoir perdu son apparente fixité et fait depuis peu l'objet de recherches, qui en scrutent tous les méandres. Avec l'allongement de la vie, la [68] éduction de la natalité, le divorce et le remariage, les recyclages professionnels et les retours aux études, on a identifié de nouvelles phases et transitions de la vie adulte. On assiste d'une part à une multiplication des âges mais en même temps à une atténuation des clivages entre chacun d'eux [28]. Agnès Pitrou souligne la prolifération des statuts incertains, accroissant le flou des identités individuelles [29]. Les nouvelles définitions de la vie adulte témoignent d'une tentative de préserver une capacité de changement tant pour ce qui est de la vie professionnelle que personnelle. Le moratoire propre à l'adolescence se poursuit désormais au coeur de la vie adulte [30] et l'identité n'apparaît plus comme devant être fixée une fois pour toutes ; c'est pourquoi on mettra l'accent sur les dynamismes personnels, la croissance, sinon la métamorphose. La poursuite de certains attributs de la jeunesse s'inscrit dans ce contexte et finit par s'introduire dans la conception même de la vie adulte. Pour survivre dans un environnement sujet au perpétuel changement, l'adulte devrait acquérir ou conserver certaines caractéristiques de l'adolescence.

Images de la jeunesse au Québec :
enquêtes et romans


Sans s'attarder ici à tous les aspects de cette mutation, nous voulons y rattacher un certain nombre de points de vue sur la jeunesse émanant d'observateurs de la société québécoise qui peuvent relever tout autant de la transformation de la vie adulte que des changements de la condition des jeunes. Au-delà des jugements enthousiastes ou réprobateurs, s'affirment certains signes d'une nouvelle situation qui s'ébauche autour de la transformation des rapports de socialisation.

Un texte de Marcel Rioux en 1964 apparaît singulièrement novateur dans son interprétation comme dans son repérage de phénomènes dont certains aspects n'étaient encore que peu apparents. Bien sûr, ses observations sur les sous-cultures de la jeunesse font écho aux grandes études américaines de l'époque. Mais l'interprétation d'ensemble se situe dans une théorie de la transformation des rapports d'âge au sein de l'ère postmoderne. Constatant la similitude de certaines caractéristiques entre les rapports d'âge et les classes sociales et interprétant diverses facettes des sous‑cultures adolescentes comme une critique des jeunes sur la société adulte, l'auteur voit dans les conflits de génération un des nœuds du changement social, sinon un substitut à la lutte des classes. Les jeunes apparaissent ici comme [69] les plus aptes à effectuer des changements. Il emprunte à G. Lapassade une hypothèse plus générale voyant dans la prolongation de l'adolescence au coeur de la vie adulte, un phénomène de « néoténie culturelle », la disponibilité et la malléabilité étant compatibles avec les besoins de changements des sociétés technologiques. Appliquant ces interprétations aux jeunes du Québec à partir d'une enquête effectuée en 1964, en collaboration avec Robert Sévigny, et constatant le sentiment de brisure ressenti par les jeunes face à leurs aînés, Rioux observe que les différences réelles sont moins profondes et souligne le rôle socialisateur des adolescents auprès de leurs parents [31].

Guy Rocher (1973) repère certains aspects conjoncturels dans le rôle dynamique joué par la jeunesse au cours de la décennie 60, au Québec comme dans les autres sociétés occidentales.

Beaucoup d'adultes ont réappris à voir le monde et à juger des hommes et des choses dans une sorte de jeunesse retrouvée, riche de perspectives nouvelles et d'horizons renouvelés. Ce ne fut d'abord pas facile pour les adultes d'adopter cette optique qui leur était proposée. La plupart ne l'ont fait qu'en partie, beaucoup n'ont pu y atteindre que très partiellement [32].

Déjà, l'auteur voyait poindre d'autres dimensions de la condition sociale de la jeunesse, liées à la dure compétition dans le milieu scolaire, à l'adhésion à la société de consommation et aux aspirations élevées, facteurs favorisant davantage le conservatisme que le changement. Il se demande enfin si les changements observables surtout au niveau des mœurs, ne laisseraient pas intact le système social.

Camille Delude-Clift et Édouard Champoux, qui ont étudié en 1973 des groupes de jeunes de 14-18 ans et des groupes de parents ayant des enfants de ces âges, obtiennent des données qui corroborent cette distinction [33]. Ils documentent à la fois les changements de valeurs et leur persistance, mais dans des secteurs distincts de la vie sociale. En général, ce qui relève du social public, soit l'économique, l'éducation, la famille, fait appel à des valeurs semblables des jeunes et des parents et ces valeurs sont influencées par les milieux économiques. Ce qui relève du social privé, la religion, les loisirs, les relations entre garçons et filles et la jeunesse, soulève des divergences et provoque des occasions nombreuses d'affrontements.

À cet égard, les jugements que chaque génération porte sur l'autre sont marqués d'intolérance, faisant surgir des stéréotypes. Les adultes sont-ils plus intolérants que les adolescents comme le suggèrent des [70] études françaises et anglaises [34] ? On ne saurait l'affirmer, Par ailleurs, comme dans ces études, les parents de milieux favorisés sont légèrement plus favorables aux jeunes, lorsqu'il s'agit de la morale « allant jusqu'à croire que les changements viendront de la jeunesse ». Dans ces milieux, les parents expriment cependant leur inquiétude et leur ambivalence quant à leur rôle d'agent socialisateur dans un contexte où leurs valeurs entrent en conflit avec d'autres valeurs en provenance de l'extérieur, et en particulier des groupes de pairs. Cette inquiétude semble moins présente en milieu ouvrier, où persisterait un type de solidarité familiale axée sur l'entraide.

En étudiant la transformation des attitudes politiques des jeunes et de leurs parents pour la période 1972-1975 à partir des données du projet ASOPE, Léon Bernier observe un rapprochement entre les attitudes des générations. Dans certains cas, ce rapprochement semble révéler des changements plus marqués du groupe des parents que de celui des jeunes et l'auteur les attribue ici à [a conjoncture. Des attitudes divergentes se manifestent toutefois en ce qui concerne le souhait d'un renforcement des institutions de contrôle. Dans cette étude l'écart entre les générations apparaît comme « un phénomène mouvant », qui fait appel à des changements d'attitudes tout aussi importants chez les adultes que chez les jeunes [35].

Colette Moreux qui observe la transformation des rapports adultes-jeunes dans une petite ville québécoise fait un portrait incisif et quelque peu impitoyable du changement dans la famille où les mères, ayant modernisé leur pédagogie dans le sens des modèles préconisés par les experts, se verraient par la suite socialisées par leurs enfants arrivés à l'adolescence. Par delà les jugements négatifs de l'auteure, les mères observées apparaissent à la fois très proches des jeunes et agents de changement social :

Dans certains cas, les nouveaux langages des jeunes et leurs comportements inédits apportent des réponses à des interrogations secrètes que les femmes s'étaient faites depuis longtemps sans oser leur accorder la légitimité : la messe, les normes du catholicisme et de la sexualité, la supériorité de l'homme sont aussi mises en cause par des femmes d'âge mûr et dans les termes mêmes qu'utilise la jeune génération [36].

Tout en observant des attitudes similaires chez les femmes des trois couples longuement analysés dans Le Québec en héritage [37] (soit une certaine ouverture face aux valeurs des jeunes et un rôle de négociatrice de la mère qui n'est pas sans rappeler le rôle traditionnel des mères [71] québécoises), Robert Sévigny perçoit plutôt les différences de générations au niveau des comportements et au niveau des normes à l'intérieur de la famille. Ces différences existent non seulement entre les parents, ici jugés plutôt traditionnels et leurs enfants dont les parents envisagent les nouveaux modes de vie avec une certaine tolérance, mais elles existent aussi entre ces adultes et leurs propres familles d'origine. Tandis que l'on relève des traces de certains stéréotypes négatifs sur les jeunes comme groupe, le rapport inter-générationnel vécu au sein de la famille rend possible une dynamique plus souple de changement où la socialisation est réciproque.

Cette transformation des rapports entre adultes et jeunes en ce qui concerne l'encadrement et la transmission de valeurs est au coeur d'une analyse d'experts en criminologie qui envisagent la solution aux problèmes de délinquance dans une perspective d'encadrement par l'école et surtout par les loisirs, la famille n'exerçant plus ce rôle. Dans le diagnostic posé sur les adultes dans Ces jeunes qui nous font peur, on évoque de façon plus globale, la démission des adultes dans la transmission des goûts et des valeurs : « Plus encore, en Amérique du Nord singulièrement, on constate une recherche chaotique de nouvelles valeurs basées sur l'espoir que ce sont les jeunes qui vont les trouver [38]. »

C'est en renouant avec la légende des voyageurs que le héros de Volksvvagen Blues [39] entreprend un voyage intérieur qui le mènera sur la piste de l'Orégon. Si le thème du voyage est fréquemment associé dans notre littérature à la fin de l'adolescence, Jack vient d'avoir quarante ans et c'est ce point tournant de la vie adulte qui s'avère à l'origine de son périple. Il cherche son frère, compagnon de sa jeunesse, incarnation du voyageur et de ses valeurs d'aventure et de virilité. Son guide, rencontrée près d'un musée, sera La Grande Sauterelle, une longue fille maigre, accompagnée d'un petit chat noir. Habile mécanicienne, capable de déchiffrer cartes routières et documents historiques, sa compagne est d'origine indienne, Le voyage qui les conduit sur les traces des trafiquants de fourrures sera accompagné de maints souvenirs livresques de leurs exploits, tandis que la jeune Indienne retrouve pour sa part la mémoire de son peuple et la souffrance qui constitue l'envers de ces exploits. Au terme du voyage, le frère retrouvé est paralysé et amnésique et a les cheveux gris, Jack et la Grande Sauterelle se séparent, leurs routes se sont croisées le temps d'un été. Jack abandonne à la fille le symbole des voyages de la jeunesse, la Volks qui la mènera sur d'autres chemins.

[72]

Ma fille comme une amante [40] semble à première vue décrire L’évolution d'une adolescente partie à la recherche de sa mère qu'elle avait rejetée quelques années auparavant, après le divorce de ses parents. Le récit est construit du point de vue de la mère. Comme dans le roman précédent, mais sur un registre plus dramatique, l'œuvre peint simultanément la transition difficile de la fille à la vie adulte et la transformation de la narratrice qui, dans la quarantaine, accède à regret à la maturité. Espérant le retour de sa fille et cherchant à l'imaginer adolescente, elle s'amuse à prévoir sa surprise devant son rajeunissement. Sa fille reconnaîtra-t-elle sa mère dans cette jeune femme libre, portant des robes paysannes, écoutant de la musique jeune, ayant modifié son nom par un diminutif et possédant de jeunes amants ? « L'adolescente à la frange » s'installe dans la vie de sa mère, obligeant presque celle-ci à jouer son rôle maternel. La mère délaisse peu à peu ses relations amoureuses multiples pour nouer un lien durable avec un homme de son âge. Une maladie grave de sa fille puis une tentative de suicide rapprochent mère et fille dans un amour qui permettra à cette dernière d'accéder à son tour à la vie adulte.

Visions d'Anna [41] met davantage l'accent que les romans précédents, sur les adolescents à la dérive d'une société sans avenir, avide de richesses matérielles et insensible à la détresse et à la misère, Le roman s'ouvre sur une réunion à la maison, des collègues de Raymonde, la mère d’Anna, venus discuter des problèmes de criminalité juvénile et de mesures pour la réprimer. Dans sa chambre, la fille de Raymonde, revenue récemment d'un voyage désespéré qui l'a menée auprès de jeunes clochards vivant de prostitution, de drogues et de mendicité, poursuit l'évocation des expériences de ses amis et son propre cheminement sans but dans un monde hostile. Au coeur de toutes ces expériences, le rejet est un thème commun, et pour Anna c'est d'abord l'abandon de son père, tout occupé à sa nouvelle vie, à son succès professionnel de danseur et à sa petite fille née d'un second mariage. À la fin du récit, tandis qu'Anna songe qu'au terme du désespoir, on choisit la mort ou le retour, elle entend sa mère qui annonce à ses collègues, qu'elle les quitte pour une année de repos et de réflexion. « Anna ouvrait la porte de sa chambre, elle quittait son île, Raymonde venait près d'elle, sans oser le croire, elle pensait en serrant Anna contre son coeur, je pense que cette fois elle est de retour [42]. »

[73]

Quelques questions en guise de conclusion

Plusieurs auteurs affirment que les adultes qui parlent de la jeunesse révèlent surtout leurs attitudes au sujet de leur propre jeunesse. Ce phénomène s'affirme singulièrement dans une société qui maintient les traits de l'adolescence dans son idéal de la vie adulte. Aussi n'est-il pas étonnant de trouver des transformations du milieu de la vie, au sein même de récits qui parlent de la jeunesse. Une première question surgit qui concerne les jeunes, objets de ces idéalisations d'une époque qui s'en remet à eux symboliquement, tout en les éloignant des milieux de travail et même, pourrait-on dire, des milieux familiaux.

Confrontant les idéalisations de l'enfance avec les besoins des enfants à certaines étapes de leur développement, Marie-Josée Chombart de Lauwe a soulevé une telle question à laquelle elle lente de répondre dans L’ensemble de ses travaux. On peut donc se demander si les points de vue des adultes sur les jeunes (sans doute plus diversifiés que ne le laisse voir cet article mais dont certains semblent révéler une modification profonde du rapport de socialisation), répondent aux besoins des adolescents. Dans une interview récente [43], Serge Lebovici évoque comme l'une des difficultés de l'adolescence à l'époque actuelle, des parents qui refusent d'être parents et d'appartenir à la génération antérieure, ce qui privent les jeunes de modèles auxquels se confronter et s'opposer. Cette dimension est également présente dans les romans analysés ici trop brièvement, qui tous soulignent l'importance du lien affectif avec un adulte capable d'authenticité et capable de proposer des visions du passé et de l'avenir, même si celles-ci sont en partie désuètes, comme la représentation du bonheur d'une peinture de Boudin, accrochée au mur de la chambre d’Anna par Raymonde.

Sans doute L’accent mis sur le rôle nouvellement perçu des jeunes comme agents de socialisation, rôle qui a sans doute toujours existé, soulève un certain nombre de questions sur les divers relais dans la transmission culturelle. Au pessimisme qui fait croire à la disparition des cultures, faut-il opposer l'idéalisme qui remet totalement l'avenir de la société entre les mains de la jeunesse ? La rapidité des développements technologiques peut certes laisser croire que les adultes n'ont plus rien à transmettre. Mais n'est-ce pas réduire la culture à une sorte de reflet du progrès technique ? Des analyses concrètes de cette mutation des rapports de socialisation dans une multiplicité de secteurs révéleraient sans doute également toute la complexité et toutes les possibilités des rapports entre jeunes et adultes, dans un [74] contexte d'échanges réciproques. Encore faudrait-il faciliter une multiplicité de contacts entre les diverses générations, ce qui semble relever désormais de l'utopie.



[1] Erik H. Erikson, « Editor's Preface », The Challenge of Youth, New York, Anchor Books, Doubleday & Company, 1965, viii. Réédition de textes publiés d'abord dans la revue Daedalus, (traduction D.L).

[2] Philippe Aries, L'enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, coll. « Histoire », Paris, Seuil, 1973, 316 p.

[3] Sur l'histoire de l'ensemble de ces changements voir Edward Shorter, Naissance de la famille moderne, XVIIIe-XXe siècles, Paris, Seuil, 1977, 376 p.

[4] Neil Smelser et Sydney Halpern, « The Historical Triangulation of Family, Economy and Éducation » dans Turning Points, Historical and Sociological Essays on the Famlly. Supplément de AJS, vol. 84, John Demos and Sarane Spence Boocock, éd., Chicago, The University of Chicago Press, 1978, p. 288-315.

[5] Olivier Galland, Les jeunes. Coll. « Repères », Paris, La Découverte, 1985, 123 p. Excellent bilan analytique des études sur la jeunesse en France, qui présente les moments historiques de la construction de la jeunesse comme âge de la vie, à la fois dans ses aspects structurels, idéologiques et psychologiques. Pour une étude plus détaillée des processus historiques voir l'ouvrage de Maurice Crubellier, L'enfance et la jeunesse dans la société française, 1800-1950, coll. « U », Paris, Librairie Armand Collin, 389 p.

[6] Neil Smelser, op. cit., p. 295. Il réfère à ses propres travaux sur la révolution industrielle et à ceux de Frank Musgrove, Youth and the Social Order, London, Routledge and Kegan Paul, 1964.

[7] Joseph Kett, Rites of Passages, Adolescence in America 1790 to the Present, New York, Basic Books Inc., 1977, 312 p.

Cet ouvrage qui retrace l'avènement de l'adolescence aux États-Unis comme conception de la jeunesse marquée par la formation en des lieux ségrégués de la société adulte, décrit bien la diversité des situations vécues par les jeunes à l'époque préindustrielle caractérisée par la semi-autonomie.

[8] John Demos et Virginia Demos, « Adolescence in Historical Perspective » dans Journal of Marriage and the Family. XXXI, 4 (1969), p. 632-638. Toute celle question est abondamment développée dans l'ouvrage de Joseph F. Kett cité plus haut.

[9] E. Shorter, op. cit., p. 334.

[10] Natalie Z. Davis, Les cultures du peuple. Rituels, savoirs et résistance au 16e siècle, Paris, Aubier-Montaigne, 1979. Pour une présentation analytique de différents types de groupes de jeunes en rapport avec divers types de sociétés, voir, S.N. Eisenstadt, From Generation to Generation, Age Group and Social Structure, New York, The Free Press, et London, Collier-Macmillan Ltd, 1966, 323 p.

[11] Joseph Kett, op. cit., p. 36. Voir le chapitre 1.

[12] John Modell, Frank F. Furstenberg, Jr., et Theodore Hershberg, « Social Change and Transitions to Adulthood in Historical Perspective » dans Journal of Family History, 1 (automne 1976) 7-33.

[13] Michael B. Katz et Ian E. Davey, « Youth and Early Industrialization in a Canadian City » dans Turning Points, Historical and Sociological Essays on the Family, p. 81-119.

[14] Edward Shorter, op. cit.

[15] Joseph F Kett, « Curing the disease of precocity » dans American Journal of Sociology, 84, Supplément, p. 183-211.

[16] Anthony M. Platt, The Child Savers, The Invention of Delinquency, Chicago and London, The University of Chicago Press, 1977, 240 p.

[17] Olivier Galland, op. cit., p. 27-34.

[18] Denise Lemieux, « La religion dans la socialisation de l'entant québécois au XIXe siècle » dans Société canadienne d'histoire de l’Église catholique, Sessions d'études, 46 (1979), pp. 5-24.

[19] Thérèse Hamel, « Obligation scolaire et travail des enfants : 1900-1950 » dans Revue d'histoire de l'Amérique française, XXXVIII, 1 (été 1984) 39-58.

[20] Neil Sutherland, Children in English-Canadian Society Framing the Twentieth-Century Consensus, Toronto, University of Toronto Press, 1978, 322 p. Voir en particulier le chapitre 9 : « Trying to Make a 'Child into What a Child Should Be' : Implementing the Juvenile Delinquent Act, 1908-1925 ».

[21] Terry Copp, Classe ouvrière et pauvreté, Les conditions de vie des travailleurs montréalais, 1897-1929, Montréal, Boréal Express, 1974, p. 133.

[22] Denise Lemieux-Michaud, L'enfance dans la société et le roman québécois, thèse de Ph.D. (sociologie), Québec, Université Laval, 1978. Voir le tome 1. L'enfant dans la société québécoise, 618 p.

[23] Guy Rocher, Le Québec en mutation, Montréal, Hurtubise HMH, 1973, p. 19. L'ouvrage de Jean Hamelin et Nicole Gagnon, (Histoire du catholicisme québécois, Le XXe siècle, Tome 1, 1898-1940, Montréal, Boréal Express, 1984) décrit l'émergence des mouvements de jeunesse dans les années 1930. Voir p. 396-432.

[24] Guy Rocher, op. cit, p. 28-29.

[25] Voir Guy Rocher, op. cit., « Introduction », p. 15-32.

[26] Kenneth Keniston, The Uncommitted, Alienated Youth in American Society, New York, Dell Publishing, 1970, 434 p.

[27] Hervé Le Bras, « L'interminable adolescence ou les ruses de la famille » dans Le Débat, 25, (1983), 116-125.

[28] Voir Janet Zollinger Giele, « Transcendence of Age and Sex » dans Themes of Work and Love, Neil J. Smelser et Erik H. Erikson, éd., Cambridge, Harvard University Press, 1980, p. 151-173.

[29] Agnès Pitrou, « Pluralité des calendriers, unité du cycle de vie » dans Les Âges de la vie, Actes du Colloque, tome 1, op. cit., p. 65-71.

[30] Louis Roussel et Alain Girard, « Régimes démographiques et âges de la vie » dans Les Âges de la vie, Actes du colloque, tome 1, INED, Paris, Presses Universitaires de France, 1982, p. 15-23.

[31] Marcel Rioux, Jeunesse et société contemporaine, Leçon inaugurale, 11 mars 1965, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 1969, 49 p.

[32] Guy Rocher, Le Québec en mutation, op. cit. p. 73.

[33] Camille Delude-Clift et Édouard Champoux, « Le conflit des générations » dans Recherches Sociographiques, XIV, 2, (1973), 157-201.

[34] Études citées par Michel Claes, L'expérience adolescente, Bruxelles, Pierre Martaga éditeur, 1983, p. 135. (Musgrove, 1964, Zazzo, 1972, Smith, 1978.)

[35] Léon Bernier, « Les attitudes politiques des jeunes et de leurs parents : une étude longitudinale » dans Recherches Sociographiques, XIX, 1 (janvier-avril 1978) 103-134.

[36] Colette Moreux, Douceville en Québec, la modernisation d'une tradition, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 1982, p. 280‑281.

[37] Robert Sévigny, Le Québec en héritage, La vie de trois familles montréalaises, Québec, Éditions coopératives Albert Saint-Martin, 1979, 275 p. Voir p. 73 : « Elle s'identifie beaucoup aux jeunes qui s'orientent vers un style de vie auquel une partie d'elle‑même s'identifie. » Et aussi p. 235 : « À l'égard de la génération des jeunes, ils n'ont pas une attitude favorable.

Sylvie dit bien qu'elle se sent « proche des jeunes » mais ce n'est pas à ceux de la contre‑culture qu'elle se réfère à ce moment-là. Elle voit toutefois chez les jeunes une source de dynamisme qu'elle ne retrouve pas chez les adultes. »

[38] Alice Parizeau et Marc-André Delisle, Ces jeunes qui nous font peur, Montréal, René Ferron éditeur, 1974, p. 140. [Ouvrage en préparation dans Les Classiques des sciences sociales. JMT.]

[39] Jacques Poulin, Volkswagen Blues, Montréal, Québec/Amérique, 1984, 290 p.

[40] Julie Stanton, Ma fille comme une amante, Montréal, Leméac, 1981, 95 p.

[41] Marie-Claire Blais, Visions d'Anna ou le vertige, Montréal-Paris, Stanké, 1982, 169 p.42.

[42] Ibid., p. 169.

[43] Le Nouvel Observateur, 25 juillet au 5 août 1985, p. 44.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le lundi 1 mai 2017 19:03
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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