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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Les classes sociales au Québec (1977)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Mme Anne Legaré (1941- éd.), Les classes au Québec. Montréal, Les Presses de l'Université du Québec, 1977, 200 pp. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole. [Le 11 juillet 2004, Mme Légaré nous reconfirmait son autorisation de diffuser ce texte.] Mme Anne Legaré (1941-) est professeure titulaire au département de science politique de l’Université du Québec à Montréal et directrice de recherche de la Chaire Raoul-Dandurand.

Introduction

  Au Québec la montée des luttes de classes, sous le poids spécifique de l'impérialisme a provoqué, depuis une quinzaine d'années, un renforcement notable du mouvement ouvrier. Ce redressement s'est accompagné, comme ailleurs dans les pays capitalistes avancés, d'un puissant appui de la part du mouvement étudiant. La jonction amorcée alors a conduit au Québec à la formation de nouveaux groupes à l'extérieur des partis et des syndicats, se vouant principalement à la clarification des aspects idéologiques des luttes de classes. D'abord foncièrement spontanéistes et pragmatiques, ces groupes se trouvèrent vite forcés de démêler, du moins dans leurs cercles intimes, les questions politiques posées au mouvement ouvrier.

De là furent produits quantité de textes pour des fins de formation idéologique à l'adresse du nombre croissant des militants syndicaux et non syndiqués. Ces textes ne purent qu'être le reflet du niveau des luttes et des contradictions du moment. Mêlés aux objectifs de mobilisation des masses contre l'oppression nationale dans un premier temps, puis à l'agressivité croissante des luttes économiques, ces groupes formés principalement de jeunes intellectuels, tentèrent de leur mieux de définir les bases objectives d'un mouvement de masse.

 Ainsi, en réponse à l'analyse des syndicats et des groupes socio-politiques tels les comités de quartier, celle des militants intellectuels dut-elle s'acheminer sur des voies plus qu'hésitantes. Le présent travail est né des questions que se posaient alors ces groupes et auxquelles la connaissance objective et fouillée des classes sociales présentes au Québec semblait indispensable. Surtout axées sur la définition de la contradiction principale, des couches révolutionnaires au sein du peuple du prolétariat et de ses caractères sociaux, de la petite-bourgeoisie et de ses différentes fractions, ces questions avaient comme préoccupation fondamentale le fléchissement des luttes populaires vers une plus nette radicalisation. Tous, dans ces groupes, avaient pour objectif de connaître les intérêts divers qui coexistent parmi tous les salariés. Plusieurs divergeaient sur ces points.

 Le présent ouvrage s'insère dans ces débats. N'ayant pour objet direct ni l'étude des manifestations de l'impérialisme comme tel, ni la question nationale, il s'impose pourtant un questionnement voisin. Il s'agit de la structure des rapports sociaux tels qu'ils témoignent de ces deux problèmes, face d'une seule et même question : le capitalisme tel qu'implanté aujourd'hui au Québec et se révèle dans la facture des classes en lutte. Ce travail vise donc à démêler les angles des uns et des autres de ces rapports sous l'éclairage des contradictions internes et externes.

 Tout ce qui suit paraîtra peut-être laborieux, compliqué. Au-delà de cette apparence, chaque angle de la théorie ou de l'analyse concrète est porteur d'implications politiques qui, sans être toujours évidentes, n'en sont pas moins présentes. Ce livre, s'il est engagé, ne cherche pas à démontrer, à qui en douterait encore au nom de quelque sophisme que ce soit, l'existence des classes sociales ou de l'exploitation. Situé à l'intérieur du marxisme, il souhaite se démarquer des courants humanistes et empiriques sur les classes sociales qui ont un large auditoire aujourd'hui au Québec et en France.

 À l'heure actuelle, dans le monde capitaliste, les conceptions politiques varient grandement sur la question des frontières de classe au sein des mouvements de masse, et derrière chacune d'elles, se trouve une approche théorique différente. Parfois, il est vrai, certains aspects de ces positions finissent ponctuellement par se confondre étant donné surtout la faiblesse organisatrice des conceptions révolutionnaires. Mais à plus long terme, elles finiront bien par se décanter et c'est là qu'on éprouvera la qualité de chacune.

 Cet ouvrage ne vise pas à aborder toutes les questions qui se posent, depuis ces dernières années, au sujet du Québec. Centré sur la connaissance des divisions sociales objectives qui sous-tendent les luttes actuelles, ce travail s'attarde plutôt aux aspects structurels des classes ; par là, il s'adresse à ceux qu'intéresse l'avenir du mouvement ouvrier, ainsi que la situation du Québec dans ce contexte.

 Je mettrai donc l'accent, tant dans la partie théorique que pratique, sur les divisions sociales objectives qui séparent les couches et les fractions des classes dominées et de la classe dominante. Ce livre soutient la position que la lutte des classes, étant l'expression de divisions structurelles internes au sein des rapports sociaux, la juste définition de ces divisions est une condition essentielle pour la compréhension et l'orientation de ces luttes. On sait que sur ce terrain théorique, se dessine beaucoup d'opposition, la plus simpliste de ces tendances étant de nier la complexité des divisions sociales en la réduisant à un rapport global : exploitants/ exploités.

 Pourtant, l'histoire démontre que seulement un processus de transformation prolongée au sein du peuple assure l'abolition des contradictions sociales. Dans cet enjeu, la connaissance des classes en lutte est un aspect de la connaissance des luttes de classe.

 Mettre l'accent sur ces divisions, dans une étude comme celle-ci, n'est pas en contradiction pourtant avec le fait de soutenir l'unification des diverses couches de travailleurs au sein du mouvement ouvrier. Au contraire, mieux seront connues ces divisions, plus fondée et plus durable sera l'unité. Une unité qui ne sait pas s'appuyer sur un objectif de consolidation progressive des intérêts divergents autour de l'hégémonie du prolétariat se révélera fragile et fort décevante. Dans ce sens, je me suis efforcée de souligner certaines des formes les plus actuelles des divisions objectives à l'intérieur des classes dominées et de donner une définition rigoureuse de la classe ouvrière ou du prolétariat. La variété des tendances dans les luttes économiques et politiques démontre chaque jour leur fondement.

 L'approche utilisée pour atteindre cet objectif fera appel à la théorie et à l'analyse concrète. En effet, il m'a semblé que présenter seulement la structure de classe du Québec entraînait un double danger, celui de laisser par trop implicites des points de référence généraux sur la division capitaliste du travail du stade actuel, et celui d'éviter certaines mises au point sur les courants réformistes dans l'analyse des classes sociales.

 La conjoncture théorique et politique actuelle commande ce genre d'analyse et requiert un retour à la théorie des classes sociales du mode de production capitaliste. Contrairement à ce que croient certaines opinions solidement ancrées, la théorie des classes sociales capitalistes, si elle possède son « corpus » de base, ne cesse de se parfaire à mesure que se transforme le capitalisme lui-même. La théorie remonte sans cesse au plus concret et dans la mesure où celui-ci s'enrichit de nouveaux éléments, elle doit les incorporer.

 Dans cette voie se rencontrent justement des résistances sans nombre. Actuellement au Québec, deux principaux courants animent les analyses de classes que j'appellerais humaniste et empiriste. Tous deux, probablement sans le savoir, ont des retombées réformistes. Le premier, inspiré par l'observation des dures conditions de vie auxquelles sont soumis les travailleurs, fait du niveau de vie le principal critère de l'appartenance de classe. Ainsi, dans ces analyses, l'exploitation est une notion morale, sans référence à la nature distincte des divers rapports d'exploitation. Dans ce courant il n'y a qu'un pas à faire pour dire que tous les exploités, quel que soit le rapport de production, petits paysans pauvres, travailleurs manuels de toutes sortes, employés de bureau, etc. font partie de la même classe sociale.

 Le courant empiriste, plus prudent et plus raffiné, s'efforce de construire une sorte de théorisation de ses observations. Une accumulation d'« évidences », ici ou là, de critères descriptifs communs, conduit à poser les frontières de classe. Pourtant, il y a rarement de référence aux rapports de production capitalistes, ce qui amène ces analyses à négliger des aspects fondamentaux de la division sociale.

 Ni l'un ni l'autre de ces courants prétendument marxistes n'articule jusqu'au bout la théorie générale abstraite des rapports capitalistes avec ses observations. On trouvera donc dans ces pages un rejet implicite de toutes ces analyses.

 Sur le plan de la théorisation, par ailleurs, mes positions s'opposent en quelques points à certains postulats soutenus en France par Pailloix, Rey ou Salama, ainsi que par le Traité d'Économie marxiste du Parti communiste français pour ne mentionner que les principaux. Mes divergences se résument en deux points fondamentaux : nécessité 1) de faire référence aux conditions générales abstraites de reproduction du rapport Capital-Travail et 2) de distinguer entre les rapports noués dans la production et dans la circulation.

 L'introduction de cet ouvrage se présente donc comme prise de parti dans ces débats et c'est pourquoi les pages qui suivent se consacreront à une brève élaboration sur ces thèses. En voici d'abord l'énoncé général.

 Le rapport d'exploitation spécifique au mode de production capitaliste, c'est-à-dire la manière proprement capitaliste d'extorquer au travail humain des richesses, pose les termes des rapports entre toutes les classes sociales de ce mode.

 Les deux principaux postulats qui sous-tendent la présente étude et contenus dans l'énoncé précédent peuvent s'expliquer comme suit :

 A. Le rapport d'exploitation propre au mode de production capitaliste pose les termes de la contradiction principale entre les classes sociales

 Pour opérer l'analyse des classes sociales, il faut d'abord remonter aux conditions structurelles organiques du rapport d'exploitation du mode de production capitaliste. Ces conditions ont fait l'objet du matérialisme historique qui les a dégagées du concret et construites abstraitement. C'est pourquoi on dit qu'il s'agit de conditions structurelles, dans la mesure où leur combinaison recouvre une unité théorique d'ensemble ; et de conditions organiques, dans la mesure où la définition juste de chacun des termes de la contradiction principale crée une interdépendance de fond entre tous les aspects et toutes les contradictions. En termes scientifiques, la cohérence provient de la juste définition d'une contradiction par l'opposition de tous les aspects de chacun de ses termes.

 Le rapport d'exploitation du capitalisme s'exprime par la contradiction Capital/Travail. Cette contradiction est un rapport social abstrait constitué autour de la production de capital ; l'aspect principal en est donc le terme Capital qui domine le Travail en lui extorquant son produit. Ce rapport donne leur essence aux autres contradictions.

 Saisir ce rapport implique donc que l'on sache poser l'étendue et les limites de chacun de ses termes. Ainsi quand on définira structurellement le Travail, on associera autour de la production de capital les conditions sociales qui lui sont organiquement liées. L'étude nous fait voir que la détermination du temps social nécessaire à la reproduction de la force de travail comme condition économique de la production de capital prend aussi des formes juridiques : les limites du temps de travail (et donc du temps de loisirs) ; des formes idéologiques : la soumission du travail manuel ; des formes politiques : la subordination, l'exécution etc.

 Ces formes sont organiques c'est-à-dire que pour constituer le Travail, le terme abstrait opposé au Capital, elles doivent toutes co-exister au sein du même rapport social, elles sont interreliées. La classe sociale opposée à la bourgeoisie devra nécessairement être composée de toutes ces formes structurelles d'opposition.

 Enfin, la définition de tous ces aspects de la contradiction Capital-Travail doit conduire à poser les liens entre tous les rapports sociaux et le rapport Capital/Travail. Il y a une interaction entre la réalité concrète, qui n'est rien d'autre que la lutte des classes, et les rapports abstraits. Quand se modifient les rapports concrets, en d'autres mots quand dans une situation donnée, la bourgeoisie est renversée, dans l'analyse, la contradiction abstraite Capital/Travail est inopérante, et avec elle les autres formes de division. Ainsi les classes qui s'opposaient sous ce rapport disparaissent et sont remplacées par d'autres rapports. Quand Capital et Travail coexistent, les aspects structurels du Capital dominent les aspects du Travail et les autres contradictions de classe sont définies par cet antagonisme qui se reproduit sur elles sous d'autres formes. C'est ainsi, par exemple, que la petite-bourgeoisie aussi bien traditionnelle que nouvelle [1] reproduit à son échelle et en dehors des procès de production de capital, certains aspects structurels du rapport Capital-Travail. On élaborera davantage ce point dans l'analyse.

  B) Le deuxième postulat est la fonction de détermination de l'économique sur les autres aspects

 Pour tous les modes de production, quand on parle de l'économique, on désigne des rapports ayant lieu autour de la production des biens et des conditions nécessaires à celle-ci. C'est donc la production sociale qui est le champ de l'économique. Deux aspects caractérisent les rapports économiques ou rapports de production : l'un concerne la propriété des conditions de la production, l'autre le contrôle du procès de travail dans lequel se réalise l'exploitation. Ces deux aspects mettent les agents dans des rapports rigoureusement économiques.

 On dit qu'ils déterminent en dernière instance les autres formes de rapports dans la mesure où la façon particulière de procéder pour extirper un surproduit spécifique à un ensemble d'agents contient la définition implicite des autres formes de rapports, idéologiques et juridico-politiques qui posent les limites de chacun de ces ensembles. Ce qui ne veut pas dire que les rapports idéologiques et juridico-politiques sont la copie des rapports économiques : ils en sont des formes autonomes dont la fonction est très exactement de maintenir et de reproduire, à leur manière, les premiers, les rapports économiques. Mais les caractères spécifiques de ceux-ci contiennent précisément les modalités de leur reproduction, c'est-à-dire que les exigences de leur reproduction dépendent de ce qu'ils sont eux-mêmes, soit de la nature du rapport d'extorsion du surproduit. C'est ainsi que l'on dira que les rapports de production ou rapports économiques déterminent les autres rapports, et que c'est dans la production des nouvelles richesses que prend naissance « tout l'édifice social ». C'est ainsi que l'articulation des aspects de l'économique, propriété économique et possession, varie selon les modes de production. C'est leur combinaison spécifique et leur rapport aux moments de la production sociale, production et circulation, qui contiennent les conditions des autres formes structurelles.

 Maintenant qu'ont été posées les lignes générales des positions de combat du matérialisme contre les courants mentionnés plus haut, voici l'élaboration de ces thèses comme parti pris dans l'analyse concrète.

 1. Un premier postulat:
les conditions de reproduction du rapport Capital-Travail

Je découperai un premier postulat concernant les conditions de reproduction du rapport Capital-Travail en deux points.

 1. 1. Une analyse juste doit d'abord s'articuler aux rapports abstraits, lesquels doivent être correctement définis. Poser ce postulat dans la phase analytique, c'est déjà susciter deux problèmes : primo, la nécessité de faire référence à l'antagonisme de classe en termes abstraits au lieu de s'en tenir à l'opposition quasi descriptive entre bourgeoisie et prolétariat. Cette dernière reconnaissance, en effet, ne fait pas problème tant qu'elle ne demande pas à être développée. Or, la poser en termes abstraits entraîne le raisonnement plus loin que la pure désignation d'intérêts contradictoires. Ce fait introduit le deuxième problème, celui qui consiste à définir les termes et les conditions de l'antagonisme, Capital-Travail, qui sont couverts par les règles générales abstraites du procès d'accumulation de ce mode. Ce point est fondamental et sa négligence entraîne des conséquences politiques décisives pour la lutte de classe.

 Qu'est-ce donc qui lie Capital et Travail ? C'est le processus d'extorsion de surtravail produisant la plus-value qui noue le rapport entre Capital et Travail. L'exploitation du travail humain dans laquelle la classe dominante extorque ses richesses se fait sous la forme spécifique de plus-value, dans le mode de production capitaliste, alors qu'elle se faisait sous la forme de la rente dans le mode de production féodal. C'est le procès de production de plus-value qui est propre à l'antagonisme entre Capital et Travail. Tous les autres rapports d'exploitation lui sont subordonnés en termes abstraits comme concrets et doivent être définis en tant que tels ; de plus, leur mode d'articulation, désignant leur fonction propre à l'intérieur de l'ensemble et leur base de développement, doit être clairement posé.

 1.2. La reproduction du rapport Capital-Travail

 Disons d'abord que cet antagonisme lui-même n'est pas qu'économique. Il contient des formes sociales organiques qui en font un rapport structurel, c'est-à-dire constitué d'aspects économiques, idéologiques, juridiques et politiques. C'est d'ailleurs ce que j'ai voulu évoquer en parlant, plus haut, du salaire comme condition juridique de la production de capital. Dans le mode de production capitaliste, les facteurs « extra-économiques » de l'exploitation n'en sont pas des « raisons », comme Marx le dit pour le mode de production féodal, mais des conditions de reproduction. Ces aspects structurels doivent être saisis en rapport avec l'antagonisme fondamental. Ainsi, on peut avancer deux points : a) ces aspects, notés au sein du Capital et du Travail, désignent les formes structurelles que prendra, dans le concret, l'opposition entre bourgeoisie et prolétariat ; b) lorsqu'ils s'étendent aux rapports non productifs, on reconnaît là le processus de reproduction élargie des rapports Capital-Travail tendant à marquer de ses propres contradictions les autres formes sociales du travail. Sur ce terrain, les analyses du PCF par exemple procèdent empiriquement en construisant autour du salaire une classe ouvrière dite « salariale ».

 Or, on sait que la spécificité de tout « l'édifice social » capitaliste est érigée à partir de la production de plus-value. C'est là la base économique profonde à la source des autres antagonismes. Pourtant, et contrairement à l'approche économiste, les rapports économiques ne doivent pas leur existence qu'à cette forme abstraite de rapports. Ils existent à travers de nombreux autres dont il ne faut pas négliger l'importance.

 J'ai souligné que les rapports d'exploitation ne doivent pas leur existence aux seuls aspects économiques. En effet, ils se réalisent à travers un ensemble d'aspects idéologiques et juridico-politiques. En fait, ces aspects des rapports sociaux sont déjà présents dans les rapports de production en ce sens que, comme on le disait plus haut, les rapports de production ne peuvent exister ni se reproduire sans eux. Ce principe, dans l'ordre de l'abstrait, est tiré de l'existence réelle des rapports entre les agents de la production sociale capitaliste qui ne peut aller sans aspects idéologiques, juridiques et politiques. Les classes sociales ne sont pas constituées de rapports qui reflètent la base économique. Elles sont construites à partir de la division sociale du travail qui réunit toutes les conditions structurelles abstraites et concrètes de reproduction de la contradiction Capital-Travail. Ainsi, le rapport Capital-Travail est un rapport structurel qui contient des aspects idéologiques, juridiques et politiques organiquement liés à l'aspect économique.

 Quant au problème de l'extension de ces formes sur les rapports de circulation, c'est que l'extorsion de plus-value commande des formes propres d'autorité et de domination indispensables, par exemple, au niveau de toute la société. Le point qui vient d'être introduit a son importance. Les rapports de domination-subordination sont nécessaires au niveau de toute la société, de tous les rapports sociaux comme aspects organiques du maintien de l'antagonisme entre capitalistes et ouvriers. Marx dit : « La division du travail dans sa forme capitaliste — et sur les bases historiques données, elle ne pouvait revêtir aucune autre forme — n'est qu'une méthode particulière de produire de la plus-value relative [2]. »

 Dans les formes idéologiques et politiques de leur mise en œuvre, par exemple, les rapports de domination-subordination, direction-exécution, s'inscrivent à l'enseigne de la légitimité. On veut dire par là que ces formes confèrent à ces rapports leur légitimité, et par là, viennent sceller la réalisation de l'extorsion de plus-value. Le capitalisme étend donc à toute la société ces formes légitimées de domination et de subordination, c'est-à-dire à tous les ensembles se trouvant dans toutes les sphères de la production sociale.

 Par exemple, le travail intellectuel devient un support légitimé de la domination à partir de la séparation typiquement capitaliste des éléments du procès de production dans l'économique. Cette séparation, condition du procès d'extorsion de capital, a pour effet la division sociale entre travail intellectuel et travail manuel. « Les puissances intellectuelles de la production se développent d'un seul côté parce qu'elles disparaissent sur tous les autres. Ce que les ouvriers parcellaires perdent se concentre en face d'eux dans le capital. La division manufacturière leur oppose les puissances intellectuelles de la production comme la propriété d'autrui et comme pouvoir qui les domine. Cette scission commence à poindre dans la coopération simple, où le capitaliste représente vis-à-vis du travailleur isolé l'unité et la volonté du travailleur collectif ; ... elle s'achève enfin dans la grande industrie, qui fait de la science une force productive indépendante du travail et l'enrôle au service du capital [3]. » « Plus tard [4], ceux-ci [le travail manuel et le travail intellectuel] se séparent en une contradiction antagoniques [5]. » Avec l'avènement de la socialisation des forces productives, cette séparation s'élargit à toute la société et la domination devient une propriété, un attribut du travail intellectuel. C'est pourquoi tous les agents du travail intellectuel, y compris les techniciens de la production, sont dans des rapports sociaux opposés au travail manuel productif, et, à un degré moindre, au travail manuel improductif ; en tant que tels, les effets de l'exploitation économique qu'ils subissent se trouvent médiatisés, et la division entre tous les agents dépossédés, productifs et improductifs, ne fait que s'accroître au profit de l'antagonisme entre Capital et Travail. Tous les agents du travail intellectuel deviennent, par ce biais qui n'est autre que la division capitaliste du travail, opposés socialement au travail productif de plus-value. Cette opposition est sociale, c'est-à-dire qu'il faudra l'étudier à la lumière de tous ses autres aspects et elle doit être considérée comme importante pour l'analyse des classes sociales actuelles.

 La division sociale du travail est justement l'ensemble des « caractères spécifiques » de la contradiction fondamentale ; l'étude de la division sociale ne se réduit pas à observer comment, concrètement, les agents sociaux sont divisés par leur travail ou par les conditions de la production comme le fait le courant empiriste. Le concept de division sociale du travail est un concept abstrait qui incorpore ensemble tous les aspects des rapports sociaux. En tant que tel, il impose à tout chercheur marxiste de voir la réalité objective dans son ensemble, ce qui implique de tenir compte de la combinaison des rapports de production et des rapports politico-idéologiques sur toutes les places, à la lumière du rapport Capital-Travail. Cette approche doit débarrasser le regard scientifique de toute réduction descriptive de son objet, À cet endroit, la classification par salaires, nature du travail, conditions de vie est partielle et doit être liée aux éléments théoriques généraux.

  2. Deuxième postulat :
le primat des rapports noués dans la production sur les rapports noués dans la circulation

 On l'a dit, la découverte essentielle de Marx est d'avoir désigné la spécificité du rapport d'exploitation du mode de production capitaliste, l'extorsion de plus-value. Cette découverte a pour effet d'indiquer, non seulement par quelles modalités la bourgeoisie extorque du surtravail à la classe ouvrière, mais aussi de fournir par le même biais, les connaissances nécessaires sur les aspects, les formes, les contradictions secondaires spécifiques et les modes d'articulation de ces rapports aux autres rapports de formes idéologique, juridique, ou politique. Par là, Marx établissait les bases scientifiques pour l'analyse des classes sociales de ce mode de production. Toute analyse qui fait abstraction de ces connaissances est soustraite à la problématique marxiste.

 Le premier de ces éléments fondamentaux est que les classes sociales prennent naissance dans la production et non dans la circulation. À chaque fois que Marx fait mention de l'achat et de la vente de la force de travail (rapport de circulation) dans le mode de production capitaliste, il ajoute que c'est là une des conditions propres au rapport d'exploitation capitaliste : il ne dit pas que c'est là le rapport fondamental. Il est certain que la force de travail doit circuler, c'est-à-dire être dépossédée pour entrer dans son rapport propre avec la classe capitaliste ; mais ce n'est pas dans le fait qu'elle circule que se saisit ce rapport. Le rapport fondamental qui définit les classes sociales est le rapport d'exploitation dans lequel se produisent les richesses, c'est-à-dire par la manière propre de la classe dominante de chaque mode d'extorquer du surtravail. Ce n'est pas dans les rapports de circulation que la classe capitaliste fait produire du capital à la classe ouvrière. La circulation de la force de travail, une spécificité du mode de production capitaliste par rapport aux modes antérieurs, achat et vente, est subordonnée à la production d'une grandeur de valeur accrue. La citation suivante ne pourrait être plus claire.

 « Sur le marché, on ne trouve donc pas face à face un simple vendeur et un simple acheteur, mais un capitaliste et un ouvrier [6] qui s'opposent comme vendeur et acheteur, dès la sphère de la circulation. Leur rapport de capitaliste et d'ouvrier conditionne en effet leur rapport d'acheteur et de vendeur [7]. » Ce qui signifie que leur rapport de production « conditionne » le rapport de circulation dans lequel s'échange le travail.

 Mais quel est donc le rapport entre le capitaliste et l'ouvrier ? C'est la production de capital. Tous les autres rapports qui séparent capitalistes et travailleurs des sphères de la circulation sont commandés par la reproduction de ce rapport. C'est pourquoi les travailleurs vendant leur force de travail aux capitalistes qui la consomment dans les branches de la circulation ne sont pas dans le même rapport social que ceux qui vendent leur force de travail aux capitalistes qui l'échangent et la font fructifier. Cet aspect de la division des classes du mode de production capitaliste est fondamental. Sur un plan abstrait, il renvoie à l'articulation des rapports de production et des forces productives de ce mode, à la division sociale capitaliste du travail, à la séparation des éléments constitutifs du procès de production capitaliste, à l'extorsion de surtravail sous la forme de plus-value ; sur un plan concret, il renvoie à toutes les formes possibles de divisions qui distinguent et séparent les supports de l'un et de l'autre de ces rapports.

 Il est donc important de repérer au niveau des rapports abstraits, si la place des agents que l'on étudie les met en rapport avec le capital-marchandise ou le capital-argent, car dans l'un et l'autre cas, si le travailleur fait face au Capital, dans le premier cas c'est à cause de « la possibilité de la richesse [8] » qu'il personnifie, alors que dans le second, le profit que le capitaliste peut en tirer ne lui vient que de l'acte d'acheter pour vendre plus cher, c'est-à dire acheter une quantité de travail et en tirer une quantité supérieure. Au sujet de ce dernier mouvement, l'exploitation du travail dans les sphères de la circulation, on dira, comme Marx, « qu'il tire sa raison d'être d'aucune différence qualitative de ses extrêmes, car ils sont argent tous deux, mais seulement de leur différence quantitative [9] ». On ajoutera encore que les rapports de circulation ont « pour point final une autre marchandise qui ne circule plus et tombe dans la consommation. La satisfaction d'un besoin, une valeur d'usage, tel est son but définitif [10] ». Par contre, les rapports de production qui relient propriétaires et producteurs autour de la production de capital ont pour « but déterminant la valeur d'échange ». Dans ce dernier cas, il y a une différence qualitative entre les extrêmes : c'est la création de capital et l'opposition qualitative entre les capitalistes et les producteurs de ce capital.

 La forme apparente dans laquelle s'effectue l'achat et la vente de la force de travail, « implique déjà que les conditions objectives du travail — moyens de subsistance et de production — soient séparées de la force vivante du travail... Cette séparation est si radicale que les conditions objectives du travail apparaissent en face de l'ouvrier comme des personnes autonomes, le capitaliste, leur propriétaire, les personnifiant en opposition à l'ouvrier, simple possesseur de la capacité de travail. Cette séparation et cette autonomie sont une condition préalable à l'achat et à la vente de la force de travail [11] ». Cette assertion contient tout ce que nous cherchons : a) les rapports de production, production de capital, régissent les rapports de circulation, achat et vente de !a force de travail ainsi que les rapports juridiques, le salariat ; c'est ce que Marx entendait par « conditionne » ; b) les rapports de production recouvrent deux aspects : la propriété et la possession, deux aspects dont les ouvriers se trouvent tous deux absolument séparés : c'est là la base sociale de l'extorsion de plus-value.

 Quant aux formes de rapports dans la circulation qui s'apparentent à certaines formes de la production, comme le salaire, le travail manuel, la subordination, c'est que les caractères intrinsèques du rapport Capital-Travail définissent, au stade de la reproduction élargie du capital, les formes d'exploitation dans les rapports de circulation. Cet énoncé postule, en fait, que les conditions structurelles d'exploitation dans la circulation, si elles s'apparentent à celles de la production (salaires, pouvoir, subordination, etc.), en font des rapports distincts ; l'existence de ces formes structurelles d'exploitation indique plutôt que le rapport fondamental dominant, comme on l'a dit, « conditionne » tous les autres rapports.

 On prendra trois exemples associés à l'exploitation dans le travail productif : le salariat, le travail manuel, et la subordination. Ces trois aspects se retrouvent aussi bien dans la circulation que dans la production mais ils n'y désignent pas les mêmes places. Pourtant, l'exploitation dans la circulation peut être tout aussi pénible que dans la production, et des conditions de vie tout au moins aussi dures. C'est ce que retiendrait le courant humaniste. Le problème, justement, ne s'y situe pas à un niveau formel. L'exploitation est une coordonnée de toutes les classes dominées. Ce qu'il faut se donner la peine de regarder c'est la présence, dans l'ensemble des travaux exploités des sphères de la circulation (contrairement au travail productif), d'aspects proprement contradictoires : travail manuel et travail intellectuel, autorité et subordination etc. L'exploitation, contrairement aux travaux des sphères productives, y adopte des figures opposées, et la division sociale en polarise les aspects internes.

 Cette polarisation interne, propre aux rapports dans la circulation, remplit pour la division capitaliste du travail, des fins propres : a) faire ressortir la reproduction des contradictions de classes hors de la production, c'est-à-dire en même temps dégager à tous les niveaux de l'activité sociale le processus de fractionnement nécessaire à l'exploitation ; b) diviser au sein de la circulation tout en divisant par rapport aux termes (aux « conditions ») de l'antagonisme fondamental Capital-Travail ; c) répandre les conditions propres à l'exploitation spécifique du mode de production capitaliste ; d) poser la nécessité de dégager, du fait de la présence simultanée de contradictions structurelles sur les mêmes rapports économiques, la différence qualitative du travail exploité non productif ; e) bref, constituer la cohérence de la division capitaliste du travail qui, en l'occurrence, sépare production et circulation d'une part et assigne à la circulation, d'autre part, ses caractères structuraux distinctifs et son unité propre comme support de classe polarisé entre Capital et Travail.

 Je reviendrai sur cette question en étudiant plus loin la nature propre de la petite-bourgeoisie. On voit déjà que les propositions présentes sur la théorie des classes sociales actuelles sont incompatibles avec quelque définition du « salariat » que ce soit.

 Bref, la compréhension de la division capitaliste du travail fait fi de toute approche économiste et descriptive. Encore plus, elle doit rejeter les tendances feignant d'ignorer que le statut des rapports noués dans la production est de « conditionner » les autres rapports. C'est à ces supports d'un réformisme latent que s'attaquent les positions marxistes. Le présent travail s'apprête donc à fournir sur ce terrain, par le cas québécois, un exemple de la complexité de la division actuelle du travail et des tâches délicates assignées à l'analyse.

 Il m'apparaît maintenant indispensable de poser les limites historiques des classes sociales du Québec. Cette question n'est pas facile car il s'agit de savoir quelles sont les raisons qui autorisent à poser comme limites à une analyse des classes celles de la région socio-politique qu'est le Québec. Mais qu'est-ce donc que le Québec ? Qu'on ne s'en étonne pas, les réponses actuelles à cette question sont nombreuses. Pour les uns, le Québec est une nation, pour d'autres une formation sociale, pour d'autres un État fédéré, pour d'autres encore une province sur la voie de l'indépendance.

 Je ne vais pas m'attarder ici à démasquer le bien ou le mal fondé de chacun de ces choix. Cependant, afin de ne pas tronquer l'objet du contexte auquel il est étroitement lié, il me semble qu'une assignation arbitraire de ces limites ne saurait être retenue.

 D'un point de vue juridique et politique, l'ainsi nommé « Québec » est une vaste région recouvrant une population d'environ huit millions d'habitants dont un appareil d'État dit « provincial » jouit de pouvoirs législatifs et exécutifs relativement autonomes, limités mais dominants dans les secteurs de l'éducation, du travail, des politiques sociales ; dans le domaine de l'économique, le gouvernement du Québec dispose de pouvoirs plus restreints, quoique son champ d'action et ses interventions en fonction de l'accumulation soient importants. L'espace provincial des rapports de classe se définit par une certaine cohésion idéologique par rapport à l'ensemble du Canada (culture, religion, etc.). La division entre le palier fédéral et provincial sert de double scène politique pour les fractions des classes dominantes canadienne et québécoise et correspond au partage des pouvoirs instauré par la confédération canadienne, partage approprié aux rapports propres du bloc au pouvoir de cette fin du XIXe siècle.

 Dans le présent travail, il ressortira que les rapports sociaux étudiés sont ceux des agents résidant dans cette province. Cependant, le champ de la lutte des classes déborde largement ces limites en rapport avec les classes sociales canadiennes d'une part (contradictions internes) et les rapports mondiaux d'autre part (contradictions externes).

 Le poids spécifique de l'État canadien est éminemment décisif en regard de la reproduction du capital au Québec, des classes sociales québécoises, et de la question nationale. Dans leur lutte contre l'exploitation, les classes dominées du Québec s'opposent à la fois à la bourgeoisie résidant au Québec et à la bourgeoisie canadienne. Cette contradiction devrait être approfondie afin de lui valoir un traitement politique juste.

 De nombreuses recherches marxistes ont tenté de démontrer que le Québec constitue une formation sociale, qu'il se trouve au Canada une « double structure » de classe, etc. Je ne partage pas ces points de vue. Ne pouvant m'attarder à l'étude du concept de formation sociale, je me contenterai de souligner le rôle constitutif de l'État dans l'instance politique du mode de production capitaliste. Or, en l'occurrence, le Québec n'est pas un État souverain, c'est pourquoi les limites de la lutte des classes y ont un double aspect, luttes québécoises et luttes au sein de l'État canadien. C'est aussi pourquoi le bloc au pouvoir et sa fraction hégémonique s'articulent à l'État canadien auquel sont liés de manière propre les éléments de la bourgeoisie du Québec. Je tenterai de m'expliquer plus longuement sur ce point à la fin de l'ouvrage.

 Historiquement, les antagonismes de caractère « national » qui isolent la structure sociale québécoise sont issus du double processus d'implantation du mode de production capitaliste au Canada et au Québec. La spécificité de la situation québécoise actuelle procède, justement, du lien historique du Québec avec le reste du Canada. Les premières formes de division nationale se sont créées aux XVIIIe et XIXe siècles à partir des modifications du mode de production dans sa phase d'implantation, en même temps que s'est amorcé, puis renforcé, l'impérialisme britannique. La compréhension de ce phénomène fournit d'ailleurs des éléments pertinents pour saisir les processus actuels.

 Deux facteurs historiques ont joué un rôle déterminant dans l'articulation complexe des rapports sociaux au Québec. L'un d'eux a été le rattachement du développement canadien, par la Conquête de 1760, à la périodisation de l'impérialisme anglais, c'est-à-dire au début du capitalisme industriel, le second, l'incidence des formes propres à chacune des révolutions bourgeoises, anglaises et française, sur l'organisation de la colonie. L'existence, dans un premier temps, d'un capitalisme de type français marquera le Québec longtemps après la Conquête anglaise et l'opposera aux formes du capitalisme anglais. Cette double incidence a été à la source de tensions qui marquèrent la colonie.

 Aujourd'hui, les contradictions internes qui divisent la bourgeoisie au Québec puis les bourgeoisies québécoise et canadienne s'articulent à l'impérialisme américain. Quoique le présent travail n'entreprenne pas directement l'analyse de toutes ces questions, il entend du moins fournir un canevas de base facilitant la compréhension des luttes politiques qui concernent le Québec.

 Dans le premier chapitre, je ferai d'abord la synthèse des éléments théoriques essentiels sur les classes sociales actuelles. Dans le deuxième, j'articulerai les aspects économiques et idéologico-politiques de chaque couche de ces classes au Québec. Ainsi je montrerai ce qui divise structurellement la bourgeoisie, la petite-bourgeoisie et la classe ouvrière. Enfin, dans le dernier chapitre, je relèverai d'autres formes de divisions qui agissent sur la bourgeoisie d'un côté, et sur les classes dominées de l'autre, telles la question nationale, la division sexuelle du travail et certains rapports juridiques. Ce dernier chapitre aidera à voir l'ensemble des classes et des fractions en lutte.

 Si cet ouvrage omet plusieurs questions, il est à souhaiter qu'il puisse tout de même servir à dégager les couches sociales dont l'implication sera centrale dans le renforcement du mouvement ouvrier actuel, à saisir les fondements de l'immobilisme de certains secteurs de la population de même qu'à comprendre la conjoncture québécoise actuelle sous l'angle de la question nationale.

 Il reste cependant que la structure de classe n'est que le support des luttes auxquelles la portée de ce travail est, bien entendu, subordonnée. 


[1] Je fais ici référence à la distinction introduite par Poulantzas.

[2] K. Marx, le Capital, Paris, Éditions Sociales, 1969, t. 11, p. 53.

[3] K. Marx, op. cit., t. II, p. 50.

[4] C'est-à-dire dans le mode de production capitaliste.

[5] Cité et traduit par N. Poulantzas dans les Classes sociales dans le capitalisme aujourd'hui, Paris, Éd. du Seuil, « Sociologie politique », 1974, p. 248.

[6] C'est Marx qui souligne.

[7] K. Marx, Un chapitre inédit du Capital, Paris, Union générale d'éditions, « 10/18 », p. 184.

[8] Ibid., p. 185.

[9] K. Marx, le Capital, t. I, p. 118. [C'est Marx qui souligne.]

[10] Ibid., p. 116-117. [C'est moi qui souligne.]

[11] K. Marx, Un chapitre inédit du Capital, p. 188. [C'est moi qui souligne.]


Retour au texte de l'auteure: Mme Anne Legaré, politologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 23 septembre 2014 8:43
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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