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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

La philosophie et son enseignement au Québec (1665-1920). (1980)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Yvan Lamonde, La philosophie et son enseignement au Québec (1665-1920). Montréal: Les Éditions Hurtubise HMH, 1980, 312 pp. Collection Cahiers du Québec - Histoire. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole, professeure à la retraite de l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi. [Avec l'autorisation de l'auteur et de son éditeur accordée le 2 septembre 2008 de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]

Avant-propos

Le lecteur trouvera d'abord dans cette étude une contribution à l'histoire de la tradition philosophique dans les Amériques. Qu'il soit de Dakar, de Paris, de Buenos Aires, de New York ou de Montréal, il pourra y apercevoir les conditions d'adaptation de la tradition philosophique occidentale à un lieu et un temps donnés, celui de l'Amérique coloniale ou post-coloniale, celui d'un nouveau monde.

Cette étude est essentiellement une analyse monographique des modes de rapports entre la philosophie et des institutions sociales. À ce titre, elle a nécessité la construction d'un modèle susceptible d'application à des phénomènes similaires. Que devient la philosophie universelle dans l'institution scolaire, de responsabilité étatique ou ecclésiastique? Telle fut notre question directrice et celle aussi de quelques rares ouvrages sur la philosophie dans des collèges ou lycées français ou dans les premiers collèges ou premières « universités » aux États-Unis ou dans certains pays d'Amérique du Sud.

Enfin parce que cette étude porte sur la philosophie dans l'institution scolaire de responsabilité ecclésiastique – ici celle de l'Église catholique romaine – on pourra y découvrir quelque intérêt comparatif. Plus précisément cette monographie sur la philosophie thomiste enseignée dans des collèges pourra contribuer à l'analyse d'expériences du même type dans d'autres pays ayant participé au mouvement philosophique thomiste.

Inscrite dans des institutions sociales et subissant elle-même les a priori du temps et de l'espace la philosophie dont il est ici question est devenue un objet historique qu'il a fallu construire. Où cette philosophie s'est-elle manifestée, quand, par qui, pour qui, comment et pourquoi? Dès lors la philosophie devenait un objet moins d'une histoire des idées ou d'une histoire intellectuelle que d'une histoire sociale de la culture où le discours philosophique est considéré comme discours idéologique dans certains de ses aspects – en morale surtout – sans pour autant qu'il faille y chercher ou y trouver une autre définition et une autre théorie de l'idéologie. Cette histoire sociale de formes culturelles visait davantage à éclairer le processus de formation et d'expression d'un discours idéologique qu'une idéologie d'ores et déjà fixée. Histoire sociale donc d'une culture d'élite et non de masse, d'une culture scolaire, livresque, rhétoricienne.

Culture scolaire où la philosophie des collèges est retracée, chez les maîtres et les élèves, tant dans les manières que dans les matières. Philosophie qui passe donc par la pédagogie, par des programmes d'étude, des exercices tout autant que par des notes de cours, des manuels, des examens, des « thèses ». Culture livresque aussi que cette philosophie retracée dans des bibliothèques, des librairies, des journaux. Culture rhétoricienne enfin, celle-là des discours, des conférences, des «lectures» où se manifeste historiquement cette philosophie à prétention d'universalisme.

L'originalité de cette étude historique sur les modes de rapports entre la philosophie et des institutions sociales peut être caractérisée comme analyse dialectique de trois instances: la position de pouvoir, dans la société québécoise, du groupe social responsable de l'éducation, l'évolution sociale du système d'éducation en général, et, l'évolution des manières et des matières mêmes de l'enseignement de la philosophie dans les collèges.

L'étude a porté sur l'enseignement de la philosophie dans vingt-trois collèges francophones d'enseignement secondaire classique au Québec de 1665 à 1920, c'est-à-dire de l'établissement d'un enseignement régulier de la philosophie au niveau secondaire classique à la décennie de fondation de Facultés universitaires de philosophie. L'analyse de ce sujet dont nous avons fait l'état de la question dans notre Historiographie de la philosophie au Québec, 1853-1971 s'appuie sur des sources archivistiques nombreuses mais surtout sérielles qui nous ont permis, chaque fois qu'il fut possible, un traitement quantitatif.

Un premier chapitre, de 1665 à 1759, traite de l'enseignement de la philosophie en Nouvelle-France, au Collège des Jésuites de Québec. Un second chapitre couvre la période de 1770 à 1835, de la formation des premiers collèges et de la réorganisation de l'enseignement philosophique à la publication du premier manuel québécois, les Institutiones philosophicae de l'abbé Jérôme Demers du Séminaire de Québec. Le troisième chapitre, plaque-tournante de l'analyse, explique l'évolution, entre 1835 et 1879, de cette période de vacuum et de recherche d'une philosophie « catholique » à celle des circonstances et des raisons de la restauration du thomisme avec l'encyclique Aeterni Patris. Un dernier chapitre qui mène jusqu'à la décennie (1920) de l'apparition des Facultés universitaires de philosophie explique la structuration et l'uniformisation pédagogique de l'enseignement collégial en philosophie tout en insistant sur l'émergence, en philosophie, des questions sociales qui justifieront la publication d'un nouveau manuel, le second par un auteur québécois, celui de l'abbé Stanislas-Alfred Lortie.

Cette histoire de la philosophie au Québec a bien sûr sa propre histoire. Carmen et Robert Lamonde furent du premier âge. Le professeur Roland Houde de l'Université de Montréal fut de l'époque des Lumières, de la découverte, de l'examen, de même les archivistes et les bibliothécaires qui m'ont reçu, les Services du Prêt entre bibliothèques des universités Laval de Québec et McGill de Montréal, Lucette Stam et Marie Robillard du Centre d’Études canadiennes-françaises de l'Université McGill, Michèle Bilodeau de l'Institut national de la recherche scientifique, Micheline Duhaime et Céline Beaudet. Le professeur Claude Galarneau de l'Université Laval et le Conseil des Arts du Canada appartiennent à la période industrieuse et contemporaine. Enfin le professeur Georges Leroux de l'Université du Québec à Montréal a cru à l'avenir de cette histoire. De pleine mémoire, je les remercie.

Y. L.

Montréal, Rockport (Mass.), North Hatley,

1976-1977



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le vendredi 12 juin 2009 12:03
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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