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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Micheline Labelle, Idéologie de couleur et classes sociales en Haïti. (1987)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Micheline Labelle, Idéologie de couleur et classes sociales en Haïti. Les Éditions du CIDIHCA. Le Centre International de Documentation et d'Information Haïtienne Caraïbéenne et Afro-Canadienne. Montréal: Les Presses de l'Université de Montréal, 1987, 393 pp. Une édition numérique réalisée par mon amie, Marcelle Bergeron, professeure retraitée de l'École polyvalente Dominique-Racine, Chicoutimi, Saguenay, Québec. [Autorisation reconfirmée le 2 mars 2010 de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]

[13]

Introduction


Ce qui est désigné en Haïti comme la « question de couleur » haïtienne se réfère en dernière analyse aux luttes historiques qui ont opposé et opposent encore les secteurs « noir » et « mulâtre » [1] des classes dominantes. Cependant elle implique une problématique de la couleur qui rejaillit sur toute la société haïtienne, infiltrant, à des degrés divers et selon des modalités diverses, l'ensemble des pratiques et des discours.

Question éminemment politique, hautement subversive à ses heures, question affective également au sens où elle « colle à la peau » des protagonistes, elle est objet historique de polémique. Affirmée comme question secondaire à la « question sociale », tremplin démagogique pour la manipulation des masses, par un grand nombre d'intellectuels, de politiciens, de simples citoyens haïtiens, elle est présentée par d'autres comme la question de fond, préalable à toute autre, susceptible d'un traitement autonome sur le plan de l'analyse, comme sur celui de l'action politique. Dans cette deuxième perspective, on pose la question de couleur comme [p. 14] déterminante pour expliquer la distribution différentielle des privilèges qui a cours depuis la période coloniale française : c'est parce qu'on est noir qu'on est pauvre, opprimé et sans pouvoir, c'est parce qu'on est mulâtre qu'on est riche, oppresseur et dominant. On regroupe et on unifie sous une même bannière revendicatrice les « noirs » des diverses classes face aux « mulâtres », bien que la structure de classe traverse objectivement les deux catégories de couleur. Ce faisant, on masque profondément les contradictions et les intérêts de classe en présence, complexes, diversifiés, qu'on ne peut réduire à la seule opposition binaire des intérêts des « noirs » face à ceux des « mulâtres ».

Le problème prend sa source dans la société coloniale de Saint-Domingue où, au XVIIIe siècle, la population se compose d'esclaves, majoritairement noirs sans l'être tous, différenciés entre eux (commandeurs, esclaves d'ateliers, de jardins, de maisons, etc.), d'affranchis, majoritairement mulâtres sans l'être tous, également différenciés (gens de petits métiers, commerçants, planteurs, etc.) et de colons blancs (depuis les petits blancs jusqu'aux grands planteurs créoles et négociants métropolitains). Dès cette époque les luttes sociales et politiques, virulentes, constituent une trame serrée d'alliances et de rapports de force. ; Les Haïtiens déclarent l'indépendance en 1804. Après cette date, les blancs qui demeurent dans le pays sont très minoritaires. Deux factions dominantes s'affrontent alors : l'une surtout composée de « noirs » au nord d'Haïti, l'autre surtout composée de « mulâtres » au sud. Le XIXe siècle est marqué par la lente consolidation de l'hégémonie mulâtre au niveau national, par ses rivalités avec la fraction noire des classes dominantes, par leurs alliances respectives dans la répression des masses paysannes, et par le retour progressif du capital étranger (allemand, français, américain, etc.).

De 1915 à 1934 les Américains occupent Haïti, renforçant le secteur mulâtre. Ainsi les clairs monopolisent les postes de la fonction publique, des universités, des services diplomatiques, de la gérance des maisons étrangères et du commerce d'import-export. Parallèlement, la résistance s'organise, sur les plans politique et idéologique. Au cours de ces années s'implante la pensée indigéniste, la pensée des « authentiques », nationalisme culturel anti-impérialiste, pro-nègre, pro-Haïtien. Puis c'est la « révolution estimiste » [p. 15] de 1946 qui met en place le premier gouvernement noir depuis 1915, la résurgence de la question de couleur dans la campagne électorale de 1957, et enfin le duvaliérisme, régime « noiriste », porté, en principe, à la défense de la cause des « noirs », et qui utilise explicitement cette question pour que se constitue en classe régnante une nouvelle fraction composée de petits-bourgeois et de bourgeois exclus jusque-là du contrôle de l'appareil d'État.

L'idéologie de couleur présente donc deux variantes dont le rapport d'inégalité-subordination se pose différemment selon la conjoncture historique :

1) L'idéologie mulâtriste de la classe dominante claire, hégémonique depuis l'indépendance, qui affirme la supériorité du mulâtre par rapport au noir, et de façon moins consciente son infériorité par rapport au blanc. Il s'agit d'une idéologie le plus souvent implicite qui se manifeste au niveau domestiqué, mais non au niveau public. Son corollaire politique : « Le pouvoir aux plus capables. »

2) L'idéologie noiriste de la classe dirigeante actuelle, comme de fractions régionales noires des classes dominantes ou de quelques gouvernements à prépondérance noire du XIXe siècle, constitue la réplique à la précédente ; c'est une contre-idéologie qui se situe à l'intérieur de la même problématique dualiste. Elle pose la revalorisation intégrale du noir et dans une limite extrême sa supériorité. Elle est explicite : elle a été systématisée par des « intellectuels organiques » précis (ethnologues, politiciens surtout). Son corollaire politique : « Le pouvoir au plus grand nombre. »

Qu'était-il advenu de la question de couleur après 15 ans de régime duvaliériste ? Le noirisme avait-il ébranlé sérieusement l'idéologie mulâtriste ? La revalorisation liée au grand courant de la négritude avait-elle, portée à l'avant-scène de la politique, donné ses fruits dans la subversion des mentalités ? Comment se posait-elle pour les gens restés au pays au cours des années de répression féroce où les tenants du pouvoir d'État avaient prétendu défendre des intérêts « révolutionnaires et nationaux » ? Telle était le questionnement qui allait guider la recherche empirique, effectuée sur place, dans les années 1971-1972.

[16] Le concept d'idéologie fait l'objet de plusieurs débats dans la théorie marxiste depuis Marx et Engels [2]. Ces derniers posent la question en la centrant sur les rapports qu'entretient l'idéologie avec les modes (ou les formes) et avec les rapports de production, caractéristiques de chaque formation sociale, dans lesquelles elle s'élabore.

Les manifestations de la « conscience sociale » sont, premier point de la méthode, à examiner à la lumière des conditions matérielles d'existence des hommes, telles que celles-ci se donnent dans des contextes historiques précis, impliquant toute la complexité des particularités qui peuvent y être attachées. Tel est l'esprit du texte si souvent cité de la Préface à la Contribution à la critique de l'économie politique :

Dans la production sociale de leur existence, les hommes nouent des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté ; ces rapports de production correspondent à un degré donné du développement de leurs forces productives matérielles. L'ensemble de ces rapports forme la structure économique de la société, la fondation réelle sur laquelle s'élève un édifice juridique et politique, et à quoi répondent des formes déterminées de la conscience sociale. Le mode de production de la vie matérielle domine en général le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience (dans Marx et Engels, 1974 : 121).

Or les rapports de production qui se fondent sur une division du travail marquée au sceau de l'exploitation sont des rapports de classe et s'exercent dans le tracé de champs de luttes menées aussi bien sur les plans économique et politique qu'idéologique. Poser le primat économique de certaines classes signifie corrélativement poser la dominance politique et idéologique de ces classes, en fonction des intérêts qui s'affrontent.

Cependant le rapport de détermination de la base économique sur les superstructures, par le biais des rapports de classe, ne doit pas être pensé de façon mécanique. Au contraire, il laisse libre cours aux contradictions. À tel type de domination de classe sur le plan économique, ne correspond [p. 17] pas automatiquement tel type de domination au niveau du pouvoir d'État ou des courants idéologiques. Toutes sortes de ratés, de décalages, de retards, de retraductions sont possibles qui doivent être analysés de manière dialectique. C'est ce que la théorie marxiste implique quand elle parle d'autonomie relative des instances, malgré la détermination en dernière instance de la base économique [3].

Ces considérations établies, l'idéologie sera définie comme instance ou champ duquel procèdent des idéologies singulières ou régionales (idéologies philosophique, religieuse, juridique, sexuelle, etc.). Ces idéologies singulières constituent des ensembles de représentations, d'attitudes, de pratiques articulées à des appareils divers (famille, école, média d'information, partis politiques, armée, etc.) qui témoignent de la façon dont les hommes vivent leurs conditions d'existence, donc de l'exercice de la lutte des classes dans une société.

D'où on peut inférer la double fonction de l'idéologie, dans la mesure où elle ne peut être saisie qu'à partir des positions de classe des individus qui la portent : fonction d'occultation-dissimulation de leurs conditions réelles d'existence, fonction de désignation-révélation. En effet :

Plus qu'illusion sociale, l'idéologie est allusion, créatrice de faux-semblants mais tout aussi bien capacité de dévoilement, donc de désignation... (Vidal, 1970 : 46).

Ce point permettra de saisir que cette capacité de désignation, de révélation peut être une des conditions d'intelligibilité des contradictions réelles, propres aux groupes considérés, sans toutefois déboucher sur une problématique de transformation révolutionnaire de ces conditions.

[p. 18] Dans ce contexte théorique, l'idéologie coloriste, objet de ce livre, constitue un sous-produit du racisme impérialiste et témoigne de la dépendance qui affecte Haïti sur le plan économique et politique en premier lieu. Idéologie « régionale », historique, elle est articulée par des classes sociales bien situées, dans leurs pratiques respectives.

Sous-produit de l'idéologie raciste, elle renvoie derrière l'allusion à la couleur au phénomène de la race. Il faut s'attarder ici au statut théorique de la « race », et dès lors du « type de couleur », terme utilisé de préférence dans ce travail.

Guillaumin (1972) défend la thèse selon laquelle la race constitue dans l'idéologie raciste une forme biologique utilisée comme signe. La race doit être envisagée comme un signifiant manipulable dans l'ordre symbolique, et il faut dès lors s'extraire de sa réalité biologique (autre registre de connaissance), et la traiter comme une catégorie porteuse de la marque somato-biologique, au même titre que d'autres « catégories institutionnelles revêtues de la marque biologique » (ainsi les catégories des femmes, des aliénés, des homosexuels, des ouvriers dans l'idéologie bourgeoise du XIXe siècle, etc., toutes investies de la différence génétiquement ou constitutionnellement fondée). Catégorie porteuse de la marque biologique mais catégorie sociologique dont le propre est d'être « altérisée », en fonction de son rapport au pouvoir dans la société.

On peut retenir de Guillaumin deux autres types de considérations générales utiles pour le traitement de certains aspects du colorisme en Haïti. D'abord, l'auteur pose l'idéologie raciste comme « système perceptif essentialiste » fondé sur le syncrétisme du fait sociologique et du fait biologique [4] et sur l'irréversibilité de ce processus : les différences entre les hommes, garanties par la nature, sont irrémédiables (ibid. : 13-26). En effet : « La biologisation de la perception, dès qu'elle est associée à la perception de la différence [p. 19] sociale, forme le nœud de l'organisation raciste. » Le caractère physique apparent (et l'auteur y inclut la langue, l'accent, la gestuelle) est saisi comme biologique, de par sa qualité de « signifiant », de par sa valeur sémantique dans son contexte social et culturel (ibid. : 67).

En second lieu, à la suite de plusieurs auteurs qui ont analysé les phénomènes de l'oppression raciste et colonialiste, Guillaumin rappelle la place que tient l'ambivalence dans le phénomène du racisme. Loin d'être cernable par la seule hostilité (et ses manifestations d'oppression, de hiérarchie, de distance) qui marque les rapports sociaux imprégnés de l'idéologie raciste, cette dernière peut revêtir une forme « positive » bien réelle :

... ne pas considérer ces attitudes « positives » comme partie intégrante du racisme [...] c'est ignorer à quel point elles sont susceptibles de retournement à tout instant, c'est négliger cet aspect fondamental des formes affectives qu'est l'ambivalence (ibid. : 73).

L'idée de race dans les rapports sociaux est un phénomène sémantique, relevant de l'imaginaire, du symbolique, et c'est pourquoi on l'investit à partir de places sociologiques et de positions idéologiques données. Dans le contexte haïtien, s'il vaut mieux parler de catégories de couleur plutôt que de catégories raciales, étant donné les particularités historiques du problème qui n'ont rien à voir avec ce qui se passe aux États-Unis ou en Afrique du Sud, cela n'invalide en rien le recours à la perspective théorique exposée plus haut.

Quant au sexisme on trouvera l'empreinte tout au long de cet ouvrage, il constitue une forme particulière d'oppression en vertu de laquelle les femmes sont soumises à des contraintes et à des préjugés de tous ordres (sur le plan légal aussi bien que coutumier). Comme l'idéologie raciste et ses variantes, l'idéologie sexiste s'appuie également sur le postulat d'une inégalité « naturelle », celle de l'homme et de la femme, de même qu'elle s'exprime sous des formes négatives aussi bien que positives, depuis la coercition jusqu'au paternalisme.

L'opérationnalisation de la recherche a exigé la sélection de certains blocs de données empiriques car plusieurs [p. 20] voies d'investigation étaient possibles : traités historiques, documents politiques, contenu des mass-médias, des programmes d'enseignement, « sociométrie » des rapports interpersonnels dans la vie privée ou publique, etc.

Les dimensions d'analyse retenues ont trait à :

1) La terminologie ou le lexique de couleur, impliquant des systèmes de classification élaborés à partir de places sociologiques diverses.

Le choix de cette dimension permettra de comprendre comment à partir d'une grande variabilité dans les combinaisons de métissage qu'illustrent les types physiques haïtiens, l'idéologie de couleur, propre à des classes sociales précises, « manipule » la réalité phénotypique, la réduit ou la rend très extensible, et à quelles fins.

2) Le discours spéculatif et interprétatif (opinions, jugements de valeurs, choix évaluatifs, systèmes d'explications) rendant compte de caractéristiques (morales, intellectuelles, sociales, etc.) différentielles attribuées aux types de couleur.

Ce choix permettra de voir comment l'idéologie de couleur opère en certains cas en naturalisant le rapport entre le signifiant (un type physique) et le signifié (une valeur quelconque, esthétique, morale ou sexuelle...), par exemple en associant la couleur noire au « maximum de force physique », dans un rapport de « nature », ceci pour justifier et masquer tout à la fois la place du noir (d'un certain type de noir) dans la structure de classe, et la place de celui qui associe.

3) Le vécu affectif livré à travers des témoignages relatifs à l'histoire de vie. Cette dernière dimension permettra d'appréhender l'intériorisation subjective de l'idéologie de couleur et son impact perturbateur sur l'inconscient.

On entre donc de plain-pied dans le domaine des formations discursives. Cependant elles ne seront traitées ici qu'en tant que porteuses de contenu idéologique. C'est donc dire que toutes les méthodes propres à l'analyse interne du discours, à sa structure intra-linguistique ne seront pas considérées.

Relatives à ces dimensions d'analyse, deux hypothèses générales peuvent être proposées. Selon la première, le discours recueilli sur la question de couleur demeure orienté de façon globale par les deux variantes complémentaires du colorisme des classes dominantes : le mulâtrisme et le noi-[p. 21] risme ; avec pour fonction majeure d'occulter les déterminations réelles des rapports sociaux en Haïti. Selon la seconde, le discours recueilli présente un contenu propre aux groupes d'où il émerge, élaboré, retravaillé eu égard à la façon dont se pose la problématique de la couleur dans le cadre de conditions d'existence spécifiques, à antagonismes spécifiques. Le poids relatif de la double fonction d'occultation et de désignation de l'idéologie coloriste dépendra de ces réalités différentes, d'où le potentiel revendicateur présent dans certaines de ses manifestations.

Les limites de la représentativité de l'échantillonnage, le caractère géographique restreint de la recherche qui s'est effectuée essentiellement à Port-au-Prince et dans la zone de Léogane, les techniques utilisées, la réceptivité de même que la censure des acteurs en présence, sont commentés dans la partie méthodologique qui figure en annexe. Il faut considérer le recours à cette partie comme essentielle pour tracer les conditions des voies d'intelligibilité de l'analyse présentée.



[1] Au long de ce travail, on pourra noter la mise entre guillemets, non systématique par ailleurs, des termes « noir » et « mulâtre ». Il s'agit d'une manière voulue de se distancer des connotations biologisantes et dichotomiques que recouvrent ces termes. On verra que la rubrique « noirs » est une rubrique socio-politique qui englobe des types physiques très variés. La même chose est vraie en ce qui concerne la catégorie « mulâtres ».

[2] L'Idéologie allemande, le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, le Capital, etc.

[3] Voir Engels dans la lettre à J. Bloch, 21 septembre 1890 : « D'après la conception matérialiste de l'histoire, le facteur déterminant est en dernière instance la production et la reproduction de la vie matérielle. Ni Marx, ni moi, n'avons jamais affirmé davantage. Si ensuite quelqu'un torture cette proposition pour lui faire dire que le facteur économique est le seul déterminant, il la transforme en une phrase vide, abstraite, absurde. La situation économique est la base, mais les divers éléments de la superstructure — les formes politiques et ses résultats — les constitutions établies une fois la bataille gagnée par la classe victorieuse, etc. les formes juridiques, et même les reflets de toutes ces luttes réelles dans le cerveau des participants, théories politiques, juridiques, philosophiques, conceptions religieuses, et leur développement ultérieur en systèmes dogmatiques exercent également leur action sur le cours des luttes historiques et dans beaucoup de cas, en déterminent de façon prépondérante la forme » (Engels, 1974 : 238).

[4] Comparant la démarche analytique de Marx à celle de Gobineau, Guillaumin note : « Le syncrétisme est l'un des traits centraux du racisme où on le rencontre sous plusieurs formes. La pensée raciste ne se présente jamais comme analytique, le déroulement des processus n'est pas étudié, la loi n'y est pas cherchée. Elle procède par juxtaposition et justification. Le réel est doté d'un sens avant d'être décrit et toute description est ordonnée à ce sens. Revêtue du caractère de l'évidence, elle échappe à la démonstration, celle-ci ne se présentant qu'en tant qu'illustration d'un fait déjà certain » (ibid. : 25). Souligné dans le texte.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le samedi 27 novembre 2010 10:53
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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