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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Le monde de la mort et le monde des blancs (1978)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Madame Elli Köngäs Maranda, “Le monde de la mort et le monde des blancs”. Un article publié dans la revue Anthropologica, vol. 20, no 1-2, 1978, pp. 91-100. Ottawa: Université Saint-Paul. [Autorisation formelle accordée, le 6 juillet 2005, par M. Pierre Maranda de diffuser ses travaux ainsi que tous ceux de sa défunte épouse, Mme Elli Köngäs Maranda.]

Introduction

Les chants funéraires lau [1] sont exécutés par des femmes spécialistes - pleureuses - qui se rassemblent autour du défunt dès sa mort. En réclusion dans la hutte funéraire, elles n'en sortent pas pour une période qui dure entre plusieurs jours et plusieurs mois. Les premiers jours sont les plus intensifs. Dès leur arrivée, les femmes commencent à pleurer à haute voix, à pousser des lamentations d'une manière stylisée pendant que leurs larmes coulent abondamment. Cette première lamentation est appelée loloua ("pleurer à s'en fendre l'âme"). 

Quelques heures après, les chants commencent. Périodiquement, il devient impossible de continuer parce que, avec chaque groupe de nouveaux arrivants, les pleurs reprennent avec beaucoup d'intensité. 

La dépouille funéraire ne peut pas être laissée seule, même pour un moment. Son âme (ano), dit-on, s'attarde pour quelques jours autour de sa maison et, si elle est laissée sans compagnie, elle devient furieuse : elle commence à faire du bruit, à déplacer des objets et à manifester autrement son déplaisir. Ainsi, il faut toujours quelqu'un qui veille. Or, les chants funèbres sont un mécanisme qui aide à tenir les participants éveillés. 

Les femmes appellent le chant funéraire "leur travail". La réclusion s'appelle too bilia, "demeurer sale". Comme signe de deuil, les femmes ne se lavent pas pendant cette période et elles ne se coupent pas les cheveux. Ces gestes sont considérés comme austères parce que les Lau se baignent régulièrement dans la mer et aussi dans les rivières, dans l'eau douce, et parce que les cheveux courts sont considérés plus esthétiques que les cheveux longs. Une fois le deuil terminé, les femmes subissent un rite de purification, ou plutôt de neutralisation, sisiu ("ablutions") pour retourner à leur statut normal. 

En tant que genre, ces chants sont connus sous le nom aeaea. Le mot est onomatopéique et imite les sons chantés par les femmes comme refrain. Les meilleures chanteuses de silia ("chanter les mots", c'est-à-dire les parties articulées, lyriques), de talunguu ("parties d'accompagnement"), et même des aeaea jouissent d'une réputation bien établie.


[1]     Dans d'autres traditions, on considère que les chants funéraires sont les formes d'art les plus archaïques (Haavio 1935).


Retour au texte de l'auteur: Michel Seymour, philosophe, Université de Montréal Dernière mise à jour de cette page le dimanche 19 février 2006 16:38
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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