RECHERCHE SUR LE SITE

Références
bibliographiques
avec le catalogue


En plein texte
avec Google

Recherche avancée
 

Tous les ouvrages
numérisés de cette
bibliothèque sont
disponibles en trois
formats de fichiers :
Word (.doc),
PDF et RTF

Pour une liste
complète des auteurs
de la bibliothèque,
en fichier Excel,
cliquer ici.
 

Collection « Les sciences sociales contemporaines »

La psychologie sociale, une discipline en mouvement (1970)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Denise JODELET, Jean VIET et Philippe BESNARD, La psychologie sociale, une discipline en mouvement. Préface de Serge Moscovici. Paris - La Haye : Mouton, 1970, 470 pp. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole, professeure retraitée de l'enseignement à l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi. [Autorisation de Mme Jodelet de diffuser cet article dans Les Classiques des sciences sociales le 24 août 2007.]

Avant-propos

On ne s'étonnera pas de trouver dans une collection dite de « Textes sociologiques » un ouvrage consacré à la psychologie sociale : de toutes les disciplines voisines de la sociologie, celle-ci est assurément celle qui s'en rapproche le plus et la manière même dont on a choisi de l'aborder correspond bien à l'esprit d'une collection qui a pour ambition d'introduire aux thèmes centraux de la recherche. 

Conçu pour fournir des éléments d'information et de réflexion à tous ceux qui veulent apprécier l'actuel développement de la psychologie sociale et augurer de son futur, le présent volume est le fruit de la collaboration qui s'est établie entre le Groupe d'Études de Psycho-Sociologie de l'École Pratique des Hautes Études et le Service d'Échange d'Informations Scientifiques de la Maison des Sciences de l'Homme. 

Il s'inscrit à la suite d'un ouvrage consacré à la démographie, * mais en diffère assez largement en ce qu'il ne procure pas d'information sur le cadre institutionnel de la discipline, ses congrès, ses moyens de documentation, ses instruments de diffusion, son enseignement. Si aucune part n'est ainsi faite à l'organisation de la recherche, c'est faute d'une place suffisante et l'information correspondante n'en a pas moins été recueillie : le Service d'Échange d'Informations Scientifiques a conduit une enquête par voie de questionnaire auprès des centres de recherche relevant de la psychologie sociale dans les divers pays et il dispose de nombreuses réponses, souvent très détaillées ; il a de même relevé les principaux thèmes abordés depuis dix ans dans les congrès internationaux de la discipline, recensé ses instruments documentaires, décrit ses périodiques spécialisés ; cette information demeure à la disposition des chercheurs. ** 

Si l'on excepte cet avant-propos et la préface particulièrement importante, où Serge Moscovici a bien voulu faire le point sur le statut actuel et les tendances de la psychologie sociale expérimentale, on trouvera seulement dans cet ouvrage des analyses. Il convient d'expliquer pourquoi. 

Et tout d'abord pourquoi des analyses et non les textes eux-mêmes ou des morceaux choisis de ces textes ? La raison première est matérielle. Les textes analysés étant plus de deux cents et chacun d'eux comportant, en moyenne, plusieurs dizaines de pages, il ne pouvait être question de les reproduire in extenso. On ne pouvait davantage limiter leur nombre, si l'on voulait couvrir les divers secteurs de la recherche. Quant à fournir seulement des extraits, des morceaux choisis significatifs des tendances actuelles de la psychologie sociale, le procédé nous a paru peu commode et peu conforme surtout à certaine vérité documentaire dont nous avons souci : à sélectionner quelques études parmi beaucoup d'autres, à découper parfois dans l'une d'elles des passages, on aurait sans doute construit une image de la discipline sans grand rapport avec le tout de la recherche. Aussi à des choix plus ou moins arbitraires, a-t-on préféré le renvoi à des textes plus nombreux, par le moyen d'analyses autant que possible fidèles. 

Mais pour fondée qu'elle soit d'un certain point de vue, cette préférence n'en fait pas moins problème d'un autre. S'il s'agissait seulement de renvoyer aux textes, de signaler la littérature la plus apte à transmettre une vision juste de la discipline en son évolution, pourquoi des analyses et pas une simple liste d'ouvrages et d'articles ? À citer tout bonnement les textes par leur titre, à dresser la bibliographie des études, on aurait disposé de tout le champ nécessaire pour développer le commentaire, brosser le tableau des recherches en cours, déceler leurs orientations. Adoptée par la plupart de ceux qui procèdent à des revues de tendances, cette position ne nous a pas semblé de mise ici. Elle nous aurait conduit à redoubler, avec des moyens bien plus faibles, des entreprises comme la seconde édition du Handbook of Social Psychology, la publication de l'Annual Review of Psychology ou la rédaction des Advances in Experimental Social Psychology. Notre objet était tout différent. Nous cherchions moins à ouvrir nous-mêmes des perspectives qu'à fournir des éléments d'information sur le contenu des études, poussant le lecteur à consulter celles-ci et l'assurant d'avance de l'utilité de sa démarche. D'où la nécessité de rédiger des analyses. 

Dans cette rédaction nous avons suivi les textes de près, les disposant les uns par rapport aux autres selon la date de leur publication pour donner l'image la plus exacte du champ qu'ils recouvrent, procédant pas à pas à l'inventaire de leur contenu et n'hésitant pas à présenter d'eux parfois des traductions très littérales. Cela ne va pas toujours sans lourdeur mais, à tout prendre, le manque d'aisance a ses avantages ; il évite au moins que l'on ne tienne l'analyse pour ce qu'elle n'est pas, qu'on ne la prenne pour un équivalent du texte qui dispenserait de recourir à l'original. Les difficultés nées de l'écriture, dans un genre aussi ingrat que celui de l'analyse documentaire, paraîtront sans doute négligeables si l'on cesse de considérer l'analyse comme une fin pour en faire un simple moyen d'accès, si on la juge moins objet de lecture qu'invite à lire par ailleurs, et si l'on constate à quel point les contraintes de l'automatique documentaire pèsent déjà sur elle, l'obligeant à se déployer dans le langage des intermédiaires, sans accent marqué ni recherche de style. 

Ces analyses, on verra qu'elles diffèrent des comptes rendus critiques présentés d'ordinaire par les revues spécialisées. Rejetant le commentaire explicatif ou la synthèse brillante pour faire droit aux documents eux-mêmes, elles situent le contenu plus qu'elles ne cherchent à l'évaluer. Les auteurs remercient tout particulièrement ceux qui les ont aidés dans leur travail et ils sont heureux de citer ici M. Claude Faucheux, Mme Marie-France Essyad du Service d'Échange d'Informations Scientifiques, MM. Jean-Claude Abric et Michel Plon du Groupe d'Études Psycho-sociologiques. 

Les études analysées ont pour la plupart été publiées de 1955 à 1968 ; elles appartiennent à deux types, assez distincts : les unes constituent elles-mêmes des bilans de recherche, que ces bilans s'établissent au niveau de la discipline prise en son ensemble ou qu'ils portent sur l'un de ses domaines propres ; les autres représentent des recherches originales, qu'il s'agisse d'études théoriques ou de comptes rendus d'expériences. Ouvrages et articles ont été sélectionnés selon qu'ils paraissaient plus que d'autres significatifs des domaines sur lesquels porte la recherche à l'heure actuelle et des courants qui s'y font jour. C'est dire qu'ils présentent dans l'ensemble un caractère théorique ou méthodologique, et que leur collection ne peut être tenue pour l'échantillon représentatif de toutes les études psychosociologiques parues dans la période considérée ; elle se rapporte surtout à la psychologie sociale expérimentale et fait une place particulière aux recherches qui se poursuivent en Europe. Cependant, à l'intérieur même de ce champ limité, des lacunes peuvent subsister. Elles sont évidentes et voulues en ce qui concerne les expériences proprement dites : on ne pouvait songer à donner de toutes les expériences, ni même des plus importantes, un compte rendu, et celles qui sont mentionnées le sont seulement à titre d'exemples. Elles sont également sensibles au plan même des recherches théoriques : il ne pouvait être question d'analyser toutes les études, dans un ouvrage qui devait rester facile à consulter, et ce d'autant plus qu'un certain nombre d'entre elles allaient bientôt figurer dans d'autres recueils de textes appartenant à la même collection ; aussi les a-t-on choisies dans la mesure seule où elles permettaient d'attirer l'attention du lecteur sur les courants les plus actuels de la recherche. On espère, à ce niveau, n'avoir omis rien d'essentiel. 

Les chapitres ont été disposés de manière à distinguer les principaux secteurs qui intéressent aujourd'hui les psychosociologues. Après avoir consacré les cinq chapitres de la première partie à l'introduction au domaine, c'est-à-dire essentiellement aux théories et systèmes d'approche de l'interaction sociale, aux modèles théoriques, aux revues générales des tendances de la recherche et aux différents points de vue sur l'état de la discipline, on a regroupé, dans la seconde partie, les analyses sous les rubriques suivantes : attitudes ; communications de masse, processus de diffusion et changement social ; structures de communication et langage ; groupes restreints (dynamique et processus intra-groupes ; structure, organisation et production des groupes ; hiérarchie, leadership et pouvoir) ; pressions sociales (processus d'influence ; normes et rôles) ; analyse de l'interaction sociale (échange, conflit, négociation) ; processus psychologiques, variables physiologiques et facteurs sociaux ; perception sociale, relations interpersonnelles et intergroupes. 

Ce plan situe-t-il avec assez de précision les domaines de recherche en psychologie sociale ? L'analyse présentée par Serge Moscovici des tendances de la discipline est, pour bien l'entendre, indispensable. Il reste cependant que les sciences sociales et humaines en leur évolution rapide échappent sans cesse à la description qu'on en pourrait donner, et qu'il n'est guère de bilan les concernant qui, fidèle un moment, n'apparaisse bientôt périmé. Et ce qui est vrai sur le plan général l'est plus encore d'une discipline relativement récente, qui trouve dans le développement même de ses recherches des raisons nouvelles de s'affirmer. Aussi n'est-il rien de définitif dans l'état que l'on a pu dresser : s'il paraît figer la psychologie sociale en quelques-unes de ses réalisations les mieux acquises, c'est à seule fin d'y marquer les voies qu'elle emprunte déjà pour les dépasser. 


* TABAH, L. ; VIET, J. Démographie. Tendances actuelles et organisation de la recherche, 1955-1965. Paris-La Haye, Mouton, 1966, 393 p.

** Maison des Sciences de l'Homme, 54 boulevard Raspail, Paris VIe.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 1 mai 2008 16:19
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
Commanditaires




Saguenay - Lac-Saint-Jean, Québec
La vie des Classiques des sciences sociales
dans Facebook.
Membre Crossref