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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Marco Bélair-Cirino, “Des intellectuels disent non à une laïcité « ouverte ».” Un article publié dans le journal LE DEVOIR, Montréal, édition du mardi 16 mars 2010, page A1 et A8.

Le Devoir, Montréal, édition du 16 mars 2010, pages A1 et A8.


Des intellectuels disent non à une laïcité «ouverte»

Marco BÉLAIR-CIRINO


Si le Québec veut se targuer d’être une société pluraliste, l’État doit s’astreindre à une totale neutralité à l’égard des convictions religieuses, arguent le sociologue Guy Rocher et l’anthropologue Daniel Baril, qui ont rallié une centaine d’intellectuels, dont Jacques Godbout, Henri Brun et Marie-France Bazzo pour réclamer du gouvernement de Jean Charest un Québec laïque et pluraliste. Leur déclaration, qui se veut un contrepoids au « Manifeste pour un Québec pluraliste », est publiée en page A 7.

« On donne parfois l’impression qu’une laïcité complète de l’État, c’est une position intransigeante et qui semble aller à l’encontre du pluralisme québécois, alors que pour nous, au contraire, cette laïcité est une nécessité du pluralisme », soutient Guy Rocher.

La neutralité de l’État s’exprime notamment par la neutralité de l’image que les représentants de l’État projettent. Ceux-ci doivent, selon les Intellectuels pour la laïcité (IPL), s’abstenir scrupuleusement d’afficher tout signe qui exprimerait leur foi, leurs [VOIR PAGE A 8: LAÏCITÉ]

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croyances, leur appartenance religieuse et leur code de valeurs. L’usager des services publics n’a pas à être soumis au « discours » d’un employé de l’État, soutiennent-ils.

Le rapport Bouchard-Taylor propose quant à lui d’interdire le port de signes religieux à certains représentants de l’État, dont les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers, les gardiens de prison.

« C’est pour affirmer et faire circuler une autre idée que celle qui avait été exprimée dans le Manifeste du Québec pluraliste, qu’on considère fautif à plusieurs égards, d’une part parce qu’on opposait dans ce texte-là laïcité et pluralisme », affirme Daniel Baril. « On veut affirmer un point de vue qui est, à notre avis, le seul défendable par un État démocratique et qui se veut vraiment laïque. On espère que ça puisse influencer quelques élus », ajoute-t-il.

La « laïcité ouverte », défendue dans le Manifeste pour un Québec pluraliste ne respecte pas, selon Guy Rocher et Daniel Baril, les principes structurants de la laïcité qui sont, d’une part, la séparation du religieux et de l’État et, d’autre part, la neutralité de l’État. La « laïcité ouverte » s’avère ni plus ni moins une négation de la laïcité de l’État, selon les Intellectuels pour la laïcité, puisqu’elle permet toute forme d’accommodement des institutions publiques avec une religion ou une autre.

« Nous vivons pour le moment dans un état de grand flou concernant les exigences de la laïcité. On le voit, il n’y a pas de balises, de règles. Les gestionnaires actuels sont dans l’embarras pour faire face à des demandes venant de divers milieux. Ce n’est pas en répondant au cas par cas qu’on va clarifier les choses. La manière de clarifier les choses à mon avis, c’est d’établir clairement la neutralité de l’État en ce qui concerne toutes les convictions religieuses et de les respecter en même temps », estime M. Rocher. « On n’a pas fini de voir surgir toutes sortes de situations nouvelles qui ne viendront pas seulement du côté des musulmans », poursuit le sociologue.

À l’instar des autres signataires, M. Rocher et M. Baril souhaitent que la laïcité complète du Québec soit consacrée dans un texte de loi, notamment dans la Charte des droits et libertés.

La laïcité fait partie de l’histoire du Québec

La défense des idéaux laïques au Québec date de la fin du XVIIIe siècle, soulignent à grands traits les IPL. « Si l’idée d’un État laïque est antérieure aux Patriotes, on ne peut donc pas dire que la laïcité est une réaction défensive face aux minorités issues de l’immigration récente », est-il écrit. « Et cette position de la laïcité de l’État, c’est ce qui est le plus dans la ligne de la déconfessionnalisation que le Québec a connue depuis plus de 40 ans », ajoute M. Rocher.

Par ailleurs, les signataires de «Pour un Québec laïque et pluraliste» rejettent du revers de la main toute menace aux droits des minorités que ferait courir une laïcisation complète de l’État. Un grand nombre d’immigrants ont fui des régimes autoritaires et théocratiques, font-ils remarquer.

La déclaration « Pour un Québec laïque et pluraliste », ainsi que la liste complète des signataires est publiée sur le site www.quebeclaique.org. Un débat public sur les enjeux de la laïcité se tiendra le 28 avril à 19h à l'auditorium de la Grande Bibliothèque. « On n’a pas fini d’en parler », conclut Guy Rocher, qui sera au nombre des participants.

Le Devoir



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 16 mars 2010 9:08
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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