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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

LA PESTE À BARCELONE.
En marge de l'histoire politique et littéraire de la France sous la Restauration. (1964)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Léon-François Hoffmann, LA PESTE À BARCELONE. En marge de l'histoire politique et littéraire de la France sous la Restauration. Ouvrage patronné par la Société des professeurs français en Amérique. New Jersey: University de Princeton, département de langues romanes; Paris: Les Presses universitaires de France, 1964, 103 pp. Une édition numérique réalisée par mon amie, Marcelle Bergeron, professeure retraitée de l'École polyvalente Dominique-Racine, Chicoutimi, Saguenay, Québec. [Autorisation accordée par le Professeur Hoffmann le 29 novembre 2010 de diffuser toutes ses publications dans Les Classiques des sciences sociales.]

[1]

Avant-propos


« Les faits qui vont être racontés appartiennent à cette réalité dramatique et vivante que l'historien néglige quelquefois, faute de temps et d'espace. Là pourtant, nous y insistons, là est la vie, la palpitation, le frémissement humain. »
Victor Hugo,
Les Misérables.

Pendant la seconde moitié de l'année 1821, Barcelone fut ravagée par une « peste ». Elle provoqua en France une émotion que l'on ne manqua pas d'exploiter à des fins politiques. Sous prétexte de protéger la France contre le danger de contagion, le gouvernement de Louis XVIII prit une série de mesures anti-libérales qui amenèrent, de la part de l'opposition, une levée de boucliers. Le grand public suivit de très près les débats à la Chambre et les controverses dans la presse que fomentèrent les passions politiques du moment. D'où l'intérêt certain de cet événement pour l'histoire de la Restauration.

L'épidémie intéresse également l'historien de la littérature, car bon nombre d'écrivains de l'époque choisirent les malheurs de Barcelone pour thème. Littérature de circonstance, certes, mais non pour cela méprisable : ces œuvres encore tout imprégnées d'esprit classique annoncent pourtant les audaces du romantisme. Elles illustrent bien les efforts de nombreux écrivains qui, avec plus ou moins de hardiesse et de bonheur, sont à la recherche d'un art nouveau.

La diagnose de l'époque n'était pas assez avancée pour permettre d'établir avec certitude l'identité du fléau. Le [p. 2] problème n'aurait d'intérêt que pour l'historien de la médecine. Il semble en tout cas certain qu'il ne s'agit ni de peste bubonique ni de peste pulmonaire. La majorité des rapports parlent de fièvre jaune. D'aucuns pensèrent au « typhus ictérode », d'autres crurent reconnaître une forme de choléra. On parlait aussi de « maladie des nègres », de « mal de Siam », de « typhus amaril ». Plusieurs médecins estimèrent même être en présence d'une maladie nouvelle, inconnue jusqu'alors. Dans sa Relation historique des malheurs de la Calalogne, Dominique Henry, archiviste de la préfecture des Pyrénées-Orientales, signale que :

le fléau... offrait à la fois tous les caractères de la fièvre jaune, du vomito negro, de la maladie des nègres de la Guinée, du mal de Siam, du choléra-morbus, du typhus particulier à nos contrées [1].

Peut-être aujourd'hui, après avoir consulté les ouvrages relatifs à cette épidémie, un médecin pourrait-il se prononcer sans hésitation sur sa nature. Il est d'ailleurs possible qu'elle se soit composée de plusieurs maladies différentes sévissant en même temps
car les circonstances qui permettent la propagation d'un germe infectueux favorisent très souvent la virulence d'autres maladies épidémiques [2].

Quoi qu'il en soit, le mot « peste » sera pris ici dans le sens général, qu'il avait au XIXe siècle, de « maladie meurtrière et probablement épidémique ».

L'épidémie de fièvre jaune (admettons qu'il se soit bien agi de fièvre jaune) fut plus qu'un fait divers. En son temps, cet épisode préoccupa non seulement les chancelleries mais l'opinion publique, non seulement les savants mais les poètes. En l'étudiant, nous comprendrons peut-être mieux les hommes qui en furent témoins.



[1] Paris, Audot, 1822, p. 123. Cet ouvrage bien documenté est un des rares qui présentent les faits avec objectivité et concision.

[2] Hans ZINSSER, Rats, Lice and History, New York, Bantam Books, 1960, pp. 87-88 (1re éd., 1934). Sauf indication contraire, j'ai traduit moi-même les citations extraites d'ouvrages étrangers.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le vendredi 11 janvier 2013 16:14
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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