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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

L'enfant sourd avant trois ans: enjeu et embûches de l’éducation précoce. (1979)
Séance d'ouverture


Une édition électronique réalisée à partir du document de l'A.N.P.E.D.A., Claude FONROJET, L'enfant sourd avant trois ans: enjeu et embûches de l’éducation précoce. Actes du colloque international organisé par l'A.N.P.E.D.A., Paris - 2, 3 et 4 novembre 1979. Paris: Les Publications du C.T.N.E.R.H.I. Centre technique national d'études et de recherches sur les handicaps et les inadaptations, 1980, 303 p.

Séance d'ouverture

ALLOCUTION

Monsieur Claude Fonrojet

Sous-Directeur de la Réadaptation, de la Vieillesse et de l'Aide Sociale au Ministère de la Santé et de la Sécurité Sociale

Si nous attendons beaucoup de ce Colloque, il ne m'est pas possible, dès l’entrée, d'en préjuger les conclusions.

Je voudrais seulement dire un mot sur quelque chose qui peut apparaître paradoxal : depuis déjà plusieurs décennies, il existe des écoles spécialisées pour assurer l'éducation et l’instruction des jeunes sourds. Pratiquement, les premières institutions remontent à plus de deux cent cinquante ans. Paradoxalement, ce n'est qu'à une date récente qu'on s'est intéressé à ce qu'il fallait faire à l’égard des tout jeunes enfants.

Je dis paradoxalement, parce que c'est peut-être là que se situent les actions qui semblent devoir être les plus efficaces. C'est au cours des premières années de la vie que se forme la personnalité des futures personnes, des futurs adultes, pour qui que ce soit, et il eût été normal de s'y intéresser en premier.

Plus personne aujourd'hui ne le conteste, et dans ce domaine, si l'évolution a été aussi tardive, c'est d’abord que l'on s'est intéressé assez tard au jeune enfant. Il y a eu une transformation du rôle des uns et des autres à l'égard des enfants d’âge préscolaire. On a assisté au développement foudroyant, je crois, de l'école maternelle, et aujourd'hui on commence à s'intéresser davantage encore à ce qui précède l’âge de la maternelle.

Le deuxième élément qui me semble avoir joué, c'est qu'un certain nombre de techniques nouvelles sont apparues d’audiométrie et de prothèse de l'enfant. Peut-être la jonction de deux éléments : une nouvelle approche psychologique du jeune enfant et de nouvelles techniques, a permis d'y voir plus clair sur ce qu'il convenait de faire.

De toute façon, depuis une dizaine d'années, grâce à l'action conjuguée des services hospitaliers, des praticiens des services de pédiatrie et de néonatologie, mais aussi des services de Protection maternelle et infantile, puis de tous ceux qui s'intéressent à l’enfant, un effort important a été accompli pour créer et développer un réseau de dépistage, Les efforts dans ce domaine ont été, je crois, couronnés de succès. Je ne les ai plus en mémoire, mais les chiffres cités par un spécialiste comme M. Veit montrent que la déficience auditive était décelée chez des enfants de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes C'est là un aspect absolument heureux.

Deuxième évolution : le dépistage n'est pas en soi suffisant ; c'est une action plus importante pour organiser et développer des services de guidance parentale ou familiale, avec des créations de plus en plus nombreuses de centres d'action médico-sociale précoce, mais aussi des services d'éducation spécialisée à domicile, certainement encore insuffisants.

Troisième aspect : des efforts ont été faits pour améliorer la qualité des prothèses d'une part, et assurer une prise en charge de ces prothèses dans les meilleures conditions possibles afin que ce soit compatible avec les moyens financiers des parents qui, parfois, peuvent être un frein. Constater ces progrès ne suffit pas. L'évolution date d'une dizaine d'années et votre Colloque est particulièrement bienvenu, aujourd'hui, pour faire le point sur tous ces aspects. Nous, en tant que fonctionnaires chargés de réfléchir sur ces problèmes, nous savons, avec peu de chances de nous tromper, ce que nous devons faire pour améliorer les choses pour les adolescents et les adultes, je veux dire par là, leur faciliter l'accès aux moyens audio-visuels, permettre l'intégration la meilleure possible dans le milieu scolaire ordinaire, ou en tout cas se rapprochant du milieu scolaire ordinaire des adolescents ; leur assurer une formation professionnelle aussi prolongée que possible par rapport à leurs capacités, comme pour tous les enfants, et tenter de faire en sorte que le maximum d'entre eux puissent accéder à des études longues s'ils en ont le goût et le désir. Mais par contre, je le dis très simplement, en ce qui concerne l'enfant de zéro à trois ans, beaucoup d'incertitudes demeurent encore sur ce que peuvent apporter les techniques nouvelles, bien qu'il y ait eu un approfondissement sur les méthodes pédagogiques. Et la pédagogie s'adresse là non seulement aux enfants, mais aussi aux parents. Sous ces différents aspects, ce Colloque, je le dis, vient à son heure pour faire le point de ce qui a été fait et des nouveaux progrès qui restent à accomplir. Je le crois particulièrement bien conçu dans la mesure où se trouvent rassemblés tous ceux qui ont leur mot à dire, et je le crois doublement bien conçu dans la mesure où il est organisé par les parents eux-mêmes dont le rôle, négligé dans le passé, apparaît aujourd'hui au premier plan, ce qui est une chose heureuse.

Dire que les parents ont un rôle de premier plan, c'est aussi dire qu'il faut leur donner les moyens d'accomplir leur fonction. Ces moyens, ils sont d'ordre scientifique, d'ordre conceptuel, d'ordre relationnel. Mais il faut tenter aussi de voir quelle est la meilleure forme des institutions à mettre en place, à quels spécialistes il faut faire appel, quelles sont les certitudes qu'on peut leur donner.

Pour ma part, je voudrais remercier l'A.N.P.E.D.A. d'avoir organisé ce Colloque, remercier tous ceux qui ont accepté d'y participer, et dire l'intérêt du ministre de la Santé pour les conclusions qui se dégageront, et qui, je n'en doute pas, devront servir à l'action qui sera conduite au cours des prochains mois et des prochaines années.

*
*   *

Mme Chulude. - Je remercie beaucoup M. Fonrojet pour son interprétation de notre Colloque, des buts que nous poursuivons et aussi pour les espoirs de prolongement de ce Colloque qu'il nous donne. Je vais immédiatement donner la parole au Pr Cosnier, de l'université Claude-Bernard à Lyon, désormais bien connu dans le monde de l'audiophonologie pour les éclairages qu'il lui apporte, et qui traitera le développement de la communication dans l'espèce humaine.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le samedi 11 avril 2009 12:45
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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