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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Claudette Lavallée, “Les femmes cries et inuites du Nord québécois” (1996)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Claudette Lavallée, “Les femmes cries et inuites du Nord québécois”. Un article publié dans l’ouvrage sous la direction de Louise Guyon, DERRIÈRE LES APPARENCES. Santé et conditions de vie des femmes. Chapitre 15, pp. 249-287. Avec la collaboration de Claire Robitaille, May Clarkson et Claudette Lavallée. Québec : Ministère de la Santé et des Services sociaux, novembre 1996, 384 pp. [Autorisation accordée par l'éditeur du Québec le 17 octobre 2006.]

Introduction

Font l'objet du présent chapitre les femmes cries et inuites habitant la région la plus septentrionale du Québec. Ces populations sont dispersées sur un vaste territoire situé entre le 49e et le 55e parallèle pour les Cris et au nord de ce dernier pour la population inuite. Comme l'illustre la carte ci-jointe, la population crie, d'environ 9 300 personnes, est répartie en neuf bandes dont les effectifs varient entre 400 et 2 400 habitants ; 64% des Cris font partie des communautés de la côte de la baie James et de la baie d'Hudson, tandis que les autres résident dans les villages situés à l'intérieur des terres, au bord de lacs et de rivières. La population couverte par l'enquête inuite est estimée à 7 078 personnes dispersées dans 14 villages comptant entre 100 et 1 100 personnes. Soixante pour cent de la population réside sur la côte de la baie d'Hudson et 40% sur celle de la baie d'Ungava. 

Évolution des modes de vie 

Les recherches archéologiques menées dans le Nord québécois suggèrent l'existence d'une occupation préhistorique de ce territoire dès 4 000 à 5 000 ans avant Jésus-Christ (Santé Québec et Jetté, 1994 ; Bobbish-Atkinson et Magonet, 1990). Traditionnellement, les Cris et les Inuits étaient des chasseurs et des trappeurs nomades vivant des produits de la chasse et de la pêche. À partir du dix-septième siècle, les bandes familiales ajoutent au produit de la chasse et de la trappe les produits du troc effectué avec les comptoirs commerciaux et obtenus en échange de leurs fourrures. On peut alors observer l'introduction progressive d'une nouvelle forme d'économie. 

Le début du vingtième siècle fut marqué par la famine et les ravages de nouvelles maladies apportées par des contacts de plus en plus fréquents avec des gens de l'extérieur. Par ailleurs, des services de santé furent peu à peu implantés dans le Nord par le gouvernement fédéral et, à partir du début des années cinquante, les Cris et les Inuits se sont regroupés en bandes et sédentarisés. Ces mutations ont eu des répercussions sur l'organisation sociale des communautés et ont entraîné des perturbations rapides et profondes des conditions et des habitudes de vie, de l'état de santé des individus et de l'organisation des services de santé. Ainsi, en 1978, à la suite de l'entente de la Baie James et du Nord québécois, les conseils cri et Kativik de la santé et des services sociaux ont été créés et intégrés au réseau général de la santé du Québec.

 

 

Situation particulière des femmes 

Les femmes autochtones sont aujourd'hui partagées entre les valeurs traditionnelles et les modes de vie actuels. Chez la majorité des peuples aborigènes du Québec, le rapport entre les sexes en était jadis un d'égalité et de complémentarité. Cependant, l'éclatement de la société traditionnelle, ainsi que la transformation des habitudes de vie et des relations familiales, ont engendré des comportements abusifs ou violents et la perte de l'estime de soi. Mais les femmes autochtones réagissent et on assiste aujourd'hui à un réveil que Richer ( 1993) décrit ainsi : « Elles deviennent chefs de bande et chefs de nation, sortent peu à peu du carcan de la violence, tiennent tête à l'establishment autochtone, veulent retrouver l'estime de soi. On commence à entendre la voix des femmes autochtones, une voix qui porte. » 

Mais qu'en est-il de leur santé et des facteurs qui lui sont associés en 1991-1992 ? Le propos du présent chapitre consiste à tracer un profil sommaire des femmes cries et inuites, à les situer dans leur cadre géographique et socio-économique, à décrire certains aspects de leur santé et à aborder leurs conditions de vie ainsi que les habitudes qui agissent sur leur santé.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le samedi 28 juillet 2007 9:35
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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