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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Les sciences humaines et la pensée occidentale.
Tome IV: Les principes de la pensée au siècle des Lumières. (1971)
Table des matières


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Georges GUSDORF, Les sciences humaines et la pensée occidentale. Tome IV: Les principes de la pensée au siècle des Lumières. Paris: Les Éditions Payot, 1971, 550 pp. Collection: bibliothèque scientifique. Une édition numérique réalisée par mon épouse, Diane Brunet, guide de musée retraitée du Musée de la Pulperie à Chicoutimi. [Autorisation des ayant-droit le 2 février 2013 de diffuser l'oeuvre de l'auteur dans Les Classiques des sciences sociales.]

[7]

Table des matières

Quatrième de couverture

CONNAISSANCE ET MÉCONNAISSANCE DE L'AGE DES LUMIÈRES [17]

Y a-t-il une unité de sens de la pensée européenne au XVIIIe siècle ? Ambiguïté des mots et des idées. L'histoire de la pensée ne peut constituer un inventaire après décès. La vérité du XVIIIe siècle est une recherche de la vérité. L'obstacle rétrospectif de la Révolution française. Les limites de l'objectivité historique. Faguet : le XVIIIe siècle, ni chrétien, ni français. Dépassionner la connaissance du siècle des Lumières, surtout dans le domaine français. De la littérature littéraire à la littérature d'idées. La philosophie n'est plus dans la philosophie. Incertitude des frontières naturelles entre les nations, entre les genres. La Weltliteratur (Goethe) comme marché commun des idées européennes. Pour une compréhension internationale et interdisciplinaire. Inconnus et méconnus du XVIIIe siècle. Le XVIIIe siècle a inventé les idées maîtresses du monde moderne, aujourd'hui fortement dévaluées. L'usure des valeurs comme écran épistémologique.

PREMIÈRE PARTIE

L'ESPACE MENTAL DE L'EUROPE DES LUMIÈRES [35]

CHAPITRE I. NAISSANCE D'UNE EUROPE [37]

Le XVIIIe siècle est une époque de tranquillité après la fin des guerres de religion. Les motivations religieuses, toujours vivaces, n'interviennent plus qu'en politique intérieure. Stabilité de l'équilibre européen. La guerre déshonorée, et limitée. Le thème de la paix perpétuelle. De la guerre dynastique à la guerre révolutionnaire, renaissance de la guerre de religions. L'idée de la république européenne, forme nouvelle de l'Occident. Le mythe européen fournit une unité de rechange, après la dislocation religieuse et politique. Les Européens gestionnaires de la planète Terre. L'Europe des valeurs comme nouveau globus intellectualis. Le sens de l'universalité de la langue française [47]

Critique du concept d'Ancien Régime. Les limites chronologiques du siècle des Lumières varient d'un pays à l'autre. Limites longues et limites courtes. Subdivisions de la période. Accélération de l'histoire culturelle dans la période axiale du siècle. Les despotes éclairés et le démarrage de l'Europe à partir de 1750. Centralisation, rationalisation, révolution. Persistance des particularismes en dépit de l'unification culturelle : le cas de l'Allemagne, de la Suisse, de l'Italie. Diversité dans l'unité [50]

CHAPITRE II : LA FRANCE [59]

La majeure partie de l'Europe a fait accueil aux Lumières dans leur version française. Du Siècle de Louis le Grand au Siècle des Lumières. Anciens et Modernes, de Charles Perrault à Voltaire. Louis XIV a imposé à l'Europe un nouveau style culturel : « une révolution dans l'esprit humain » (Voltaire). La culture a été l'endroit du Grand Siècle. La mort de Louis XIV apparaît comme une grande espérance, espérance déçue. Pas de roi philosophe en France. Survivance de l'absolutisme. Les Lumières, article d'exportation. La persécution des idées nouvelles exaspère la protestation. La Révolution, retour du refoulé.

CHAPITRE III. L'ANGLETERRE [68]

Priorité d'honneur de l'Angleterre dans l'ordre des idées philosophiques, scientifiques et religieuses. L'Ile au Trésor des valeurs modernes. Le pluralisme britannique et sa fécondité : coexistence pacifique et dialogue. Hume, Gibbon et les athées de Paris. L'invention du régime parlementaire après la révolution de 1688. Une politique empirique et désacralisée, un peuple à l'âge adulte. Les penseurs continentaux n'ont pas d'expérience politique. Apparition d'une culture en Écosse. Le roman anglais, littérature bourgeoise et moderne.

CHAPITRE IV : LES ALLEMAGNES [81]

L'archaïsme germanique. L'institution impériale, mythe régressif. Endettement de l'espace allemand : Kleinstaaterei. Vérité de tradition contre vérité de raison. L'espace mental, nébuleuse non centrée. Mauvaise conscience culturelle des Allemands éclairés : Frédéric II et Goethe. L'Aufklärung est une réaction à la dispersion spirituelle. Géographie culturelle des Allemagnes. Protestantisme bourgeois et catholicisme baroque. Frédéric II intellectuel couronné. Valeur des universités : création et rôle de Halle (1694), rationaliste et piétiste, de Göttingen (1734), lieu propre de l'historiographie et de la science politique libérale. Les Magazines et la Popularphilosophie.

CHAPITRE V : LE NORD ET LE MIDI [95]

Inégalité de développement entre le Nord et le Sud. L'obstacle du catholicisme. Le cas des Jésuites, mainteneurs de la Contre-Réforme et boucs émissaires dans l'Europe catholique. La culture baroque opposée au réalisme bourgeois, l'absolutisme au libéralisme. Nord et Midi selon Montesquieu, selon Goethe ; théorie des climats et anthropologie différentielle. Gibbon et le déclin de Rome. Les mentalités religieuses.

CHAPITRE VI : L’ITALIE  [105]

L'Italie du XVIIIe siècle, réserve de valeurs et musée culturel. L'itinéraire italien comme pèlerinage artistique. Dégradation du catholicisme italien selon le président de Brosses. Rome, pôle négatif de l'Europe des Lumières et foyer de référence artistique. La mosaïque italienne : déclin de Venise, [9] vitalité de Florence. L'illuminisme italien : Vico et la culture napolitaine, Filangieri. La vie intellectuelle à Milan : les frères Verri, Beccaria. Le mouvement de réforme.

CHAPITRE VII : LA PÉNINSULE IBÉRIQUE [114]

Vide culturel de l'Espagne au XVIIIe siècle. Centralisation monarchique et hantise de la croisade. De la Reconquête à l'Inquisition, le règne de l'esprit d'orthodoxie. Ilustracion et hétérodoxie ; les Lumières seront toujours d'importation. L'élite réformatrice et l'œuvre de Charles III. Les efforts de modernisation et les Sociétés économiques. La lutte contre l'inertie est vouée à l'échec. L'expérience portugaise : l'œuvre du marquis de Pombal.

CHAPITRE VIII : L’EXPANSION DE L’OCCIDENT [124]

L’EXPANSION À L’EST: la Russie. L'ouverture vers l'Est de l'espace européen. La Moscovie devient la Russie. Le rôle de Pierre le Grand, premier en date des souverains éclairés. Pierre Ier et Leibniz. Jugements de Montesquieu, Frédéric II, Rousseau, Voltaire. Catherine II, intellectuelle couronnée. Idéalisme, réalisme et autocratie. Le Nakaz ou Instruction de 1767. L'or russe dans la vie intellectuelle française. Citoyenne du monde et impératrice de la Sainte Russie, Catherine atteste l'éminente dignité des valeurs d'esprit. [125]

LA POLOGNE. Elle appartient à la Romania traditionnelle, mais sa structure politique archaïque en fait l'homme malade de l'Europe au XVIIIe siècle. La situation polonaise, expérience de pensée pour les théoriciens de la politique. Stanislas Auguste Poniatowski et la Pologne des Lumières. Stanislas Lesczynski, roi en exil et philanthrope couronné [135]

L’EXPANSION À L’OUEST: les États-Unis d'Amérique. La nouvelle frontière englobe l'Extrême-Occident. Caractère projectif du Nouveau Monde, seconde chance des hommes d'Occident. L'Amérique comme utopie et comme champ d'expérience. L'insurrection des colonies anglaises d'Amérique est une crise de la conscience occidentale. L'exemple américain : Raynal, Condorcet [139]

CONCLUSION : L’OCCIDENT ET LE RESTE [145]
Européocentrisme de la bonne conscience. L'Europe des Lumières se sent en flèche dans le devenir de l'humanité. Dépassement de l'humanisme méditerranéen. Les limites de l'universalisme du droit naturel. Unité ou diversité de l'humanité.

DEUXIÈME PARTIE

L’INTELLIGIBILITÉ AU XVIIIe SIÈCLE [149]

CHAPITRE I : LE MODÈLE NEWTONIEN [151]

L'âge des Lumières prolonge et systématise la révolution galiléenne. Déclin et renouvellement des absolus. La philosophie expérimentale n'est pas cartésienne mais newtonienne. La synthèse de Newton : une physique mathématique et corpusculaire ; positivisme méthodologique sur arrière-plan théologique. Les causes et les lois, le concept d'attraction. Dissociation du savoir et de la foi, de Newton à Kant. Vers la [10] formalisation axiomatique du savoir : d'Alembert et les éléments des sciences. Le retrait de Dieu, de Newton à Laplace ; vers la mort de Dieu en épistémologie [151]

La fascination newtonienne, en dépit des résistances romaines. Le nationalisme comme obstacle épistémologique. Le newtonien Maupertuis et le problème de la forme de la terre. Voltaire et la marquise du Châtelet. Les physiciens hollandais, diffuseurs du newtonianisme sur le continent : 'sGrave-sande, Musschenbrock. Popularité de la physique expérimentale. Vers la géométrisation de l'univers. Résistances françaises : le retard de l'enseignement, de l'université et des Jésuites. Les cours privés : l'abbé Nollet. Les écoles militaires et techniques [164]

CHAPITRE II. LA GÉNÉRALISATION DU PARADIGME NEWTONIEN [180]

I. Les sciences de la nature. La fascination newtonienne s'exerce de proche en proche en dehors de son lieu d'origine. L'intelligibilité physico-mathématique doit faire autorité pour la totalité du savoir. Le recours à l'imagination analogique ; l'évidence morale selon 'sGravesande. Généralisations abusives de l'attraction. Indétermination des frontières épistémologiques de la physique. La protestation de d'AIembert. Attraction et affinité en chimie. Le newtonianisme de Buffon ; l'échelle des certitudes, de l'astronomie à l'anthropologie, de la science à la rhétorique. Lieux communs newtoniens : la sexualité, la médecine, la physiologie de Haller, la biologie de Barthez [180]

II. Les sciences de l'homme. Le modèle newtonien permettra de combler le retard épistémologique des nouvelles sciences de l'homme, ainsi prisonnières des schémas physico-mathématiques. La formalisation scientifique des disciplines philosophiques par Christian Wolff. La réalité humaine soumise à l'investigation expérimentale. La science des mœurs selon Duclos. L'Esprit des Lois et la formalisation du droit ; le déterminisme du climat. Monisme ou dualisme de l'intelligibilité chez Raynal, Hume, Turgot, les Physiocrates, Adam Smith. Hume veut être le Newton de l'espace mental, Hartley celui de la réalité humaine totale. Newtonianisme politique et social de Priestley, Helvétius, Godwin, Bentham. Newtonianisme moral de Shaftesbury, Hutcheson ; l'esthétique de Henry Home, la grammaire générale de Beauzée. La formalisation du devenir historique : Voltaire, Turgot, Condorcet ; les philosophies de l'histoire. Newtonianisme de Saint-Simon, de Fourier [193]

CHAPITRE III. MORT ET RÉSURRECTION DE LA MÉTAPHYSIQUE. [213]

I. Le XVIIIe SIÈCLE ET LA PHILOSOPHIE. Le siècle des « philosophes » considéré comme une période creuse par les historiens de la philosophie. Vaches grasses ou vaches maigres : le XVIIIe siècle a philosophé à sa manière. Déplacement du point d'application de la réflexion philosophique. La philosophie n'est plus dans la philosophie, mais partout. Vulgarisation et propagande. Situation du philosophe en France, en Allemagne, en Écosse [213]

II. LA CENSURE CRITIQUE DE LA MÉTAPHYSIQUE. Kant : rêves des visionnaires et rêves des métaphysiciens. La restriction critique de la connaissance selon Voltaire, Kant et Hume, dans la tradition de Locke. De la métaphysique transcendante à la médecine de l'esprit. Le négativisme ontologique [11] comme conversion intellectuelle. Le précédent baconien du repli dans les limites de la certitude expérimentale. Le positivisme à référence scientifique. La philosophie change de contenu. L'attitude de Fontenelle. Vers une métaphysique de caractère scientifique, aboutissement de la révolution galiléenne. Une philosophie sans transcendance et sans absolu. Ambiguïté de cette position : la physico-théologie de Newton. [219]

III. LA MÉTAPHYSIQUE COMME ÉPISTÉMOLOGIE GÉNÉTIQUE OU THÉORIE DE LA CONNAISSANCE. La métaphysique de Locke, physique expérimentale de l’âme humaine. Une science de la portée et des limites de l'esprit humain. Kant : « l'entendement se connaissant lui-même ». Condillac : la métaphysique comme analyse des opérations de l'entendement. L'histoire de la pensée comme justification de la pensée. La méthode génétique procède à partir d'un degré zéro de la connaissance. Le mythe du premier homme selon Buffon et la parabole de la statue chez Condillac. Diderot et la décomposition de la pensée considérée comme une « anatomie métaphysique ». Le premier homme de Balthasar Gracian et l'odyssée de la conscience. Enfants sauvages et langage originaire. Esquisses d'une embryogénie de l'esprit humain. Rousseau : complémentarité de l'Émile et du Contrat Social ; individu et communauté. [232]

IV. LA MÉTAPHYSIQUE COMME THÉORIE DES ÉLÉMENTS. La métaphysique comme axiomatisation du savoir, théorie générale de la science. D'AIembert : pour une science des sciences et de la science. Métaphysique et grammaire générale (Beauzée, Turgot). La métaphysique à l'Académie de Berlin. Gnoséologie et axiologie. L'universalité rationnelle est un programme d'action [249]

V. SYSTÈME. Le mot appartient d'abord au vocabulaire de l'astronomie, puis passe de la physique céleste à la physique terrestre, et désigne tout ordonnancement rigoureux de l'espace mental. Discrédit du système dans les milieux scientifiques du XVIIIe siècle. Newton : hypothèses non fingo. Priorité aux faits sur les idées, à la pratique sur la théorie. Turgot : système abstrait à la langue bien faite, l'exemple de Lavoisier. Bon mausolée. Condillac : Traité des Systèmes ; du système et mauvais usage du système : Quesnay, Buffon. Le rôle de la conjecture et la querelle du génie. Causalité et finalité. Systema naturae et Chaîne des Êtres [257]

VI. DE LA THÉODICÉE À L’ANTHROPODICÉE. L'homme est le centre du monde métaphysique et le créateur du monde culturel. La philosophie expérimentale, recherche de la vérité de ce monde, en ce monde. Priorité de l'anthropologie. Du droit divin au droit humain. De la raison triomphante à une raison militante et constituante. Une philosophie populaire et utilitaire [280]

TROISIÈME PARTIE

LES VALEURS DOMINANTES AU XVIIIe SIÈCLE [291]

CHAPITRE I: LUMIÈRES [293]

Ambiguïté et polyvalence du terme, qui désigne une profession de foi et une philosophie de l'histoire, qui se différencie selon l'espace et selon le temps. Aufklärung, Lumi, ilustracion. [12] La symbolique traditionnelle du clair et de l'obscur. Loi du jour et passion de la nuit, du platonisme au christianisme. De la lumière surnaturelle à la lumière naturelle. Des platoniciens de Cambridge à Bayle et à Kant. Aufkärung, Free-Thinking. Lumières et obscurantisme selon Voltaire. La dynamique des Lumières. Une sensibilité intellectuelle : primat de l'entendement. Le refoulement appelle un retour du refoulé.

CHAPITRE II : PROGRÈS [310]

La réalité humaine dans la perspective d'un développement temporel : historicité de l'existence et efficacité de l'entreprise humaine. Relâchement de la contrainte ontologique. Retour éternel antique, histoire chrétienne du salut. L'humanisme renaissant, conscience prise d'un démarrage culturel. L'idéologie progressive comme philosophie d'une histoire qui finit bien. L'ordre culturel dissocié de l'ordre naturel. Ramus, Louis Le Roy, Bacon. Les tenants de la modernité se réfèrent aux conquêtes de la science et de la technique. Le thème du progrès chez les Virtuosi, chez Leibniz, Charles Perrault, Hume, Turgot. L'histoire de l'humanité et la temporalisation de la chaîne des êtres. Le progressive state comme conscience du présent. Un messianisme du développement.

CHAPITRE III : CIVILISATION [333]

Un concept global qui appréhende les faits dans une perspective de valeurs. L'homme du XVIIIe siècle se met à vivre en situation de civilisation, c'est-à-dire dans un univers culturel qu'il a lui-même créé. La croissance urbaine. Le mot civilisation apparaît, en France et en Angleterre, dans le second tiers du siècle et se diffuse rapidement. Kultur. L'idée de civilisation comme catégorie de la compréhension : Vico. D'abord variable temporelle d'une humanité unitaire, l'idée de civilisation se démultiplie. Civilisation comme va-leur et civilisation comme fait.

CHAPITRE IV : HUMANITÉ [349]

L'alternative traditionnelle du divin et de l'humain cesse d'écraser l'immanence sous l'exigence de la transcendance. Le retrait de Dieu suscite une nouvelle anthropologie et une nouvelle théologie. Atténuation ou effacement du péché originel. Le jansénisme se convertit en libéralisme. L'existence humaine devient centre de perspective. L'anthropocentrisme des Lumières différent de l'humanisme renaissant. L'idée d'humanité, conglomérat de faits et de valeurs, foyer d'une nouvelle foi. Ethnologues, missionnaires et prêtres au service des hommes. Oberlin. De la chrétienté à l'humanité dans son extension plénière.
L'humanité comme cadre épistémologique et comme vertu. La notion nouvelle de Bienfaisance (abbé de Saint-Pierre) substituée à la charité traditionnelle. La notion nouvelle de Philanthropie (Fénelon). Le sens des mots patriote, patriotisme, cosmopolite et cosmopolitisme. Le temps des citoyens du monde. Ces notions déterminent une nouvelle conscience culturelle de l'homme dans l'univers [364]

CHAPITRE V. OPTIMISME JURIDIQUE ET ASSISTANCE PUBLIQUE [375]

Les sciences sociales et les nouvelles responsabilités de l'État. Le souverain éclairé, moyen court vers une société [13] plus juste. Socialisation de l'existence. Codification et administration comme philanthropie militante. La science de la législation axiomatisera la vie politique et sociale en vue d'un salut terrestre et collectif. Le problème de la pauvreté ; assistance et hygiène publiques. De la défense sociale à la philanthropie militante. Éducation nationale. Prisons et asiles.

CHAPITRE VI : TOLÉRANCE [387]

Le sens de la diversité humaine concrète. Avènement de l'enfant et de la femme. La lutte pour l'égalité des droits entre confessions différentes. La condition des protestants en France. Les Juifs parmi les nations. Le particularisme hébraïque. Amélioration du sort des Juifs en Allemagne. Moïse Mendelssohn et l’Aufklärung juive. La question coloniale et la protestation contre l'exploitation de l'homme par l'homme. La polémique sur l'esclavage. L'anticolonialisme humanitaire de Raynal.

CHAPITRE VII : LE MOUVEMENT MAÇONNIQUE [402]

Lumières et Maçonnerie. La rénovation de l'institution maçonnique au XVIIIe siècle est un signe des temps. Les origines de la Maçonnerie anglaise et la création de la Grande Loge d'Angleterre en 1717 ; les Constitutions de 1723. Une idéologie de la religion naturelle et libérale, à la fois laïque et philanthropique. Vers une république universelle des hommes de bonne volonté : Lessing. La diffusion de la Maçonnerie en France. Le projet de dictionnaire de Ramsay. La Maçonnerie en Allemagne. Illuminisme et Maçonnerie. L'occultisme et ses confins.

CHAPITRE VIII : RÉVOLUTION [414]

Histoire du mot jusqu'au XVIIIe siècle. De l'idée d'une fatalité physique et cyclique à l'idée d'une intelligibilité de rupture. Le droit d'initiative de l'homme sur son destin. Les révolutions d'Amérique et de France donnent à l'idée une actualité nouvelle. Nouvelle alliance de l'idée et du réel. Pourquoi la Révolution a éclaté en France. Les intellectuels du XVIIIe siècle souhaitent une redistribution des rôles sociaux, mais ils n'ont pas voulu 1789. La discordance entre les exigences et les institutions nourrit l'ambiance messianique en laquelle s'accomplit la disparition de la monarchie française. Une nouvelle légitimité. Turgot : l'article Fondations. L'initiative révolutionnaire efface tout pour tout recommencer.

CHAPITRE IX : UTILITÉ [428]

Le dialogue de Voltaire et de Pascal. Ce monde-ci a une valeur positive. Socialisation de la vertu. Réhabilitation du bonheur. Bien-être et technologie. Le plus grand bonheur du plus grand nombre ; la poursuite du bonheur parmi les droits de l'homme, et les devoirs du gouvernement. Fénelon et Louis XIV. Vers le Welfare State. Les penseurs du XVIIIe siècle et les réalités économiques ; Locke, Hume, Turgot. Vers une anthropologie économique. La critique du mercantilisme et l'apparition de l'économie libérale : Adam Smith. Économie politique et valeurs bourgeoises.

CHAPITRE X : LUXE [444]

Le luxe aristocratique correspond au surplus de richesses des privilégiés. Fénelon contre le luxe charismatique ; le mythe [14] de la frugalité en tant que nostalgie antiéconomique. Bayle détruit les mirages de Sparte et de Rome. Le luxe bourgeois et l'exemple des Provinces Unies. Mandeville et le nouvel homo oeconomicus dans le monde moderne. L'utilité sociale prend le pas sur la morale individuelle. Relativisation de la richesse et de la frugalité. De l'économie de la pénurie à l'économie de l'abondance. Vers une civilisation de la consommation : le point de vue de Voltaire et de Diderot. Beccaria : luxe d'ostentation et luxe de commodité. La critique régressive de Rousseau. Une question mal posée, dans la confusion des données matériel-les et des exigences morales.

QUATRIÈME PARTIE

LA CONDITION DE L'INTELLECTUEL [463]

CHAPITRE I. LA CLASSE CULTURELLE DANS LA SOCIÉTÉ [466]

La culture imprimée est réservée à la minorité capable de lire. Prédominance de l'analphabétisme. Les villes, îlots de haute densité intellectuelle. L'instruction primaire, goulot d'étranglement culturel. L'universalisme des Lumières ne concerne guère les masses. Malthusianisme pédagogique et stabilité sociale : Voltaire, Frédéric IL Helvétius et Condorcet pour l'instruction universelle. La société traditionnelle et la littérature de colportage. La clientèle des collèges. La culture européenne n'intéresse dans chaque pays que quelques milliers d'individus. Une élite où la bourgeoisie est prépondérante.

CHAPITRE II : RELIEF SOCIAL DE L'INTELLECTUEL [478]

Promotion de l'intellectuel dans la nouvelle société. Le rôle social de l'homme de lettres dont la fonction est de dégager le sens de la marche. L'exemple anglais : les honneurs de Newton. Rémunérations pour services rendus. Les écrivains et le pouvoir. Les fonds secrets de Catherine et le marché des cerveaux en Europe. Les activités culturelles reconnues d'utilité publique : Frédéric II. Une nouvelle cléricature. Débuts, hors de France, d'un dirigisme culturel. Les intellectuels et le système de l'opinion publique.

CHAPITRE III. VOCATION DE L'INTELLECTUEL [490]

A la différence de l'écrivain traditionnel, l'intellectuel fait œuvre de critique et de raison. Un type nouveau d'uomo universale. L'érudition remplacée par le service de la vérité. Le philosophe selon l'Encyclopédie. Les publicistes, les fonctionnaires. Les Français de l'étranger, exilés et réfugiés pour cause de religion, affirmateurs de la liberté de conscience, informateurs et maîtres à penser de l'Europe. Périodiques européens. Du ministère religieux au ministère de raison et d'humanité. Pasteurs, clergymen et abbés. Littérature d'idées et sommes de pensées.

CHAPITRE IV. LE MÉTIER DES LETTRES [503]

La république des lettres, ensembles et sous-ensembles. La question d'argent. Les lettres comme second métier, ou comme premier. Places et pensions. Mais au XVIIIe siècle, le métier des lettres devient une profession libérale. Les nouveaux [15] riches de la littérature : Pope, Voltaire, les finances de l'Encyclopédie, Klopstock. La fin du mécénat. Développement du marché du livre. Rôle des grands éditeurs. Les circuits parallèles : littérature clandestine, littérature de contrebande. Réglementation administrative et statut de la propriété littéraire.


CONCLUSION

L'AUTRE XVIIIe SIÈCLE OU LE RETOUR DU REFOULÉ [517]

Le siècle des Lumières a eu ses rayons et ses ombres. Le contrôle totalitaire de l'intellect méconnaît l'espace du dedans. La négation du mystère a ses objecteurs de conscience. L'introversion comme refuge : le sens intime selon l'abbé de Lignac et d'Alembert. Le dualisme anthropologique et les deux aliénations de l'intellect et du sentiment. Un nouveau christianisme, de Fénelon à Rousseau : quiétisme, piétisme, méthodisme. La protestation des âmes sensibles : « romantique », « sentimental ». L'idylle, l'élégie, le roman et l'amour. La libération du moi et la découverte de la vie privée. La vertu d'originalité, l'enthousiasme, le génie : Rousseau, Hamann et la Série Noire de Sade. L'ennui, le spleen ou l'absence de la valeur : de l'apathie à la passion. Sturm und Drang. Les hommes de désir.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 2 octobre 2014 9:02
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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