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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Georges Gusdorf, INTRODUCTION AUX SCIENCES HUMAINES.
Essai critique sur leurs origines et leur développement
. (1974)
Table des matières


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Georges Gusdorf, INTRODUCTION AUX SCIENCES HUMAINES. Essai critique sur leurs origines et leur développement. Paris: Les Éditions Ophrys, Nouvelle édition, 1974, 522 pp. Association des publications près Les Universités de Strasbourg, fascicule 140. Une édition numérique réalisée par Pierre Patenaude, bénévole, professeur de français à la retraite et écrivain, Chambord, Lac—St-Jean. [Autorisation des ayant-droit le 2 février 2013 de diffuser l'oeuvre de l'auteur dans Les Classiques des sciences sociales.]

[513]

Table des matières

Préface à l'édition italienne, 1972.

INTRODUCTION

LA CRISE ÉPISTÉMOLOGIQUE
DES SCIENCES HUMAINES
[7]

La tentative de Dilthey pour une épistémologie des sciences humaines (1883) n'a pas réussi à combler le retard épistémologique de ces disciplines. La métaphysique universitaire, fascinée par les mathématiques méconnaît, les sciences de l'homme, sciences inexactes. Les ignorances de Lachelier. Dialogue de sourds entre historiens et philosophes ; d'où une situation aussi ruineuse pour les spécialistes des sciences de l'homme que pour les métaphysiciens. Les savants, dupés par leurs techniques, cherchent sans savoir ce qu'ils cherchent. Nécessité d'une conversion épistémologique : la science de l'homme présuppose une métaphysique de la condition humaine. La crise actuelle des sciences humaines est une crise de conscience de l'homme contemporain. La fonction de la métaphysique est d'assurer, de siècle en siècle, l'unité de la culture. Elle a pour matière les apports de toutes les sciences. Nécessité d'une révision de l'orthodoxie établie. Pour une autre histoire de la philosophie. Toute histoire est dans l'histoire ; il faut reconnaître le passé plutôt que le juger. Il faut dégager des falsifications positivistes le sens réel des époques de la culture. Une histoire naturelle du devenir de la pensée. L'épistémologie doit être l'organe d'une prise de conscience philosophique. L'histoire des sciences humaines est une enquête de l'homme sur l'homme. Il faut détrôner l'idole du monisme scientiste ; et celle du totalitarisme intellectualiste. La science de l'homme, dialogue de l'homme avec l'homme, contribue à l'édification de l'homme. Une anthropologie non socratique et non cartésienne.


PREMIÈRE PARTIE

LA SCIENCE DE L'HOMME JUSQU'AU XVIIe SIÈCLE

Chap. I. – LA SCIENCE DE L'HOMME DANS L'ANTIQUITÉ [33]

La science, ordination en pensée de l'univers. Le modèle épistémologique de la cosmobiologie et l'unité du savoir antique. Pas [514] de science de l'homme indépendante : le microcosme est relié au macrocosme dans l'horizon de la théologie astrale. Les problèmes humains échappent à l'homme dans l'espace mental de la pensée grecque. Le génie d'Hippocrate crée pourtant la première science expérimentale de l'être humain. Aristote, fondateur de l'histoire naturelle et de l'anthropologie positive. Érudition et philologie dans l'école d'Alexandrie. Le déclin des sciences à l'époque romaine : l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien.

Chap. II. – LA SYNTHÈSE THÉOLOGIQUE DE LA CULTURE MÉDIÉVALE. [43]

La restriction de l'horizon politique et intellectuel au Moyen Age. La Romania médiévale et les origines de la culture occidentale. Le sauvetage de l'intelligence païenne et les diverses renaissances. La civilisation médiévale comme système de sécurité à base théologique. La révélation chrétienne, présupposé dogmatique du savoir dans son ensemble. L'univers païen sert de décor à l'histoire chrétienne du salut. L'a priori dogmatique empêche le développement d'une science autonome de la nature ou de l'homme. L'anthropologie astrologique ; l'expérience magique selon Roger Bacon. Le progrès n'est possible que par la dislocation du système.

Chap. III. – LA RENAISSANCE ET LES ORIGINES DES SCIENCES HUMAINES : L'AGE DES AMBIGUÏTÉS. [53]

Relativité du concept de Renaissance. Le renouvellement de l'espace mental. L'humanité se met à vivre dans le temps, échappant au contrôle du dogme. Nouvelle évaluation de l'homme l'humanisme. Implication mutuelle de la magie et de la science astrologie et astronomie. L'esthétique géométrique de Copernic. La crise d'originalité juvénile de la civilisation occidentale et l'intellectus sibi permissus. La formation de la philologie. La Réforme. L’exploration du monde et la révélation des autres hommes. Destruction de la conception ancienne de l'homme et de l'univers. Désacralisation du corps : l'anatomie. La libre entreprise dans l'ordre politique et social. L'historiographie renaissante. La philosophie politique. L'expérience spirituelle de l'individualisme renaissant : l'exaltation humaniste de l'homme. Le mythe de Prométhée. Francis Bacon, le Jules Verne de l'épistémologie. De la Nouvelle Atlantide aux Académies. Caractère composite du savoir renaissant : thèmes scientifiques et thèmes magiques s’impliquent mutuellement. L'ironie et la sagesse sceptique dans la dernière vague renaissante. Léonard de Vinci ou l'échec de la Renaissance. Espérances et promesses.


DEUXIÈME PARTIE

VERS L'ANTHROPOLOGIE MÉCANISTE


Chap. I. – LA NAISSANCE DU MÉCANISME ET LA LÉGENDE CARTÉSIENNE [75]

Le modèle épistémologique du mécanisme se trouve à l'origine de la science moderne. L'idée de la science rigoureuse comme système d'intelligibilité indépendant de tout arrière-plan mythique s'affirme avec Galilée. Grandeur et insuffisances de Galilée. La légende dorée de Descartes. Les vrais novateurs sont Galilée, [515] Hobbes, Gassendi, Mersenne... Les aspects traditionalistes de la pensée cartésienne. Descartes anti-moderne. Quand, comment et pourquoi Descartes est devenu un des Grands de la philosophie. Les mérites littéraires de Descartes. La « nouvelle philosophie » est dans l'air au début du XVIIe siècle.

Chap. II – L'ANTHROPOLOGIE MÉCANISTE : LE THÈME DE L'HOMME MACHINE. [85]

Révision des valeurs épistémologiques : la nouvelle science de la nature implique une nouvelle science de l'homme. L’apparition de la coupure entre l'esprit et le corps met fin au naturalisme physico-théologique. L'homme rentre dans le droit commun de la connaissance. Le corps humain, corps parmi les corps. Le schéma de la circulation du sang selon Harvey (1628) prépare le thème cartésien de l'homme machine, qui a surtout une valeur heuristique. Le mécanisme annexe le corps évacué par l'âme. Divorce existentiel entre l'homme et son corps devenu inhumain. Vers une biologie et une médecine positives. La psycho-physiologie mécaniste.

Chap. III. – LA DISLOCATION DU COMPROMIS CARTÉSIEN : APPARITION DE L’IDÉE DE NATURE. [95]

Descartes associe une physique mécaniste et une métaphysique spiritualiste, position intenable. Bossuet cartésien et anti-cartésien. Descartes est allé trop loin ou pas assez. Mécanisme et ontologie chez les successeurs de Descartes. Destruction du déterminisme chez Malebranche : l'intelligibilité selon l'occasionnalisme et la vision en Dieu. L’immatérialisme de Berkeley. Mais ni les croyants, ni les incroyants ne peuvent se satisfaire de ces échappatoires. La lumière naturelle selon Bayle. Religion naturelle, droit naturel. Recul du surnaturel. L'homme se dissout dans l'environnement objectif.


TROISIÈME PARTIE

L’ESSOR DE LA SCIENCE DE L'HOMME
AU XVIIIe SIÈCLE



Chap. I. – LA FASCINATION NEWTONIENNE. [105]

La physique expérimentale du XVIIIe siècle opposée à la physique cartésienne des principes. Suprématie du modèle newtonien du savoir. Newton accomplit le mathématisme galiléen, et définit une philosophie naturelle qui remplace celle d'Aristote. Voltaire newtonien. Mais le XVIIIe siècle fait de Newton un positiviste, délié de toute théologie, au prix d'un faux sens sur sa pensée. Newton n'est pas Laplace. L'attraction, idée force du XVIIIe siècle dans les sciences de la nature et de l'homme.

Chap. II. – LE PROGRÈS DE LA CONSCIENCE MÉDICALE VERS LA SCIENCE DE L'HOMME. [113]

Coexistence pacifique de la médecine et de la philosophie au  VIIIe siècle. Le mécanisme renouvelle l'antique débat entre l'école de Cos et celle de Cnide : humorisme et solidisme. L’empirisme médical de Sydenham et les progrès de l'observation clinique. Le rôle des instruments d'observation : Leeuwenhœck et le microscope. L’anatomie de Morgagni. L’école des Iatromécaniciens : [516]Borelli, Bellini, Baglivi, Bœrhaave. Critique du schéma mécaniste dans le solidisme, et du dualisme qu'il présuppose. Leibniz contre l'homme machine. L'école des Iatrochimistes. Van Helmont, Stahl et le monisme animiste. La physiologie de Haller. Bordeu et la doctrine de l'organisme. Le vitalisme de Barthez dans sa science de l'homme ouvre la voie d'un nouveau positivisme médical. Vicq d'Azyr et l'anatomie comparée. Promotion sociale et intellectuelle du médecin au XVIIIe siècle.

Chap. III. – L'HISTOIRE NATURELLE DE L'HOMME ET LES ORIGINES DE L'ANTHROPOLOGIE MODERNE. [135]

Prestige de l'histoire naturelle devenue science à part entière. Reprise de la tradition aristotélicienne. Pauvreté méthodologique des premières classifications. Le rôle du Jardin du Roi. L'œuvre de Linné. Le Système de la Nature. L’ordre cosmique selon Linné. L'homme inscrit au tableau des espèces naturelles. La découverte des anthropoïdes et la définition de l'homo sapiens. Le fixisme et la question des mutations. Le génie de Buffon. L'idée de science chez Buffon et le rôle du calcul des probabilités. De l'histoire de la terre à l'histoire de la nature. Fixisme et transformisme dans les espèces vivantes. L’anthropologie de Buffon. La querelle des fossiles. Popularité de l'histoire naturelle. Les origines de la science anthropologique. Le concept d'anthropologie. Après Buffon Blumenbach. L'oeuvre anthropologique de Kant.

Chap. IV.  – LA THÉORIE EMPIRISTE DE LA CONNAISSANCE ET LES ORIGINES DE LA PSYCHOLOGIE. [163]

L'empirisme, donnant congé à l'ontologie, étudie la pensée pour elle-même. La psychophysiologie mécaniste de Hobbes. La théorie de la connaissance selon le médecin et diplomate John Locke. Inventaire critique de l'entendement humain : genèse et transformation des idées. La critique du langage et la condamnation de la métaphysique. La science de l'homme selon David Hume. Il veut être le Newton de la géographie mentale. L'analyse de l'entendement et les lois de l'association. L'œuvre historique de Hume. La méthodologie rationnelle pour l'analyse de l'esprit est reprise par Condillac. Le monisme intellectualiste de Condillac : déduction génétique du savoir à partir de l'expérience perceptive. La critique du langage et le rêve de la Langue des Calculs. La mort de Dieu en épistémologie a pour conséquence l'apparition d'une psychologie indépendante. La Psychologie rationnelle et la Psychologie empirique de Christian Wolf ; la psychométrie. Le développement de la psychologie empirique au XVIIIe siècle.

Chap. V. – L'ÉVEIL DU SENS HISTORIQUE. [187]

L'enseignement de l'histoire est d'institution récente. De l'histoire médiévale à l'histoire moderne. L'intelligence historique étrangère aux fondateurs du mécanisme. Tradition de l'histoire de France, des Grandes Chroniques de France à Mézeray et à Velly. Antihistoricisme de Descartes et de son temps : Pascal, Malebranche, Bossuet. Naissance, pourtant, au XVIIe siècle de la critique historique. Physique et critique historique, chez Mersenne, au service de la foi. Le contrôle rationnel des traditions et des textes. Les Bollandistes et la révision de l'hagiographie. [517] L'œuvre érudite et critique des Bénédictins ; mais c'est une histoire sans historicité. La critique historique des textes bibliques suppose une révolution intellectuelle et spirituelle. Raison et révélation chez Spinoza, fondateur de l'exégèse moderne. Science de l'homme et science de Dieu : la théologie en péril. L'histoire sainte réduite à la raison. Richard Simon défenseur de la foi et apprenti sorcier, dépisté par Bossuet. Le triomphe de l'esprit critique. L'histoire révèle l'humanité à elle-même ; l'humanité habite dans le temps. La philosophie de l'histoire ou l'histoire de la, raison. Bayle et Fontenelle, bénédictins laïques. Apologie de la certitude historique chez Bayle. Le fanatisme critique procède au décapage des traditions et combat pour la lumière naturelle. Fontenelle, cartésien et historien, initiateur de l'ethnologie comparée. L'histoire a désormais un sens. L'oeuvre historique de Leibniz, son importance. Vérités éternelles et vérités de fait. La logique de l'histoire et la théorie des probabilités. Leibniz prophète d'une histoire de l'avenir, pour une humanité réconciliée. Voltaire : l'histoire comme anthropodicée culturelle et bourgeoise. Le nouveau contenu de l'histoire. Raison et déraison de l'histoire. L'histoire devient au XVIIIe siècle un élément essentiel de la culture. Mais le sens de l'historicité fait encore défaut.

Chap. VI. – LES SYSTÉMATISATIONS DU XVIIIe SIÈCLE. [229]

A. L’Encyclopédie.

Nécessité d'un regroupement des dimensions épistémologiques. L’idée d'encyclopédie depuis la Renaissance. L'encyclopédie comme bilan provisoire et comme attitude d'esprit. Du projet de langue universelle à la réalisation d'un dictionnaire. Espoirs et activités de Leibniz : le thème de l'encyclopédie est le foyer de son œuvre. Sociétés savantes et académies. L'Encyclopédie de d'Alembert et Diderot comme édification d'une science de l'homme par la mise au point de la carte du monde intellectuel. Empirisme et rationalisme : la critique de la connaissance par l'élaboration d'une épistémologie génétique. La métaphysique, science des principes ou philosophie générale. Les sciences humaines dans l'Encyclopédie et l'éducation universelle. [229]

B. Les philosophies de la nature.

De l'histoire naturelle de l'homme à la philosophie de la nature. Les matérialismes au XVIIIe siècle. Spécificité de la matière organique selon Lamettrie et d'Holbach. Le matérialisme affirme l'unité de la nature. Continuité de l'animal à l'homme d'après Lamettrie. La perspective de l'évolution selon Diderot. Le transformisme éducatif d'Helvétius : le déterminisme du milieu ouvre d'immenses perspectives pédagogiques, [242]

C. Les philosophies de la culture et les philosophies de l'histoire

La culture, seconde nature. L'idée de civilisation, idée force du XVIIIe siècle. Les origines de la philosophie politique moderne. La doctrine du droit naturel reconnaît la spécificité du domaine humain. L'éveil du sens historique oblige les philosophes à prendre au sérieux l'ordre des faits humains. La réflexion doit refaire ce que l'histoire a défait. La mobilisation de l'ontologie fait de [518] l'histoire la messagère d'une révélation. La philosophie de l'histoire, produit de remplacement pour la théologie. L’étude comparative des civilisations chez Vico. La science de la nature sociale d'après Montesquieu. Lessing. La philosophie kantienne de l'histoire. L'histoire, moyen de salut collectif, chemin de la religion rationnelle et de la république universelle. De la philosophie de la culture à la pédagogie. [249]

D. Les sciences humaines et la logique probabilitaire

L'exigence mathématique dans les sciences humaines. Du probabilisme sceptique à la probabilité comme mode de certitude. L'utilisation par Leibniz du calcul des probabilités : il espère en tirer une logique des sciences morales. Hume et la probabilité des associations. Le développement de la statistique. L'arithmétique politique selon l'Encyclopédie. L'arithmétique morale de Buffon et la mathématique sociale de Condorcet. Kant et les statistiques. [260]


QUATRIÈME PARTIE

LA SCIENCE DE L’HOMME
SELON L'ÉCOLE IDÉOLOGIQUE FRANÇAISE

Chap. I. – LES IDÉOLOGUES EN LEUR TEMPS. [271]

Les penseurs de la Révolution, moment original de la conscience française, hommes politiques, réformateurs. Une philosophie collégiale. Lavoisier idéologue. La déchéance des anciennes académies et la fondation de l'Institut national foyer de l'Idéologie. L'Institut, c'est l'Encyclopédie vivante.

Chap. II. – LA MÉTHODE IDÉOLOGIQUE. [281]

Une épistémologie génétique dans la perspective ouverte par la théorie condillacienne de la connaissance. Un empirisme expérimental. L'idéologie est une partie de la zoologie. Idéologie physiologique et idéologie rationnelle. Destutt de Tracy théoricien de l'idéologie rationnelle. Du sensualisme à l'intellectualisme. La critique des signes et le rêve de la langue des calculs. L'analyse idéologique trouve son accomplissement dans la mathématique sociale de Condorcet et la théorie des probabilités de Laplace, qui englobe les sciences humaines. Les vues pédagogiques de Tracy et les institutions culturelles de la Révolution. Place privilégiée faite aux sciences humaines. La déchéance universitaire sous l'Empire et la Restauration. Influence de l'Idéologie en Allemagne, aux États-Unis.

Chap. III. – L'ANTHROPOLOGIE MÉDICALE : CABANIS, BICHAT, PINEL. [293]

L'idéologie physiologique de Cabanis. Un positivisme méthodologique, fondé sur l'application de l'analyse à l'art de guérir. Un déterminisme biologique nuancé et hiérarchique. L'intelligibilité unitaire du physique et du moral fonde la science de l'homme. La critique de Condillac par Cabanis : l'interdépendance des sens externes et la découverte du sens interne. Le monisme de Cabanis n'est pas un matérialisme. Améliorer l'espèce humaine. Maine de Brian et l'idéologie : il essaie de réconcilier [519] l'idéologie rationnelle et l'idéologie physiologique. Bichat développe la doctrine vitaliste : la physiologie irréductible à la physique. Les progrès de la connaissance biologique. Pinel fondateur de la nosologie, analyse méthodique des entités morbides, entreprend de fixer la terminologie médicale. Il réforme la médecine mentale par la mise en œuvre d'un humanisme hospitalier. L'école psychiatrique française et les Annales médico-psychologiques.

Chap. IV. – L'HOMME DANS LE MONDE NATUREL : LAMARCK. [309]

Du Jardin du Roi au Muséum d'histoire naturelle. De l'histoire naturelle aux sciences naturelles. Nécessité de constituer ce domaine épistémologique selon des normes rationnelles. La Biologie de Lamarck pose dans son ensemble le problème de la vie. L’histoire naturelle des insectes et des vers permet de définir le minimum vital. Le sens cosmique de Lamarck. Signification du transformisme. La place de l'homme dans la nature et la genèse de l'espèce humaine. Le génie de Lamarck, naturaliste philosophe.

Chap. V. – LES SCIENCES DE LA CULTURE. [321]

Les Idéologues se sont intéressés à l'anthropologie culturelle. La Société des Observateurs de l'homme. Les Considérations sur les diverses méthodes à suivre dans l'observation des peuples sauvages de Degérando, premières et très remarquables instructions ethnographiques. Méthodologie d'une archéologie mentale. Un projet de musée d'ethnographie. Fauriel et la philologie. L’œuvre de Volney. Premières ébauches d'une philologie comparée. Le procès de l'histoire et de ses poisons. Pour un bon usage de l'histoire. Histoire des peuples et description géographique du milieu. Volney précurseur de la géographie humaine. Influence des Idéologues sur la pensée du XIXe siècle.


CINQUIÈME PARTIE

LES SCIENCES HUMAINES AU XIXe SIÈCLE


Chap. I. – SITUATION DES SCIENCES SOCIALES AU XIXe SIÈCLE. [335]

Le raz de marée révolutionnaire à travers le monde, et l'urgence de définir un nouvel équilibre européen. L'accélération de l'histoire impose à la conscience la dimension historique. La science de l'homme devient une condition de l'action. Science de l'homme et recherche de l'homme. Réhabilitation du problème social. Il faut compenser par des réformes appropriées l'inhumanité spontanée du système industriel. La détribalisation de l'Ancien Monde. Philosophie sociale et philosophie de l'histoire. La Révolution a fait la preuve de la capacité réformatrice et formatrice de l'homme.

Chap. II – LE DIVORCE DE LA SCIENCE ET DE LA PHILOSOPHIE : DU POSITIVISME AU SCIENTISME. [343]

Spécialisation des sciences et désaffection philosophique au XIXe siècle. La bonne entente traditionnelle de la philosophie et des sciences. La notion de philosophie naturelle à travers l'histoire. Chez Newton et au XVIIIe siècle encore, il n'y a pas de rupture [520] entre philosophie et science ; mais la philosophie subit une restriction critique. Pour les Encyclopédistes, la métaphysique est la science des principes. Les origines du positivisme : d'Alembert, Lamarck, Comte. Le vide philosophique, au milieu du XIXe siècle correspond au passage du positivisme au scientisme. La mentalité scientiste fausse le développement des sciences sociales. Protestation de Comte contre l'impérialisme scientiste. Il maintient la spécificité des faits sociaux. De même, Claude Bernard estime la biologie irréductible aux sciences physico-chimiques. Le vitalisme de Cournot. Mais le progrès des sciences de la vie depuis Lavoisier fait rêver d'une biologie réduite à la physique. La revanche du laboratoire sur la clinique au XIXe siècle. Le principe de la conservation de l'énergie et les systématisations scientistes. Les synthèses chimiques et les prophéties de Berthelot. Le matérialisme scientifique d'inspiration biologique. Taine : les sciences de l'homme seront des sciences exactes. L'idole de la science fera le bonheur de l'humanité.

Chap. III. – LA SCIENCE DE L'HOMME DANS LES SYNTHÈSES SPÉCULATIVES. [365]

Persistance des grands systèmes au début du siècle dans la perspective d'un développement de l'humanité. La science de l'homme selon Saint-Simon. Primat de l'économie dans l'organisation politique et sociale. Auguste Comte : de la physique sociale à la sociologie. La loi des trois états, loi de la nature sociale. La religion de l'humanité vient combler un vide au niveau des valeurs. Stuart Mill veut être le Bacon des sciences humaines. L'épistémologie des sciences humaines doit s'aligner sur celle des sciences de la nature. Primat de l'éthologie, et méthode déductive inverse dans les sciences sociales. L'histoire, exposant de la vérité selon Hegel. L'histoire hégélienne est réduite à la raison, mais l'histoire concrète a refusé de se laisser domestiquer. Marx retourne la dialectique pour mettre une philosophie scientifique au service de la révolution. Les ambiguïtés du matérialisme marxiste. La planification marxiste est encore une synthèse déductive dans le style du XIXe siècle, mais il n'appartient pas à l'esprit d'imposer ses conditions au réel. Le progrès des sciences humaines dément le projet unitaire d'une science de l'homme.

Chap. IV. – LA CONSTITUTION DES SCIENCES HUMAINES POSITIVES AU XIXe SIÈCLE : L'ÉPISTÉMOLOGIE DISCURSIVE ET EXPLICATIVE [381]

Éclatement du concept synthétique de la science de l'homme qui fait place à des disciplines spécialisées. L'opposition entre l'épistémologie discursive et l’épistémologie compréhensive.

A. L'essor de l'anthropologie.

L'élaboration du concept d'anthropologie. De la physiognomonie de Lavater à la phrénologie de Gall. Origines de l'anthropométrie. Le problème des races. L'anthropologie culturelle et les origines de l'ethnographie. La linguistique comparée, la géographie humaine. Boucher de Perthes et la préhistoire. L'influence darwinienne. L’œuvre de Broca et la constitution définitive de l'anthropologie comme science. [383]

[521]

B. La psychologie scientifique.

La naissance, en Allemagne, de la psychologie scientifique : l'œuvre de Herbart. Weber et Fechner ouvrent à la psychologie une carrière expérimentale. Les progrès de la physiologie nerveuse. Wundt assure à la psychologie le statut de science exacte. La psychologie en Amérique : William James. L’école française de psychologie positive : Ribot. [399]

C. Les sciences historiques.

Le développement de l'historiographie au XIXe siècle. L'influence du mouvement romantique en Allemagne et en France. L’histoire nationale. De l'histoire romantique à l'histoire positive. Constitution d'une historiographie qui prétend se présenter comme une science rigoureuse : la conception de l'histoire chez Langlois et Seignobos. [408]

Chap. V. LE SPIRITUALISME UNIVERSITAIRE EN FRANCE OU LA DÉMISSION DES PHILOSOPHES. [425]

Les philosophes français opposent une fin de non-recevoir aux développements des sciences humaines. Sociologie et stratégie de la métaphysique universitaire de Cousin à Lachelier. Un dirigisme hiérarchique pèse, de tout le poids de l'appareil administratif, sur l'orientation des études philosophiques. Le spiritualisme officiel, philosophie de l'évasion et de l'absence, abandonne la réalité humaine concrète aux positivismes et aux scientismes de toute observance.

Chap. VI. – L'HERMÉNEUTIQUE COMPRÉHENSIVE ET L'HISTORISME. [437]

La recherche en Allemagne d'une méthodologie spécifique des sciences humaines. La réaction contre l'Autklärung : romantisme et nationalisme. Fondation de l'Université de Berlin (1810). La théorie romantique de la connaissance et le sens de la vie. La Naturphilosophie ; l'idée d'organisme et la biologie romantique. Philologie et philosophie dans la culture allemande. Coexistence pacifique de la philosophie et de la théologie. Décentralisation intellectuelle. Définition de l'herméneutique. La pensée religieuse de Schleiermacher. Le développement des sciences philologiques, sciences de l'expression humaine. Naissance de la linguistique comparée. F. A. Wolf, Ast, Bœckh. De l'idéalisme à l'historisme : Humboldt, Savigny. Le Volksgeist. La compréhension de l'histoire : Droysen. La méthodologie des sciences humaines : Dilthey. La critique de la raison historique. La compréhension comme dialogue : c'est la société qui est notre monde. La philosophie de la vie et le primat de la biographie. La théorie des conceptions du monde et la philosophie de la vie. L’épistémologie historique après Dilthey : Rickert, Max Weber. La prise de conscience et l'élaboration du présupposé humain. L’intuition des essences chez Husserl et la méthode phénoménologique. Sa mise en œuvre par Scheler : sociologie de la connaissance et philosophie des valeurs. Solidarité de l'explication et de la compréhension. La vérité comme visée eschatologique.

CONCLUSION.

POUR UNE CONVERSION ÉPISTÉMOLOGIQUE. [471]

D'un nouvel obscurantisme : l'inflation scientifique et technique actuelle est une des formes les plus pernicieuses du nihilisme contemporain. L'expérience suédoise. Désarroi des sciences humaines. La psychologie de Ribot et de Dumas incapable de se définir elle-même. L'anthropologie en pièces détachées. La dissolution de l'objet historique. La spécificité méthodologique des sciences humaines. L'histoire des sciences n'est pas une logique des sciences. Non-sens du physicalisme. Aucune axiomatique ne se suffit à elle-même. Les sciences de l'homme échappent à l'espace mental des sciences de la matière. Le positivisme scientiste n'est que la dernière phase de l'âge métaphysique. La mise au point d'une épistémologie spécifique des sciences humaines implique une mutation intellectuelle et spirituelle : le cas de Lévy-Bruhl. Nécessité d'une restauration métaphysique dans les sciences de l'homme. Toutes les sciences sont des sciences de l'homme, mais chacune des sciences humaines met en jeu la réalité humaine dans son ensemble, sans pouvoir prétendre l'épuiser jamais. Il faut ici, à la fois, expliquer et comprendre. L'homme est le maître des significations qu'il transforme à son gré. Équivoque et ambiguïté de la présence humaine : le droit de l'homme à disposer de lui-même. Nécessité d'une compréhension de l'être humain, qui intervient comme une révélation naturelle au fondement de toute science de l'homme. Le fait humain total. Les sciences humaines ne sont pas des sciences inexactes, mais des sciences d'un type différent. La vérité n'est pas distincte du cheminement de l'homme vers la vérité : science et recherche. Science et conscience de l'homme. Le moi n'est plus haïssable. Connaissance en première personne. Le procès de l'historisme : l'homme est le chiffre de l'histoire. Il faut reprendre la négociation entre la raison et l'événement. D'une anthropologie à une axiologie. Le monde humain se déploie comme un ordre de relations symboliques. Critique du matérialisme : pas de causalité du matériel au spirituel, mais seulement du spirituel au spirituel. Les sciences humaines veulent définir et élucider les programmes de valeurs qui justifient le déploiement de l'activité des hommes sur la face de la terre. Mais l'horizon dernier ne peut être atteint. Signes d'un renouveau anthropologique dans la médecine, la sociologie, l'économie actuelles. Les sciences de l'homme, sciences de la liberté.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mercredi 19 février 2014 13:34
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 



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