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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Lionel Groulx, La déchéance incessante de notre classe moyenne (1931)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Lionel Groulx, La déchéance incessante de notre classe moyenne. Conférence prononcée le 5 décembre 1931, au Cercle universitaire de Montréal sous le titre : “Quelques autres causes de nos insuffisances”. Montréal : L’imprimerie populaire ltée, 1931. Collection Le document, no 7, décembre 1931, 16 pp. Service de libraire du Devoir.

Introduction

Il y a deux ans, je donnais au Cercle universitaire de Montréal une causerie qui avait pour titre : Quelques causes de nos insuffisances. À ceux qui ne cessent de gémir sur notre allure à retardement, en particulier dans le domaine économique, j'offrais en méditation un petit tableau d'histoire : celui de notre vie scolaire et intellectuelle depuis 1760. Cette petite race, dont On trouve la démarche lente et indécise, je défendais de la juger, sans tenir compte qu'elle traîne à son pied, comme autant de boulets, quatre à cinq générations d'illettrés, et qu'ainsi elle porte en sa vie cet élément tragique de passer son temps à rattraper du temps perdu.
La dégringolade vers le prolétariat 

Aujourd'hui je me place devant cet autre fait social, l'un des plus troublants pour l'historien et le sociologue : la déchéance incessante de notre classe moyenne ; je veux dire le désolant acheminement, depuis 75 à 80 ans, des petits propriétaires agricoles vers le prolétariat. La dégringolade - le mot n'est pas trop fort - s'est précipitée à une telle allure qu'en moins d'un demi-siècle, un peuple en majorité paysan est devenu un peuple en majorité ouvrier. La classe moyenne, où s'appuie d'ordinaire l'élan vers les classes supérieures, ne cesse d'accroître l'effectif des classes inférieures. Et voilà crue se développe, chez une portion considérable des masses populaires. une sorte de résignation sereine à la domesticité, aux emplois subalternes, au prolétariat perpétuel. Les Canadiens, français continuent de s'orienter en niasse vers les petits métiers, les occupations de manoeuvres et de journaliers ; ils envahissent les villes, en élargissent indéfiniment les faubourgs, sans autre aspiration trop souvent que d'y briguer un emploi de charroyeur de vidanges ou de balayeur municipal. De père en fils, on habitera les mêmes taudis, on subira les mêmes servages, sans jamais l'ambition de hausser sa vie, content d'obéir à un maître, surtout si ce maître est un étranger. 

Déchéance aussi lamentable qu'étrange ! J'ai demandé à l'histoire de m'en fournir une explication. Et je me propose de chercher avec vous ces "quelques autres causes de nos insuffisances."


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 20 juin 2006 6:34
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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