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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

(2001)
Repères en mutation. Identité et citoyenneté dans le Québec contemporain.Introduction


Une édition électronique réalisée à partir du livre sous la direction de Jocelyn Maclure et Alain-G. Gagnon, Repères en mutation. Identité et citoyenneté dans le Québec contemporain. Montréal: Les Éditions Québec/Amérique, 2001, 435 pp. Collection “Débats”. Programme d’études sur le Québec de l’Université McGill. Une édition numérique réalisée par Diane Brunet, guide de musée, retraitée du Musée de La Pulperie à Chicoutimi. [Autorisation accordée par l'auteur, vendredi le 17 mars 2006, de diffuser tous ses travaux.]

[13]

Repères en mutation.
Identité et citoyenneté dans le Québec contemporain.

Introduction

Débats identitaires
et éthique du dialogue en contexte québécois


par
JOCELYN MACLURE
ALAIN-G. GAGNON

L’identité est au cœur des débats sur l'avenir du Québec. L'identité, on le sait, pose la question de la différence. Or le Québec est une société multinationale, c'est-à-dire une communauté qui a su ériger son système de coopération sociale sur une pluralité de références nationales. De plus, différentes vagues d'immigration sont venues, tout au long de l'histoire du Québec mais de façon plus intense depuis 1945, diversifier davantage ce caractère multinational. Enfin, non seulement le Québec est multinational et multiculturel, mais il est aussi marqué par l'interculturalisme ou par ce que Micheline Labelle nomme dans ce recueil le « bricolage identitaire ». Bien qu'il faille se méfier des tentatives de généralisation, le Québec est, tant sur le plan des pratiques culturelles que sur celui de l'imaginaire, dynamisé par le métissage identitaire. La mondialisation, en plus de mettre de l'avant une dynamique paradoxale d'intégration et de différenciation et d'accentuer le métissage des identités et des repères [14] symboliques, met en relief le caractère pluriel et complexe du Québec contemporain. À l'heure où les sociétés occidentales réfléchissent simultanément sur elles-mêmes, sur le lien civique et sur les mécanismes d'intégration sociale en contexte de diversité profonde, il n'est guère étonnant que les intellectuels, écrivains, employés de l'État et autres citoyens québécois s'interrogent sur les contours de l'identité québécoise.

Malgré la qualité de ce processus d'auto-interprétation, il est permis de croire que cette réflexion gagnerait à voir s'accentuer son caractère dialogique et intersubjectif. Les chercheurs et les intellectuels québécois ne réfléchissent évidemment pas en vase clos. Mais il ne fait pas de doute que la consolidation de l'éthique du dialogue qui unit déjà, d'une certaine façon, ceux et celles qui se penchent sur les questions reliées à l'identité, ne pourra qu'enrichir cette démarche d'élucidation réciproque. Dans le contexte actuel, le dialogue de sourds côtoie, voire nuit à l'échange sincère et critique de points de vue à la fois convergents et divergents. Des passerelles doivent être jetées, selon nous, entre ces travaux essentiels à la compréhension de nous-mêmes.

L'interaction et la confrontation des idées étaient donc les mots d'ordre du colloque à l'origine de la publication de ce livre collectif [1]. Le résultat s'avéra fort concluant. Ces échanges entre sociologues, littéraires, politologues, historiens et philosophes sur l'identité, la mémoire, la citoyenneté, le pouvoir, le contact interculturel, la mondialisation [15] et la démocratie, le fédéralisme et la recréation de l'imaginaire social furent très productifs. Ces différents thèmes ont été étudiés à partir de perspectives féministe, nationaliste, autochtone, pluraliste, libérale, cosmopolitiste, postmoderniste, etc. Tous en sont ressortis avec une meilleure compréhension des projets de leurs collègues et ont revu leur texte en gardant en tête les objections et propositions soulevées lors des discussions.

C'est le résultat de ce processus d'écoute et de dialogue — de ces différents passages d'une perspective à l'autre — qui forme l'essence de cet ouvrage. Ce recueil s'intitule Repères en mutation pour une raison prépondérante. Les transformations profondes que nous vivons troublent et problématisent les référents mémoriels, les représentations de soi et des autres et les formes d'organisation du pouvoir conventionnels. Ces métamorphoses alimentent en contrepartie des processus de recomposition de la mémoire, de l'identité et de la gouverne dont les dénouements nous sont encore inconnus. Peut-être ces mutations appellent-elles précisément une pensée en transition, une pensée de la transition, plutôt qu'une fixation sur les points de départ et les points d'arrivée.

Plusieurs personnes ont contribué au succès du colloque et à la réalisation de ce volume. En plus des auteurs réunis dans ce livre, nous tenons à remercier, Denise Helly, Charles Taylor, Dominique Leydet, Alan Patten, Jocelyn Létourneau, Régine Robin, Simon Harel et Sherry Simon pour leur participation au colloque. Les contributions de Helly, Létourneau, Robin, Harel, Simon et Gauvin font d'ailleurs l'objet, en 2001, d'un numéro thématique de Globe. Revue internationale d'études québécoises portant sur le thème de l'hybridité et la recréation de l'imaginaire social. Nous en profitons aussi pour remercier Stéphan Gervais, adjoint au directeur du Programme d'études sur [16] le Québec de l'Université McGill, qui nous a épaulés solidement dans l'organisation du colloque. La préparation de l'index a été assurée par Pierre Skilling que nous remercions. Enfin, nos remerciements vont à l'équipe de Québec Amérique pour son appui de tous les instants.



[1] Ce colloque intitulé Regards pluridisciplinaires et comparatifs sur l’identitaire québécois fut tenu les 8 et 9 mars 2001 à l'Université McGill sous les auspices du Programme d'études sur le Québec, en collaboration avec la Faculté des arts et le Vice-rectorat (enseignement) de l'Université McGill et l'Association internationale des études québécoises.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le vendredi 6 octobre 2017 8:35
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue,
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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