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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Alain G. Gagnon [politologue, UQÀM], La trahison des élites politiques (1992)
Préface


Une édition électronique réalisée à partir de l'article d'Alain G. Gagnon [politologue, UQÀM] et Mary Beth Montcalm, Québec: au-delà de la Révolution tranquille. Traduit le l’anglais par Pierre Desruisseaux et révisé par les auteurs. Édition originale : Quebec Beyond the Quiet Revolution. Montréal, VLB Éditeur, La collection «Études québécoises», 1992, 333 pp. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole, professeure retraitée de l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi.

Préface

Pour nombre de personnes, la Révolution tranquille est un phénomène qui a surgi presque de nulle part entre les années 1960 et 1966, sans cause apparente si ce n'est le retard social et gouvernemental accumulé par le Québec sous les régimes duplessistes de 1936-1939 et 1944-1959. Bien que le refus obstiné du gouvernement duplessiste de pratiquer l'interventionnisme d'État ait contribué à relâcher des forces politiques pendant les années soixante et soixante-dix, ce facteur ne peut expliquer à lui seul les bouleversements qui ont agité la société québécoise et attiré l'attention des Canadiens au cours des dernières décennies. 

Si l'on veut comprendre les transformations spectaculaires subies par le Québec depuis 1960, il faut se tourner vers l'économie politique de la province et les changements de l'économie internationale et continentale, qui ont formé, circonscrit et, de diverses manières, amené des changements profonds dans tous les aspects de la société québécoise. 

Nous soutenons tout le long de ce livre que la compréhension des modèles de la vie québécoise — dans le domaine gouvernemental, le secteur privé, les relations de travail, la législation linguistique et les affaires constitutionnelles — ne saurait être exhaustive sans la prise en considération des changements sous-jacents de l'économie continentale et canadienne. Contrastant avec les modèles économiques du passé au Canada, ces changements ont impliqué une forte intégration de l'économie canadienne à celle des États-Unis. 

Le continentalisme comprend, entre autres choses, ce que l'on appelle la périphérisation économique du Québec. Entendons par là une diminution de l'importance du Québec au sein du Canada et du capitalisme continental et, conséquemment, l'émergence de problèmes structurels à long terme dans l'économie de la province. D'après nous, les répercussions de la périphérisation économique et les réactions qu'elle a entraînées constituent les principaux facteurs explicatifs permettant de situer la Révolution tranquille et d'expliquer sa nature et son orientation. 

Avec la périphérisation économique, les piliers traditionnels de l'économie québécoise — le capital anglo-canadien et américain — abandonnèrent graduellement le Québec, particulièrement en faveur de Toronto qui, dans une économie canadienne fortement intégrée à celle des États-Unis, était devenu le centre dominant au Canada. Compte tenu de cette réalité, les pressions politiques exercées sur les gouvernements québécois successifs afin d'éveiller le leadership qui allait permettre aux Québécois francophones d'accéder à des emplois bien rémunérés et de stimuler l'économie de la province étaient considérables. Depuis l'époque de Lesage, les gouvernements québécois ont mis de l'avant des politiques agressives visant à consolider la place des francophones dans l'économie de la province et à stimuler cette même économie en dépit de forces capitalistes débilitantes. 

Ironiquement toutefois, plusieurs des engagements des gouvernements québécois durant la Révolution tranquille (qui, avançons-nous, plutôt que de se terminer en 1966, s'est poursuivie jusqu'au début des années quatre-vingt) ont pavé la voie à une désagrégation de l'immobilisme qui a pénétré l'esprit de cette époque. Dans leur volonté de renforcer l'influence francophone au sein du secteur privé, de même que l'économie québécoise dans le capitalisme continental et mondial, les gouvernements québécois tentèrent d'assurer la domination des forces du secteur privé par une approche gouvernementale étatique et interventionniste. Le Québec d'aujourd'hui est traversé par un capitalisme d'entreprise rempli d'optimisme et de foi dans les forces du marché et se méfie de l'intervention gouvernementale. Cet essai vise à montrer comment le succès de l'étatisme dans les années soixante a entraîné son propre déclin. 

Plusieurs personnes et organismes ont contribué à la réalisation de cet ouvrage. Nous remercions particulièrement Roger Butt (Secrétariat d'État) et Gregg Legaré (Université Carleton) qui ont aimablement soutenu le projet en ses différentes étapes. Kyle Pearce et Bruce Wise (tous deux de l'Université Carleton) ont prêté leur assistance dans la préparation de la chronologie. Alain Desruisseaux de l'Université McGill a préparé l'index. Nous tenons également à remercier Sandra Burt (Université de Waterloo), Harold Angell (Université Concordia) et Roman March (Université McMaster) qui ont fait une évaluation du manuscrit, ce qui a permis d'en améliorer le contenu. Notre reconnaissance va également aux collègues de l'Université Saint-Paul et du Département de science politique de l'Université du Manitoba, ainsi qu'à Mary Catherine Doyle, c.s.j., qui ont manifesté leur intérêt pour ce projet. Le travail de dactylographie effectué par Lise Faubert, secrétaire administrative, rattachée au Programme d'études sur le Québec de l'Université McGill, doit être souligné. Nous tenons à remercier le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada pour l'aide financière accordée à la traduction de l'ouvrage, faite par Pierre DesRuisseaux. Nos remerciements vont aussi à Robert Comeau et à Jacques Lanctôt qui ont choisi d'inclure ce livre dans la collection « Études québécoises ». Dans la préparation de tout ouvrage, il y a un travail qui passe trop souvent inaperçu : celui de la relecture. Nous sommes surtout redevables à Louiselle Lévesque et à Nicole Raymond qui ont sacrifié de nombreuses heures de loisirs pour se consacrer à ce travail d'attention constante. Leurs suggestions furent toujours aussi insistantes que constructives et ont contribué à donner une meilleure forme à la présente traduction.


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le dimanche 1 octobre 2006 13:49
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue,
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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