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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Louis-Gilles Francoeur
journaliste scientifique québécois.


Louis-Gilles Francoeur est un pionnier du journalisme environnemental. Il se consacre à ce sujet depuis plus d'un quart de siècle dans les pages du quotidien montréalais Le Devoir. Sa contribution exceptionnelle au journalisme d'enquête et à l'essor du dossier environnemental au Québec a été soulignée par le prix Olivar-Asselin et son admission au Cercle des Phénix de l'environnement.

Source: Canal Vie.com, Émission Les dessous de votre assiette. [EN LIGNE] Consulté le 26 octobre 2011.


Rien de ce qui concerne l'environnement n'échappe à Louis-Gilles Francoeur. Bernard Descôteaux, directeur du Devoir, a bien raison de le présenter comme «LA référence en environnement» au Québec. En cette matière, en effet, LGF est un véritable puits de science, de passion et de pédagogie. Pour défendre les milieux humides, la biodiversité et l'accès populaire à la nature, sans cesse menacés par des promoteurs et des politiciens sans vision, de même que par certains barbares à moteur, l'homme n'a pas son pareil.

Passion: nature, un recueil qui regroupe «sept ans de chroniques engagées», en constitue l'éclatante démonstration. Véritable mine de renseignements sur des enjeux liés à des sujets aussi divers que les changements climatiques, l'eau, les forêts, la faune, les parcs nationaux, le plein air, la chasse et la pêche et les armes de chasse, cet ouvrage relève de la vulgarisation de haute volée et ne s'interdit pas la polémique.

LGF, en effet, se présente comme un environnementaliste, préoccupé par la protection des équilibres, et n'hésite pas à maltraiter le point de vue animaliste «qui substitue ses réactions émotives et morales à une connaissance empirique des écosystèmes». Il ajoute même qu'un certain «écologisme urbain», ennemi de la chasse aux phoques par exemple, fait «la preuve que certains pans de notre civilisation sont si coupés de la nature par leur urbanité qu'ils deviennent des menaces objectives de premier plan».

Se faisant presque poète quand il chante «la symphonie de la vie» entendue en campagne, il sort les dents quand il critique «le développement pas endurable de la motoneige» et la pollution sauvage engendrée par les motomarines. «Le Québec, écrit-il, attire un important tourisme d'hiver en incitant les étrangers à venir nous polluer en motoneige. Ne serait-il pas temps de donner du Québec une image un peu plus civilisée? La Norvège, le Danemark et la Suisse sont-ils en faillite parce qu'ils ne se présentent pas comme des paradis de la pollution hivernale?»

Grand chasseur devant l'Éternel, LGF insiste sur la nécessité de cette activité dans une saine gestion des écosystèmes, mais il plaide aussi en faveur du respect d'une éthique de la chasse. La prolifération de l'arbalète, par exemple, l'inquiète. Très critique à l'égard de la gestion du registre des armes à feu, il ne propose pas pour autant son abolition, mais suggère de le réformer.

L'art de l'anecdote

Vieux routier du journalisme pour lequel les ressorts de la chronique n'ont plus de secret, LGF a parfois recours à l'anecdote pour accrocher le lecteur. Ainsi, il nous apprend, au passage, «que le "minou" domestique retourné à l'état sauvage constitue un des plus performants de nos petits prédateurs, car à peu près aucun animal plus petit que lui ne peut lui échapper». Il nous fait rencontrer des «captureurs de pigeons» montréalais qui mangent ces bestioles «rôties avec des échalotes». À déconseiller, précise-t-il. En quête d'un coupe-vent polyvalent, il est forcé de constater que la mode a aussi affecté l'univers du vêtement de plein air. Tout y est devenu trop coloré et synthétique, donc bruyant. «Avec de tels vêtements, déplore-t-il, les seuls disponibles, on est condamné à avoir l'air d'un arbre de Noël qui avance en forêt avec la discrétion d'un cirque faisant son entrée dans un centre commercial!»

Cette évolution lui inspire d'ailleurs ce commentaire romantico-critique: «On visite et on habite de moins en moins la nature pour elle-même, pour l'observer et la comprendre. On y joue plutôt avec des bébelles de toute sorte. Elle devient un terrain pour sportifs super équipés, du loisir motorisé aux dispendieux vélos de montagne pour descentes extrêmes, qui ne laissent pas grand temps pour écouter les oiseaux... »

Qu'en est-il, dans ces conditions, du silence qui permet, en nature, de «reprendre le contact avec les mécanismes de la vie, la faune et la flore, par des activités d'observation ou de récolte, tout en y faisant un exercice physique tonifiant»? La vraie nature de LGF emprunte justement ce sentier que Pierre Dansereau désigne comme celui de «l'austérité joyeuse». Elle s'exprime à chacune des pages de ce solide ouvrage.

Collaborateur du Devoir



***

Passion : nature

Sept ans de chroniques engagées

Louis-Gilles Francoeur

Préface de Daniel Pinard

Avant-propos

de Bernard Descôteaux

Multimondes

Québec, 2007, 428 pages


Source: Louis Cornellier, “Essais. La vraie nature de LGF.” Le Devoir, Montréal, édition du 15 décembre 2007 — Livres. [EN LIGNE] Consulté le 26 octobre 2011.


Retour à l'auteur: Marc Bélanger Dernière mise à jour de cette page le mercredi 26 octobre 2011 11:26
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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