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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Entre l'hôpital et l'université. L'Institut du cancer de Montréal (1987)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Marcel Fournier, “Entre l'hôpital et l'université. L'Institut du cancer de Montréal”. in ouvrage sous la direction de Marcel Fournier, Yves Gingras et Othmar Keel, Sciences et médecine au Québec, chapitre 6, pp. 171-199. Québec: L'Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC), 1987, 210 pp. [Autorisation accordée par l'auteur le 12 décembre 2002 pour cette oeuvre et toutes celles publiées au Québec]
Introduction * 

L'activité scientifique est évidemment, comme le suggèrent certaines études récentes, de l'ordre de la conversation entre des chercheurs emmurés dans leur laboratoire, mais plus encore, car elle exige, pour être effective, des agents dotés d'une formation scientifique et bien au fait de ce qui s'écrit dans ce domaine, des instruments et des équipements scientifiques, et enfin des contextes institutionnels convenables. Les sciences (et leur histoire) ne doivent pas être réduites, en poussant à l'extrême, ni au seul développement des disciplines, tels les paradigmes, etc., ni à la seule manipulation de textes et d'instruments en laboratoire : elles sont le résultat de deux vecteurs, celui de l'action sociale, soit les interactions et les négociations, par laquelle les groupes de scientifiques donnent une signification à leurs diverses activités intellectuelles et manuelles, et celui de la régulation sociale qu'exercent à la fois les milieux ou communautés scientifiques et les diverses institutions qui les composent. Et s'il est possible de parler de « périodes » dans le développement des sciences, c'est qu'à un moment donné, dans une conjoncture précise, la rencontre de l'une et l'autre - l'action des scientifiques et la régulation des institutions - avec leurs caractéristiques propres (lieux de formation et itinéraires socioprofessionnels des chercheurs, mode d'organisation des laboratoires, mode de subvention, etc.) donne à l'activité scientifique une configuration particulière : chaque période se définit par un type de connaissance, par exemple l'ensemble de concepts et de procédures, mais en autant que ce type apparaît lié à des conditions sociales particulières, comme les identités et les idéaux scientifiques, la délimitation des domaines et des procédures en secteurs distincts, le mode d'organisation de la production et de l'évaluation des connaissances, les supports et les systèmes d'emploi, etc. [1] Ni une discipline scientifique dans son ensemble, ni une activité scientifique particulière menée par un ou plusieurs chercheurs ne sont susceptibles de bien exprimer la tension qui, propre à la science, unit et oppose le dedans et le dehors, l'interne et l'externe, le cognitif et le social. Mieux que la discipline ou le laboratoire, le centre de recherche est un lieu d'observation privilégié, du fait que son histoire particulière révèle non seulement l'influence des initiatives individuelles et collectives, mais aussi la valeur des institutions administratives ou politiques en ce qui a trait à la formation, à l'évaluation, à la subvention, etc., et, plus largement, la situation du contexte sociohistorique.

Notre analyse porte sur l'Institut du cancer de Montréal (I.C.M.), officiellement incorporé en 1947. Le dépouillement d'une abondante documentation, notamment les rapports annuels, les budgets, les procès-verbaux du Conseil d'administration, les articles dans les journaux, les publications scientifiques, etc., et aussi l'interview de chercheurs qui sont associés ou ont été associés à l'Institut, permettent de dégager les principaux enjeux, à la fois scientifiques, institutionnels et sociaux, auxquels cet Institut de recherche a été confronté et qui, à chacune des périodes de son développement, ont déterminé l'orientation des activités de recherche : se préoccuper de thérapie ou développer la recherche clinique et la recherche fondamentale ; demeurer en milieu hospitalier ou chercher une affiliation avec une université ; dépendre d'un organisme subventionnaire principal ou diversifier les sources de subvention, etc. Parce que la science n'existe en réalité qu'en autant qu'elle est matérialisée dans des espaces (ou édifices) et dans des équipements (ou instruments) et qu'elle est incorporée, sous la forme de compétences et d'habitus, dans des agents, ces enjeux se manifestent souvent sous la forme soit de relocalisation ou d'agrandissement de l'espace, soit dans le renouvellement des équipements scientifiques, soit dans un changement du personnel de recherche ou de direction.


* Financé par le CRSH (Conseil de recherche en sciences humaines) et le fonds FCAR (Formation des chercheurs et aide à la recherche), ce projet de recherche a été réalisé en collaboration avec Louis Maheu, Francine Descarries-Bélanger et C. Richard du Département de sociologie de l'Université de Montréal.

[1] Voir R.D. Whitley, « From, the Sociology of Scientific Communities to the Study of Scientists' Negotiations and Beyond », Informations sur les sciences sociales, vol. 22, no 4 et 5, 1983, pp. 681-720.


Retour au texte de l'auteur: Marcel Fournier, sociologue, Université de Montréal Dernière mise à jour de cette page le samedi 20 janvier 2007 10:42
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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