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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une édition électronique réalisée à partir du texte de Louis FAVREAU, “Mouvements socialistes, marxisme et question nationale au Québec.” Un article publié dans le livre sous la direction de Lucille Beaudry, Christian Deblock et Jean-Jacques Gislain, Un siècle de marxisme, pp. 281-296. Avec deux textes inédits de Karl Polanyi. Québec: Les Presses de l’Université du Québec, 1990, 374 pp. [Livre diffusé dans Les Classiques des sciences sociales avec l'autorisation de Christian Deblock accordée lundi le 29 juillet 2008.]

Louis FAVREAU

Sociologue, professeur au département de travail sociale, UQO
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada
en développement des collectivités (CRDC)

Mouvements socialistes, marxisme
et question nationale au Québec
”.

Un article publié dans l’ouvrage Sous la direction de Lucille Beaudry, Christian Deblock et Jean-Jacques Gislain, Un siècle de marxisme. Avec deux textes inédits de Karl Polanyi, pp. 281-296. Québec : Les Presses de l’Université du Québec, 1990, 374 pp.


En premier lieu, il m'apparaît utile d'indiquer l'approche que j'ai choisie pour faire cette réflexion-exploration : plutôt que de réfléchir sur cette question à partir de la lunette de la gauche politique, ma tentative sera davantage d'explorer l'évolution des mouvements sociaux au Québec par rapport au marxisme, au socialisme et à la question nationale. De façon subsidiaire, j'examinerai le travail de la gauche politique à l'intérieur de ces mouvements sociaux, lorsque celle-ci intervient de façon un tant soit peu significative. Par ailleurs, étant donné la nature de ce thème, ma préoccupation sera d'identifier ce qui a été, est ou semble avoir été potentiellement révolutionnaire à différents moments (sur deux décennies en particulier, 1960-1983) et donc susceptible de générer ou d'alimenter la lutte pour le socialisme au Québec.

Quelques réserves de départ s'imposent. Tout d'abord, il m'apparaît fort important de ne pas perdre de vue le fait que pendant plusieurs décennies, exception faite de groupes relativement restreints, il n'a pas été débattu du socialisme dans la presque totalité du mouvement ouvrier et populaire québécois. Ce n'est qu'à la fin des années 1960, début des années 1970 (1968-1973 pour être plus précis) que le débat est introduit à la faveur d'un certain nombre d'événements sociaux et nationaux. Il faut pratiquement remonter aux années 1930 pour avoir une période comparable à certains égards. Autre fait lié au premier : le mouvement socialiste au Québec, depuis 1960 jusqu'à aujourd'hui, est un mouvement diffus, rarement organisé, plutôt discontinu et qui a très rarement détenu le leadership des luttes sociales, culturelles ou politiques qui ont été menées au cours des années 1960 et 1970. Marxisme et socialisme au Québec ont très peu de tradition, d'ancrage, de racines, peu importe à quel marxisme ou à quel socialisme on se réfère...

[282]


Mouvements socialistes, marxisme
et question nationale au Québec


L'après-guerre : quand le national
est coupé du social et le social du national


D'entrée de jeu, on peut affirmer que, règle générale, la question québécoise fut abordée avec hésitation et suspicion par les courants les plus socialistes du mouvement ouvrier. La question nationale était associée au conservatisme, à l'Église catholique, au régime Duplessis et, à l'intérieur du mouvement ouvrier, au syndicalisme corporatiste de la CTCC. C'est là chose connue. Moins connues et surtout moins admises sont les faiblesses même de ces courants par rapport à la question nationale : ni les organisations social-démocrates (la CCF puis le NPD), ni les organisations staliniennes (Parti communiste canadien) ne reconnaissaient l'existence d'une nation québécoise opprimée. Si cette oppression fut parfois reconnue, ce ne fut jamais pour affirmer que le mouvement ouvrier devait prendre la direction de la lutte nationale. Le plus loin que l'on soit allé : le droit à l'autodétermination du Québec. Paradoxalement, des organisations politiques qui se proclamaient souvent à l'avant-garde sur toute question sociale étaient théoriquement et pratiquement dans le wagon arrière du train sur la question nationale. Bref, la question nationale était plutôt perçue comme un obstacle à l'unité ouvrière et au développement d'une conscience de classe dans la lutte contre le capitalisme : il y a là une part de l'explication à savoir que le socialisme ne percera pratiquement pas au Québec, sauf chez les travailleurs immigrés.

Pendant cette période, le mouvement socialiste, et tout particulièrement sa tendance communiste, est attaqué fortement par les classes dominantes : duplessisme au Québec et macarthisme dans l'ensemble de l'Amérique du Nord. Il est aussi miné de l'intérieur. Il est bloqué sur la question nationale qu'il ne comprend pas et par le marxisme dominant qui est à son apogée d'inepties et de dogmes, hérités du stalinisme.

Simultanément, la plupart des mouvements sociaux liés de près ou de loin aux classes populaires demeurent sous l'emprise du clergé et de l'Union nationale. Quelques événements marqueront toutefois certaines de ces organisations, notamment la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) en 1949 lors de la grève des mineurs d'Asbestos [1].

Le marxisme de cette période demeure en effet quasi lié au mouvement communiste international et à sa direction, le PC de l'URSS. Il ne permet pas l'analyse de notre société et se réduit à une [283] idéologie prétendument identique, mais figée dans le contexte de la guerre froide.

Les années 1960 :
quand le national fait progresser le social


Du côté des classes dominantes comme du côté des classes populaires, c'est le nationalisme qui marque les années 1960. C'est devenu un lieu commun de dire que le réformisme économique et social du Parti libéral du Québec ajusté aux besoins des grandes compagnies américaines est à la fois cause et effet d’une transformation significative des classes sociales au Québec. D'une part, il faut noter la modernisation de l'appareil d'État et l'accroissement du contrôle américain sur l'économie québécoise, de l'autre, l'émergence d’une « nouvelle petite bourgeoisie » et de nouveaux groupes de salariés dans le commerce, les finances, les assurances, l'immeuble et les services dits publics.

Conséquence immédiate de cette situation : l'assise sociale principale du mouvement national au Québec change. Les courants nationalistes traditionnels (type Union nationale) qui s'appuient sur la petite bourgeoisie traditionnelle (clergé, professionnels à leur compte) et sur la « paysannerie » (petits producteurs agricoles, artisans...) s'effilochent. En même temps, des courants nationalistes nouveaux apparaissent et s'appuient sur la nouvelle petite bourgeoisie et sur les nouveaux secteurs de la classe ouvrière. Ces nouvelles composantes de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie viendront, imperceptiblement, renforcer des organisations syndicales proprement québécoises, ou bien renforcer le caractère québécois d'organisations syndicales comme la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).

Tableau I

Effectifs syndicaux (1960-1977)

1960

1966

1976

1977

CEQ

20,000

55,000

70,000

80,000

CSN

94 ,000

200,000

215,000

200,000

FTQ

100,000

150,000

230,000

260,000

Unions internationales
en % des effectifs de la FTQ

40%

46%

66%

75%

Source : CFP, « Le mouvement ouvrier et ses revendications sur la question nationale », dans Au-delà du Parti québécois, Montréal, Nouvelle Optique, 1982.


[284]

La Révolution tranquille provoquera, au sein des classes dominantes québécoises, l'émergence d'un courant nationaliste réformiste : le Mouvement souveraineté-association issu de dissidents du PLQ en passant par la récupération d’une majorité des militants du RIN (Rassemblement pour l'indépendance du Québec) pour aboutir au Parti québécois. Surgit toutefois parallèlement dans les mouvements étudiant, populaire, syndical, des femmes, un courant nationaliste populaire dans lequel des militants socialistes, organisés ou pas, prendront racine. Au coeur de ce courant, quelques organisations socialistes militantes - gauche du RIN, MLP et la revue Parti pris, FLQ, PSQ, LSO, FLP, CIS, la revue Socialisme, la revue Révolution québécoise, et surtout de grandes mobilisations (contre le bill 63, pour McGill français, contre Murray Hill à Dorval) et l'avancée de l'unilinguisme (le français comme langue d'enseignement et de travail dans les grandes organisations syndicales : CSN, FTQ, CEQ). Fait majeur également. la contestation étudiante de 1968-1969 dans les collèges d'enseignement général et professionnel (cégeps) et universités (les occupations entre autres). Pendant cette décennie, la question nationale est à l'avant-scène politique québécoise, elle est au coeur de tous les processus de changement au Québec et dans le monde. Ce sont les mouvements de libération nationale des peuples du tiers-monde qui servent de référence : Cuba (le Cuba de Guevara qui part pour la Bolivie « créer deux ou trois Viêt-nam »), le Viêt-nam, l'Algérie ; quelques théoriciens aussi : Fanon, Memmi, Berque, Ho Chi Minh, Guevara ; et les mouvements de lutte nationale dans les pays capitalistes occidentaux : l'IRA de l'Irlande, l'ÉTA du Pays basque, les Black Panthers des États-Unis d'Amérique [2].

Pendant cette période, les forces de changement au Québec ont une revendication précise : l'indépendance politique (une nation, un pays), et une analyse qui la sous-entend (le peuple-nation, la classe ethnique,...), des méthodes de lutte précises qui font leurs preuves, comme l'agitation de masse par les manifestations ou la propagande, par l'action directe, voire la lutte armée. Mais, autant la revendication de base et les méthodes de lutte sont précises, autant le socialisme comme projet demeure vague (la révolution sociale) dans son contenu comme dans sa stratégie.

Sauf qu'au plan de la stratégie, un débat est présent chez les groupes socialistes : l'indépendance « abord, le socialisme ensuite ou les deux simultanément, ce qui implique selon cette dernière option que ces deux objectifs soient portés par la classe ouvrière et ses organisations. En résumé, la première option amènera les uns du côté du RIN, les autres du côté du PSQ mais l'échec et de la gauche du RIN (à empêcher sa dissolution au bénéfice du MSA) et du PSQ (à faire une véritable percée) amènera les uns et les autres soit au PQ soit dans des groupes [285] populaires et ouvriers plus radicaux (au FLP ou au FRAP [Front « action politique]).

De façon générale, nous pouvons donc dire que la période qui va de 1966-1967 à 1970 (la crise « octobre et l'occupation armée du Québec) est un période où la revendication de l'indépendance politique du Québec est une revendication centrale servant d'élément unificateur de toutes les forces progressistes (socialistes ou pas) et de toile de fond à bon nombre de mobilisations. C'est aussi pendant cette période de lutte que s'achève chez les travailleurs du secteur public une syndicalisation massive (hôpitaux, maisons d'enseignement, Hydro-Québec...) et que se développent de nouvelles organisations populaires de quartier.

À cette époque, le marxisme comme méthode d'analyse des structures et des classes d'une société n'a pas encore véritablement percé. Il devient cependant, en science sociale et en philosophie dans les universités et les cégeps, une revendication : on veut connaître le marxisme, sa pensée, ses courants... parce qu'on le soupçonne de pouvoir aider à mieux transformer le monde et la société.

C'est la crise d'octobre 1970 qui permettra au socialisme et au marxisme d'obtenir leurs « lettres de créance » dans la lutte nationale et sociale.


Le début des années 1970 :
le national et le social dans la gauche
du mouvement ouvrier et populaire

La politisation du mouvement syndical et populaire

Au moment de la crise d’octobre, le mouvement syndical, populaire et étudiant est travaillé en quelque sorte de l'intérieur par la question nationale ; cette dernière, faut-il le redire, n'appartient pas aux seules couches de la bourgeoisie québécoise.

Mais la lutte sociale de ces différents mouvements tend également à s'élargir, à découvrir explicitement ses dimensions politiques. C'est ainsi qu'en mai 1969, une vingtaine de comités de citoyens réunis à Montréal prennent position : « Nous n'avons plus le choix, il nous faut passer à l'action politique ». Des étudiants militants, après l'échec relatif des occupations, cherchent à se lier au mouvement ouvrier en référence au ... mai 68 français. Et, du côté des organisations syndicales, on parle d'un deuxième front à ouvrir : « Ce qu'on gagne dans nos conventions collectives, on nous l'arrache par l'augmentation des taxes, des prix des loyers... ». Cela donnera lieu durant l'hiver 1970 à des colloques spéciaux intersyndicaux (CSN, FTQ, CEQ) et populaires sur l'action politique.

[286]

L'action politique ici débattue ne découle pas d'une position ferme et articulée. Ce sont là des mouvements sociaux, non des partis politiques. Il s'agit cependant d'une opinion répandue chez les militants qui reflète leur expérience, et qu'ils sentent confusément comme une direction à prendre. Quelle action politique ? Sur quels alliés compter ? À partir de quelle stratégie ? Contre quel adversaire d'abord ? Toutes ces questions n'ont pas encore de réponses précises. Mais dans la région de Montréal, coeur industriel et urbain du Québec, elles donneront lieu à un début d'articulation politique au sein du FRAP [3].

Le FRAP réunit des centaines d'adeptes, il permet une liaison concrète, visible, organisée de militants syndicaux, populaires, étudiants à partir d'une pensée politique rudimentaire : le « pouvoir populaire » et un programme axé sur les besoins immédiats des classes populaires à Montréal, dans une lutte à mener sur trois fronts : consommation, travail et pouvoir politique municipal. À l'élection de l'automne 1970, le FRAP présente 30 candidats dans une dizaine de quartiers de Montréal, et obtient 10 pour cent du vote. Sept candidats obtiendront plus de 20 pour cent dans leur quartier respectif.

Même si le FRAP ne gagnait rien, il ne perdait rien ; il ne faisait que commencer la lutte car, ne l'oublions pas, le contexte dans lequel il se trouvait aux élections était celui de l'occupation armée du Québec (avec 5,000 perquisitions, 500 arrestations, l'accusation par J. Marchand, alors ministre fédéral, que le FRAP était le « front » ou la couverture du FLQ [Front de libération du Québec]).

Le Québec était alors
en pleine crise politique


Au sein du FRAP, la répression et le résultat des élections, ressentis comme un échec par la très grande majorité des militants, eurent pour effet de tout remettre en question : le rôle réel de l'État, la question nationale et le rôle du PQ, la place du syndicalisme comme force de changement, le rôle des animateurs sociaux. Autant de questions à peine évoquées dans le manifeste et le programme du FRAP qui surgissaient au premier plan des débats. Ces questions en appelleront une autre : quel travail politique entreprendre maintenant ? Bon nombre de militants partent alors en douce, déçus et désemparés, mais tous avec ce cortège de questions.

Le terrain était fertile pour que se renouvelle l'approche des problèmes vécus par les travailleurs et travailleuses : marxisme et socialisme devenaient des points de référence pour comprendre les « événements d'octobre », pour comprendre les mécanismes économiques et politiques de notre société, pour mieux identifier les lignes directrices d'un nouveau projet de société. À la suite de l'électrochoc de l'occupation année du Québec et de l'expérience du FRAP, la question [287] nationale devient davantage liée à la lutte pour le socialisme (cas du Conseil central de Montréal de la CSN, cas de militants de comités « action politique de quartiers ou de syndicats...).

La lutte des travailleurs de La Presse (automne 1971), la lutte contre certaines multinationales (Canadian Gypsum et Firestone en 1972-1973) et avec encore plus de force, la lutte du Front commun du secteur public projettent le mouvement syndical sur l'avant-scène politique. Et cela, dans un contexte socio-économique où la crise se fait plus fortement sentir : chômage, licenciements massifs et fermetures d'usines ne sont plus le lot des secteurs traditionnellement atteints comme la construction. C'est l'« aristocratie ouvrière » qui est touchée : des travailleurs de la métallurgie et du papier qui connaissaient depuis l'après-guerre la sécurité d'emploi se trouvent désormais menacés. La situation de ce secteur à l'intérieur de la CSN est à l'origine du manifeste Ne comptons que sur nos propres moyens.

Le déblocage idéologique dans le mouvement
syndical et populaire : portée et limites

Un contexte de crise économique dans de nouveaux secteurs, un régime politique antisyndical (le régime libéral de Bourassa), un bond spectaculaire de la syndicalisation dans le secteur public, la première tentative de front commun intersyndical dans le secteur public avec 200,000 travailleurs et travailleuses face au même employeur : l'État québécois. Et quelques antécédents : le FRAP, la lutte des centrales syndicales pour les libertés civiles pendant l'occupation armée du Québec. Tels sont les principaux événements qui permettent un déblocage idéologique et politique des organisations syndicales. On s'interroge sur la nature même du capitalisme, non plus sur les abus à corriger [4]. À la CSN on parle même explicitement d'une autre société à bâtir, laquelle vraisemblablement ne pourrait être que socialiste. Et l'analyse de ces manifestes s'inspire carrément de l'approche marxiste.

La rupture idéologique avec le passé est énorme. Des positions contre le capitalisme et la relative ouverture à un projet de société socialiste ne se sont pas exprimées dans les organisations syndicales québécoises, canadiennes et encore moins américaines depuis les années 1930 et 1940. Ce n'est plus seulement à la marge du mouvement ouvrier et populaire que socialisme et marxisme sont des points de référence ou de débat. C'est au coeur même des principales organisations que s'opère un changement de cap.

Le mouvement syndical prend toute sa place politique au Québec pendant cette période (1967-1973). Il se politise à partir des luttes du secteur publie, luttes au sein desquelles se retrouvent de nouvelles générations de militants (dont plusieurs ont une formation scolaire plus [288] élevée et différente de celle des générations précédentes). Cette politisation rapide reflète une conscience de classe grandissante dans les couches militantes du mouvement syndical.

Mais, car il y a un mais, d'une part le degré « enracinement dans l'ensemble du membership est plutôt faible et, d’autre part, si l'analyse issue des manifestes montre bien la dépendance économique du Québec vis-à-vis de l'étranger et la liaison des pouvoirs politiques avec le pouvoir économique, le projet de société qui se dégage reste abstrait et sommaire. D'autant plus que ces luttes et ces débats vont épuiser militants et organisations syndicales, voire même les diviser (scission CSD et syndicats indépendants) et les affaiblir. Par exemple, la CSN dans les deux années qui suivent perdra près de 100 000 membres.

Le virage à gauche est malgré tout là pour rester. Cependant la question de l'organisation politique propre aux travailleurs et travailleuses demeure sans réponse pratique. Avec l'expérience du FRAP dans le contexte de la crise d'octobre, socialisme et marxisme deviennent des points de référence dans les débats politiques des organisations militantes. À l'occasion des luttes syndicales de 1971-1973, le socialisme et le marxisme, autrefois menaçants ou tabous, obtiennent leurs lettres de créance et acquièrent une crédibilité auprès des instances de direction et de groupes de militants chez les principales organisations du mouvement ouvrier et populaire.

Si l'analyse de la société portée par les organisations syndicales change de ton, de style et de contenu, si l'ouverture se fait à un autre type de société, si le rôle du syndicalisme dans la société est perçu et défini autrement, deux questions clés seront néanmoins laissées dans le vague : 1) la question nationale est inhérente au débat sur le projet de société, les manifestes parlant quasi exclusivement du Québec... en sous-entendu ; 2) l'action politique dans ses formes concrètes demeure floue...

Ces deux faiblesses dans les débats idéologiques des organisations syndicales à l'époque ne seront comblées ailleurs et autrement que par la gauche syndicale et populaire.

La gauche, le PQ
et l'indépendance du Québec


Au début des années 1970, à peu de choses près, tous les mouvements qui traversent le mouvement ouvrier et populaire considèrent que la solution à l'oppression nationale passe par le PQ. Le PQ fera l'indépendance. Personne ne doute de cet objectif du PQ même si nombreux peuvent être ceux qui doute de son projet social et de sa solidarité réelle avec la classe ouvrière. D'où le débat en faveur d'un parti des travailleurs, indépendantiste et socialiste (chez la base des trois [289] centrales syndicales de la région de Montréal et un certain nombre de groupes populaires).

C'était, je crois, une profonde erreur de la gauche d'avoir cru que le PQ avait un objectif et une stratégie pour faire l'indépendance politique du Québec. De cette manière il pouvait rassembler progressivement l'ensemble des luttes contre l'oppression nationale. Le national au PQ, le social au mouvement ouvrier tel a été le glissement progressif du courant nationaliste populaire de la fin des années 1960. À partir de 1970, le FRAP en tête affirme : « Nous préparons l'après-indépendance ». C'était non seulement laisser au PQ l'objectif de l'indépendance, c'était aussi mal analyser la portée de cette revendication. Elle n'était pas une simple réforme possible avec l'arrivée au pouvoir du PQ et de bons résultats électoraux sur la question de l'indépendance. C'était une rupture profonde avec les règles économiques et politiques du régime fédéral canadien [5], une lutte serrée avec l'establishment canadien, lequel avait, de toute façon, en dernière instance, l'appui du capital américain. Le PQ ne voulait ni ne pouvait mener à terme cette lutte. Cet objectif de l'indépendance du Québec, par le mouvement ouvrier et populaire, demeure encore aujourd'hui pleinement d'actualité. En somme, le courant ouvrier et populaire du mouvement national s'ouvre au socialisme et au marxisme. Mais, ces notions de socialisme et de marxisme sont encore trop jeunes pour lui faire voir différemment les implications de classes et le rapport de forces réel que suppose la lutte pour l'indépendance nationale.


La deuxième moitié des années 1970 :
le social contre le national


Parallèlement à cette dynamique, la greffe marxiste-léniniste (avec En Lutte ! et La Ligue à partir de 1973-1974) commence à s'opérer dans certains secteurs du mouvement ouvrier et populaire. Ce courant ne viendra pas fournir une réponse à cette question de l'approfondissement de la question nationale et de l'indépendance comme lutte contre le capitalisme. Au contraire, cette question sera de plus en plus évacuée à partir d'un diagnostic dont les principales coordonnées sont les suivantes : le PQ veut faire l'indépendance, le PQ est un parti bourgeois comme les autres malgré ses apparences démocratiques, donc l'indépendance est un objectif des classes bourgeoises. Il empêche donc l'unité de la classe ouvrière canadienne. Il est un obstacle à la conscience de classe des ouvriers. Dans la gauche politique québécoise, c'est grosso modo un objectif, une revendication centrale, prioritaire poursuivie depuis dix ans (depuis le RIN et le FLQ de 1963-1964) qui est balayée ! Le courant, qui reprend à quelques virgules près les coordonnées de la question nationale telles qu'elles furent véhiculées dans le mouvement [290] communiste international des années 1920-1930, tire à bout portant, à partir de 1973, sur tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à une position qui privilégie l'indépendance. Très actif dans le mouvement populaire, dans une partie du mouvement syndical, principalement à la CSN, et dans les maisons d'enseignement (cégeps et universités), il sera prédominant dans l'ensemble de la gauche pendant cinq bonnes années (1974-1979). La toile de fond de sa crise au début des années 1980 sera sa position et son intervention dans l'enjeu du référendum et son attitude à l'égard du féminisme, considéré globalement comme « petit-bourgeois ».

Pendant ces années « noires » à l'intérieur de la gauche au Québec, socialisme, marxisme, libération nationale et organisation politique des travailleurs sont rapetissés, réduits, ramenés aux dimensions du stalinisme : une seule classe ouvrière, un seul parti, un seul socialisme et la reconnaissance purement formelle de l'oppression nationale. Le tout calqué sur la pensée de l'Internationale communiste des années 1920 avec comme référence la Chine et l'Albanie. Petit livre de base : Des principes du léninisme de J. Staline. La logique est implacable, et le marxisme ramené à une idéologie orthodoxe.

Comment devient-on « communiste », ou, si l'on préfère, staliniste, en 1974-1975 au Québec ? Par quel « mystère » des étudiants et des intellectuels militants ignorent-ils que les pays dits socialistes stagnent économiquement et qu'ils ont établi un régime autoritaire ? Par quel « mystère » passe-t-on à côté du fait que le stalinisme est considéré, tout au moins en Europe - et ce, dans toutes les gauches - comme la forme la plus sclérosée de la pensée marxiste et du projet socialiste ?

Le facteur international a certes joué. L'attrait de la révolution culturelle chinoise amène des militants d'ici à se réapproprier le « maoïsme », et du maoïsme à la politique des PC chinois et albanais il n'y a qu'un pas vite franchi. En outre, une partie de la gauche intellectuelle investit le PQ tandis que l'on s'écarte du militantisme politique en se cantonnant dans l'enseignement et la recherche. Les militants d'hier sont devenus professeurs de philosophie et de sciences sociales dans les cégeps et universités. Par ailleurs l'appareil syndical issu des luttes de 1971-1973 et la couche de militants qui l'appuie commence à tourner à vide et à s'essouffler. L'absence de tradition politique de gauche (de l'après-guerre jusqu'à la fin des années 1960) n'existe pas pour aider à prendre une distance critique vis-à-vis de cette ligne politique. On y adhère inconditionnellement ou on la subit sans pouvoir offrir d'alternative théorique et pratique.

L'incompréhension politique du référendum de 1980 comme enjeu de classe au Québec et au Canada constitue le premier échec politique majeur de ce courant d'autant qu'il est doublé à sa gauche par le courant « socialisme et indépendance [6] » qui se réactive en offrant une analyse et [291] des propositions politiques concrètes pour faire face à cet enjeu. De façon moins visible et avec une portée difficile à mesurer, c'est le mouvement du féminisme radical qui laminera de l'intérieur et de l'extérieur le courant « M-L » de telle manière qu'on peut aujourd'hui en parler au passé (comme courant politique organisé) bien qu'il a laissé des marques profondes et durables.


Où en sommes-nous aujourd'hui ?

Historiquement, dans le mouvement socialiste international un spectre hante le sommeil du marxisme orthodoxe, celui de Rosa Luxemburg, qui posa la première le problème de la liberté dans la révolution, et celui de Gramsci qui, renouvelant l'approche de l'État et de la politique dans la cadre de sociétés capitalistes, aura une influence certaine sur et dans le mouvement ouvrier (exception faite, je crois, du mouvement ouvrier italien) [7]. Dans la dernière décennie, la lutte nationale et la lutte des femmes hantent à leur tour le mouvement socialiste. Au Québec, la période stalinienne dans la gauche a été vécue en condensé et selon des intensités différentes surtout dans la deuxième partie des années 1970. Après l'échec du courant « M-L », le socialisme et le marxisme pourront se poser dans des termes différents aux yeux des militants du mouvement ouvrier francophone. Voyons un peu comment.

Du côté des mouvements sociaux, le mouvement syndical dont le secteur public a été le fer de lance pendant les années 1970 est en perte de vitesse et vit des contradictions profondes. Le Front commun de 1982 en est l'illustration la plus visible. Il est allé au bout de lui-même et au bout de ses possibilités sans pouvoir développer de sympathies réelles et actives dans la population en général (sans-travail, assistés sociaux, travailleurs non organisés) et même dans le secteur privé organisé. Il vit présentement en camp retranché, littéralement sur la défensive. Son mariage conflictuel avec l'État québécois et le mouvement national « hégémonisé » par le PQ [8] fait du secteur public un secteur où les acquis ont été substantiels sans pour autant avoir été transférés au secteur privé de la classe ouvrière. La contradiction public-privé à la CSN et à un moindre degré à la FTQ amène les syndicats et les courants qui les traversent à se neutraliser mutuellement. La gauche syndicale et politique n'a pas encore de réponse décisive à cette contradiction majeure qui risque d'affaiblir les forces populaires. Sans compter que les tensions hommes-femmes dans les organisations syndicales commencent également à bouleverser les schémas antérieurs de lutte syndicale.

Les organisations populaires (prises ici au sens de groupes menant la lutte sur les conditions de vie), liées elles aussi par un mariage [292] conflictuel à l'État québécois (protection des consommateurs, éducation populaire, développement communautaire...), sont aux prises avec des problèmes de survie.

Le mouvement des femmes, dans son ensemble, tout en rendant publiques et politiques plusieurs questions demeurées jusque-là du domaine privé, n'a pas encore réussi à franchir le mur qui sépare les travailleuses des ménagères [9] tandis que le mouvement pour le désarmement nucléaire, bien que fort actif au Canada anglais et chez les québécois anglophones, n'a que timidement percé la majorité francophone.

Il ne s'agit pas ici de céder au pessimisme, mais bien d'enregistrer une conjoncture difficile qui est plus à la division ou au morcellement qu'à l'unité, qui est plus à la défensive qu'à l'offensive (comparativement à ce qui dominait dans les mouvements sociaux au Québec il y a 10 ou 15 ans). Actuellement l'engourdissement gagne plusieurs militants et bon nombre d’organisations ont du plomb dans l'aile tandis que d’autres ne sont pas encore parvenues à décoller.


Le renouvellement de la pensée marxiste
et de nos pratiques politiques


Peut-être y a-t-il des choses qui mûrissent de façon souterraine en regard de la lutte pour le socialisme. Quels en sont les indicateurs ? Deux événements politiques internationaux ont sans doute marqué à leur manière le socialisme et le marxisme de la gauche au Québec : la guerre entre le Viêt-nam et la Chine en 1979 et la répression par le Parti communiste polonais du mouvement Solidarité. Le « communisme » en a « pris pour son rhume » à un point tel qu'il est permis de penser que le « marxisme et le socialisme » des pays dits socialistes ont sans doute atteint leur point limite en devenant une idéologie et une politique anti-ouvrières après avoir eu la prétention d'être la seule idéologie et la seule politique de la classe ouvrière.

C'est le cas du Québec car le marxisme et le socialisme pendant près de huit ans ont été associés sinon identifiés au « communisme » [10]. Leur renouvellement passe obligatoirement par une analyse critique des « socialismes existants » en posant notamment la question de la démocratie ouvrière et populaire et celle de la liberté dans la révolution. La question est d'ailleurs d'une tragique actualité au Nicaragua présentement.

Le marxisme des « communistes », conçu et perçu comme une idéologie scientifique et comme une idéologie de la classe ouvrière, a perdu ses lettres de créance. Une des conclusions que l'on peut tirer de ces événements et de l'expérience « M-L », c'est que le marxisme ne peut [293] être considéré comme une doctrine achevée dont les seuls problèmes en sont « application à des conjonctures particulières.

Les syndicats au Québec ont résisté à ce courant marxiste, le mouvement des femmes l'a rejeté et les militants socialistes non communistes le portent comme une patate chaude. En deuxième lieu, l'expérience « M-L » a conduit plusieurs militants et militantes à un certain nombre de refus politiques : refus du parti avant-gardiste et de son corollaire, les organisations syndicales et populaires, comme courroies de transmission de ce parti ; refus du parti unique, refus de l'internationalisme à partir d'un parti père ou d'un État guide ; refus du socialisme étatique (l'abolition de la propriété privée par la seule nationalisation de l'économie). En troisième lieu, la théorie marxiste (toutes traditions confondues) a jusqu'à tout récemment eu peu de choses à dire sur la question nationale, sur l'oppression des femmes et sur l'enfer thermonucléaire qui menace actuellement la planète.

Dans la gauche syndicale et populaire, dans la gauche féministe et dans la gauche politique au Québec, le débat sur le marxisme dépassé ou indépassable n'occupe plus. Heureusement ! Bon nombre le jugent utile, précieux même pour autant qu'il ne nous enferme pas dans un carcan. Sur le plan de la théorie, il me semble que nous reprenons peu à peu le goût et l'intérêt pour des procédures intellectuelles de libre examen, d'enquête, de vérification sur le terrain dans une perspective de classe qui ne se laisse pas enfermer dans des orthodoxies.

Sur le plan politique, nous ne procédons pas non plus uniquement par des refus. Si on peut être tout à la fois anti-capitaliste et anti-stalinien, il me semble qu'un projet de société socialiste se conçoit davantage par l'élaboration collective et permanente que par « la chirurgie sociale des révolutionnaires de 1917 » (comme disent les syndicalistes de la CFDT en France). Ce qui n'exclut aucunement des affrontements et des stratégies dans la transition du capitalisme au socialisme. Points de repère nouveaux : autogestion et pouvoir populaire, organisations syndicales, populaires et de femmes perçues et reconnues comme agents de transformation sociale au même titre que les forces politiques. Avec leur projet propre, leurs choix et leurs priorités bien à elles. Il me semble à partir de ces repères que nous nous éloignons de ce que la CFDT en France nomme l'ère barbare du tout politique, de la subordination complète des gisements que recèle la société civile à l'occupation de l'État par une minorité de conquérants investis d'une formidable délégation de pouvoirs [11]. On ne fera pas pour autant l'économie de l'organisation politique des forces populaires contre le capitalisme. La lutte ouvrière et la lutte des femmes à l'intérieur d'une lutte nationale pour l'indépendance et le socialisme requièrent un débouché politique. Cependant, on saisit mieux que ce débouché politique s'inscrit lui-même dans un mouvement plus large de transformation sociale.

[294]

Par ailleurs, s'il y a quelques signes avant-coureurs de renouvellement de la théorie marxiste et du projet socialiste au Québec, le marxisme et le socialisme québécois tardent à comprendre de l'intérieur et à s'engager activement dans 1) la lutte des femmes (féminisme et socialisme ne concordent pas) ; 2) la lutte des travailleurs et travailleuses pour redéfinir le travail ; 3) la lutte pour le désarmement nucléaire ; 4) la lutte pour l'indépendance du Québec. Par-delà des acquis (sécurité d'emploi) et droits sociaux formellement reconnus (le droit au travail pour tous et toutes) les nouveaux enjeux de la période qui me semblent se dessiner sont : 1) la transformation des rapports sociaux hommes-femmes dans le couple, la famille, le milieu de travail, les organisations ; 2) la réduction substantielle du temps de travail pour donner à chacun et à chacune le temps de vivre, de militer, de partager les tâches ménagères ; 3) la survie de la planète et la qualité de la vie sur la planète ; 4) une véritable reprise en charge de la question nationale où l'indépendance et le socialisme sont à nouveau liés.

[296]


Sigles

CTCC

Confédération des travailleurs catholiques canadiens, fondée en 1921, d'origine chrétienne, elle se déconfessionnalise en 1964 pour devenir la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Cousine québécoise à plus d'un titre (origine, composition, orientation...) de la CFDT en France, Confédération française des travailleurs.

PLQ

Parti libéral du Québec. Pendant québécois du Parti libéral du Canada.

CSN

Confédération des syndicats nationaux.

FTQ

Fédération des travailleurs du Québec (section québécoise de la CTC ou Centrale des travailleurs canadiens).

CEQ 

Centrale de l'enseignement du Québec.

MSA et RIN

Mouvement souveraineté-association qui deviendra le Parti québécois (PQ) et Rassemblement pour l'indépendance du Québec (dissous en 1968 après la fondation du MSA rejoint par une majorité de ses militants).

MLP, FLQ, PSQ, LSO, FLP, CIS

Mouvement de libération populaire, Front de libération du Québec, Parti socialiste du Québec, Ligue socialiste ouvrière, Front de libération populaire, Comité indépendance-socialisme. Dénominateur commun : socialisme et indépendance du Québec à des degrés divers.

FRAP

Front d'action politique. Créé à Montréal en 1970 de la jonction de comités de citoyens et de syndicalistes.

CSD

Centrale des syndicats démocratiques. Créée à l'occasion d'une scission à l'intérieur de la CSN en 1972 lors du premier front commun et de la sortie du manifeste Ne comptons que sur nos propres moyens.



[1] Voir à ce sujet S. B. Ryerson, « Mouvement ouvrier et question nationale », Conjoncture, no 1, 1981-1982, p. 89-90.

[2] Centre de formation populaire, « Le mouvement ouvrier et ses revendications sur la question nationale », dans Au-delà du Parti québécois, Montréal, Nouvelle Optique, 1982, p. 193 à 207.

[3] « L'action politique ouvrière », Vie ouvrière, no 170, mai 1983. Entrevue avec un militant du FLP.

[4] Ibid. Article sur le FRAP.

[5] C'est la période de sortie des manifestes syndicaux : Il n'y a plus d'avenir dans le système économique actuel et Ne comptons que sur nos propres moyens (CSN), L'État rouage de notre exploitation et Un seul front (FTQ), L'école au service de la classe dominante (CEQ).

[6] M. Ferland, Y. Vaillancourt, Socialisme et indépendance au Québec, Montréal, Éd. Albert Saint-Martin, 1981, chap. VI, p. 51 à 68.

[7] J'inclus ici, dans ce courant large, des revues comme les Cahiers du socialisme ou Interventions économiques, des magazines comme Vie ouvrière, des journaux comme Presse libre, des organismes populaires comme le Centre de formation populaire, des directions d'organisations syndicales comme celle du Conseil central de Montréal (CSN), des démarches politiques comme le Mouvement socialiste et, le Regroupement pour le socialisme.

[8] F. Demers, Chroniques impertinentes du 3e front commun, Montréal, Nouvelle Optique, 1982.

[9] H. Allaire, M. Viau, Des garderies pour qui ?, Montréal, 1982, p. 29.

« Droit aux garderies, droit au travail des femmes » : voilà une revendication fort répandue du mouvement des garderies. Il est temps de la remettre en question si nous voulons que le mouvement rejoigne un maximum de femmes.

Les garderies ne doivent pas être limitées aux femmes qui travaillent : elles sont un droit de toutes les femmes, tous les enfants, toutes les familles... les femmes ménagères... doivent pouvoir utiliser les garderies...

[10] L. Favreau, Le projet socialiste (dans l'histoire du mouvement ouvrier international), Montréal, Centre de formation populaire, 1979.

[11] H. Hamon, F. Rotman, La deuxième gauche (Histoire intellectuelle et politique de la CFDT), Paris, Éd. Ramsay, 1982, p. 399.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le samedi 5 février 2011 17:05
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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