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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

QUESTIONS DE CULTURE, no 13, “Couples et parents des années quatre-vingt. (1987)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir du texte de la revue QUESTIONS DE CULTURE, no 13, “Couples et parents des années quatre-vingt. Un numéro sous la direction de Renée B.-Dandurand. Québec: Institut québécois de recherche sur la culture, 1987, 286 pp.

[9]

Questions de culture no 13

Introduction [1]

Une vie familiale en transformation

Renée B.-Dandurand

Depuis quelques décennies, la vie familiale a été soumise à des transformations spectaculaires: en moins d'une génération, les taux de natalité ont cessé d'assurer le renouvellement de la population, la courbe des divorces a bondi, la nuptialité a fléchi pendant que la tolérance sociale et les lois ont dû s'assouplir devant la montée des unions libres et des naissances hors mariage. Faut-il aller jusqu'à parler de mutation ou même de crise ? Ce serait une question à débattre. Quel que soit le jugement porté, il demeure que « tous les pays développés sont atteints des mêmes symptômes », selon le démographe Hervé LeBras [2]; et cela, quelles que soient les particularités de leur situation économique, de leur politique de la famille ou de leur structure familiale.

Au Québec, les changements familiaux ont été particulièrement rapides [3]. Ils ont accompagné et suivi la Révolution tranquille des années 1960. Mais notre connaissance de leur histoire récente est rudimentaire si on la compare à celle qui a été dressée de l'évolution politique, économique, culturelle ou religieuse des dernières décennies [4]. En réalité, on commence à peine à saisir ce qui s'est passé, à prendre un peu de recul et à voir plus clair dans ces multiples bouleversements qui ont sollicité tant de nos énergies depuis vingt ans! Le présent ouvrage ayant pour but de repérer certaines composantes culturelles des nouveaux modes de vie des couples et parents pendant les années 80, il importe de le situer d'abord dans l'évolution de la vie familiale au Québec depuis 1960.

[10]

DU PRÊTRE À L'EXPERT:
LE DÉCLIN DE L'ÉGLISE ET L'ESSOR DE L'ÉTAT


Dans notre société, l'Église n'a perdu que récemment la quasi hégémonie culturelle [5] qu'elle exerçait sur la vie familiale. Faut-il rappeler qu'il y a vingt-cinq ans, famille et mariage étaient encore, au plan normatif, largement sanctionnés par l'Église ? Que cette institution était seule officiante des rituels de la naissance, du mariage et de la mort; qu'elle seule était responsable de l'enregistrement de la population; qu'elle était, par la prédication et la confession, dispensatrice de normes et garante de leur application. Peu de pays occidentaux, si ce n'est l'Italie et l'Espagne, ont aussi longtemps tardé à séculariser leurs pratiques matrimoniales et familiales [6].

Pendant la décennie 60, l'Église québécoise, comme principale régulatrice de la vie familiale, se voit progressivement supplantée par l'État. Ainsi le droit familial s'adapte aux temps nouveaux, se libéralise et intervient davantage dans la vie privée. Au sein des appareils bureaucratiques de l'État, qui se multiplient pour prendre le relais de l'Église dans les domaines éducatif et socio-sanitaire, apparaît un cortège de professionnels, porteurs d'une nouvelle instance de légitimation, la science : ils sont médecins, infirmières, psychologues, pédagogues, travailleurs sociaux, criminologues, sociologues. Jouant à leur tour des rôles de conseillers ou de formulateurs de règles de conduite, ces experts prendront la relève de l'Église déclinante et tenteront d'énoncer une nouvelle culture familiale, désormais plus « laïcisée [7] » : elle est basée sur le droit et la science plutôt que sur la doctrine et la morale catholique.

Comme l'Église, mais de façon plus complexe, les bureaucraties d'État ont tenté d'assurer deux fonctions à l'endroit des familles: l'assistance et la surveillance. Dans les sociétés traditionnelles, l'aide en cas de besoin et le contrôle social étaient aux portes des maisons : dans le voisinage, la communauté, la parenté, avec l'intervention de la mère, du père, du [11] curé, du médecin de village. Aujourd'hui, ces fonctions sont encore assumées par des réseaux de proches mais au-delà de ces réseaux, les encadreurs de la vie familiale sont surtout des institutions relevant de l'État et leurs officiers : Centre local de services communautaires, Centre de services sociaux, hôpital, « Bien-être », « Chômage », Protection de la jeunesse, etc.

LES « IRRUPTIONS DE LA MODERNITÉ »

De façon concomitante à ces transformations entre famille, Église et État, la libéralisation des mœurs a suivi chez-nous, dans les années 60, la propagation d'idées et de styles de vie nouveaux. D'Amérique du Nord et d'Europe, nous sont parvenues ce que Colette Moreux [8] a appelé les « irruptions de la modernité »: courants de pensée, modes, modèles de comportement et mouvements sociaux qu'on nommera révolution sexuelle, contre-culture californienne, mouvements identitaires des jeunes (ou contestation étudiante), des Noirs, des femmes, etc. De tels courants et mouvements ont été porteurs d'aspirations à l'égalité, de revendications d'autonomie et de révoltes contre l'oppression ; bref, ils ont entraîné un éclatement des normes et cadres établis dont un slogan de mai 1968 « La vie d'abord ! » donne bien la mesure.

Au Canada, la libéralisation des mœurs a été inscrite notamment dans le bill Omnibus qui, en vigueur en 1969, a élargi les normes touchant la contraception, l'avortement, l'homosexualité et le divorce.

LA VIE DES FEMMES : DU PRIVÉ AU PUBLIC

Tous ces changements culturels s'accompagnent de transformations de la vie économique et politique, qui auront également un impact important sur la vie familiale. Ainsi entre 1960 et 1980, le modèle conjugal dominant de la société industrielle [12] nord-américaine passe de l'unité ménagère/pourvoyeur au ménage à double soutien. Ce qui n'équivaut certes pas à une interchangeabilité des rôles conjugaux mais à une atténuation de l'écart entre la vie quotidienne des hommes et des femmes qui forment des couples. En réalité, on peut dire que c'est d'abord la vie des femmes qui va changer, se répercutant par la suite sur celle des hommes. Sans affirmer que la libération des femmes est chose faite, on peut en effet avancer que dès la décennie 60, les femmes ont commencé d'accéder à une certaine autonomie financière et personnelle, que leurs mères et grands-mères n'avaient pas connue: en témoignent le contrôle accru qu'elles ont désormais sur leur sexualité et leur fécondité, leur accession à la maturité juridique (Bill 16), leur insertion croissante au marché du travail et, avec l'essor de l'État-providence, l'obtention de mesures d'assistance sociale plus adéquates pour ceux et celles qui sont exclus du salariat (majoritairement des mères de jeunes enfants, des malades, des handicapés et des personnes âgées, d'ailleurs traditionnellement à la charge des femmes dans les familles). Ce sont là des transformations capitales: elles consacrent la fin d'une époque, celle de l'affectation explicite des femmes mariées à la sphère domestique, où la plupart sont demeurées reléguées depuis les débuts de l'industrialisation, devant passer par l'entremise des hommes pour avoir accès aux ressources de la sphère publique, qu'elles soient d'ordre économique (le salaire) ou politique (le droit de vote et la maturité juridique) [9].

Cette relative mobilité des femmes, de la sphère privée à la sphère publique, on peut dire que le mouvement identitaire des femmes en a été au Québec un moteur important. Auparavant disséminées dans chaque unité domestique, les femmes se sont donné des voix collectives et ont montré une force de ralliement insoupçonnée; elles ont formé des groupes d'entraide, ainsi que des groupes de pression auprès des pouvoirs politiques pour appuyer et défendre leurs intérêts et ceux de leurs enfants. Plusieurs d'entre elles ont ainsi joué [13] un rôle actif pour changer les rapports hommes-femmes dans la vie publique aussi bien que dans la vie privée.

ET LE SENS DE L'ENFANT ?

À mesure que les sociétés modernes ont vu disparaître les modes préindustriels de la subsistance familiale au profit du salariat et que, parallèlement, s'instaurait l'école, les enfants ont cessé d'être une main-d'œuvre pour la famille [10]. Aujourd'hui, au Québec comme dans les pays développés, le rôle économique des enfants s'est considérablement amenuisé et, de ce point de vue, ces derniers sont devenus une charge pour les parents. Parallèlement, la signification affective de l'enfant a pris une prépondérance accrue [11].

LE VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION

C'est également en Occident que les pratiques contraceptives et la signification nouvelle de l'enfant ont entraîné un fléchissement des taux de natalité. Faut-il préciser qu'un tel fléchissement s'exprime moins par un refus de l'enfant que par la généralisation des petites familles ? Quoi qu'il en soit, en plus de soulever les inquiétudes de certains dirigeants des pays du Nord, qui craignent le surnatalisme des pays du Sud, cette baisse des naissances fait appréhender le vieillissement graduel de notre population. Il en résulterait un « déséquilibre des âges de la vie », auquel les démographes nous convient à réfléchir [12].

De l'examen de ces larges phénomènes culturels et sociaux, il serait simpliste de déduire que les nouveaux modes de vie sont tributaires des seules mutations de la sphère publique et que l'instance privée, la famille, est une sorte de « matière inerte », subissant les contrecoups des perturbations de la société. Les changements familiaux se concoctent souvent [14] dans la vie quotidienne, avant même qu'ils n'apparaissent dans les débats publics ou dans les législations. À leur tour, les décisions collectives ont un impact peu négligeable sur la vie privée. C'est donc dans l'observation des interrelations constantes entre le privé et le public qu'on peut saisir les transformations de la vie familiale.

LES ANNÉES 60 ET 70: DE LA TRADITION À L'ÉCLATEMENT

Dans l'histoire récente du Québec, les statistiques officielles sur la natalité et le mariage affichent des fluctuations importantes. Des démographes en résument ainsi les grandes lignes:

Nous sommes frappés par la rapidité, la multiplicité et l'ampleur des changements survenus depuis la fin des années cinquante. À cette époque, les comportements traditionnels l'emportent encore: forte nuptialité, grande stabilité des unions, maintien de l'importance des familles relativement nombreuses, recours très modéré et peu efficace à la contraception. Puis au cours des années soixante et soixante-dix, ils vont céder un à un :

  • c'est d'abord la taille de la famille qui se réduit de moitié grâce à l'adoption massive des moyens contraceptifs les plus efficaces ;

  • c'est ensuite la montée du divorce et le choix de la stérilisation contraceptive ;

  • c'est finalement la chute de la nuptialité et la montée de la cohabitation [13].

Si les statistiques laissent voir un changement assez brutal du contexte familial, il importe de consulter aussi les données qualitatives, études et monographies, pour saisir les nuances de ce portrait d'ensemble et voir comment, dans la vie quotidienne, sont vécus de tels changements démographiques.

D'abord, les transformations ne se font pas en même temps dans toutes les couches de la population: elles sont [15] plus ou moins rapides selon l'âge, le sexe, l'éducation, le sentiment religieux, le milieu social, l'habitat urbain ou rural. De plus ces changements ne sont pas aussi draconiens que les chiffres le laissent paraître.

Ainsi, dans les études monographiques des années 1960, on décèle certaines dissolutions matrimoniales (séparations, unions libres, naissances « illégitimes ») qui ne sont manifestes qu'en milieu urbain défavorisé. Ailleurs, à la ville ou à la campagne, en milieux plus ou moins aisés, les familles affichent une façade de stabilité mais ne sont pas toutes des « havres de paix » : par exemple, en 1964 dans une banlieue de Montréal, le problème de la contraception inquiète la plupart des femmes et met en cause leur pratique religieuse; de plus, un couple sur quatre continue de vivre sous le même toit même s'il est désuni [14]. C'est pourquoi, derrière une apparence d'uniformité et d'harmonie, on peut parler de certaines dissolutions matrimoniales latentes [15].

C'est au début de la décennie 1970 que ces couples désunis vont se séparer et qu'apparaît un début d'éclatement des normes. Dans son étude d'une petite ville du Québec observée à cette époque, Colette Moreux dresse un portrait éloquent de ce début d'éclatement. Alors que la plupart des habitants de Douceville énoncent des règles et normes traditionnelles à propos de la vie familiale, quelques marginaux (femmes de milieu aisé, jeunes adultes) commencent à violer plus ouvertement de tels principes, valorisant le travail salarié des femmes, demandant le divorce, recourant à l'avortement ou encore s'installant en union libre [16]. C'est donc un début d'anomie qu'observe Moreux, les normes habituelles étant moins efficaces pour guider les comportements. Toujours au début de la décennie 1970, Robert Sévigny note à Montréal d'autres éléments de division des couples (ou de transformation) en matière religieuse et familiale: la volonté de changement normatif est une attitude très clairement exprimée chez les femmes, et qui contraste avec le statu quo que préconisent [16] leurs maris [17]. C'est enfin dans les milieux urbains scolarisés que vers 1972 et 1973, Jacques Lazure recueille des informations sur les « jeunes couples non mariés » et Colette Carisse, sur « les femmes innovatrices » [18]. Bien qu'encore marginaux, il est clair que de nouveaux modes de vie et de nouveaux rôles commencent à s'imposer.

Voilà un aperçu de l'éclatement des normes et modèles familiaux dans la sphère domestique où des divergences de vue et des conflits opposent non seulement des hommes et des femmes, mais aussi des générations, dressant souvent des jeunes contre leurs parents. Dans la vie publique par contre, on assiste à un phénomène curieux: après l'annonce, en début de décennie 1970, de « la mort de la famille [19] », on doit constater un silence étonnant sur le sujet : sans doute qu'on ne sait plus trop à quelle famille se référer, ni quel discours il faut tenir.

LES ANNÉES 80: À CÔTÉ DE CE QUI ÉCLATE,
CE QUI SE CONSTRUIT ET CE QUI SUBSISTE


D'abord « sources de désorientation,... les situations anomiques sont quelquefois génératrices d'innovations [20] ». Ce constat de sociologues européens à propos des normes familiales contemporaines paraît bien s'appliquer au Québec actuel.

Dans les années 80, le lien conjugal demeure précaire, la cohabitation a davantage d'adeptes mais de telles situations ne sont plus perçues avec la même intolérance: autrefois déviants, ces comportements sont de plus en plus considérés comme de nouveaux modes de vie qui prennent place, non sans discussion, à côté des modèles traditionnellement acceptés qui survivent chez une majorité de la population. Le mariage lui-même évolue. Alors que le modèle «ménagé re/pourvoyeur» est en perte de vitesse, remplacé par le [17] ménage à double soutien, des études récentes paraissent indiquer que, malgré une forte résistance, une légère transformation des rôles conjugaux est en cours dans la sphère privée: autant une étude sur des ouvrières mariées qu'une autre sur les femmes au foyer [21] laissent voir, au début des années 80, une répartition des ressources et responsabilités domestiques qui paraît un peu plus équitable que celle qui était observée au début des années 70. Dans la sphère publique, la vie familiale est à nouveau objet de discussion, notamment dans le cadre d'une consultation sur la politique familiale [22]. Les intérêts des uns et des autres s'affrontent plus ouvertement, les débats sont plus fréquents et plus directs sur les enjeux de la vie familiale. Après les incertitudes, la désorientation qui a marqué les années 70, les années 80 se caractérisent par la diversité des profils familiaux: autant les rôles et les modes de la vie privée apparaissent variés, autant sur la scène publique, on observe une certaine flexibilité des normes et des contrôles sociaux.

Les articles de ce recueil ne couvrent pas l'ensemble des transformations récentes de la vie familiale mais cherchent plutôt à donner un aperçu de la diversité des nouveaux modèles culturels qui modulent la vie des couples et des parents, pendant les années 80.

Ont apporté leur collaboration et leur point de vue [23], des femmes et des hommes eux-mêmes conjoints, parents et spécialistes des sciences humaines: ce sont des démographes, sociologues, travailleurs sociaux, psychologues, théologiens, pédagogues, ethnologues et juristes.

Leur contribution a été réunie autour de chacune des sphères de vie : la sphère domestique comme lieu privilégié d'existence de l'unité familiale ; la sphère publique, là où des institutions assistent et encadrent les couples et les parents.



[1] Je remercie Denise Lemieux, qui a discuté, lu et commenté ces réflexions et fait des suggestions fort pertinentes à différentes étapes de la préparation de cet ouvrage.

[2] Hervé Le Bras, « L'interminable adolescence ou les ruses de la famille », Le Débat, n° 25, 1983, p. 118-125.

[3] Évelyne Lapierre-Adamcyk et Yves Peron, « Familles et enfants au Québec: la toile de fond démographique », Santé mentale au Québec, vol. VIII, no 2, p. 27-42; Louis Duchesne, Les ménages et les familles au Québec, Québec, Les Publications du Québec, 1987. Sur les changements familiaux passés et récents, on peut aussi consulter les ouvrages suivants: Nadia Fahmy-Eid et Micheline Dumont (dir.). Maîtresses de maison, maîtresses d'école, Les rapports femmes/famille/éducation dans l'histoire du Québec, Montréal, Boréal, 1983; Denise Lemieux et Lucie Mercier, «Familles et destins individuels féminins : le prisme de la mémoire (1880-1940) », Recherches sociographiques, vol. XXVIII, no 2, 1987; Colette Carisse, La famille : mythe et réalité québécoise, Québec, Éditeur officiel, miméo, 1974; Robert Sévigny, Le Québec en héritage. La vie de trois familles montréalaises, Montréal, Saint-Martin, 1979; Maurice Champagne-Gilbert, La famille et l'homme à délivrer du pouvoir, Montréal, Leméac, 1981.

[4] Voir par exemple P. A. Linteau, R. Durocher, J.-C. Robert et F. Ricard, Le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986 : dans cet ouvrage, la transformation des modes de vie familiaux ne fait l'objet que d'une portion de chapitre, soit moins de trois pages, ce qui est sans doute lié à la relative pauvreté de la documentation.

[5] Précisons que si l'Église québécoise exerce, encore au milieu du XXe siècle, un ascendant culturel majeur sur le champ familial, il ne s'agit pas d'un monopole. Outre l'Église, les instances économiques et étatiques de la société industrielle ont imposé un modèle spécifique de couple, celui de ménagère/pourvoyeur. De plus, d'autres instances notamment les médias électroniques ont eu une influence certaine, quoique peu étudiée, sur la culture familiale.

[6] Jean Gaudemet, Le mariage en Occident, Paris, Éditions du Cerf, 1987, p. 442-450.

[7] Nadia Fahmy-Eid et Nicole Laurin-Frenette, « Théories de la famille et rapports famille-pouvoirs dans le secteur éducatif au Québec et en France, 1850-1960 », dans N. Fahmy-Eid et M. Dumont, op. cit.

[8] Colette Moreux, Douceville en Québec, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1982, p. 23.

[9] Renée B.-Dandurand et Lise Saint-Jean, « La nouvelle monoparentalité comme révélateur des contradictions familiales », dans Simon Langlois et François Trudel (dir.), La morphologie sociale en mutation au Québec, Montréal, Acfas, 1986, p. 126-127.

[10] Les sociétés du Tiers-Monde actuel, qui tirent leur subsistance des petites exploitations agricoles, mettent encore à contribution la main-d'œuvre enfantine, ce qui n'empêche pas les relations adultes-enfants de se faire dans un contexte d'entraide et d'affection. Cette fonction économique, conjuguée aux taux élevés de mortalité infantile dans ces pays, aide à saisir pourquoi ces populations désirent mettre au monde un nombre élevé d'enfants par famille.

[11] Odile Bourguignon, « La question de l'enfant », L'Année sociologique, 3e série, vol. XXXVII, 1987, p. 93-118.

[12] Voir André Lux, «Un Québec qui vieillit. Perspectives pour le XXIe siècle», Recherches sociographiques, vol. XXIV, n° 3, 1983, p. 325-347; Madeleine Rochon, « La nouvelle baisse de la fécondité au Québec : une réalité à laquelle il faudra s'adapter », Le Devoir, 4 juillet 1985 ; George Matthews, Le choc démographique, Montréal, Boréal, 1984.

[13] É. Lapierre-Adamcyk et Y. Peron, loc. cit., p. 36-37.

[14] C. Moreux, Fin d'une religion?, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1969.

[15] Renée B.-Dandurand, « Les dissolutions matrimoniales: un phénomène latent dans le Québec des années 60 », Anthropologie et sociétés, vol. IX, n° 3, 1985, p. 87-115.

[16] C. Moreux, Douceville en Québec, op. cit., p. 279-280.

[17] R. Sévigny, op. cit.

[18] Jacques Lazure, Les jeunes couples non mariés, Montréal, Presses de l'Université du Québec, 1975 ; Colette Carisse et Joffre Dumazedier, Les femmes innovatrices, Paris, Seuil, 1975.

[19] Titre d'un livre, percutant à l'époque, d'un psychiatre anglais, David Cooper, Mort de la famille, Paris, Seuil, 1972 (éd. originale, 1971).

[20] Jean Kellerhals et Louis Roussel, «Présentation: Les sociologues face aux mutations de la famille: Quelques tendances des recherches, 1965-1985», L'Année sociologique, 3e série, vol. XXXVII, 1987, p. 26.

[21] Alain Vinet, Francine Dufresne et Lucie Vézina, La condition féminine en milieu ouvrier: une enquête, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1982; Rita Therrien et Louise Coulombe-Joly, Rapport de l'AFEAS sur la situation des femmes au foyer, Montréal, Boréal, 1984.

[22] R. B.-Dandurand, « Une politique familiale: enjeux de débats », Recherches sociographiques, vol. XXVIII, n° 2, 1987.

[23] Il faut préciser que chaque article n'engage que son auteur.



Retour au texte de l'auteur: Fernand Dumont, sociologue, Université Laval Dernière mise à jour de cette page le mardi 18 avril 2017 10:36
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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