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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

QUESTIONS DE CULTURE, no 7, “La culture: une industrie ?. (1984)
Sommaire


Une édition électronique réalisée à partir du texte de la revue QUESTIONS DE CULTURE, no 7, “La culture: une industrie ?. Un numéro sous la direction de Fernand Dumont. Québec: Institut québécois de recherche sur la culture, 1984, 216 pp.

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Questions de culture no 7

Sommaire

LA LIBÉRATION DU CULTUREL

Cilles Gagné

L'essai part du constat selon lequel les nombreuses manières de prendre aujourd'hui la culture pour objet (afin de la promouvoir, de la conserver ou de la transformer) s'appliquent à elle comme à un vide à déterminer de l'extérieur. Parce que l'ajustement réciproque des pratiques les unes aux autres par l'intermédiaire de la prévision rend le changement social autonome et fait de l'avenir un environnement, l'intégration sociale devient un pur résultat empirique qui n'implique de sens ni sous la forme d'une nécessité transcendante élevée au-dessus de l'ensemble des pratiques et cristalisée en des institutions, ni sous la forme de la fidélité de chacune de ces pratiques à sa signification pour les autres. Cette positivité absolue de l'ordre social forme donc les entours du vide que réinvestissent les pratiques culturelles pour y subir l'énigme que cet ordre anormatif adresse au sujet: Qu'être ? D'une manière tout à fait conventionnelle, l'article se termine sur une rapide réinterprétation de l'histoire récente du Canada français réalisée dans la perspective de cette libération de la réalité culturelle.

REMARQUES SUR LES INDUSTRIES DE L'ÂME

Marcel Rioux

Il est illusoire de vouloir réformer les industries culturelles qui sont, par nature, liées à la société industrielle. D'ailleurs, tant que celle-ci durera, ces industries continueront d'être ce qu'elles sont: des médias auxquels on ne peut répondre, quels que soient les régimes politiques et ceux qui y œuvrent. L'auteur s'attaque à l'impérialisme culturel et particulièrement à celui des États-Unis. Il se demande si, en adoptant la culture matérielle des Américains, on peut éviter, à plus ou moins long terme, de se laisser envahir par tout ce que charroient les industries de l'âme: valeurs, symboles, imaginaire social, c'est-à-dire des idées sur la bonne vie et la bonne société. L'humanité qui avait été condamnée à la mort thermique par Schrodinger est progressivement menacée de mort culturelle, tout devenant de plus en plus probable à cause de l'inévitable présence américaine. L'auteur est assez pessimiste quant à la survie de la culture québécoise. [16] Peut-être parlera-t-on encore français, mais de plus en plus on traduira la réalité américaine, comme les francophones du Canada expriment la réalité canadienne.

LA TÉLÉVISION DES JEUNES

Roger de la Garde et Line Ross

Cet article expose les premiers résultats d'une recherche exploratoire menée au printemps de 1984 à Sainte-Foy, auprès d'un groupe d'élèves francophones du secondaire sur leurs rapports avec la télévision. Sur le fond, elle visait à explorer la place et la signification de la télévision dans la vie des jeunes, en mettant un accent particulier sur leurs rapports avec les produits culturels selon leur origine (Québec contre États-Unis surtout). Sur le plan de la méthode, elle devait tester l'efficacité d'un ensemble de méthodes combinées (dictées au magnétophone, rédaction d'essais, entrevues de groupe, court questionnaire). L'approche s'est avérée fructueuse (cueillette de matériaux qualitatifs pertinents) quoique difficile d'application: pour ces jeunes, l'expérience télévisuelle est si imbriquée dans la vie quotidienne qu'il leur paraît difficile de la décrire systématiquement et même très étonnant qu'on puisse s'y intéresser. Il ressort notamment de cette recherche que les catégories des chercheurs relatives aux émissions — et aux cultures — étrangères ne correspondent guère à celles des répondants, qui acceptent les produits américains aussi résolument qu'ils rejettent l'identité américaine. L'Américain, concluent les auteurs, est dans le jeune Québécois plutôt qu'en face de lui.

LA CULTURE ENTRE L'INDUSTRIE ET L'IDENTITÉ

Gabrielle Lachance

Alors que la culture a toujours été considérée comme un important facteur d'identité, on se demande ce qui adviendra avec l'industrialisation toujours grandissante des produits culturels. Une réflexion sommaire sur le phénomène général de l'industrialisation et sur les composantes de l'identité permet de mieux situer certains aspects plus problématiques de la situation que l'on observe présentement au Québec: un système asymétrique d'influences, des industries difficilement concurrentielles, etc. Dans de telles conditions, on peut se demander si l'expression culturelle ne risque pas de perdre ses caractéristiques propres. Pour éviter l'acculturation progressive, une possibilité demeure: c'est la recherche d'originalité et de qualité dans la création des produits de culture.

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L'ANTI-INDUSTRIE CULTURELLE

Des dilemmes de l'administration et de la gestion des arts d'interprétation

Laurent Lapierre

Les arts d'interprétation, dans leur forme de spectacles vivants sur scène, constituent un défi à l'industrialisation comme mode de production, un défi à l'esprit du marketing comme mode de commercialisation et un défi à la philosophie du management. À cause de la nature archaïque de ce produit de l'imaginaire, de sa production artisanale, qui fait un usage intensif de l'apport des personnes, à cause aussi d'une structuration de type adhocratique, c'est-à-dire centrée sur le produit, réfractaire à la réglementation, à la normalisation et à la standardisation les arts d'interprétation sont l'anti-industrie culturelle par excellence.

LE PROCHAIN DÉFI DE LA COMMERCIALISATION DES PRODUITS CULTURELS

François Colbert

Le domaine culturel se trouve dans les années quatre-vingt devant le défi lié à la fragmentation de son marché et à son interdépendance avec le secteur des loisirs. Sous l'effet d'un resserrement dans l'expansion du marché, de l'internationalisation de la culture et d'une prolifération quant à l'offre, il semble devenir de plus en plus malaisé de vendre le produit culturel étant donné l'opposition agressive des produits substituts. Pour réussir à survivre dans un environnement aussi compétitif, il ne suffit plus «d'offrir» et d'attendre l'acheteur, il faut commencer à «vendre», à aller au-devant du consommateur. Les gestionnaires du monde culturel doivent réviser leurs stratégies pour s'adapter à un environnement plus complexe.

À QUOI SERT UN MINISTÈRE DE LA CULTURE?

Le cas français

Augustin Girard

En 1959, le général de Gaulle créait, pour la première fois en France, un ministère des Affaires culturelles. Après vingt-cinq ans d'existence, il est maintenant possible d'analyser les avantages et les inconvénients d'une telle structure. L'article présente un bilan des aspects de gestion qu'entraîne ce type d'organisation politico-administrative. Même si les inconvénients d'une gestion des affaires culturelles par un ministère sont importants, doit-on pour autant remettre en cause sa légitimité? L'auteur suggère plutôt d'inventer une structure à la fois forte sur le plan «politique» de la conception et de la décision, et très décentralisée sur le plan de l'exécution.

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LA CULTURE INSTITUTIONNALISÉE

Étude du cas québécois

Carolle Simard

À travers l'étude du cas québécois et par un essai de périodisation des temps culturels, cet article souligne la question des rapports entre la culture et la politique, entre la culture et la société. L'étude de ces rapports mène à l'analyse des temps et des rythmes d'évolution de l'institution culturelle québécoise. Cette analyse pose une série d'interrogations sur l'enjeu politique de la culture au Québec et sur la culture en tant que nouvel enjeu social.

DES STATISTIQUES CULTURELLES, POUR QUI? POURQUOI?

Jean-Paul Baillargeon

Les appareils statistiques des sociétés industrialisées ont pris leur essor après 1945 pour devenir des institutions immenses, aux ramifications multiples. Ils sont principalement étatiques. Par leur ampleur et leur cohésion, deux systèmes ressortent: les statistiques économiques et les statistiques démographiques. Leur succès tient en particulier aux synthèses qu'ils ont pu réaliser, instruments à la fois d'explication générale et de gestion d'ensemble. Puis sont venues s'ajouter les statistiques sociales et les statistiques culturelles, qui ont tenté de façon plus ou moins heureuse de reprendre ce qui a fait le succès des autres systèmes statistiques. On les a développées principalement dans une perspective de gestion. Plusieurs ont déjà fait le bilan des statistiques sociales et de l'essai de synthèse qu'on nomme indicateurs sociaux. Celui des statistiques culturelles commence à peine. Plus que la «vie de l'esprit», ces statistiques décrivent les processus de production, de diffusion et d'utilisation d'un certain nombre de produits appelés culturels. La problématique qui leur est sous-jacente relève de la gestion plutôt que de l'explication. Ces statistiques se fondent sur un postulat plutôt que sur une théorie.

DES MOULINS À VENT DE DON QUICHOTTE AUX MOULINS À SENS DE L'INDUSTRIE CULTURELLE

La rationalisation contre la signification

Jean-Jacques Simard

Poser la question de l'industrialisation de la culture, c'est reconnaître l'emprise de la logique de l'appropriation matérielle sur la vie sociale, au détriment de la logique de l'appropriation symbolique. À l'ère de la consommation de masse, la société cybernétique ne voudrait avoir pour culture que celle qui se manipule rationnellement. Car la logique de l'économie exige l'élimination de la norme fondée sur l'héritage historique et sur les valeurs humanistes. La culture du parvenu et la mode sont alors deux des formes que prennent les fonctions culturelles de socialisation et de régulation. N'étant plus assurées par les institutions [19] communautaires qui donnaient une identité et fournissaient un mode d'emploi de la vie, ces fonctions sont gérées par des appareils producteurs de sens et d'appartenance, qui confèrent leur identité aux clientèles et au personnel par les mécanismes du sondage et des conventions collectives. Il reste encore à gérer les industries créatrices de sens consommé dans la vie privée.



Retour au texte de l'auteur: Fernand Dumont, sociologue, Université Laval Dernière mise à jour de cette page le mardi 18 avril 2017 9:23
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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