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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

QUESTIONS DE CULTURE, no 2, “Migrations et communautés culturelles. (1982]
Présentation


Une édition électronique réalisée à partir du texte de la revue QUESTIONS DE CULTURE, no 2, “Migrations et communautés culturelles. Un numéro sous la direction de Fernand Dumont. Québec: Institut québécois de recherche sur la culture, 1982, 160 pp.

[9]

Questions de culture
No 2


Présentation

Les profonds changements survenus dans la société québécoise depuis l'industrialisation de la fin du XIXe siècle et depuis la modernisation politique issue de la Révolution tranquille posent sous un angle particulier la question de l'immigration et des communautés culturelles.

Or, il faut avouer que la venue et l'enracinement au Québec des groupes ethniques autres que les Canadiens français et les Anglo-celtiques a fait l'objet de peu de préoccupations d'ordre scientifique, de la part des milieux intellectuels québécois. Certes, le problème de l'intégration des nouveaux venus à la société francophone majoritaire a suscité de nombreux essais, voire des polémiques passionnées, mais sur le plan scientifique proprement dit, les analyses dépassent rarement le niveau démographique ou économique. On cherche en vain des études d'ensemble sur la dimension socio-culturelle de cette question.

L'Institut québécois de recherche sur la culture a cru bon d'insérer dans son programme de recherche, un important volet sur les communautés culturelles minoritaires, voulant par là contribuer à combler une lacune concernant une dimension fondamentale de la société québécoise et de son avenir. Car au moment où le Québec se pose comme entité géo-politique distincte — quels que soient, par ailleurs, les choix de son avenir constitutionnel — il faut bien poser le problème de l'intégration culturelle des nouveaux arrivants venus s'établir sur un territoire où domine une majorité canadienne-française (ou franco-québécoise, selon l'époque où l'on se situe).

Cette analyse des rapports interculturels au Québec est à peine ébauchée. Que savons-nous de l'histoire et de la sociologie de la minorité anglo-celtique ? Que savons-nous des autres communautés culturelles, de ceux qu'on a qualifié à tour de rôle d'immigrants, de néo-Canadiens, de néo-Québécois, de judéo-Québécois, etc. ? Il ne saurait faire de doute que le flottement du vocabulaire traduit une situation de mutation rapide et encore incertaine dans les rapports interethniques au Québec.

Le présent fascicule de Questions de culture prétend pas répondre à toutes ces interrogations de nature scientifique, sociale ou politique. Tout au plus se veut-il une ouverture nouvelle sur une question qui se présente sous deux aspects distincts mais complémentaires : la migration (et plus particulièrement l'immigration) et les communautés culturelles allophones.

[10]

Il ne saurait, en effet, être question de confondre ces deux réalités qui correspondent à des temps distincts dans la vie des individus et des groupes. Il existe une série de phénomènes en rapport avec les mouvements migratoires internationaux et nationaux et qui ont des dimensions psychologiques, économiques, sociales et politiques. Mais pour éviter de considérer les allophones comme d'éternels immigrants, il faut bien par ailleurs analyser d'autres phénomènes liés à l'enracinement historique des groupes : intégration culturelle, mobilité socio-économique, vie institutionnelle, poids politique, etc.

Nous avons délibérément exclu de ce numéro l'importante minorité anglophone, car sa situation historique et politique particulière nécessite une approche différente. [1]

Pour traiter des autres communautés culturelles minoritaires, les collaborateurs de ce numéro ont choisi des approches qui s'appuient sur l'histoire, la sociologie et l'anthropologie. On conviendra que ce sont là les disciplines les plus susceptibles de dégager la dimension socio-culturelle jusqu'ici trop négligée des études ethniques au Québec.

Nous n'avons pas voulu défendre une perspective théorique spécifique, chaque auteur ayant eu toute liberté à cet égard. On trouvera dans ce fascicule des articles généraux à caractères historiques ou anthropologiques (Brunet, Linteau, Anctil, Drummond) et des articles traitant de groupes ethniques spécifiques (Lasry, Perin, Ramirez). À cet égard, le choix des Italiens et des juifs francophones dans le cadre de ce recueil indique leur importance socio-culturelle au sein de la communauté québécoise. Mais il est évident que d'autres groupes retiendront ultérieurement notre attention. [2]

Par ailleurs, des contraintes d'espace nous ont forcé à exclure de ce numéro nos propres articles. L'article de Cary Caldwell intitulé « Les études ethniques au Québec : bilan et perspectives » est consacré à une analyse systématique de l'ensemble de la littérature scientifique québécoise sur la question. L'auteur prend soin d'expliquer les conditions historiques à l'origine de cette production et de son évolution. Quant à l'article de Fernand Harvey intitulé « La société québécoise et l'immigration : de l'extériorité à l'intériorité », il s'attache à expliquer l'évolution de la perception du phénomène de l'immigration par la société québécoise francophone —et plus particulièrement par ses élites — depuis le début du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Il tend à démontrer que la capacité d'intégration culturelle de la société francophone n'est pas sans rapport avec l'évolution de sa conscience politique. Ces deux études font l'objet d'une publication distincte de l'Institut québécois de recherche sur la culture. [3]

[11]

Que souhaiter pour conclure ? Sinon que ce numéro de Questions de culture et les publications qui l'accompagnent contribuent à susciter un intérêt nouveau pour les études ethniques, un secteur où le Québec accuse beaucoup de retard par rapport au Canada anglais [4]. Mais un tel développement devra passer par une critique des théories existantes et leur modification au besoin, compte tenu de la situation particulière du Québec en Amérique du Nord. L'intégration culturelle de minorités allophones à l'intérieur de la société québécoise francophone elle-même minoritaire à l'échelle du Canada et de l'Amérique du Nord pose, en effet, des problèmes nouveaux à la recherche.

Gary Caldwell
Fernand Harvey


[1]  À paraître en 1982 : Gary Caldwell et Eric Wadell, dir., La minorité anglaise au Québec. (Institut québécois de recherche sur la culture).

[2] Tina Ioannou, La communauté grecque du Québec. Coll. « Identité et changements culturels », Québec, Cahiers de ITQRC (à paraître en 1982). Gary Caldwell et al., La communauté juive du Québec. Coll. « Identité et changements culturels », Québec, Cahiers de ITQRC, (à paraître en 1982). David Rome, Judith Nefsky et Paule Obermeir, Les Juifs du Québec: bibliographie rétrospective annotée. Coll. « Instruments de travail », n° 1, Québec, Cahiers de ITQRC, 1981.

[3]  Fernand Harvey et Gary Caldwell, Identité ethnique au Québec : histoire et bilan scientifique. Coll. « Identité et changements culturels », n° 1 Québec, Cahiers de l’IQRC, 1982.

[4]  Howard Palmer, « Canadian Immigration and Ethnic History in the 1970's and 1980's », International Migration Review, 15, 3 (1981): 471-96.



Retour au texte de l'auteur: Fernand Dumont, sociologue, Université Laval Dernière mise à jour de cette page le mardi 18 avril 2017 8:33
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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